Alain Deneault est un philosophe québécois et docteur en philosophie de l’Université Paris-VIII. Il a été directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris de 2016 à 2022. Il enseigne au campus de Shippagan de l’Université de Moncton dans la Péninsule acadienne.
Il est auteur d’essais critiques, notamment sur l’idéologie managériale, la souveraineté des pouvoirs privés et l’histoire de la notion polysémique d’économie.
Son plus récent ouvrage Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï publié chez Lux Éditeur a été parmi les finalistes dans la catégorie essai des Prix littéraires du Gouverneur général 2025.
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Faire que !
L’engagement politique à l’ère de l’inouï
Lux Éditeur
Comment s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent, auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne remédieront? Comment agir politiquement à l’ère de l’inouï, quand on ne dispose d’aucun pendant historique pour appréhender les catastrophes annoncées? Comment s’engager quand l’extrême droite sème la confusion et détourne la colère des objets réels? Comment s’y prendre quand le libéralisme dissout tous nos repères dans la gouvernance technocratique?
Que faire? Cette question obnubile la pensée politique depuis plus d’un siècle. Alain Deneault nous convie à en penser les prémisses et les incidences pour l’ancrer dans les temps présents. Hors de toute programmatique serrée, mais avec la lucidité qu’on lui connaît, il invite notamment à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion.
Alors que faire? Livrer la guerre à la médiocratie. Évoquer les enjeux qui fâchent. Penser à l’échelle collective. Mal faire les choses, faire mal. Cesser de se poser la question et sortir de la sidération de l’écoanxiété.
Le moment est venu de faire que !
Plus rien n’est égal par ailleurs
Un film de Martin Bureau
avec la participation d'Alain Deneault


« Entre art vidéo, documentaire et vidéoclip, le film de Martin Bureau explore les débordements d’une société occidentale à la fois ébranlée par le capitalisme tardif et incapable de s’en affranchir. Expérience audiovisuelle viscérale, l’œuvre met en tension une esthétique de l’excès et de la domination avec la sobre parole critique du philosophe Alain Deneault, qui invite à réinventer des formes de solidarité communautaire et territoriale. » – ONF
Plus rien n'est égal par ailleurs a notamment été présenté en première mondiale au 44e Festival International du Film sur l'Art ainsi que dans le cadre des Rendez-vous Québec cinéma (RVQC) en 2026.
Plus rien n'est égal par ailleurs fait partie de la sélection officielle au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) et sera présenté le 11 septembre 2026 à 21 h au Cinéma Beaumont.
Produit par l’Office national du film du Canada, l’œuvre sera disponible sur la plateforme de l’ONF, début 2027.
La médiocratie
Avec Politique de l’extrême centre et «Gouvernance»
Réédition en format poche de trois essais classiques, d’abord publiés chez Lux entre 2013 et 2017.
Lux Éditeur – Collection Pollux
Cette édition au format poche rassemble Politique de l’extrême centre, en plus de La médiocratie et «Gouvernance», deux opus d’Alain Deneault qui traitent de la révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management et la propension aux petits arrangements institutionnels qui caractérisent les dernières décennies.
Parce que les glaciers fondent, parce que le désert avance, parce que les sols s’érodent, parce que les déchets nucléaires irradient, parce que la température planétaire augmente, parce que les écosystèmes se délitent, parce que l’État social s’écroule, parce que l’économie réduite à la finance s’aliène, parce que les repères philosophiques se perdent, notre époque n’a plus le luxe de se laisser conduire à la petite semaine par les médiocres qui dominent.



L’économie de la pensée
suivi de «L’économie mathématique» avec François Genest
Feuilleton théorique «Les Économies»
Lux Éditeur

« Notre économie, au sens idéologique d’une restriction à l’intendance comptable et à la gestion rationnée, procède d’un rapport économique biaisé à la pensée, qu’il convient de critiquer en premier lieu. L’économie n’est pas simplement un objet social et physique qu’on étudie pour lui-même, mais un problème précis d’organisation mentale. Ce problème, les sociétés se le donnent en élaborant des structures symboliques transcendantes, tordues dans leurs présupposés. Leurs concepts se ferment en eux-mêmes.
Les entreprises spoliatrices et polluantes, leurs classes dominantes et leurs dévots subalternes, produisent un discours qui distord l’économie et élève cette distorsion au rang de science. Le problème qu’elles engendrent concerne le processus économique de la pensée. »
Alain Deneault, L’économie de la pensée. Feuilleton théorique V. Collection: «Les Économies», Lux éditeur, 2024
Feuilleton théorique «Les Économies»






Mœurs
De la gauche cannibale à la droite vandale
Lux Éditeur
« Lorsque nos débats deviennent des combats, ils versent dans le moralisme, l’agitation et l’intoxication, et ces excès de gauche à droite contribuent au développement d’un environnement délétère. Au prétexte de les faire évoluer, on use des mœurs comme strict vecteur d’opposition. Ainsi perverties, les bonnes mœurs ne représentent plus une modalité usuelle et coutumière d’apaisement des communautés, mais une légitimation que les puristes et imposteurs s’arrogent pour porter leurs coups. »
Alain Deneault – Extrait de Mœurs. De la gauche cannibale à la droite vandale
De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit
Sortie aux Éditions Rue de l’échiquier – Collection *l’écopoche en 2023
*La première collection de poche exclusivement consacrée à l’écologie et aux questions de société.

Histoire et anatomie d’un pouvoir
Une enquête saluée par les médias en France depuis sa sortie en 2017: « Un pavé de 500 pages qui se lit comme un polar de la Série Noire. » - Benoît Collombat, France Inter « Un récit fouillé de la construction d’un empire qui interroge le véritable pouvoir de grandes firmes. » - Society « Ce qui frappe le plus chez Alain Deneault, c'est son incroyable vivacité d'esprit : un équilibriste des concepts, un funambule du sens critique et du raisonnement argumenté. » - La Montagne « Auteur d’une enquête sans concession sur les pratiques du géant pétrolier en Afrique, le philosophe questionne la responsabilité sociale et citoyenne des multinationales devenues plus puissantes que les États. » - Anne Crignon, L'Obs « La thèse d’Alain Deneault, c’est que, loin d’être une simple entreprise privée ou une société traditionnelle du terme, Total est devenu un véritable acteur ; au-delà de la politique, un véritable pouvoir. » - Camille Diao, C ce soir

Victoire totale d’Alain Deneault contre la multinationale et pétrolière TotalEnergies !

« Décidément, les philosophes dérangent les multinationales. Plusieurs années après l’Affaire Noir Canada, Alain Deneault a été poursuivi pour diffamation par TotalEnergies après la diffusion du documentaire Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie de Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall (Morgane Productions), librement adapté de son ouvrage De quoi Total est-elle la somme ?, publié en Europe chez Rue de l’Échiquier et au Québec chez Écosociété, et diffusé sur Arte le 8 novembre 2022. Il vient tout juste d’être « relaxé » par le Tribunal de Paris. » – Écosociété, page Meta
Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie
Un documentaire-choc inspiré du livre De quoi Total est-elle la somme ? d’Alain Deneault
Une réalisation de Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall.
Produit par ARTE France et Morgane Productions - 2022




La (très) grande évasion de Yannick Kergoat
Avec la participation d’Alain Deneault

Les personnes et les entreprises les plus riches ont de moins en moins de scrupules, et de plus en plus de moyens à leur disposition, pour échapper à l’impôt. Elles alimentent ainsi, sans aucun sentiment de culpabilité, la ruine progressive de la redistribution de la richesse.
Avec rigueur, et une certaine dose d’humour, ce documentaire explique les mécanismes des paradis fiscaux, dévoile les discours de façade des politicien.ne.s pour les combattre et démontre comment l’évasion fiscale n’est pas un défaut du système néolibéral dont on pourrait s’accommoder, mais bien l’un de ses rouages essentiels qui accélèrent la croissance des inégalités.




Alain Deneault chez France culture
« Alain Deneault dresse une critique acerbe du nouveau «totalitarisme» qui frappe nos sociétés par la conjonction du néolibéralisme, de l’avènement des multinationales et du recul des États. » – France Culture
Actualités
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Cette opiniâtreté qui a vaincu Total

Le Monde diplomatique
Par Alain Deneault
Août 2026, page 2 - No 869Multiplications des procédures-bâillons Cette opiniâtreté qui a vaincu Total
En France comme ailleurs, les procédures judiciaires diligentées par certaines grandes entreprises contre des militants, des chercheurs ou des journalistes tendent à se multiplier. Avec quelles conséquences ? Et quelles issues ? Le philosophe Alain Deneault raconte sa propre expérience, victorieuse.
11 octobre 2024, sur mon île acadienne de la baie des Chaleurs, au Canada, je reçois tribunal judiciaire de Paris. « Nous vous informons que nous envisageons votre mise en examen. À cette fin, vous êtes convoqué pour procéder à votre première comparution. » Qu’avais-je donc fait pour mériter une telle missive ? Selon la société TotalEnergies, à l’origine de la plainte, j’aurais tenu des propos diffamatoires à son encontre, dans un documentaire diffusé sur Arte en novembre 2022 (1). La citation incriminée, tronquée, n’est nullement contextualisée : « Comment ça se fait que c’est Total qui a les capitaux et non Greenpeace ? C’est Total eh bien, car Total a fait quoi (…) a fait travailler de force, via une partenaire, des populations infortunées au Myanmar. »
J’apprends dans cette lettre que TotalEnergies a déposé plainte contre moi le 7 février 2023. Cinq mois plus tard, le 7 juillet, une information judiciaire était ouverte, des investigations lancées, qui ont abouti au courrier reçu un beau matin d’octobre. J’ai désormais un mois pour préparer l’« interrogatoire de première comparution », qui doit aboutir à ma mise en examen et à mon renvoi devant le tribunal correctionnel.
Les plaintes de ce type, parfois qualifiées de « procédures-bâillons » en ce qu’elles visent à museler les voix critiques, sont devenues monnaie courante, en France comme au Canada ou aux États-Unis. La secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), Mme Sophie Binet, est poursuivie par le mouvement patronal Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance (Ethic), car ses membres n’ont pas souffert d’être comparés à des « rats qui quittent le navire » — l’image utilisée par la dirigeante syndicale pour décrire la fuite d’entreprises hors de France. La journaliste Inès Léraud, qui enquête sur la pollution de l’agro-industrie en Bretagne, a remporté, en 2025, son troisième procès en diffamation, tandis que le site d’information StreetPress affronte actuellement pas moins de treize plaintes-bâillons, pour la plupart déposées par des personnalités ou des structures liées à l’extrême droite. Les organisations non gouvernementales Sherpa et React, les journaux L’Obs, Le Point, Le Monde diplomatique, le journaliste Jean-Baptiste Rivoire ont quant à eux subi les foudres du groupe Bolloré ou de l’une de ses filiales. Aux États-Unis, l’association Greenpeace a été condamnée, en mars 2025, à verser 345 millions de dollars au géant pétrolier Energy Transfer, pour cause de « diffamation », « nuisance » ou encore « ingérence illicite dans les relations commerciales ». Elle avait aidé une communauté sioux qui s’opposait à la construction d’un oléoduc dans le Dakota du Nord…
Ces procédures, qui peuvent s’étendre sur plusieurs années, ont des effets désastreux quand elles frappent de petites associations ou des individus isolés. Sur le plan social, tout d’abord. Les gens qui vous entourent vous perçoivent différemment. Ils ignorent les détails de l’affaire, mais comme il n’y a pas de fumée sans feu, ils vous voient déjà un peu coupable. Les boutades fusent : « Je ne vais pas marcher près de toi, je crains de prendre une balle perdue. » On ne vous demande plus comment vous allez, mais « comment vont les poursuites ? ». Impossible d’oublier votre procès.
Les petites associations doivent consacrer une part substantielle de leur budget au financement des démarches judiciaires. Elles sont obligées d’interrompre certaines de leurs activités pour s’atteler à la préparation de leur défense, là où une multinationale peut parfaitement lancer des poursuites en diffamation tout en continuant à négocier des contrats, animer un salon mondial de l’énergie, dépêcher ses lobbyistes dans les Parlements… Surtout, cette mise sous pression influe sur les pratiques quotidiennes des associations. Chaque rapport, chaque communiqué de presse, chaque lettre adressée à un grand groupe sont pesés au trébuchet, pour ne pas prêter le flanc à d’abusives représailles judiciaires. Aucune précaution n’est cependant suffisante. Deux mots par-ci additionnés à trois autres par-là, montés en épingle et tirés par les cheveux, joints par des points de suspension entre parenthèses, peuvent suffire à déclencher des poursuites.
Le jour de l’interrogatoire de première comparution — le mien se déroule le 12 novembre 2024 — la juge se contente de vous lire vos droits, après s’être assurée que vous avez bien tenu les proposqui vous sont attribués. Ce que je discute : « D’un point de vue étroitement phénoménal, au sens de cette bouche-ci qui aurait prononcé dans l’ordre ou dans le désordre ces mots-là, peut-être. Mais tout dépend de ce que parler veut dire. La citation comprend des “(…)”, je ne sais pas comment on prononce des “(…)”, je ne me souviens pas en avoir jamais dit. Donc non, je ne suis pas l’auteur de cette phrase ainsi défigurée. Si j’avais écrit quelque part “Pour Hitler, l’affaire est close : les Juifs doivent mourir”, et qu’on me dénonçait au prétexte que j’eusse écrit “Les Juifs doivent mourir”, je ne pourrais ni nier l’avoir écrit, ni me reconnaître dans la citation. Toutes proportions gardées, je me retrouve dans une situation analogue. » La juge écoute poliment, mais ne dissimule pas sa hâte et, au premier silence de ma part, elle me signifie son ordonnance de renvoi : je suis mis en examen, il doit y avoir procès.
L’audience se tiendra quinze mois plus tard, le 16 mars 2026, devant la juge de la 17e chambre du tribunal de Paris. J’y assiste en visioconférence, depuis un commissariat de police en banlieue de Montréal. Avec mon avocat, nous expliquons que la « citation », replacée dans son contexte, relevait d’un « procédé explicatif de type secondaire », c’est-à-dire un procédé consistant à présenter, en quelques phrases ou dans un raisonnement concis, plusieurs éléments de justification qui soutiennent une affirmation principale. En l’occurrence, l’affirmation portait sur le fait que les grands chantiers dits de « transition énergétique » permettaient à Total de se draper de vertus écologiques, alors que ses capitaux ont bien souvent été accumulés de manière controversée, en Asie, en Afrique ou ailleurs.
Comment pouvais-je me permettre d’évoquer si succinctement le recours au travail forcé ? Tout simplement parce que le président de la société américaine Unocal — membre du consortium dont Total était opérateur au Myanmar — a lui-même reconnu ce travail forcé lors de la construction du gazoduc reliant le gisement maritime de Yadana à la Thaïlande en passant par le Myanmar, entre 1995 et 1998. Parce que le procureur du tribunal de Nanterre a émis, en 2004, un avis similaire. Parce que plusieurs organisations indépendantes (la Fédération internationale pour les droits humains [FIDH], EarthRights International, la Ligue des droits de l’homme [LDH]…) ont publié des rapports en ce sens, tout comme le Conseil d’éthique du fonds souverain norvégien. Parce que des déclarations d’employés ou de représentants de Total eux-mêmes le suggèrent…
Trois ans après le début des poursuites, le jugement tombe. Il confirme qu’une base factuelle existe pour estimer de bonne foi que « Total a fait travailler de force, via une partenaire, des populations infortunées au Myanmar ». Me concernant, le document conclut : « Ses propos, qui contribuent à un débat d’intérêt public, n’ont pas dépassé les limites admissibles du droit à la liberté d’expression. » La multinationale est entièrement déboutée. Des années de procédure, des milliers d’euros perdus pour confirmer des évidences. Entre-temps, la justice aura fait ce que le plaignant attendait d’elle : occuper, distraire, intimider.
1) Le Système Total. Anatomie d’une multinationale de l’énergie [https://educ.arte.tv/program/le-systeme-total-anatomie-d-une-mutlinationale-de-l-energie], réalisé par Catherine Le Gall et Jean-Robert Viallet, 2022.


Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie est un documentaire choc librement inspiré de l’ouvrage De quoi Total est-elle la somme ? Multinationale et perversion du droit d’Alain Deneault publié aux éditions Rue de l’échiquier et Écosociété.
Le documentaire est réalisé par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall et produit par ARTE France et Morgane Productions – 2022




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Le pays acadien

Acadie Nouvelle
Par Alain Deneault
15 août 2026Il m’a semblé clair à mon arrivée en Acadie, il y a quelque dix ans, que l’Acadie Nouvelle avait le potentiel d’un journal écologiste. Peu de quotidiens en ville (ou de bihebdomadaires) traitent aussi régulièrement que lui d’informations sur les enjeux territoriaux, en lien avec la vie de la communauté. Par la force des choses, l’inscription acadienne dans la réalité atlantique l’expliquait. Dans ses nouvelles éditions, moins fréquentes mais nourries, le journal confirmait ce statut officieux le 12 août dernier.
« Souris habiles à déjouer les pièges à Moncton », « Des bas prix au rayon des légumes », « Projection des baleines noires », « La lavande attire toujours plus », « Deux grands requins blancs au large des côtes acadiennes », « Visite rare en Atlantique : un béluga », « arroser son gazon ou préserver l’eau potable », « Le Flot et le jusant, l’enfer qu’est le fond marin »… sont des éléments de titres écumés à la lecture. L’édition du montréalais Le Devoir lue le même jour ne considérait en rien ainsi les réalités territoriales ; il y était plutôt question de la crise du logement, d’explosions au Liban et de droits de douane.
Il s’en faudrait de peu, et bientôt on franchira ce pas, pour que le journal devienne, à l’instar de beaucoup d’associations se réclamant de l’Acadie, un organe de défense, voire de combat pour le sort du paysage acadien, autant qu’il l’a été à ce jour pour son histoire, ses valeurs et sa langue.
Il reste compliqué de parler de l’Acadie en termes territoriaux puisque la communauté partage son lieu avec une anglophonie dominante et une autochtonie colonisée. Les Acadiens de la côte, de la ruralité ou de la foresterie partagent des rapports variés ou divergents avec le territoire en raison de cet étalement. Ils relèvent d’États mineurs (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve, Île-du-Prince-Édourard, Québec, Maine…) dont ils ne sont pas à l’origine et dont ils n’ont pas le parfait contrôle.
Néanmoins, l’histoire fait que ce paysage apparaît désormais dans sa brutalité, sa réalité et sa vérité, comme si le territoire transperçait désormais la carte et se rappelait à nous dans son impérieuse vitalité. L’« histoire », c’est ici les bouleversements climatiques et métrologiques doublés de perturbations radicales dans l’économie animale, qui entraînent chez nous comme dans le monde, potentiellement ou activement, leurs lots d’événements : canicules, sécheresses, incendies, migrations d’espèces, ou encore l’importance des crues, inondations et érosion de sols, sans parler de l’inquiétant phénomène de l’acidification des océans.
L’Acadie, c’est aussi ça. Et elle deviendra de plus en plus d’abord ça. Elle vit en temps réel – et devra s’en apercevoir – son deuxième grand dérangement. Mais cette fois, ce n’est pas sa population qui est déportée, mais toutes espèces ou composantes conditionnant la possibilité d’une vie ici. Tout comme la morue et les chauves-souris, c’est à grande échelle que l’extinction (l’extermination ?) a lieu. C’est commencé.
En cela, le 15 août peut devenir, est appelé à devenir et deviendra le jour où on marquera l’attachement biorégional que les communautés acadiennes (de souche ou d’accueil) marquent à leur territoire. Comment s’assurer de la pérennité de l’Acadie, sinon qu’en chérissant son lieu même et l’économie du vivant dont elle dépend de manière absolue ?
Précurseur était en cela le concert offert le 30 juillet dernier par le Festival international de musique baroque de Lamèque. Intitulé « Éléments acadiens », cette présentation réfléchie par son directeur artistique Vincent Lauzer mettait en relation des œuvres du répertoire musical allant du XVIe au XVIIIe siècle avec des chants d’artistes contemporains d’ici, tous portant sur les éléments. La musique audacieuse et mordante de Frédéric Chiasson venait ainsi soutenir les paroles chantées par le Chœur de la Mission Saint-Charles et signées par les poètes Emma Haché et Raymond Guy Leblanc.
Pour que cette prestation quitte le seul champ de l’esthétique et fasse effraction dans la politique, on eût souhaité maintenant qu’en un lieu faisant autorité, ces mêmes chants pussent être repris le 15 août, mais devant un public moins aspiré par l’esprit léger de la fête et plus empreint de la gravité que commande notre temps. Bref, que ces signifiants poétiques et leurs mouvements musicaux rencontrassent l’époque dans ce qu’elle nous pose de questions et de défis. Ce serait une façon de nous y mesurer, et non de les refouler.
Cela, de tels moments adéquats de gravité, viendra. Nous nous recueillerons et nous enquerrons de nos forces. La mutualité sera de rigueur.
Le 15 août sera le jour d’une réunion écologique où l’Acadie se demandera comment tenir encore dans le champ de ruines, le dépotoir à ciel ouvert et la masse entropique que l’ère industrielle et capitaliste lui aura légués, à elle comme à tant d’autres.
On écoutera, comme on l’a fait ce jour du 30 juillet dans l’église Saint-Raphaël, Emma Haché [pour tout divulguer, ma conjointe] partager « Les Ventres courageux », qu’elle a écrit dans sa jeunesse :
Je garde en moi
Le chant du levant
Et celui du départ
Je garde en moi
Le jour qui viendra
Que je ferai naître
En moi, chez nous
Quelque chose qui chante
Quelque chose qui porte
Quelque chose qui vaOu Raymond Guy Leblanc, dont le « Cri de terre » affirme :
J’habite un cri de terre en amont des espérances
Largué sur toutes les lèvres
Déjà mouillées aux soleils des chalutiers incandescents
Et toute parole abolit le dur mensonge
Des cavernes honteuses de notre silenceC’est en nous que le néobaroque et la poésie trouveront leur dessein écologico-politique. Nous n’écouterons plus de musique à vide pour elle-même et nous ne chanterons plus en termes de développement touristique. Nous en incarnerons le signifié et en façonnerons les contours événementiels. Des biorégions se constitueront informellement, là où des communautés laissées à elles-mêmes par le capital et son État collaborateur devront réapprendre l’autonomie, en chérissant l’entregent communautaire et en soignant le territoire.
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La marque

Photo © La Presse Canadienne/AP/Gene J. Puskar Acadie Nouvelle
Par Alain Deneault
29 juin 2026Vraiment ! Ça manquait à Caraquet, un tel restaurant ?
McDonald’s, c’est toute une marque ! Une marque sur la ville. Une balafre.
Ce symbole chargé frappe les imaginaires. Et contamine tout le reste.
Le climatologue Will Stephen y fait référence, au début du siècle, dans ses recherches sur notre nouvelle ère, l’« Anthropocène », celle dans laquelle les sujets humains, constitués autour du projet industriel et capitaliste occidental, dominent toutes les autres espèces. Pour témoigner de notre emprise néfaste sur le vivant et les territoires, ce scientifique australien a établi en 2004 un tableau de bord attestant de phénomènes néfastes à l’échelle mondiale, convergents. Ce sont ses « bâtons de hockey ». On y remarque un très grand nombre de phénomènes s’imposant de manière croissante. Fulgurante même ! La démographie est en hausse, l’érosion des sols agraires augmente, tout comme la destruction des étendues forestières. La consommation d’eau monte en flèche, l’urbanisation est effrénée, la disparition de la biodiversité est effarante…
D’autres critères cités dans le tableau sont plutôt symptomatiques, comme la production de papier, la vente de téléphones cellulaires ou… l’ouverture de restaurants McDonald’s (troisième graphique de la troisième ligne). Pour les spécialistes de l’effondrement du vivant et des civilisations en lien avec la surproduction à l’occidentale, ce point est parlant : lorsqu’une société accepte l’ouverture d’un nouveau restaurant McDonald’s, ici symbole de toutes les entreprises multinationales, elle contribue à rendre le monde de moins en moins habitable pour les espèces, y compris beaucoup de communautés humaines.
À ce marqueur d’ordre écologique s’ajoute celui de la santé. La même année que Will Stephen produisait ses données troublantes, Morgan Spurlock lançait au cinéma son documentaire Super Size Me ! (La Malbouffe à l’américaine, en français). Apparaissant lui-même à l’écran, le réalisateur filme sa conversion diététique alors qu’il entreprend de ne plus manger que des produits McDonald’s, matin, midi et soir, et ce, pendant un mois. Il se donne aussi pour consigne de toujours acquiescer lorsqu’on l’invite au restaurant à augmenter la taille des portions. Il réagit ainsi à plusieurs décisions de justice qui déboutent des clients de McDonald’s ayant poursuivi la firme aux États-Unis, la présentant comme responsable de leurs problèmes de santé.
Résultat des courses : après quelques semaines seulement, on voit le sujet de sa propre expérience devenir livide, dépourvu d’énergie, dépressif. Sa libido est à zéro. Son médecin lui enjoint de mettre fin à son aventure étant donné les problèmes de foie, les enjeux cardiaques, l’augmentation du cholestérol et l’importante prise de poids observés chez lui. Du reste, des diététiciennes et médecins, entre autres scientifiques, sont cité.es pour attester de ces problèmes à l’échelle sociale.
En l’évoquant implicitement, Eric Schlosser venait de décrire les maux de la restauration rapide en matière d’agriculture et de condition de travail, dans son livre et son documentaire intitulés Fast-Food Nation.
Il fut un temps où McDonald’s attaquait tous azimuts des gens informés qui la critiquaient. Mais son armée d’avocats ne lui suffisait pas. Pis, elle passait pour une entreprise réfractaire au débat public et ainsi s’enfonçait. Rappelons le « McLibel », soit le plus long procès de l’histoire du Royaume-Uni. Les citoyens David Morris et Helen Steel ont dû se rendre jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme, après onze ans de démarches judiciaires, pour obtenir gain de cause. Il et elle avançaient, sur des bases scientifiques, que l’entreprise pratiquait un marketing agressif, maltraitait les animaux, polluait les territoires et surexploitait du personnel, en plus d’offrir une alimentation jugée néfaste. En droit, cela permettait évidemment aussi à l’entreprise de répliquer et d’exprimer son point de vue, dans l’esprit du débat public.
Dans son célèbre livre No logo, l’essayiste Naomi Klein vit en cette démarche judiciaire une façon pour les entreprises de se nuire. Alors qu’elle cherche à faire taire ses détracteurs, elle braque au contraire les projecteurs sur leurs allégations. Ces procédures constituent une mauvaise publicité.
Depuis, bien des médias ont parlé librement de la firme aux deux arches. En 2022, une recherche de l’émission « Cash Investigation », diffusée par la télévision publique française, a proposé un long reportage, accompagné d’une diététicienne, sur son marketing orienté vers les enfants, sans négliger la question des conditions de travail.
Bref, la messe est dite : la marque détonne au-delà de ce qu’elle vise à représenter et s’érige comme le symbole d’un mode controversé d’exploitation et d’alimentation. Donald Trump s’en réclame à la Maison Blanche, une partie de sa clientèle propalestinienne la boycotte…
Maintenant, pourquoi diantre est-ce l’enseigne clinquante de cette entreprise qu’une ville voudrait désormais comme vitrine ?
La question se pose surtout pour Caraquet. L’autoproclamée « capitale de l’Acadie » s’est distinguée, dans la Péninsule acadienne et au-delà, comme le lieu de la finesse et du bon goût, attirant un public cultivé par ses cafés, ses restaurants, son théâtre, ses salles de spectacles, son cinéma, ses expositions et ses festivals. Elle s’est érigée en « Plateau Mont-Royal » de l’Acadie, son boulevard Saint-Pierre étant une sorte de rue Saint-Denis d’ici. Or, oublie-t-on que c’est précisément l’ouverture de restaurants McDonald’s, d’abord au sud puis aujourd’hui au nord de ladite rue, à l’échelle du quartier, qui a marqué le début de la fin concernant le statut de cette artère montréalaise? La voici devenue aujourd’hui un vulgaire axe commercial comme il y en a mille.
À l’époque où des villes deviennent des marques, ce que regrette à juste titre mais démontre rigoureusement le sociologue Christian Salmon dans Storytelling (La Découverte, 2007), il est stupéfiant qu’une ville mette en cause la sienne parce qu’elle en attire une autre qui la dessert.
Au-delà des seuls enjeux d’image et de réputation, en invitant ce mastodonte de l’industrie alimentaire, la municipalité risque de détourner une partie de la clientèle des petits établissements locaux et les priver ainsi de leurs faibles marges. Et ce, au point de les pousser à la fermeture, elles qui donnent pourtant à la ville l’allure qu’elle chérit.
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Quand est-ce qu’un parti écologiste cesse d’être «tiers» ?

Photo © La Presse Canadienne /Eli Ridder Acadie Nouvelle
Par Alain Deneault
8 juin 2026L’invitation venait de David Coon, maintenant chef démissionnaire du Parti vert du Nouveau-Brunswick. À l’Assemblée générale annuelle de sa formation politique, à Tracadie le 31 mai 2025, il me fallait répondre à la question : « Quel est le rôle d’un tiers parti ? »
La réponse d’alors porte maintenant sur l’extraordinaire mandat que devra assumer son ou sa successeur.e, en héritant de l’œuvre politique de ce monsieur déterminé et sympathique. Reprenons un à un les termes de l’interrogation.
D’abord la question du « rôle ». Dans quel film joue le Parti vert, dans quelle conjoncture historique situe-t-il sa partition ? Il lui faut se rappeler le climat psychologique dans lequel il se trouve. De manière latente, rarement consciente, mais terriblement pressante, les sociétés occidentales sont travaillées par l’angoisse (malaise qu’on peine à nommer). Cet affect est dangereusement voisin de la perversion (jeu et mépris de la moindre valeur) ou de la psychose (laisser libre cours absolu à de violentes pulsions). Car notre époque est sur la corde raide. Des organisations scientifiques intergouvernementales comme le Giec nous prédisent des catastrophes météorologiques tandis que des espèces entières s’éteignent et que les cycles des saisons deviennent méconnaissables.
Le Parti vert existe d’abord pour qu’une instance publique se donne la mission de nommer le problème et en établisse le diagnostic. Sans cela, l’angoisse qu’on éprouve sourdement risque de se transformer en une énergie stérile au service de causes substitutives, destinées à nous distraire du problème fondamental de l’époque. Il a pour nom le racisme, la technolâtrie ou les microcauses identitaires, quand il ne s’agit pas de se perdre dans les séries d’internet ou les nanodistractions de l’« intelligence » très « artificielle ».
Autrement dit, le Parti vert a pour vocation d’offrir une philosophie publique sur laquelle un sujet angoissé peut porter son attention quand il s’agit d’évoluer sur le registre électoral (mode politique parmi de nombreux autres).
Vient ensuite la question du « parti ». Il importe de définir son statut. Se satisfait-il de la vie parlementaire, à l’instar des vieilles formations qui, dans le ronron législatif et le flou des hiérarchies de classes, servent des carrières ? Excède-t-il ce milieu afin de participer largement à la vie publique, accompagner des mouvements sociaux dans des manifestations, épauler des grévistes sur les lignes de piquetage, porter des pétitions, s’il ne s’agit pas en certaines circonstances de soutenir des initiatives de désobéissance civile pacifiste ? Est-il plus largement un mouvement social qui organise des projections de documentaires animées, des rencontres publiques, des interventions communautaires directes pour des gens menacés par les conséquences de l’industrialisation polluante ? Invite-t-il ses membres à se commettre autant ?
Se pose enfin le sens du qualificatif « tiers ». Un Parti vert doit résolument le récuser quand vient l’heure de se présenter. C’est un terme qui l’enferme dans le piège de l’essentialisation. Rappelons qu’un adjectif employé seul est ambigu. Il n’est jamais dit si le terme désigne une caractéristique essentielle (c’est-à-dire une propriété appartenant à l’objet en propre) ou circonstancielle (un aspect contingent lié au contexte). Or, asséner que le Parti vert est « tiers », c’est implicitement le reléguer définitivement à cette position, comme s’il était nécessairement destiné à la marginalité et ne devait, par définition, jamais la quitter. Un parti éternellement « tiers ».
Or, le Parti vert doit refuser cet attribut parce qu’il lui est accolé à la manière d’un euphémisme par un pouvoir d’extrême centre (faussement pondéré, mais en réalité au service d’un projet écocide et inégalitaire). Lorsque le pouvoir institué dit du Parti vert qu’il est « tiers », il lui signale gentiment qu’il le trouve mignon, gentil, idéaliste et donc inutile quand vient le temps de passer aux affaires sérieuses. Tiers est le qualificatif fluide pour faire comprendre que ce parti n’est pas de gouvernement, mais seulement une vague instance morale. Sois vert et tais-toi.
Donc, maintenant, « quel » est le rôle d’un tel parti ? Un Parti vert pour quoi faire ? Dans un premier temps, cette formation politique peut entretenir une question incisive : « Mais que font donc les partis de pouvoir depuis des décennies ? » Quel est ce pouvoir auquel un parti écologiste serait par définition inapte ? Un élément de réponse, cruel, se trouve chez Hannah Arendt, dans Du mensonge à la violence (Calmann-Lévy, 1972) : les pouvoirs institués prétendent faire l’impossible pour voiler leur incapacité à faire le possible. Dans le texte : « Tout se passe comme si nous étions tombés sous le charme d’un enchanteur qui nous permet de réaliser l’“impossible” à condition que nous renoncions au “possible”, d’accomplir de fantastiques exploits pourvu que nous ne soyons pas capables de satisfaire convenablement toutes les nécessités quotidiennes. […] Il nous faut bien reconnaître que notre “pouvoir” est tombé dans l’impuissance ».
À l’occidentale, le pouvoir politique du Nouveau-Brunswick s’essaie à la croissance infinie et au développement tous azimuts, joue les apprentis sorciers avec des oxymores fous tels que le « développement durable », confie la pensée commune à des ordinateurs hors de contrôle et prie pour que des ingénieurs formés par ceux qui ont détruit la planète la sauvent par on ne sait quel prodige. Cela a pour nom « centre de mégadonnées » à Saint-Jean, « centrale au gaz » de Tantramar, « mine de pouzzolane » à Dalhousie et ouverture de l’ouest aux projets miniers. Notamment.
Mais entretenant ces rêves surannés, il se montre inapte à imposer le grand capital et les mégaprofits, stopper les destructrices bleuetières, interdire les pesticides dangereux, garantir l’accès aux études supérieures et convertir activement l’économie en un régime décroissant.
Autrement dit, ce pouvoir auquel les Verts ne sont pas destinés en est un médiocre. Non, le parti n’en serait pas capable. Ses convictions et ses hauteurs de vue l’obligent à s’essayer à des politiques exigeantes, adaptées à l’époque.
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Nécessité ou fausse bonne idée ?
La Presse
Par Vincent Larin
12 mai 2026L’idée mise de l’avant par Québec solidaire (QS) d’instaurer une taxe de 1 % par année sur le capital des individus excédant 25 millions de dollars, puis 2 % au-delà de 100 millions, a provoqué de vives réactions, notamment de l’entrepreneur François Lambert. Cette taxe dite sur le patrimoine, est-ce une bonne idée ? Pour vous aider à vous faire une tête, comparons des arguments des camps qui sont contre et pour l’idée. […]
POUR : Une « nécessité » pour réduire les inégalités
Loin d’être une fausse bonne idée, la mesure proposée par Québec solidaire relève plutôt de la « nécessité », aux yeux de l’auteur et professeur de philosophie à l’Université de Moncton Alain Deneault.
Il rappelle d’abord que les plus riches se sont enrichis à un rythme inégalé ces dernières années. La fortune des dix hommes les plus riches du monde a doublé pendant la pandémie, alors que les revenus de 99 % de la population mondiale ont été moins importants à cause de la COVID-19, révélait Oxfam en 2022.
Or, ces individus ne paient toujours pas leur juste part, estime-t-il, tandis que, selon des révélations de l’organisme ProPublica aux États-Unis, les plus fortunés n’y paient que très peu d’impôt.
À ce sujet, Alain Deneault rappelle une célèbre anecdote du milliardaire américain Warren Buffett qui plaidait pour un impôt minimal sur les plus grandes fortunes américaines en insistant sur le fait que sa secrétaire était plus imposée que lui, toutes proportions gardées.

Photo © Alain Roberge – La Presse/Archives Un exemple parmi d’autres des échappatoires à la disposition des plus riches et dont certaines pourraient aussi bénéficier à de grandes fortunes québécoises, selon lui.
Pourtant, les plus riches bénéficient des services publics tels les routes, les aéroports et les universités, qui forment des bassins de main-d’œuvre où ils puisent abondamment pour faire rouler leurs entreprises.
Le philosophe balaie du revers de la main les arguments voulant qu’une augmentation du fardeau fiscal des plus nantis entraîne leur fuite vers d’autres cieux.
La proposition de Québec solidaire relève davantage d’un « énoncé politique », dit-il, et ne peut tout prévoir par définition. Une fois au pouvoir, un éventuel ministre des Finances de Québec solidaire, assisté de fiscalistes et de juristes employés par l’État, serait à même de trouver des solutions pour pallier la fuite des capitaux, selon lui.
Qui plus est, l’ajout d’une taxe de 1 % sur le capital au-delà de 25 millions « ne peut pas être le seul critère qui fait qu’un millionnaire quittera l’État à qui il doit tout », croit-il. « Allez tous aux Bahamas, rendu là », lance l’auteur de nombreux ouvrages très critiques du système capitaliste.
Quant au message qu’enverrait un gouvernement de Québec solidaire en taxant davantage les plus nantis, Alain Deneault souligne que « ce n’est pas parce qu’on s’enrichit qu’on a travaillé fort ».
Certes, les PDG de certaines entreprises peuvent travailler des semaines de fou, mais aucun humain ne dispose d’assez d’heures dans sa semaine pour s’enrichir au niveau des fortunes visées par Québec solidaire, dit-il.
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L’été des humanités 2026 : La biorégion et l’esthétique. Sortir du complotisme par les grands récits – Du 6 au 29 mai et journées ouvertes au public les 13 et 14 mai

« L’Été des humanités 2026 est officiellement lancé au campus de Shippagan de l’Université de Moncton ! Le 6 mai, une trentaine de participantes et participants se sont réunis à la P’tite église de Shippagan pour donner le coup d’envoi de cette université d’été, qui se déroulera jusqu’au 29 mai sous la direction du professeur Alain Deneault.
Ce moment a permis de lancer les échanges, de présenter la programmation et de souligner la contribution des personnes facilitatrices qui accompagnent le projet. La doyenne des études, Mireille Demers, était également présente pour souhaiter la bienvenue aux personnes participantes.
Rappelons que deux journées publiques, ouvertes à toute la communauté, auront lieu les 13 et 14 mai, avec conférences, ateliers, discussions et projections.
Merci aux partenaires qui rendent cette initiative possible : le Centre de Recherche sur la Ruralité – CR2, La Maison de la culture et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, CRSH. » – Université de Moncton, campus de Shippagan





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Plus rien n’est égal par ailleurs au Rendez-vous Québec Cinéma
Le long métrage documentaire Plus rien n’est égal par ailleurs de Martin Bureau dans lequel figure Alain Deneault sera présenté au Rendez-vous Québec Cinéma (RVQC) le mardi 28 avril 2026 à 19 h 45 à la salle Alanis-Obomsawin de l’Office national du film du Canada (ONF). Le film sera précédé du court-métrage Une marégraphie suspendue de Félix Caraballo.

« Charge visuelle et sonore aux confins de la vidéo d’art, du documentaire et du vidéoclip, Plus rien n’est égal par ailleurs est un appel à la prise de conscience de la nécessité de la solidarité communautaire et territoriale, face à l’individualisme et à l’exultation consumériste, matérialisés par des énergies dilapidées en pure perte. » – RVQC

Image du film Plus rien n’est égal par ailleurs de Martin Bureau dans lequel figure Alain Deneault.
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Discussion entre Alain Deneault et Richard LeBlanc sur les notions d’environnement, de liberté et de biorégion

Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton et Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton – Photo © Université de Moncton, campus d’Edmundston
Une discussion entre Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton (UMCS), et Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton (UMCE), ont porté sur les notions d’environnement, de liberté et de biorégion, lors d’une conférence publique présentée le vendredi 13 mars à l’UMCE.
« Cet échange a été organisé par la Chaire de recherche du Canada sur le Développement et les enjeux territoriaux en Acadie contemporaine en collaboration avec le Secteur des sciences humaines du campus d’Edmundston dans le cadre du cours d’introduction à la sociologie du professeur Julien Massicotte.
D’autres questions comme le génocide, l’histoire et le Canada ont fait l’objet de débat et de questionnement. L’échange a aussi mené à des interventions des participants et des participantes, évoquant des concepts comme l’égalité ou la durabilité. Le souhait est que l’activité aura provoqué une réflexion sur le sens du monde que nous partageons et sur les stratégies collectives d’avenir. »
Source : Hugues Chiasson, coordonnateur des communications à l’UMCE







Photos © Page Facebook – Université de Moncton, campus d’Edmundston Dernière photo à partir de la gauche : Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton, Rose Kikpa Bio, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur Le Développement et les enjeux territoriaux en Acadie contemporaine et Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton
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Martin Bureau braque sa caméra sur les débordements de notre monde

Martin Bureau – Photo © Frédéric Matte / Le Soleil Le Soleil
Par Léa Harvey
21 mars 2026Des images s’accumulent et se répondent dans le nouveau film de Martin Bureau, Plus rien n’est égal par ailleurs : une église est détruite; une grange brûle; des forêts sont rasées… Mais ne vous fiez pas seulement au ton grinçant de l’œuvre. Le réalisateur en est convaincu: il y a de l’espoir parmi les ruines.
«Lucidité et gaité sont nos dispositions psychiques maîtresses pour l’avenir. L’une sans l’autre est mortifère.» Car la gaieté sans lucidité mène vers des «dénis stupides» et, la lucidité sans gaieté, «ne peut aboutir qu’à l’angoisse et à la panique».
Ces mots, avancés par le philosophe Alain Deneault dans l’article Gaïa vit son moment #MeToo (Libération), ont résonné fort chez Martin Bureau, en 2020… Tellement qu’ils ont teinté en partie l’élaboration de son nouveau film.
Avec Plus rien n’est égal par ailleurs, l’artiste visuel de Québec invite ainsi le public à observer directement le monde dans lequel il vit, et ce, sans lunette rose. Comme «un appel à l’action».
Pendant 66 minutes, les cinéphiles assisteront à des juxtapositions d’images, des «métaphores» ou encore des «tableaux» qui illustrent la façon dont «les débordements des sociétés capitalistes occidentales se révèlent» au Québec, explique Martin Bureau, en entrevue au Soleil.
Tournées sur environ cinq ans, ces scènes nous emmènent à l’incinérateur de Québec, dans un rodéo, pendant un derby de démolition, au casino, dans un gala de lutte, au-dessus d’un terminal où s’accumulent les conteneurs, etc. Dans le film, celles-ci sont ensuite liées entre elles par la voix du philosophe Alain Deneault.

Alain Deneault et Martin Bureau – Photo © Frédéric Matte / Le Soleil Martin Bureau l’assure rapidement: l’idée du film n’était pas de juger individuellement des communautés, des industries ou des individus. Il s’agissait plutôt de les mettre en lumière comme des maillons faisant partie d’un seul et même système.
Avec des codes cohérents et des réflexions accessibles à tous, les images de Martin Bureau et la pensée d’Alain Deneault résument ainsi simplement ce système capitaliste.
Tout en suscitant une sorte d’«urgence d’espoir», le réalisateur et ses collaborateurs ont donné au film un ton grinçant, voire angoissant. Alors que la musique repousse nos oreilles vers leurs derniers retranchements, les scènes du film renvoient des images à la fois belles et inquiétantes.
«[Le film] est certainement catastrophiste. Il y a une forme d’urgence, mais il y a une forme de colère aussi, quelque chose de résolument grinçant, à la fois ironique, engagé et en colère», estime M. Bureau, dont le projet est à la frontière entre «l’art vidéo, le documentaire et le vidéoclip».
Et l’art dans tout ça?
Présenté dans le cadre du Festival international du film sur l’art, Plus rien n’est égal par ailleurs fait écho à la démarche artistique qu’utilise Martin Bureau en peinture depuis plus de trente ans.
Dans les deux cas, la figure de la ruine demeure importante.
«Autant en peinture que dans le film, la question de la ruine, pour moi, c’est la poésie de l’intervalle. C’est le passage d’un état à un autre. Il y a un passé, un présent et un avenir dans la ruine. […] Ce sont des choses qui m’interpellent», explique l’artiste, qui a grandi au Lac-Saint-Jean.
Dans Plus rien n’est égal par ailleurs, face à la conclusion que «nous vivons dans un monde fini», Alain Deneault soulignera d’ailleurs qu’il faut de la créativité pour repenser notre système, pour en imaginer un nouveau à travers les ruines de l’ancien.
Les artistes ont-ils un rôle à jouer face à ce type de crises?
«Le rôle de l’art, c’est d’être un passeur… Et c’est ce à quoi le film aspire aussi, d’intégrer des nouvelles postures. […] J’aimerais que chaque personne [après avoir vu le film] se demande quelle est sa propre position face au système. Est-ce qu’on est victime ou en contrôle devant ce système-là? Ça nous concerne tous», affirme Martin Bureau, qui souhaite ainsi nourrir une vaste de discussion autour de la décroissance.
[…] Produit par l’Office national du film du Canada, l’œuvre sera ainsi disponible sur la plateforme de l’ONF, début 2027.

Le film de Martin Bureau Plus rien n’est égal par ailleurs sera présenté le 19 avril 2026 dans le cadre du Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke (COMPLET) à la Maison du cinéma ainsi que le 28 avril 2026 à 19 h 45 à la salle Alanis-Obomsawin de l’ONF dans le cadre des Rendez-vous Québec cinéma (RVQC).
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Retour en images de l’Office national du film (ONF) sur la première mondiale du film Plus rien n’est égal par ailleurs de Martin Bureau au Festival International du Film sur l’Art

De gauche à droite : Émile Bureau, directeur de la photographie – Nathalie Cloutier, productrice – Martin Bureau, réalisateur – Alain Deneault, philosophe. Photo © Maryse Boyce « Retour en images sur la première mondiale du documentaire Plus rien n’est égal par ailleurs de Martin Bureau, présenté à Montréal et à Québec dans le cadre du Festival International du Film sur l’Art. Ne manquez pas l’article intitulé Martin Bureau braque sa caméra sur les débordements de notre monde de la journaliste Léa Harvey, dans Le Soleil. » – Office national du film du Canada (ONF), page LinkedIn
« Lucidité et gaité sont nos dispositions psychiques maîtresses pour l’avenir. L’une sans l’autre est mortifère.» Car la gaieté sans lucidité mène vers des «dénis stupides» et, la lucidité sans gaieté, «ne peut aboutir qu’à l’angoisse et à la panique». Ces mots, avancés par le philosophe Alain Deneault dans l’article Gaïa vit son moment #MeToo (Libération), ont résonné fort chez Martin Bureau, en 2020… Tellement qu’ils ont teinté en partie l’élaboration de son nouveau film. […] » – Léa Harvey, Le Soleil





Photos © Maryse Boyce Le film de Martin Bureau Plus rien n’est égal par ailleurs sera présenté le 19 avril 2026 dans le cadre du Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke (COMPLET) à la Maison du cinéma ainsi que le 28 avril 2026 à 19 h 45 à la salle Alanis-Obomsawin de l’ONF dans le cadre des Rendez-vous Québec cinéma (RVQC).
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Total, vous n’allez pas chez eux par hasard

Total, vous n’allez pas chez eux par hasard est un épisode du balado Multinationales, l’histoire de ces entreprises qui nous gouvernent animé par Camille Crosnier sur France Inter où l’ouvrage d’Alain Deneault De quoi Total est la somme ? Multinationales et perversion du droit (Rue de l’Echiquier et Éditions Écosociété) est mentionné. Durée : 48 min – 17 mars 2026
« Des premiers forages en Irak après la Grande guerre au géant mondial de l’énergie, découvrez l’histoire de TotalEnergies. Entre quête de souveraineté et urgence climatique, comment, ce qui était au départ un outil d’État est devenu un mastodonte mondial prêt à tout pour conserver sa puissance ?
L’histoire de la plus grande entreprise française ne commence pas dans l’Hexagone, mais par un constat d’urgence au sortir de la Grande Guerre : « l’énergie, c’est la puissance ». Née de la volonté de l’État de ne plus dépendre des majors étrangères, ce qui était autrefois la Compagnie française des pétroles (CFP) a traversé un siècle de révolutions industrielles, de crises géopolitiques et de découvertes spectaculaires pour devenir un pilier incontournable de l’économie mondiale.
Pour explorer les rouages de ce fleuron industriel, Camille Crosnier s’entretient avec Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project, auteur de « Or noir, la grande histoire du pétrole », et avec le chercheur Pierre-Louis Choquet, chargé de recherches en sociologie, spécialiste des enjeux climatiques.
La quête de l’indépendance : du désert irakien à la marque Total
C’est en 1924 que naît la CFP, avec une mission claire : assurer à la France un accès direct aux ressources pétrolières. Sans pétrole sur son propre sol, la France se tourne vers la Mésopotamie (l’actuel Irak), qui devient le « camp de base » de son empire naissant. Puis, l’entreprise grandit dans l’ombre des « Sept Sœurs » anglo-saxonnes avant de lancer, en 1954, la marque « Total », un nom simple et universel destiné à conquérir les routes du monde entier. De la découverte historique du gisement d’Hassi Messaoud en Algérie, aux premiers pas de la publicité, Total s’impose comme le symbole d’une France qui retrouve sa puissance industrielle sous l’impulsion du général de Gaulle.
L’ombre de la puissance : pétrole, influence et diplomatie secrète
Derrière la réussite commerciale se cachent des épisodes plus sombres de la Françafrique. Il s’agit donc de revenir sur le rôle complexe des pétroliers français au Gabon, au Congo et lors de la tragique guerre du Biafra au Nigeria, où la quête de ressources a parfois dicté une diplomatie de l’ombre. L’histoire de Total est aussi indissociable de sa rivalité avec « Elf », l’autre géant public né en 1967. Entre scandales financiers et luttes d’influence, le récit culmine en 1999 avec l’absorption d’Elf par Total, donnant naissance à la quatrième Major mondial des hydrocarbures.
Le géant face aux enjeux de la transition énergétique : du choc pétrolier au défi climatique
Aujourd’hui, l’empire vacille sous la pression de ceux et celles qui considèrent qu’il faut lutter de toutes ses forces contre le changement climatique et faire de la transition énergétique une priorité. Du traumatisme de la marée noire de l’Erika en 1999 aux révélations sur ce que l’entreprise savait du dérèglement climatique dès les années 1970, le récit lève le voile sur les stratégies de légitimation et le « greenwashing » d’une multinationale à la croisée des chemins. Devenu « TotalEnergies » en 2021 pour marquer un tournant vers les énergies renouvelables, le groupe reste au cœur des polémiques, notamment avec ses projets gaziers en Russie ou le méga-projet EACOP en Ouganda, en raison de nombreuses violations des droits humains. Entre impératifs économiques et urgence planétaire, jusqu’où peut aller la quête incessante de nouveaux gisements ? » – Multinationales, l’histoire de ces entreprises qui nous gouvernent, France Inter





Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie est un documentaire choc librement inspiré de l’ouvrage De quoi Total est-elle la somme ? Multinationale et perversion du droit d’Alain Deneault publié aux éditions Rue de l’échiquier et Écosociété. Le documentaire est réalisé par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall et produit par ARTE France et Morgane Productions – 2022
L’Emprise Total. Le pouvoir silencieux du géant du pétrole. Une série documentaire de quatre épisodes par Greenpeace France, 2021.
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Entretien avec Martin Bureau sur son film Plus rien n’est égal par ailleurs dans lequel figure Alain Deneault

Entretien avec le réalisateur Martin Bureau sur son film Plus rien n’est égal par ailleurs dans lequel figure Alain Deneault à l’émission C’est encore mieux l’après-midi animée par Guillaume Dumas à Radio-Canada. Durée : 11 minutes – 19 mars 2026

Le film de Martin Bureau Plus rien n’est égal par ailleurs sera présenté le 19 avril 2026 dans le cadre du Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke (COMPLET) à la Maison du cinéma ainsi que le 28 avril 2026 à 19 h 45 à la salle Alanis-Obomsawin de l’ONF dans le cadre des Rendez-vous Québec cinéma (RVQC).

Image du film Plus rien n’est égal par ailleurs de Martin Bureau dans lequel figure Alain Deneault.
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Les moments forts de la 44e édition du FIFA

Photo © Maryse Boyce Le film de Martin Bureau Plus rien n’est égal par ailleurs dans lequel figure Alain Deneault et qui a été présenté en première mondiale au Festival International du Film sur l’Art est mentionné dans Les moments forts de la 44e édition du FIFA dans la section Les films d’ici.

« En plus du film d’ouverture d’André-Line Beauparlant, Mon amour, c’est pour le restant de mes jours, cette édition a mis à l’honneur le cinéma de chez nous : de la première mondiale de Plus rien n’est égal par ailleurs de Martin Bureau, accompagnée de la réflexion du philosophe Alain Denault, au documentaire Aki de Darlene Naponse, en passant par des portraits d’artistes disparus comme Nobuo Kubota ou E.J. Hughes. Le festival a aussi célébré des œuvres primées et singulières, comme Les mêmes yeux que toi de Derek Branscombe, qui a remporté le Prix du meilleur court-métrage canadien et le Prix spécial du jury, Amadou et Mariam : Sons du Mali de Ryan Marley, qui a remporté le Prix de la meilleure œuvre canadienne), la poésie de Mains d’œuvre – Une vie en poésie de Jean-Philippe Dupuis et Vincent Lambert, l’audace de Ulaan Monster d’Adrian Villagomez, et, enfin, la force de Tina : art, amour et révolution de Daniela Mujica. » – FIFA, 44e édition
Le film de Martin Bureau Plus rien n’est égal par ailleurs avec la participation d’Alain Deneault sera présenté le 19 avril 2026 dans le cadre du Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke à la Maison du cinéma ainsi que le 28 avril 2026 à 19 h 45 à la salle Alanis-Obomsawin de l’ONF dans le cadre des Rendez-vous Québec cinéma (RVQC).
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Le pouvoir des médiocres – Entretien avec Alain Deneault

Le pouvoir des médiocres ou L’Empire de la médiocrité nous mène à la guerre. Entretien avec Alain Deneault àTheSwissBox Conversation. Balado épisode # 163 . Durée : 1 h 51 min 23 sec – 28 février 2026
« Dans cet entretien, nous interrogeons les structures profondes de nos sociétés contemporaines : sommes-nous encore en démocratie ou évoluons-nous dans un système où le pouvoir réel échappe au politique ?
Alain Deneault analyse les mécanismes invisibles qui organisent la dépossession collective : financiarisation, gouvernance technocratique, dilution des responsabilités, capture des institutions. Il propose une lecture rigoureuse et exigeante de notre époque, loin des polémiques superficielles.
Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de comprendre pour mieux se défendre.
Un échange dense, structurant, qui invite à penser au-delà des catégories convenues. » – TheSwissBox Conversation
Chapitrage :
00:01:48 - Vision des dirigeants actuels
00:15:33 - Responsabilité présente et futur de la population
00:43:17 - Moralité des institutions
00:53:38 - Le concept de la gouvernance
01:01:48 - Le mot économie dans notre histoire
01:14:33 - Esprit et philosophie
01:24:30 - Regard sur la démocratie
01:32:00 - L'anxiété et l'angoisse
01:43:42 - Conclusion









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Penser demain avec Alain Deneault – Le troisième épisode du balado étudiant «Éthique en pratique » de l’IDÉA

Penser demain avec Alain Deneault. Les animateurs Édouard Goupil-Leroux & Alexandre Poiré reçoivent Alain Deneault pour le troisième épisode du balado étudiant « Éthique en pratique » de l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval (IDÉA). Durée : 1 h 32 min – 23 mars 2026
« Dans cet épisode, nous recevons Alain Deneault, philosophe et professeur à l’Université de Moncton au campus de Shippagan. En clarifiant certains concepts centraux de sa réflexion comme l’économie, la gouvernance et plus récemment le biorégionalisme, cet entretien propose de sonder le monde dans lequel nous vivons avec un regard philosophique tout en gardant en filigrane la question « Comment penser demain ? ». » – Balado de l’IDÉA
Essais mentionnés dans cet entretien











































