«L’économie psychique» parmi les comptes rendus de lecture de Bruno Marquis

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Presse-toi à gauche

Par Bruno Marquis
26 novembre 2024

« Ce quatrième feuilleton théorique d’Alain Deneault sur l’économie, qui porte sur l’économie psychique, traite à travers le temps et de nos jours de l’effritement de la pensée opéré par le capitalisme, et en particulier de questions comme la toute-puissance des entreprises par rapport aux individus, le harcèlement moral, la détresse au travail, etc. C’est un feuilleton très théorique, mais dont plusieurs pages sont d’un grand intérêt et fort éclairantes. » – Bruno Marquis

Extrait :

« Si l’œuvre d’Hirigoyen se nourrit d’exemples qui portent sur des cas emblématiques, elle se trouve inopérante lorsque le phénomène pervers s’érige de manière structurelle, lorsqu’il fonde les principes même de gestion de l’économie marchande. Le harcèlement moral dans la vie professionnelle fait état d’entreprises qui sont elles-mêmes, comme entités, des sujets pervers, ce dont témoignent leurs directives implicites ou explicites et l’esprit qui y règne. »

«L’économie de la nature» parmi les comptes rendus de lecture de Bruno Marquis

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Presse-toi à gauche

Par Bruno Marquis
15 octobre 2024

« Ce brillant petit essai est d’une lecture un peu ardue au départ, mais on y prend goût assez vite. Il nous décrit intelligemment comment, au cours des deux derniers siècles, le terme « économie » a pu être dévoyé de son sens général englobant l’ensemble du monde naturel à une approche essentiellement comptable et utilitaire, mettant en fin de compte l’humain en opposition avec la nature. C’est le premier « feuilleton théorique » d’une série de six de l’auteur. J’aurai tôt fait de lire aussi le second, « L’économie de la foi ». » – Bruno Marquis

Extrait :

La science économique n’a pas seulement neutralisé la notion d’ « économie de la nature », mais elle l’a totalement intégrée au rang de ses savoirs et capitaux. Les entités multinationales et leurs actionnaires se fantasment aujourd’hui comme des souverains de l’évolution, celle qui, hier encore, nous fascinait comme une chose infinie. Leurs technosciences ont pénétré les secrets repliés de la génétique, au point de prétendre à la pleine maîtrise de la nature. Il s’est ensuivi au dernier tiers du XXe siècle des effets de manipulations inouïes dans le domaine animal et végétal. Maintenant, des exploits génétiques et agricoles d’apprentis sorciers perturbent en profondeur les écosystèmes, plus qu’ils ne les contrôlent. C’est à eux qu’on attribue en Europe la disparition de 80 % des insectes, parmi lesquels de forts contingents d’abeilles. »