Rencontre avec Alain Deneault à la librairie Petite Égypte à Paris

Rencontre avec Alain Deneault à la librairie Petite Égypte à Paris, le 14 novembre 2024, autour de son feuilleton théorique «Les Économies» ainsi que son plus récent essai Faire que ! publié chez Lux Éditeur.


Rencontre avec Alain Deneault
Librairie Petite Égypte - 35 rue des Petits Carreaux, 75002
14 novembre 2024 - 19 h
Courriel : contact@petite-egypte.fr
Ouvert à tous et à toutes

Extreme Centre and Mediocracy with Alain Deneault

Entrevue avec Alain Deneault par Mohammad Hadi sur sa chaîne YouTube rhizastance – Durée : 1 h (en anglais) – Mis en ligne le 28 octobre 2024

Entrevue avec Alain Deneault par Mohammad Hadi

Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que ! à la librairie Le Port de tête

« Lux Éditeur profite du passage du philosophe et essayiste Alain Deneault à Montréal pour mettre sur pied cet entretien autour du récent essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï. Il sera animé par l’éditeur Mark Fortier. » – Source: Lux Éditeur


Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que !
Animé par Mark Fortier
Co-organisé avec le volet Salon dans la ville
du Salon du livre de Montréal

Samedi 30 novembre 2024 - 18 h à 20 h
Librairie Le Port de tête - 269, avenue Mont-Royal Est
Ouvert à toutes et à tous

Mark Fortier – Photo © Caroline Fabre et Alain Deneault – Photo © Gilles Gagné – Le Soleil

Le vrai visage de l’extrême centre

Œuvre Linda Roux – Courtoisie de Linda Roux et Galerie Mariska Hammoudi

Le Monde diplomatique

Par Alain Deneault
Novembre 2024, page 20

« Les extrêmes se rejoignent. » Combien de fois a-t-on entendu des tenants de la fameuse — ou fumeuse — « théorie du fer à cheval » s’inquiéter d’une convergence des radicalités ? Mais, alors que l’actuel chef de l’État comptait au nombre de ces vigies républicaines, son camp gouverne désormais avec le soutien tacite du Rassemblement national. Une commune brutalité explique ce rapprochement.

En refusant de confier le nouveau gouvernement à la majorité relative formée par la gauche unie à l’Assemblée nationale, le président français, M. Emmanuel Macron, a trahi son aversion pour les revendications sociales et confirmé le peu de cas qu’il fait de l’expression populaire. En se concertant plutôt avec le Rassemblement national (RN) pour appeler le conservateur Michel Barnier au poste de premier ministre, il a révélé ce qu’ont en commun « les extrêmes », ici l’extrême centre et l’extrême droite, à savoir un fort appétit pour la violence.

C’est par d’inouïs efforts de relations publiques que M. Macron est parvenu à proclamer modéré le parti d’extrême centre qu’il incarne. Des médias détenus par les milieux d’affaires qui le sponsorisent et dont il est lui-même issu s’assurent de faire passer pour « centristes » tous ceux qui colportent son programme : ceux-là sont alors dits péremptoirement rationnels, raisonnables, responsables, pondérés, sensés, voire normaux. Tout acteur public ou citoyen qui s’opposera à la vulgate ainsi magnifiée risquera les attributions inverses : irresponsable, déraisonnable, paranoïaque, rêveur, dangereux, voire fou. Depuis 2017, des endoctrineurs à la petite semaine estampillent sans relâche ces qualifications de part et d’autre, de sorte qu’elles relèvent de l’évidence.

Or l’extrême centre est un extrémisme. Écocide est son programme industriel, inique sa conception de la vie sociale et autoritaire son approche managériale. L’extrême centre a une fixation, un programme à défendre coûte que coûte : garantir la croissance des entreprises et l’augmentation des dividendes versés à leurs actionnaires ; faciliter l’accès aux paradis judiciaires et fiscaux ; rendre précaire le travail ; réduire l’écologie politique à un marketing du verdissement ; démanteler l’État social et minimiser ses dépenses.

D’un point de vue plus moral, l’extrémisme de l’extrême centre tient à son rejet de tout ce qui n’est pas lui. Loin de se situer lui-même quelque part sur l’axe gauche-droite, il (…)

La politique photoshopée

Photo © Hina Alam – La Presse canadienne

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
28 octobre 2024

La politique photoshopée

Photoshopé. C’est l’épithète qu’il convient de retenir pour penser l’enjolivement filtré par le marketing des figures politiques moyennes, impérativement moyennes, de l’époque. Pour gagner, les photos des candidats et candidates sont retouchées informatiquement pour obtenir des clins d’œil aguichants et ces « dents affreusement blanches » dont parlait Pierre Falardeau dans son essai cinématographique mémorable, Le temps des bouffons. Les amateurs de son œuvre auront saisi la référence. Là, ce qui est affreux, c’est le faux, et non lesdites dents.  La mécanique électorale, son marketing institué, le formatage sociologique du processus, le système uninominal à un tour, l’absence de proportionnelle, la pression médiatique… entraînent ainsi la standardisation de la parole politique en une entreprise de séduction à laquelle s’accompagne la langue de bois.  

Une candidate, un candidat, aura beau avoir des forces réelles, des connaissances attestées, des compétences spécifiques, il n’en paraîtra rien ou presque, il faudra se montrer moyen. Ne point trop ambitionner. Marcher dans les clous. Ni trop faible ni trop forte, la personne qui se présente. On enjoint d’accompagner un mouvement social qui peut aussi porter le nom de stagnation. 

Dans un tel contexte, les partis se distinguent sur quelques points seulement.  

Rappelons les effets d’optique dont traite Normand Baillargeon dans son Petit Cours d’autodéfense intellectuelle. Si on restreint l’échelle  d’un diagramme et l’agrandit à la loupe, on a l’impression de courbes et d’écarts spectaculaires entre deux points. Par de telles œillères, aujourd’hui, au Nouveau-Brunswick, il semble en effet y avoir un monde entre libéraux et conservateurs. Les médias cadrent ainsi l’analyse, de manière très serrée. Alors, bien sûr, il est préférable que les libéraux soient au pouvoir, plutôt que les sinistres conservateurs. Évidemment, sur quelques questions sociétales et sur des points précis de gestion, les différences sont incontestablement significatives. Mais ayons plus d’envergure, soyons plus exigeants intellectuellement, et situons ces deux points qui représentent les partis libéral et conservateur sur le grand axe des possibles politiques, et les voici qui apparaissent soudainement voisins, presque siamois. Ils sont agglutinés bien à droite dans un conformisme occidental où le capitalisme est sauvagement déréglementé, tout en maquillant cette position en un « centre » politique évident, naturel, modéré, normal… 

Pourquoi s’en prendre particulièrement au Parti libéral, dans un tel contexte ? Parce qu’il s’agit d’un organe azimuté qui manque dramatiquement de consistance dans le temps. C’est vrai des autres partis libéraux du Canada tout comme de structures analogues en Occident. Suivons le nôtre du regard. Aux élections de 2020, alors dépourvus de tout scrupule, les Libéraux préconisaient de transformer le Nouveau-Brunswick en un paradis fiscal inspiré de l’Irlande ! Lorsqu’il était au pouvoir auparavant, il privatisait des pans entiers d’un système de santé qu’il prétend vouloir sauver aujourd’hui. Antérieurement encore, il comprimait grossièrement le budget du système d’éducation, lequel porte encore aujourd’hui les séquelles de ces remèdes de cheval budgétaires, mais entre-temps, le parti proposait une mesure d’accès aux études postsecondaires pour les étudiants les moins nantis… Selon les occasions, et souvent simultanément, cette instance peut être à la fois ultralibéral et social-démocrate. Il est un caméléon entraîné. L’historien français Pierre Serna, premier penseur du concept d’« extrême centre », qualifie de « girouettes » ce genre d’organisations politiques (La République des girouettes, Champ Vallon, 2005). Ces zigzags de tacticiens électoraux et ces effets d’annonces visant des groupes sociologiquement épluchés nuisent gravement à la politique. Car elles l’abaissent à une série de mesures incohérentes et à un catalogue de propositions qui ne se réfèrent à aucune axiologie politiquement réfléchie, à rien d’une approche structurée, à nulle conception globale. Cela sent l’opportunisme à plein nez. Une telle conception de la politique ne répond que d’une question circonstancielle : que dit-on à qui pour obtenir un suffrage de circonstance à telle élection ? Et on évolue à la va-comme-je-te-pousse, en plongeant la pensée politique dans la confusion. Pour cette raison, on peut éprouver plus de respect pour les conservateurs qui campent des positions marquées et constantes, même si on ne votera jamais pour eux. 

C’est cela, l’ère de la médiocratie et de l’extrême centre. Un monde intellectuellement inconsistant où on se contente de présenter comme modéré, inévitable et naturel un conformisme à un modèle de société, le capitalisme ultralibéral, qu’on n’a même plus à nommer tellement on le normalise, sinon qu’au prix de passer pour un nostalgique des luttes sociales. À titre immunitaire, les médiocres et l’extrême centre prisent les étiquettes. Ils s’y ruent lorsqu’ils se voient confrontés à la moindre critique qui les dépasse. On n’a pas à aller bien loin. Tente-t-on de déplacer le curseur qu’on s’entend qualifié d’irresponsable, de rêveur, de paranoïaque, de marxiste et nommez-en. Le pouvoir d’étiqueter supplée à celui de penser.  

Pour ces gens, tout semble très vite « trop ». Lutter contre les paradis fiscaux, exiger ne serait-ce qu’un moratoire sur une folle exploitation du bleuet au prix de forêts entières ou encore empêcher l’épandage de glyphosate devient « extrême » et « communiste ». C’est une façon de dissimuler au rabais sa propre veulerie. On soigne sa carrière avec un tel point de vue. On devient vite député, puis ministre, pour finir maire en fin de parcours, quand  on décélère. Mais cela avilit la politique. 

On comprend alors à sa face même, quand on place l’affiche rutilante du candidat photoshopé dans le contexte de l’érosion sociale et de la tragédie écologique nous concernant vraiment, puis dans la perspective de la géopolitique mondiale et de ces urgents enjeux, qu’elle est un triste effet publicitaire se perdant dans le tout comme un pixel isolé.   

Réédition en format poche des trois essais «classiques» d’Alain Deneault 
dans la collection Pollux chez Lux Éditeur

Alain Deneault au Salon du livre de Montréal

Alain Deneault participera au Salon du livre de Montréal le 30 novembre 2024 pour présenter son tout dernier essai Faire que ! lors d’une conversation avec l’autrice Sandrine Giérula ainsi que pour une séance de dédicaces au kiosque de Lux Éditeur.


Tête à tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula: à quoi ressemblera demain ?
Espace littéraire - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 10 h 30 à 11 h 15

À l’ère des bouleversements écologiques majeurs et des divisions politiques croissantes, comment s’unir pour trouver des solutions durables? Assistez à ce tête-à-tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula qui exploreront des pistes concrètes pour relever les défis énergétiques et donner un sens à un monde en quête de repères. Une réflexion profonde sur le sentiment d’impuissance de notre époque et sur les moyens d’encourager l’engagement politique.

Une conversation essentielle pour imaginer et bâtir un futur plus juste et durable.

Alain Deneault / Photo © Leonardo Cendamo et Sandrine Giérula / Photo © Jacinthe Morin



Alain Deneault en dédicaces
Kiosque Lux Éditeur # 1107 - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 11 h 30 à 12 h 30

Venez rencontrer Alain Deneault  et faire dédicacer « Faire que! » au kiosque LUX ÉDITEUR. Certaines maisons d’édition mettent en place un système de file d’attente. Nous vous recommandons de vous renseigner auprès d’un·e employé·e du kiosque indiqué plus haut au moins 1 heure avant le début de la séance.


Les essais d’Alain Deneault chez Lux Éditeur

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï paraît aujourd’hui en Europe !

Le tout dernier essai d’Alain Deneault Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï publié chez Lux Éditeur paraît aujourd’hui en Europe !

Lux Éditeur

« Comment s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent, auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne remédieront? Comment agir politiquement à l’ère de l’inouï, quand on ne dispose d’aucun pendant historique pour appréhender les catastrophes annoncées? Comment s’engager quand l’extrême droite sème la confusion et détourne la colère des objets réels? Comment s’y prendre quand le libéralisme dissout tous nos repères dans la gouvernance technocratique?

Que faire? Cette question obnubile la pensée politique depuis plus d’un siècle. Alain Deneault nous convie à en penser les prémisses et les incidences pour l’ancrer dans les temps présents. Hors de toute programmatique serrée, mais avec la lucidité qu’on lui connaît, il invite notamment à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion.

Alors que faire? Livrer la guerre à la médiocratie. Évoquer les enjeux qui fâchent. Penser à l’échelle collective. Mal faire les choses, faire mal. Cesser de se poser la question et sortir de la sidération de l’écoanxiété.

Le moment est venu de faire que ! » – Lux Éditeur

L’engagement politique à l’ère de l’inouï – Aude Lancelin s’entretient avec Alain Deneault sur QG (Quartier Général) – Durée : 1 h 21 min 50 sec – 24 octobre 2024

«L’engagement politique à l’ère de l’inouï » avec Alain Deneault et Aude Lancelin sur QG (Quartier général)

Le média libre QG (Quartier Général), dont la fondatrice est Aude Lancelin, a engagé un partenariat avec le Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal pour une série de trois entretiens avec de grands noms de la scène intellectuelle nord-américaine dont Alain Deneault, auteur de Faire que ! publié chez Lux Éditeur.

Cet entretien, ayant pour thème «L’engagement politique à l’ère de l’inouï», a été diffusé sur QG (Quartier Général) le jeudi 24 octobre – Durée : 1 h 21 min 50 sec

Aude Lancelin et Alain Deneault à l’Université de Montréal le 25 septembre 2024

«Retrouvez notre grand entretien réalisé à Montréal avec le philosophe canadien Alain Deneault, auteur de « La Médiocratie » et « Politiques de l’extrême centre », qui vient de faire paraître « Faire que ! » chez Lux. Face au défis climatiques extrêmes, et à la possibilité d’un anéantissement total du monde, comment faire encore de la politique et mobiliser les énergies collectives ? Un entretien ouvrant des voies inédites, avec l’une des nouvelles grande figures de la pensée mondiale.» – QG (Quartier général)

Faire que ! – Parution en Europe : 25 octobre 2024
Réédition en format poche des trois essais «classiques» d’Alain Deneault dans la collection Pollux chez Lux Éditeur !

Diffusion de l’entretien d’Aude Lancelin avec Alain Deneault à l’Université de Montréal sur QG (Quartier Général)

Le média libre QG (Quartier Général), dont la fondatrice est Aude Lancelin, a engagé un partenariat avec le Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal pour une série de trois entretiens avec de grands noms de la scène intellectuelle nord-américaine dont Alain Deneault, auteur de Faire que ! publié chez Lux Éditeur.  

Cet entretien, ayant pour thème «L’engagement politique à l’ère de l’inouï», sera diffusé sur QG (Quartier Général) ce jeudi 24 octobre à 21 h 15 (heure d’Europe centrale) – Durée : 1 h 21 min 50 sec

QG - Le média libre 
Jeudi 24 octobre 2024 - 21 h 15 (Heure d'Europe centrale)
Regardez l'émission «live» ici
Aude Lancelin et Alain Deneault à l’Université de Montréal le 25 septembre 2024

« […] Ce jeudi 24 octobre à 21 h 15, retrouvez notre grand entretien réalisé à Montréal avec le philosophe canadien Alain Deneault, auteur de « La Médiocratie » et « Politiques de l’extrême centre« , qui vient de faire paraître « Faire que ! » chez Lux. Face au défis climatiques extrêmes, et à la possibilité d’un anéantissement total du monde, comment faire encore de la politique et mobiliser les énergies collectives ? Un entretien ouvrant des voies inédites, avec l’une des nouvelles grande figures de la pensée mondiale. » – QG (Quartier général)

Faire que ! – Parution en Europe : 25 octobre 2024
Réédition en format poche des trois essais «classiques» d’Alain Deneault dans la collection Pollux chez Lux Éditeur !

Pour qui, la philo?

Les libraires

Par Alain Deneault
Octobre- Novembre 2024 - No 145
Page 48-49
21 octobre 2024

Pour philosopher apprenez
Qu’il faut d’abord la permission
Des signatures et des raisons
Un diplôme d’au moins une maison spécialisée…
– Félix Leclerc, chanson Contumace

Tous philosophes! Nous sommes tous des intellectuels. C’est la thèse scandaleuse soutenue par Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison (Folio). Le commun n’a rien à envier aux « intellectuels organiques », soit tous ces experts, idéologues, consultants et vulgarisateurs partageant et relayant les intérêts de la classe dominante. Le commun est capable par lui-même de se renseigner, de lire et de s’opposer aux thèses admises et colportées par les pouvoirs institués. L’intelligence et la volonté sont ce qui lui reste. Regardez-le s’opposer aux promoteurs du gaz de schiste et leurs méthodes de fracturation. Le voilà se constituer savant en la matière et opposer des contre-expertises. Regardez-le sinon neutraliser le pouvoir dans une grève nationale au nom de l’accès à l’éducation postsecondaire.

Il y va de même pour la philosophie. La sociologie nous apprend certes que des milieux sont favorisés pour produire des philosophes professionnels. Une fille de médecin ayant grandi à Outremont sera plus avantagée du point de vue du capital social et symbolique qu’un fils de mécanicien de Chibougamau pour se destiner à un travail doctoral sur Leibnitz. Mais l’histoire des idées réserve néanmoins une place étonnante aux marginaux et prolétaires qui n’étaient pas censés quitter leur place à l’usine pour s’adonner eux aussi à la lecture ainsi qu’à la production de pensées conceptuelles. Karl Marx n’avait-il pas comme interlocuteur Joseph Dietzgen, auteur d’un Exposé par un travailleur manuel, d’une Nouvelle critique de la raison pure, à partir de la notion de Travail de la tête (Kopfarbeit), pudiquement traduit « travail intellectuel » à Paris?

Au dernier quart du XXe siècle, Bernard Stiegler, un tenancier de bar incarcéré après quelques braquages en France, ne s’est-il pas révélé un excellent philosophe, en menant des études dans la discipline pendant ses années de prison, pour en sortir reconnu par ses nouveaux pairs?

Aujourd’hui, encore, Simon Paré-Poupart fait connaître sa « philosophie de ferrailleur » dans un ouvrage soutenu paru chez Lux Éditeur, Ordures. Le freeganisme désigne chez lui une éthique de la consommation que beaucoup seraient bien avisés de connaître. Ou Jean-Marc Limoges, fils d’ouvriers analphabètes, explique dans Victor et moi (Boréal, 2021) comment il est devenu professeur de littérature et de français en s’opposant à la doxa officielle que prodiguaient ses professeurs. Il en ressort tout une pensée de la pédagogie.

D’autres font le chemin inverse. Dégoûté par le caractère idéologique de l’activité universitaire, Matthew Crawford a poursuivi ses recherches sur « le sens et la valeur du travail », tout en œuvrant comme réparateur de motocyclette.

Ces exemples ne sauraient dissimuler le pouvoir de la reproduction sociale des institutions convenues. Elles ont lamentablement échoué dans leur prétention à favoriser la mobilité sociale. Ou peut-être ont-elles partiellement échoué dans leur volonté inavouée de maintenir loin de toute pensée critique les sujets étrangers au pouvoir bourgeois. Certains échappent aux tendances lourdes.

Pour le philosophe Jacques Rancière, il y va du principe même de démocratie. Il y a démocratie dans ces moments où l’intelligence est donnée en partage. Non pas que nous devenions soudainement tous égaux, mais où aucune compétence spécifique n’est dominante dans l’étude d’un problème. Faut-il envoyer nos enfants à la guerre? Doit-on accepter que subsistent d’importantes inégalités sociales? Qui peut prétendre en savoir davantage que d’autres sur cette question simple qui touche le commun en son cœur et concerne intimement son existence? Dans Le maître ignorant (Fayard, 1987), Rancière suit également les révélations de Joseph Jacotot, un professeur parachuté dans les Flandres au XIXe siècle, faisant apprendre à des étudiants ce qu’il ignorait lui-même. Il a découvert alors le pouvoir de l’émancipation, à savoir que l’élève n’a pas nécessairement besoin du professeur pour apprendre. Que le professeur peut même s’instituer comme un abrutisseur auprès de lui, en le faisant plafonner.

Si nous sommes tous philosophes, et tous capables de pensée critique, force est d’admettre que nous naissons piètres philosophes. Spinoza appelait au XVIIe siècle « premier genre de connaissance » la façon spontanée que nous avons d’inférer des vérités à partir de moments strictement accidentels. On excède cette façon « mutilée » de penser lorsque l’on comprend que nos haines, nos frustrations, nos colères et nos jalousies, soit nos « passions tristes », sont le plus souvent le fait d’une méconnaissance des conjonctures dans lesquelles nous nous trouvons, et des éléments extérieurs à soi avec lesquels nous entrons en rapport. C’était sa façon de rappeler l’hostilité traditionnelle de la philosophie à son contraire, la simple opinion.

Qui qu’on soit, philosopher exige donc une prédisposition importante au travail. En l’occurrence, travailler signifie s’étonner de ce qui se présente comme banal, critiquer ce qui appartient au cours normal des choses, produire des concepts qui permettent d’articuler les éléments du réel de manière autre que convenue et soumettre à la pensée commune un certain nombre de problématiques qui déplacent le foyer des questions et font débat. L’insondable corpus et quelques penseurs contemporains nous assistent dans ce travail ardu.

La pensée critique se pose comme le premier moment de la philosophie. Qu’elle soit strictement intellectuelle comme chez Emmanuel Kant ou politique comme chez Karl Marx, ou psychique comme chez Sigmund Freud, ou décoloniale comme chez Achille Mbembe, ou sociétale comme chez Judith Butler, elle consiste chaque fois à se questionner sur l’origine historique, sociale et idéologique des notions qui sont soumises au public ou colportées par lui. La halte critique que la critique fait subir à ces notions idéologiques et la mise en perspective historique dans laquelle elle l’inscrit suffit à la relativiser, eu égard à d’autres approches et traitements possibles.

Max Horkheimer, philosophe de l’École de Francfort au début du XXe siècle, a insisté : la pensée critique entretient quant à elle-même les attentes qu’elle réserve à toute pensée. Elle doute de ses propres propositions, les soutient toujours sur le mode de l’épochè (la mise en suspens), les altère, les adapte, les fait évoluer. Là réside aussi son travail.

C’est un manquement à un tel travail qui fait mal philosopher le commun. On reconnaît les travers auxquels conduit la négligence intellectuelle dans certaines théories du complot, bien que ce syntagme soit galvaudé et mobilisé bien plus souvent qu’il ne le devrait. Dans des cas excessifs où des penseurs, au nom de l’exercice critique, campent sur une position dénonciatrice, il arrive que la pensée fige au moment d’une hypothèse, pour se satisfaire ensuite d’isoler les éléments semblant la conforter. Cette manifestation de paresse qui intervient au milieu du processus intellectuel est d’autant plus préjudiciable qu’elle se révèle séduisante aux yeux de qui ne souhaite pas longtemps s’éprouver dans le champ de la pensée. Pierre Bayard s’est référé à l’esthétique pour en témoigner, notamment dans Qui a tué Roger Ackroyd et Hitchcock s’est trompé (Minuit). On retrouve le même phénomène chez les xénophobes qui postulent le déclin de leur culture pourtant majoritaire ou chez les intersectionnalistes à tout crin qui réduisent les minorités à des êtres exclusivement soumis à des persécutions. Ces tares touchent autant, politiquement, la gauche et la droite.

On m’a demandé un jour à Radio-Canada : « Qui donc lit vos livres? » J’ai répondu : « Ceux qui les lisent. » Ce n’était pas qu’une lapalissade, mais une déclaration de principe. Il en va de même pour la philosophie. Qui philosophe la maintient en vie. À la condition de s’en donner la peine.

Le texte a été écrit à la suite de l’invitation de la revue Les Libraires.

Pour qui, la philo ? Un article d’Alain Deneault dans la revue Les libraires No 145, page 48-49

«Faire que!», Alain Deneault veut changer le climat

Photo © Faustine Lefranc

Le Devoir

Par Christian Desmeules
Coup d'essai
21 octobre 2024

« Fonte des glaciers, multiplication des ouragans et des crues dévastatrices, canicules et incendies de forêt à répétition : les perturbations climatiques sont en cours. Une fenêtre ouverte sur ce qui peut-être nous attend demain : famines, guerres civiles, migrations, épidémies.

Partout, le climat est devenu hostile, imprévisible, en ébullition. Du jamais vu, des phénomènes inédits de mémoire de femmes et d’hommes, de l’inouï en cascade. Les politiciens détournent le regard, les scientifiques s’arrachent les cheveux face à l’inaction collective. Et nombreux, aujourd’hui, sont les citoyens que l’écoanxiété étouffe.

Que faire ? Faire que ! répond à sa manière le philosophe et essayiste Alain Deneault dans Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï. Combattre la médiocratie, penser de manière collective, prendre la parole, essayer de faire quelque chose. Sortir de la sidération et transcender l’état de crise.

« Il s’agit tellement d’une question à la fois inévitable et grave que le mot “crise” est devenu faible, nous dit Alain Deneault en entrevue. On l’utilise pour toutes sortes de choses. Tout est en crise aujourd’hui. Mais le mot “crise” suppose qu’on puisse en sortir. » Or, nous dit l’essayiste, sans chercher à jouer les prophètes de malheur, il est peu probable que l’après nous réserve des lendemains qui chantent.

« À cela s’ajoute, poursuit-il, une perturbation grave par rapport à notre mode d’organisation, qui est le capitalisme, qu’on peut critiquer ou pas, mais il s’agit de voir qu’il est avantageux seulement pour une portion de l’humanité. » Une portion qui risque de se restreindre toujours davantage. Et une question qui concerne en particulier la classe moyenne occidentale, qui éprouve aujourd’hui face à elle une sorte d’angoisse. « C’est ce désarroi que j’ai voulu expliquer et que j’ai voulu penser. »

Convertir l’angoisse

Car nous sommes angoissés, plutôt qu’anxieux, souligne Alain Deneault, rappelant que l’angoisse est un affect sans objet. « L’une des conséquences de l’angoisse, lorsqu’on n’est pas psychanalyste dans l’âme, c’est de chercher des objets de substitution. Et le désarroi lié à l’enjeu écologique explique, je pense, l’appétence de l’Occident pour les idées d’extrême droite. Parce qu’elles offrent des boucs émissaires, des recettes, des mirages. Et ça peut être réconfortant un temps. »

Une recherche de « dérivatifs » qui n’épargne pas non plus les tenants de la gauche politique, observe l’auteur de Moeurs. De la gauche cannibale à la droite vandale (Lux, 2022), qui y constate « un surinvestissement d’objets sociologiques qui sont pertinents en eux-mêmes, mais qui, érigés en vérités et montés en épingle, deviennent délirants ». Ensemble, ces deux phénomènes lui semblent le symptôme d’un désarroi et d’un sentiment d’angoisse partagés collectivement.

À propos d’écologie, l’auteur de Noir Canada (Écosociété, 2008), de La médiocratie et de Bande de colons (Lux, 2015 et 2020) fait remarquer que nous sommes depuis quelques années en plein « règne de l’oxymore », citant le sociologue suisse Gilbert Rist, tous un peu engourdis par des expressions comme « développement durable » ou « capitalisme vert ».

Car, pour Alain Deneault, comme pour d’autres penseurs contemporains, le développement durable est un « problème travesti en solution ». Un leurre qui masque la réalité de l’urgence qui est aujourd’hui la nôtre.

Quand dire, c’est faire

« Il y a eu tout un premier temps, fait remarquer Alain Deneault, où j’ai travaillé sur des objets que je n’aimais pas : les paradis fiscaux, les multinationales, les régimes autocrates. Et ensuite, des concepts qui m’apparaissaient malheureux, comme la gouvernance, des phénomènes tristes, comme la médiocratie. »

« Face aux questions larmoyantes ou pathétiques que je recevais de façon récurrente, même si je voulais galvaniser, j’ai constaté que j’étais déprimant. À partir de là, j’ai décidé de travailler en fonction d’objets que je trouvais structurants, comme l’économie. Ça a été un chantier, que je poursuis à mon rythme. » La biorégion est un autre de ces chantiers, d’un point de vue moins théorique, qui animent l’essayiste. « L’idée maintenant est de travailler des objets qui nous tirent vers l’avant, qui nous sortent de la mouise. Qui sont roboratifs et structurants. »

Il y a 25 ans, se rappelle Alain Deneault, il était présent à Seattle lors des manifestations contre la conférence de l’Organisation mondiale du commerce. Ça a été en quelque sorte son baptême. Pour la lutte contre les paradis fiscaux, contre le libre-échange mondialisé, les banques et les paradis fiscaux. Contre la symbolique de l’enrichissement à tous crins. C’était nécessaire, estime-t-il, et ce l’a été pendant longtemps. « Mais là, la cour est pleine, on est saturés. Ce n’est pas une compagnie de plus, un exemple de plus, un scandale de plus qui vont faire bouger les choses. L’heure était venue de se demander : qu’est-ce qu’on fait ? »

Que faire ? Nombreux sont les penseurs qui se sont posé la question, hier et aujourd’hui, de Tchernychevski à Bruno Latour, en passant par Marx, Bernanos et, bien sûr, Lénine en 1902. Et se demander que faire, note l’essayiste, c’est déjà aussi penser ce qui vient.

Mais « la solution ne se présentera pas comme une offre dans la carte du restaurant électoral, mais elle s’imposera comme un souhait politique vital le jour où il deviendra impérieux de penser autrement la politique », soutient-il dans Faire que !, un essai qui a germé à la suite de la demande du documentariste français Yannick Kergoat (Les nouveaux chiens de garde, La (très) grande évasion), qui avait invité Alain Deneault à écrire son prochain film.

Pour la biorégion

À l’ère de l’inouï, estime Alain Deneault, l’angoisse et l’anxiété sont des signes de santé mentale, dans la mesure où on l’assume. Le problème serait de se laisser emporter, croit-il, par l’angoisse en se satisfaisant d’objets de substitution — qui peuvent être de type environnementaliste. Pailles en carton, voitures électriques, éoliennes.

« Pour ma part, la biorégion est le seul objet dans la pensée écologique qui m’a semblé sensé », explique-t-il. Un concept apparu durant les années 1960 dans les milieux de la contre-culture nord-américaine, avant d’être développé notamment par l’écoanarchiste Peter Berg et l’historien Kirkpatrick Sale.

Une biorégion correspond à un territoire dont les limites ne sont pas définies par des frontières politiques, mais par des limites géographiques qui prennent en compte autant les communautés humaines que les écosystèmes. Il s’agira donc de recomposer des structures de solidarité entre les gens, en relation harmonieuse avec le territoire. Créer du lien, réapprendre à s’entraider, repenser le travail, se nourrir d’art et de poésie, élargir ses horizons pour penser autrement.

« Si on arrive à traverser ce moment de l’angoisse en l’assumant, on peut en faire un moteur, indique Alain Deneault. Cette énergie qui tourne à vide, qui nous envahit et nous déstabilise, on peut la juguler dans un objet qui serait adéquat aux circonstances historiques. » Il y a 150 ans, constate l’essayiste, lorsqu’on posait la question « Que faire ? », on répondait en faisant une révolution. « Alors qu’aujourd’hui, c’est devenu une question rhétorique qui consiste à attendre une réponse rassurante, à savoir qu’on ne peut rien faire. »

Or, pour contrer ce sentiment de dépossession et de déprime collective, pour changer de climat, il nous faut penser et agir en dehors des cadres habituels. Faire entrer les sciences en démocratie et penser le collectif « comme manière plurielle d’associer tous les sujets vivants ». »

Les essais d’Alain Deneault 
(dont plusieurs sont mentionnés dans cet article)

« La même idéologie règne » : Gagner les élections à l’ère de l’écocide

Photo © Dallas McQuarrie

COOP Média NB/NB Media Co-op

Par Alain Deneault
18 octobre 2024

« Les écologistes ne sont pas les membres d’une secte. Ils sont votre sœur, votre voisine, votre collègue, votre enfant ou c’est vous-même, dès lors que vous vous souciez d’une Terre qu’on agresse au point qu’elle se déstabilise de manière exponentielle.

Le réchauffement climatique provoque l’érosion des côtes, les migrations d’espèces redoutables, les crises agricoles, le stress hydrique… l’exploitation industrielle du territoire entraîne la déforestation, l’extinction massive d’espèces, l’éclosion de maladies… Le pêche intensive fait disparaître la faune marine pour qu’on puisse s’adonner souvent à une consommation futile, bien au-delà de nos besoins. On ne tiendra pas ainsi encore longtemps.

Or, voici qu’en Occident les écologistes sont dénoncés, bannis, marginalisés, censurés, attaqués. Le moins subtil des chefs d’État, le président français Emmanuel Macron, a tout fait pour réduire un mouvement comme les Soulèvements de la Terre au statut d’organisation séditieuse, assimilable à un courant terroriste. La répression policière que lui a fait subir l’État était aussi violente que disproportionnée. Son tort ? Ses militants se sont interposés au printemps 2023 contre le projet d’ériger des méga-bassines qui détournent l’eau de milieux naturels aux fins d’un stockage inefficace destiné à la grande industrie. Dans la population, aucune majorité ne souscrit à ce processus.

Au Nouveau-Brunswick, l’étau se resserre également sur les citoyens qui voient combien notre mode de vie est en train de nous détruire collectivement. Franc, le candidat vert Serge Brideau avait déclaré au printemps 2023, à l’aube de sa première campagne électorale : « Il y a beaucoup de gens désillusionnés de la politique. Et moi aussi, je suis insatisfait de beaucoup de choses dans notre système. »

Son positionnement sur l’échiquier politique témoigne des difficultés qu’il y a à porter un discours autre que celui établi par les défenseurs de l’ordre capitaliste et écocide.

Comme citoyen, il fait face à une injonction de la Cour motivée par le pouvoir d’État exigeant qu’il reste sagement spectateur de la déforestation qui se produit actuellement à Tracadie au profit du cartel des producteurs de bleuets. Comme candidat, il porte les couleurs d’un parti abusivement présenté par les médias comme « tiers », comme s’il était dans sa nature intrinsèque de terminer troisième…

Le public entretient aussi de lui-même ses partis pris familiaux et sclérosés. Et le parlement qu’il s’agit de conquérir ne modélise plus depuis très longtemps les règles du marché, face aux empires industriels et aux temples de la finance.

Lisons Jacques Rancière pour rappeler que « démocratie » n’est pas le nom d’un régime, mais d’un rapport philosophique au monde. En principe, une question démocratique nous place égaux face à nos responsabilités communes et aucune compétence spécifique ne devrait prévaloir. Ainsi, si nous tirions au sort les députés, l‘assemblée ne serait certes pas nécessairement plus compétente que celle d’élus, mais – cruelle vérité! – elle ne le serait pas nécessairement moins… Vraiment n’importe qui peut délibérer sur les questions qui nous touchent en commun. On constitue en fonction de cette conviction les jurys de certains tribunaux. (Lire aussi Hugo Bonin : La démocratie hasardeuse.)

Au contraire, notre régime électoral favorise structurellement une compétence particulière : savoir remporter des élections. Un routier de la politique comme Dominic LeBlanc l’illustre bien : il conduit un véhicule qui gagne et s’entoure d’une garde qui ne pense qu’à ça. C’est son expertise; elle s’arrête pas mal là.

Le « corps électoral » se voit, lui, associé à des métaphores dégradantes. Il constitue une « clientèle » soumise à un insignifiant marketing, ou un « comité d’embauche » censé choisir le meilleur pour faire le job, comme s’il n’y avait qu’une seule tâche à accomplir… Les électeurs sentent ce mépris. D’où les Encore!, Ça coûte trop cher, Tous pourris…

Dans un système où les coups fourrés prévalent, où les lobbies des grandes entreprises pèsent énormément, où le trafic d’influence en coulisse compte davantage que la comparaison rationnelle des programmes électoraux, l’insatisfaction est de rigueur. On votre contre quelque chose et on choisit le moins pire. En réalité, on n’attend plus rien des acteurs politiques, on se montre moins exigeants envers eux qu’à l’égard d’un professeur, d’une comptable ou d’un médecin. Cela fait leur affaire.

Hormis quelques points isolés (là certains thèmes électoraux de nature sociétale, ici la construction urgente d’un pont), la démocratie parlementaire nous offre le choix du même produit, mais bleu ou rouge, éventuellement mâtiné d’orange ou de vert. Au-delà, la même idéologie règne. Dans ce contexte, on s’en tient à escompter quelques victoires morales. Par exemple, un Parti vert détenant la balance du pouvoir, sans se laisser aller à des représentations managériales du vert en politique comme le pitoyable « développement durable ». C’est-à-dire en tirant un gouvernement dans le sens de grandes réformes impératives au vu de notre tragédie écologique. »

Une version de cet éditorial est paru dans l’Acadie Nouvelle le 23 septembre 2024.

Critique de Faire que ! par Josée Blanchette (JOBLOG)

Le Devoir

Par Josée Blanchette
JOBLOG
18 octobre 2024

JOBLOG — Faire que !


« Les essais du philosophe Alain Deneault sont toujours attendus avec impatience. Celui-ci, Faire que !, ne décevra pas ses fidèles. Et le sous-titre calibre le propos : L’engagement politique à l’ère de l’inouï. L’inouï, ce sont les bouleversements écologiques « auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne pallieront ».

Et Deneault met la table dans la seconde partie pour s’attaquer au « Que faire ? ». Il propose le modèle biorégional, à l’échelle collective, qui s’imposera par la force des choses, à mesure que les différents systèmes s’écrouleront. Par la force des choses, c’est aussi par la force de dame Nature, qui aura le dernier mot sur tout, n’en doutons pas un seul instant. Les solutions viendront de la base, comme dans bien des cas.

Deneault demeure cette cassandre verte qui dit les choses comme elles sont, mais en mieux tourné et en fort bien documenté. Il l’a payé cher, mais il persiste et signe. Je me sens moins seule en sa compagnie et une communauté en naîtra, souhaitons-le. À lire si on ne cultive pas le déni ou si on n’occupe pas le poste de ministre de l’Environnement. »

JOBLOG – Faire que ! suite à l’article De pluie et de chaos

Une économie qui ne sait plus ce qu’elle compte. Entretien avec Alain Deneault

Cette entrevue avec Alain Deneault par François-Xavier Lavallée a été réalisée dans le cadre d’un projet de court-métrage sur l’industrie minière canadienne par les étudiant.e.s du Cégep de Sainte-Foy au printemps 2024. Puisque le projet a été avorté, cette capsule présente des extraits dont les thèmes sont identifiés dans les chapitres. Durée : 1 h 49 min 10 sec.

« […] L’essayiste vient de publier son nouvel ouvrage, Faire que !, dont la discussion traite partiellement. Nous le remercions chaleureusement. » – Source: Page YouTube de Bérénicius Potkinovitch

Les essais d’Alain Deneault 
(dont plusieurs sont mentionnés dans l'entretien)

De pluie et de chaos par Josée Blanchette

Le Devoir

Par Josée Blanchette
18 octobre 2024

[…] Il faut comprendre que les climatologues et autres scientifiques qui s’intéressent aux effets des GES sur l’atmosphère forment une communauté conservatrice. « Je les comprends ! Ils ne veulent pas se planter, souligne Richard [Harvey]. On se garde toujours une réserve par souci de rigueur. » La marge d’erreur étant influencée par de multiples facteurs, on privilégie plusieurs scénarios. Quitte à pleurer plus tard.

« Hannah Arendt l’avait perçu, le principal avantage du menteur, par rapport à celui qui s’astreint à une certaine vérité, est d’avoir tout le loisir de dire exactement ce qui convient à ceux-là qu’il s’agit de persuader. Ainsi domine et fructifie la pulsion de mort. » – Alain Deneault, Faire que !

[…] « Ce n’est pas le réchauffement en soi qui est le problème, c’est la rapidité avec laquelle il se produit : aucun écosystème ne pourra s’y adapter par voie d’évolution darwinienne et encore moins notre société. L’idée même de civilisation est basée sur un climat stable, ce qui a été le cas depuis 5000 à 8000 ans. »

Richard [Harvey] me montre des graphiques saisissants sur la concentration de CO2 actuelle, 420 parties par million (ppm) ; des centaines de fois plus rapide que les variations naturelles du passé. Il faut remonter à 10 ou 20 millions d’années pour retrouver cette quantité de CO2 dans l’atmosphère.

Pour répondre aux jovialistes qui nous affirment que « ce n’est pas la fin du monde », le météorologue — pas alarmiste, mais de plus en plus anxieux — souligne qu’il faudrait une COVID-19 par année jusqu’en 2050 (-5 % d’émissions de GES dans le monde) pour espérer éviter un réchauffement de 2 degrés Celsius avant la fin du siècle. Puis maintenir nos émissions à zéro par la suite. « Qu’est-ce qui va nous attendre à 3-4 degrés Celsius ? Ostie qu’on est dans la marde ! » ajoute le père de deux jeunes de 19 et 20 ans.

« Ça prendrait un accord commercial mondial qui soit parfaitement respecté durant au moins un siècle, aucune erreur permise, aucune crise mondiale déstabilisatrice… » lance-t-il. […]

JOBLOG – Faire que !

« Les essais du philosophe Alain Deneault sont toujours attendus avec impatience. Celui-ci, Faire que !, ne décevra pas ses fidèles. Et le sous-titre calibre le propos : L’engagement politique à l’ère de l’inouï. L’inouï, ce sont les bouleversements écologiques « auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne pallieront ».

Et Deneault met la table dans la seconde partie pour s’attaquer au « Que faire ? ». Il propose le modèle biorégional, à l’échelle collective, qui s’imposera par la force des choses, à mesure que les différents systèmes s’écrouleront. Par la force des choses, c’est aussi par la force de dame Nature, qui aura le dernier mot sur tout, n’en doutons pas un seul instant. Les solutions viendront de la base, comme dans bien des cas.

Deneault demeure cette cassandre verte qui dit les choses comme elles sont, mais en mieux tourné et en fort bien documenté. Il l’a payé cher, mais il persiste et signe. Je me sens moins seule en sa compagnie et une communauté en naîtra, souhaitons-le. À lire si on ne cultive pas le déni ou si on n’occupe pas le poste de ministre de l’Environnement. »

«L’économie de la nature» parmi les comptes rendus de lecture de Bruno Marquis

Image © pngtree

Presse-toi à gauche

Par Bruno Marquis
15 octobre 2024

« Ce brillant petit essai est d’une lecture un peu ardue au départ, mais on y prend goût assez vite. Il nous décrit intelligemment comment, au cours des deux derniers siècles, le terme « économie » a pu être dévoyé de son sens général englobant l’ensemble du monde naturel à une approche essentiellement comptable et utilitaire, mettant en fin de compte l’humain en opposition avec la nature. C’est le premier « feuilleton théorique » d’une série de six de l’auteur. J’aurai tôt fait de lire aussi le second, « L’économie de la foi ». » – Bruno Marquis

Extrait :

La science économique n’a pas seulement neutralisé la notion d’ « économie de la nature », mais elle l’a totalement intégrée au rang de ses savoirs et capitaux. Les entités multinationales et leurs actionnaires se fantasment aujourd’hui comme des souverains de l’évolution, celle qui, hier encore, nous fascinait comme une chose infinie. Leurs technosciences ont pénétré les secrets repliés de la génétique, au point de prétendre à la pleine maîtrise de la nature. Il s’est ensuivi au dernier tiers du XXe siècle des effets de manipulations inouïes dans le domaine animal et végétal. Maintenant, des exploits génétiques et agricoles d’apprentis sorciers perturbent en profondeur les écosystèmes, plus qu’ils ne les contrôlent. C’est à eux qu’on attribue en Europe la disparition de 80 % des insectes, parmi lesquels de forts contingents d’abeilles. »

Discussion avec Alain Deneault sur son nouvel essai Faire que ! au Grand Hospice à Bruxelles

« Bienvenue au philosophe québécois Alain Deneault pour discuter de son dernier essai “Faire que!” paru chez LUX.

Alain Deneault est professeur de philosophie à l’Université de Moncton (Canada) et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris. Sur l’idéologie managériale, il a écrit « Gouvernance » et La médiocratie (Lux), en plus d’avoir fait paraître plusieurs essais sur les multinationales et les souverainetés de complaisance parus chez Écosociété et Rue de l’échiquier.

Alain Deneault est déjà venu chez TULITU pour son essai passionnant “ La Médiocratie ”. Le voici de retour avec “ Faire que ! ”.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles » – Source : TuliTu


Discussion avec Alain Deneault autour de Faire que !
Animée par Ariane Herman
Co-organisée par la librairie TuliTu et Lux Éditeur

Mercredi 6 novembre 2024 - 18 h à 20 h
Salle Gansbeek au Grand Hospice
7 rue du Grand Hospice, Bruxelles

Réservation sur evenbrite : ici
Gratuit

Critique de Faire que ! sur la page Meta du groupe Dis-moi ce que tu lis

Dis-moi ce que tu lis – Groupe Meta (Facebook)

Par Lérudy Mentaire (pseudonyme)
9 octobre 2024

« À l’heure des bouleversements climatiques qui chamboulent notre compréhension de la vie, l’écoanxiété cerne mal ce qui ronge émotions, réflexions et façon de vivre. L’anxiété nait d’un rapport à un fait: dans l’attente de la note d’un examen difficile, par exemple.

Pour Alain Deneault, les changements climatiques qui multiplient les cataclysmes: feux de forêts, inondations, sécheresses, ouragans majeurs, épidémies, disparition des espères, ne peuvent être motif d’anxiété, parce qu’on est incapable d’en saisir précisément l’objet. On vit donc désormais dans un climat d’angoisse collective. Il préfère donc le terme écoangoisse. Le terme souligne une réalité avec laquelle on ignore comment d’adapter

Très pointu quant au sens des mots, Deneault, dont la plume est toujours polémiste, s’en prend aussi à l’expression Développement durable, calque de l’anglais «sustainable development» qu’il serait plus adéquat de rendre en français par l’expression «exploitation endurable».

On imagine aisément que la périphrase ne sera pas adoptée par les lobbies financiers, industriels ou politiques, mais elle a le mérite de bien cerner de quoi on cause: on tient compte de l’environnement tant qu’il ne nuit pas à la croissance. Deneault s’en prend bien sûr à la surconsommation qui engendre une rupture de l’humain avec le reste de la nature. Dès lors, il se lance dans une vaste recension de tous les ouvrages qui ont voulu présenter des plans d’action par la formule Que faire?

Ce titre a d’abord été popularisé par Lénine dans une brochure où il expliquait ses concepts de parti unique autoproclamé «avant-garde du prolétariat», laquelle obéirait à la méthode du «centralisme démocratique». Avec les résultats liberticides et tragiques qu’on connaît.

L’essayiste philosophe recense pas moins de 25 ouvrages qui ont depuis repris à quasi toutes les sauces la question du leader soviétique. Cela va d’Apollinaire à Mélanchon, en passant par Jane Fonda! Il repère même que Lénine lui-même avait emprunté la question au titre d’un roman utopiste de Nicolaï Tchernychevski publié des décennies plus tôt: Que faire? Les hommes nouveaux.

Par un renversement grammatical, il suggère que l’engagement politique à l’ère de l’inouï, c’est-à-dire qui dépasse l’entendement, prenne modestement la voie du souhait: faire en sorte que les humains vivent davantage à l’intérieur de leur communauté afin de retrouver un sens de l’appartenance; faire en sorte qu’il vive davantage en harmonie avec la nature et rompe avec la grande industrie et les monocultures. D’où le souhait d’un repli bio-régional.

«Agnostique, la biorégion, pour s’imposer, est nécessairement l’œuvre de sujets déterminés à transformer des relations de survie érigées par une nécessité historique en une forme d’organisation pérenne», propose-t-il.

En somme, Deneault poursuit dans cet essai sa dénonciation de la société capitaliste qui, croit-il, menace des formes de vie actuelles. Il l’avait déjà pourfendue dans d’autres ouvrages comme La médiocratie ou Paradis fiscaux: la filière canadienne.

Comme dans ses ouvrages précédents, le professeur de philosophie fait preuve d’une grande érudition et d’une démarche qui bouscule les idées reçues, à commencer par les plus consensuelles.

La lecture est quelque peu exigeante, mais elle plaira à celles et ceux qui veulent approfondir le sujet et qui ne craignent pas un style grinçant, corrosif, voire même subversif pour les plus conservateurs parmi nous. »

Pour sortir de la sidération de l’écoanxiété ! – Rencontre avec Alain Deneault à Liège

Pour sortir de la sidération de l’écoanxiété ! Une rencontre avec Alain Deneault organisée par Les Territoires de la Mémoire autour de son plus récent essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï aura lieu au Salon des Lumières à la Cité Miroir à Liège, le jeudi 7 novembre 2024 à 18 h 30.

Rencontre avec Alain Deneault
Jeudi 7 novembre 2024 – 18 h 30
La Cité Miroir – Salon des Lumières
Place Xavier-Neujean 22. 4000 Liège, Belgique
Réservation : www.citemiroir.be | 04 230 70 50 | reservation@citemiroir.be ou sur ce lien ici
Gratuit

Rencontre avec le philosophe québécois Alain Deneault, auteur de « Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï ».

Comment s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent, auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne remédieront ? Comment agir politiquement à l’ère de l’inouï, quand on ne dispose d’aucun pendant historique pour appréhender les catastrophes annoncées? Comment s’engager quand l’extrême droite sème la confusion et détourne la colère des objets réels? Comment s’y prendre quand le libéralisme dissout tous nos repères dans la gouvernance technocratique?

Que faire ? Cette question donne le vertige, tellement on l’a posée. Elle jalonne la pensée politique depuis plus d’un siècle et finit par nous figer. Cessons dès lors de se la poser : le moment est venu de faire que !

Alors que faire? Livrer la guerre à la médiocratie. Évoquer les enjeux qui fâchent. Penser à l’échelle collective. Mal faire les choses, faire mal. Cesser de se poser la question et sortir de la sidération de l’éco-anxiété.

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï publié chez Lux Éditeur

Retour sur la participation d’Alain Deneault au Salon du livre de la Péninsule acadienne

Séance de dédicaces 
Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï d'Alain Deneault
5 et 6 octobre - Kiosque # 26
Photo © Ísjaki Studio
Photo © Ísjaki Studio
Entretien avec Paul Bossé animé par Alain Deneault
Thème : Le roman graphique sur l’engagement écologique
Jeudi 3 octobre - Amphithéâtre Gisèle-McGraw
UMCS (Université de Moncton, campus de Shippagan)
Photo © Ísjaki Studio
Photo © Ísjaki Studio
Lancement du livre d'Alain Deneault
Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï
5 octobre 2024 - Cielo Glamping Maritime
Photos © Ísjaki Studio
Table ronde animée par Sylvain Rivière - Thème : L'écoanxiété 
Avec Alain Deneault et Paul Bossé
Dimanche 6 octobre - Scène Place des auteurs
Centre Rhéal-Cormier
Photos © Ísjaki Studio

::: Merci à Ísjaki Studio pour les photos :::

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault, publié chez Lux Éditeur, est en librairie depuis le 3 octobre 2024 !

Dissocier économie et capitalisme – L’Humanité magazine

L’Humanité Magazine

Par Jean-Christophe Le Duigou
No 923 - 3 au 16 octobre
Page 57

Extraits de la discussion avec Alain Deneault sur le film La (très) grande évasion présenté à la Cinémathèque québécoise

Extraits de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau sur l’évasion fiscale suite à la projection du film La (très) grande évasion de Yannick Kergoat à la Cinémathèque québécoise le 30 septembre 2024.

Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 45 sec – 1/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 08 sec – 2/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 22 sec – 3/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 19 sec – 4/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 5 min 44 sec – 5/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 4 min 49 sec – 6/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 37 sec – 7/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 58 sec – 8/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 21 sec – 9/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 20 sec – 10/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 3 min 03 sec – 11/11

La tournée est une réalisation de Funambules Médias en collaboration avec les partenaires : AREQ, Caisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des Métallos, Échec aux paradis fiscaux, Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSN, Attac-Québec, Éditions Écosociété.

« La Cinémathèque québécoise a reconduit le film pour une semaine supplémentaire jusqu’au 9 octobre. » – Cinéma sous les étoiles – Funambules Médias

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur est en librairie depuis le 3 octobre en Amérique du Nord et à paraître en Europe le 25 octobre 2024 !

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï parmi les choix de lecture de la revue Nouveau projet

L’essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault, publié chez Lux Éditeur, est parmi les choix de lecture du calendrier culturel de la revue Nouveau projet pour l’automne 2024.

Par Catherine Genest
Nouveau Projet 27 - Automne 2024
30 septembre 2024

Alain Deneault au Salon du livre de la Péninsule acadienne du 3 au 6 octobre 2024

Image : Œuvre de Nicole Haché

Alain Deneault participera à la 21e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne, Lumières sur l’invisible, pour un entretien sur le thème Redéfinir l’économie (3 octobre), une table ronde avec Paul Bossé autour de l’écoanxiété (6 octobre) et le lancement de son livre Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï (5 octobre) publié chez Lux Éditeur.

Entretien avec Alain Deneault  - Thème: Redéfinir l'économie 
Jeudi 3 octobre - 13 h à 13 h 50
UMCS (Université de Moncton, campus de Shippagan) Amphithéâtre Gisèle-McGraw
Séance de dédicaces avec Alain Deneault
Samedi 5 octobre - 10 h à 11 h
Centre Rhéal-Cormier de Shippagan, kiosque # 26
Lancement du livre d'Alain Deneault
Faire que !
L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Samedi 5 octobre - 18 h
Cielo Giamping, Haut-Shippagan

« Les prochaines méditations d’Alain Deneault, dans Faire que ! (Lux), se concentrent sur l’action, puisque les changements nécessaires à la transformation de la société sont connus, et qu’il faut faire que ceux-ci se produisent. Toujours appréciée, sa plume, lucide et sans compromis, bouscule les idées reçues et élargit les horizons. Loin du marasme politique et du désespoir sociétal, l’auteur nous invite à voir en face les enjeux, à nous secouer et à faire que ça bouge. » – Chantal Fontaine, Les Libraires

Table ronde - Thème: L'écoanxiété 
Avec Paul Bossé et Alain Deneault
Dimanche 6 octobre - 13 h à 13 h 50
Scène Place des auteurs - Centre Rhéal Cormier
Séance de dédicaces avec Alain Deneault
Dimanche 6 octobre - 14 h à 15 h
Centre Rhéal-Cormier de Shippagan, kiosque # 26

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï est en librairie aujourd’hui ! Ainsi que…

Le tout dernier essai d’Alain Deneault Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï publié chez Lux Éditeur est en librairie aujourd’hui ! La parution en Europe est prévue pour le 25 octobre 2024.

Lux Éditeur

« Comment s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent, auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne remédieront? Comment agir politiquement à l’ère de l’inouï, quand on ne dispose d’aucun pendant historique pour appréhender les catastrophes annoncées? Comment s’engager quand l’extrême droite sème la confusion et détourne la colère des objets réels? Comment s’y prendre quand le libéralisme dissout tous nos repères dans la gouvernance technocratique?

Que faire? Cette question obnubile la pensée politique depuis plus d’un siècle. Alain Deneault nous convie à en penser les prémisses et les incidences pour l’ancrer dans les temps présents. Hors de toute programmatique serrée, mais avec la lucidité qu’on lui connaît, il invite notamment à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion.

Alors que faire? Livrer la guerre à la médiocratie. Évoquer les enjeux qui fâchent. Penser à l’échelle collective. Mal faire les choses, faire mal. Cesser de se poser la question et sortir de la sidération de l’écoanxiété.

Le moment est venu de faire que ! » – Lux Éditeur

Est également en librairie aujourd’hui : la réédition en format poche du succès La médiocratie d’Alain Deneault avec les essais Politique de l’extrême centre et «Gouvernance» dans la collection Pollux chez Lux Éditeur !

« Cette édition au format poche rassemble Politique de l’extrême centre, en plus de La médiocratie et «Gouvernance», deux opus d’Alain Deneault qui traitent de la révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management et la propension aux petits arrangements institutionnels qui caractérisent les dernières décennies.

Parce que les glaciers fondent, parce que le désert avance, parce que les sols s’érodent, parce que les déchets nucléaires irradient, parce que la température planétaire augmente, parce que les écosystèmes se délitent, parce que l’État social s’écroule, parce que l’économie réduite à la finance s’aliène, parce que les repères philosophiques se perdent, notre époque n’a plus le luxe de se laisser conduire à la petite semaine par les médiocres qui dominent. » – Lux Éditeur

Critique de l’essai L’économie de la pensée dans le magazine Espace de libertés

EDL - Espace de libertés
Le magazine du Centre d'Action Laïque
Par Lucie Barridez 
Déléguée « Étude & Stratégie » au CAL/COM
30 septembre 2024

« Dans L’économie de la pensée, ouvrage publié chez Lux Éditeur, le philosophe québécois Alain Deneault poursuit son entreprise de réévaluation des concepts économiques, s’éloignant résolument des dogmes de la science économique traditionnelle. Fidèle à son objectif de « déstabiliser » les fondements de l’économie telle qu’elle est communément définie, Alain Deneault cherche à libérer cette discipline de l’empreinte des économistes classiques.

[…] Un élément central de cette réflexion est la place de l’argent. Alain Deneault s’appuie sur les travaux du philosophe et sociologue allemand Georg Simmel, pour qui l’argent n’est qu’un outil de médiation entre des valeurs diverses. Toutefois, dans le capitalisme contemporain, cette fonction a été détournée : l’argent est devenu une fin en soi, pervertissant ainsi sa fonction première. Selon Alain Deneault, cette subversion de l’argent conduit à une impasse, où l’économie est dominée par une logique de production déconnectée des échanges intellectuels et humains, vidant ainsi de leur sens les interactions sociales et la pensée elle-même.

[…] Restituant la pensée comme processus vital de l’activité humaine, Alain Deneault s’inscrit dans une démarche profondément laïque. L’économie de la pensée telle qu’il l’esquisse appelle à une pluralité des idées et des échanges, libérés des dogmes et ouverts à tous les champs de l’intellect humain. Il partage ainsi avec les laïques l’ambition suivante : la création d’un espace de liberté où la pensée peut circuler sans entraves, nourrie par des interactions ouvertes et inclusives.

En somme, L’économie de la pensée est un véritable plaidoyer pour une réappropriation collective et consciente de la valeur des idées, qui rejoint l’esprit même de la laïcité en tant que moteur d’une société libre et émancipatrice. »

Psychologie de l’argent de Georg Simmel – Traduit de l’allemand par Alain Deneault

La médiocratie. Précédé de Politique de l’extrême centre et «Gouvernance» en format poche – À paraître le 3 octobre chez Lux Éditeur

« Nous profitons de la parution de «Faire que !» d’Alain Deneault, prévue pour le 3 octobre prochain, pour republier son succès «La médiocratie» dans notre collection à format poche. Cette édition comporte aussi les essais Politique de l’extrême centre et «Gouvernance» .

Voilà plusieurs textes d’Alain Deneault qui traitent de la révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management et la propension aux petits arrangements institutionnels qui caractérisent les dernières décennies.
Parce que les glaciers fondent, parce que le désert avance, parce que les sols s’érodent, parce que les déchets nucléaires irradient, parce que la température planétaire augmente, parce que les écosystèmes se délitent, parce que l’État social s’écroule, parce que l’économie réduite à la finance s’aliène, parce que les repères philosophiques se perdent, notre époque n’a plus le luxe de se laisser conduire à la petite semaine par les médiocres qui dominent.
» – Lux Éditeur

Retour sur la discussion avec Alain Deneault «Les biorégions: passer de l’écoanxiété à l’écocitoyenneté» à la Pépinière La Réfriche

Le Laboratoire de formation populaire de l’Outaouais (LabPop) a présenté hier, le 28 septembre 2024, une discussion publique en compagnie d’Alain Deneault sous le thème Les biorégions : passer de l’écoanxiété à l’écocitoyenneté dans le cadre des portes ouvertes de la Pépinière La Réfriche à Ripon.

La photographe Andréanne Grondin a partagé des photos de cet événement ainsi qu’une capsule vidéo (en direct) avec Alain Deneault sur sa page Facebook :

Extrait de la discussion avec Alain Deneault à la Pépinière La Réfriche – Captation par Andréanne Grondin
Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Si nos ordures parlaient

Photo © Unsplash

Le Devoir

Par Josée Blanchette
27 septembre 2024


« […] L’éboueur Simon Paré-Poupart, qui vient de publier l’excellent Ordures ! Journal d’un vidangeur, nous en met plein les sens avec le récit passionnant de ce qu’il jette dans le camion toute la journée. Voilà un métier qu’il exerce par passion trois jours par semaine, malgré une maîtrise en administration internationale, et qui lui permet aussi de pratiquer le « freeganisme », une forme de revalorisation de nos déchets. « La production annuelle de déchets solides a dépassé les 2 milliards de tonnes dans le monde et devrait atteindre 3,4 milliards en 2050. On trouve des ordures jusque dans l’espace. Près de 10 000 tonnes orbitent autour de la Terre. Devrais-je envoyer mon CV à la NASA ? » écrit le vidangeur de 38 ans. Son professeur, le philosophe Alain Deneault, lui a conseillé d’écrire ce livre. Ces témoignages d’ouvriers scolarisés et capables d’observer le monde à la Zola sont aussi rares que précieux. »

L’impératif du philosophe Alain Deneault pour traverser la crise écologique

Photo © Marie-Ève Cloutier – Radio-Canada
Alain Deneault : Son essai «Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï»

« Le philosophe Alain Deneault publiera, le 3 octobre, un essai intitulé Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, au sujet de la crise climatique. L’auteur passe plusieurs concepts au tordeur, du capitalisme vert à la transition énergétique. « Le développement durable, je suis désolé, c’est du pipi de chat. C’est une idéologie des grandes entreprises qui veulent faire passer la solution à un problème qu’elles ont engendré sans en prendre la responsabilité », ajoute l’auteur.

Durant l’entrevue, Alain Deneault explique pourquoi la société doit « faire [en sorte] que » plutôt que se demander « que faire » pour mieux passer à travers la crise écologique. Selon lui, la solution à cette crise passe par un concept qu’il nomme « biorégions ». Écoutez le segment pour en savoir plus. » – Tout un matin, ICI Radio-Canada Première

Durée : 11 minutes

« Un livre coup de poing ! » 
- Patrick Masbourian, Tout un matin, ICI Radio-Canada Première
Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024