Écoutez la causerie avec Alain Deneault – Les figures du « complotisme » : une galerie de personnages conceptuels

Les figures du « complotisme » : une galerie de personnages conceptuels. Causerie avec Alain Deneault organisée par UPop Montréal qui a eu lieu à La Livrerie et qui a été enregistrée le 16 mars 2026. Durée : 1 h 05 min suivie d’une période de questions.

« Sous l’expression « théorie du complot » ou complotisme se rangent différents phénomènes sociaux et discursifs qu’il convient de distinguer. Comme souvent, la confusion du langage convient au statu quo. L’atelier visera à décliner sous la forme de différents types sociaux les manifestations de ce qu’on appellera pour l’heure le complotage, afin d’échapper aux appellations d’usage. » – UPop Montréal

L’UPop, créée en 2010, a pour mission de favoriser le développement de l’esprit critique en offrant à la population de Montréal et des environs un accès libre et gratuit au savoir par le biais d’activités d’éducation populaire implantées dans plusieurs quartiers de la ville.

Les activités de l’UPop sont ouvertes à toutes et tous. Elles se tiennent dans des lieux conviviaux et accessibles – cafés, bibliothèques, galeries d’art, théâtres – qui permettent de joindre un public diversifié, intéressé par la culture et le savoir. L’UPop Montréal valorise le sentiment d’appartenance à la communauté et favorise l’envie de prendre part activement aux défis auxquels nous faisons collectivement face.

Source: UPop Montréal

L’essai Faire que ! d’Alain Deneault est la lecture du mois de la Bibliothèque Aldéa-Landry

« LECTURE DU MOIS | Faire que! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault. Comment s’orienter dans un monde bouleversé par des crises écologiques sans précédent, face auxquelles ni les États ni le capital ne semblent pouvoir remédier?

Dans Faire que! Alain Deneault nous invite à réfléchir à nos façons d’agir à l’ère de l’inouï, une époque où aucun repère historique ne permet d’appréhender les catastrophes qui s’annoncent. Il dénonce la confusion semée par l’extrême droite, la perte de sens provoquée par le libéralisme et l’écoanxiété qui nous fige trop souvent dans l’inaction.

Plutôt que de céder à la sidération, M. Deneault nous encourage à penser autrement, hors des programmes figés, à nous ancrer dans les territoires à travers le concept de biorégion et à livrer la guerre à la médiocratie. Il nous pousse à mal faire les choses, faire mal, à évoquer les enjeux qui dérangent, et surtout à penser et agir collectivement. Avec la lucidité qu’on lui connaît, il nous rappelle que le moment est venu de faire que! […] Bonne lecture ! » – Bibliothèque Aldéa-Landry

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï parmi «Les livres du mois» du Monde diplomatique

Le Monde diplomatique

Par Esteban Chevalier
Mai 2025

Comment affronter un présent sans précédent — « inouï » ? Pour mieux répondre à la crise écologique, nous gagnerions à « faire que », plutôt que de nous demander « que faire », comme autrefois Lénine. Face à l’insuffisance des gouvernements et du capital, il nous faudrait, selon Alain Deneault, sortir de la torpeur et de l’éco-angoisse et adopter une posture transformatrice. Le philosophe québécois critique vertement une gauche en perte de repères, déplore un libéralisme technocratique qui fragmente nos sociétés. Il invite à reconstruire l’engagement politique en partant de l’échelle locale, à travers des initiatives comme la biorégion, « contraction de la pensée politique à l’échelle régionale ». Livrer la guerre à la « médiocratie », affronter les sujets qui dérangent et prendre des risques : tels sont les axes d’une action politique enracinée dans l’inédit. Loin d’une réponse programmatique, l’ouvrage appelle à expérimenter dans l’essai et le mouvement, à repenser l’engagement politique pour donner corps à une pensée agissante.

«L’économie psychique» parmi les comptes rendus de lecture de Bruno Marquis

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Presse-toi à gauche

Par Bruno Marquis
26 novembre 2024

« Ce quatrième feuilleton théorique d’Alain Deneault sur l’économie, qui porte sur l’économie psychique, traite à travers le temps et de nos jours de l’effritement de la pensée opéré par le capitalisme, et en particulier de questions comme la toute-puissance des entreprises par rapport aux individus, le harcèlement moral, la détresse au travail, etc. C’est un feuilleton très théorique, mais dont plusieurs pages sont d’un grand intérêt et fort éclairantes. » – Bruno Marquis

Extrait :

« Si l’œuvre d’Hirigoyen se nourrit d’exemples qui portent sur des cas emblématiques, elle se trouve inopérante lorsque le phénomène pervers s’érige de manière structurelle, lorsqu’il fonde les principes même de gestion de l’économie marchande. Le harcèlement moral dans la vie professionnelle fait état d’entreprises qui sont elles-mêmes, comme entités, des sujets pervers, ce dont témoignent leurs directives implicites ou explicites et l’esprit qui y règne. »

«L’économie de la nature» parmi les comptes rendus de lecture de Bruno Marquis

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Presse-toi à gauche

Par Bruno Marquis
15 octobre 2024

« Ce brillant petit essai est d’une lecture un peu ardue au départ, mais on y prend goût assez vite. Il nous décrit intelligemment comment, au cours des deux derniers siècles, le terme « économie » a pu être dévoyé de son sens général englobant l’ensemble du monde naturel à une approche essentiellement comptable et utilitaire, mettant en fin de compte l’humain en opposition avec la nature. C’est le premier « feuilleton théorique » d’une série de six de l’auteur. J’aurai tôt fait de lire aussi le second, « L’économie de la foi ». » – Bruno Marquis

Extrait :

La science économique n’a pas seulement neutralisé la notion d’ « économie de la nature », mais elle l’a totalement intégrée au rang de ses savoirs et capitaux. Les entités multinationales et leurs actionnaires se fantasment aujourd’hui comme des souverains de l’évolution, celle qui, hier encore, nous fascinait comme une chose infinie. Leurs technosciences ont pénétré les secrets repliés de la génétique, au point de prétendre à la pleine maîtrise de la nature. Il s’est ensuivi au dernier tiers du XXe siècle des effets de manipulations inouïes dans le domaine animal et végétal. Maintenant, des exploits génétiques et agricoles d’apprentis sorciers perturbent en profondeur les écosystèmes, plus qu’ils ne les contrôlent. C’est à eux qu’on attribue en Europe la disparition de 80 % des insectes, parmi lesquels de forts contingents d’abeilles. »