L’« intelligence » artificielle favorise-t-elle la pensée critique ou la médiocratie ?

L’« intelligence » artificielle favorise-t-elle la pensée critique ou la médiocratie ? Conférence d’Alain Deneault dans le cadre du Printemps de la recherche en éducation du Réseau des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (INSPÉ) avec le modérateur Hamid Chaachoua, Directeur de l’INSPÉ de l’académie de Grenoble, enseignant-chercheur en didactique des mathématiques, vice-président. Durée : 1 h 04 min 44 sec – 2 avril 2026.

« L’« intelligence » « artificielle » confère de la valeur au résultat plus qu’au processus. Elle est régie et programmée pour satisfaire une pensée et une représentation standardisée. En cela, elle se propose comme la forme accomplie de la « médiocratie », à savoir une quête de la moyenne érigés en système et devenus impératif. Cette moyenne semble loin de représenter un phénomène social spontané dont une pensée scientifique ferait son objet. Elle s’érige comme telle du fait de pressions et de représentations idéologiques. La pensée critique s’en distingue tout comme une éthique tournée vers l’économie de la nature. » – Réseau des INSPÉ

L’« intelligence » artificielle favorise-t-elle la pensée critique ou la médiocratie ? Conférence d’Alain Deneault dans le cadre du Printemps de la recherche en éducation du Réseau des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (INSPÉ) – 2 avril 2026

Barbarie numérique. Une autre histoire du monde connecté de Fabien Lebrun publié aux éditions L’Échappée avec la préface d’Alain Deneault et l’avant propos de Denis Mukwege.

Écoutez la causerie avec Alain Deneault – Les figures du « complotisme » : une galerie de personnages conceptuels

Les figures du « complotisme » : une galerie de personnages conceptuels. Causerie avec Alain Deneault organisée par UPop Montréal qui a eu lieu à La Livrerie et qui a été enregistrée le 16 mars 2026. Durée : 1 h 05 min suivie d’une période de questions.

« Sous l’expression « théorie du complot » ou complotisme se rangent différents phénomènes sociaux et discursifs qu’il convient de distinguer. Comme souvent, la confusion du langage convient au statu quo. L’atelier visera à décliner sous la forme de différents types sociaux les manifestations de ce qu’on appellera pour l’heure le complotage, afin d’échapper aux appellations d’usage. » – UPop Montréal

L’UPop, créée en 2010, a pour mission de favoriser le développement de l’esprit critique en offrant à la population de Montréal et des environs un accès libre et gratuit au savoir par le biais d’activités d’éducation populaire implantées dans plusieurs quartiers de la ville.

Les activités de l’UPop sont ouvertes à toutes et tous. Elles se tiennent dans des lieux conviviaux et accessibles – cafés, bibliothèques, galeries d’art, théâtres – qui permettent de joindre un public diversifié, intéressé par la culture et le savoir. L’UPop Montréal valorise le sentiment d’appartenance à la communauté et favorise l’envie de prendre part activement aux défis auxquels nous faisons collectivement face.

Source: UPop Montréal

Une performance comme uppercut – Use et abuse au Théâtre Périscope

Photo © Carte blanche

Use et abuse – Une performance comme uppercut

« Artistes québécois.e.s à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéo-conférence intitulée « Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art » donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.

Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création d’un encan de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art.

Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE est venu clore, joué à guichet fermé, la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Théâtre Périscope


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
9 au 12 décembre 2025 - 19 h 30
13 décembre 2025 - 16 h
Théâtre Périscope - Salle principale - 2, Crémazie Est, Québec
Durée 1 h - Billetterie ici

*Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise.


Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Paradis fiscaux et dérives géopolitiques : comment penser l’État ?

Alain Deneault a été invité par le Syndicat de Champlain (CSQ) pour une conférence ayant pour titre : Paradis fiscaux et dérives géopolitiques : comment penser l’État ? qui aura lieu le mardi 28 octobre 2025 à 18 h 30.

« Avec cette conférence, il vous offre l’occasion de réfléchir autrement et de comprendre ce qui se passe de l’autre côté du rideau. C’est un rendez-vous à ne pas manquer ! » – Syndicat de Champlain (CSQ)

Le Syndicat de Champlain (CSQ) regroupe 13 500 membres issus du domaine de l’éducation, dont près de 10 500 enseignantes et enseignants et plus de 3 000 employées et employés de soutien qui travaillent pour les centres de services scolaires des Patriotes, Marie-Victorin et de la Vallée-des-Tisserands.


Paradis fiscaux et dérives géopolitiques : comment penser l'État ?
Conférence d'Alain Deneault
Mardi 28 octobre - 18 h 30
Syndicat de Champlain - Salle Lionel-Bergeron au 2e étage
7500 chemin de Chambly, Saint-Hubert, Québec, J3Y 3S6
Un buffet froid sera servi à compter de 18 h
Inscription obligatoire ici

La biorégion : un enjeu impératif – Participation d’Alain Deneault au festival Pour la suite du monde à Sutton

Alain Deneault participera, le dimanche 31 août, au festival Pour la suite du monde avec la conférence La biorégion : un enjeu impératif. Ce festival art & vivant est présenté par l’organisme D’Arts et de rêves enraciné dans la communauté de Sutton et aura lieu du 29 août au 1er septembre 2025.

Pour la suite du monde présente des artistes pluridisciplinaires de tous horizons : littérature, musique, cirque, art visuel, danse, philosophie et art culinaire.

Les artistes invités pour l’édition 2025 sont : Sara A.Tremblay , Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon, Marie-Renée Bourget-Harvey, Alain Deneault, Maude Lecours, Patrick Leonard, Alex Nevsky, Lysanne O’Bomsawin, Nicole O’Bomsawin, Pattie O’Green et Les chefs de Sutton.

« Un festival à Sutton qui rassemble les arts et les idées pour imaginer, ensemble, de nouveaux récits pour demain. » – D’Arts et de rêve


La biorégion : un enjeu impératif
Conférence philosophique d'Alain Deneault
Pour la suite du monde - Festival art et vivant
Dimanche 31 août 2025 - 11 h
Lieu : D'arts et de rêves
57, rue Principale Nord
Sutton (Québec) J0E 2K0
Téléphone : 450 531-5707
Ouvert à tous - Gratuit
*Des «grilled cheese» sur pain maison
et de la tisane philosophale seront servis

La conférence La biorégion : un enjeu impératif d’Alain Deneault est une invitation à repenser nos territoires à l’échelle la biorégion, un cadre nécessaire pour faire face, dès maintenant, aux limites écologiques et sociales de notre époque. – D’Arts et de rêve

« Biorégion n’est pas le nom d’une offre de plus à la carte du restaurant électoral, ni un vague effet de mode, ni une agréable utopie. Le terme dénote un cadre conceptuel par lequel se situer dans un moment de l’histoire où la décroissance, si elle est déjà désirée par certain.es, se trouve effective, voire subie et subite, aux yeux de tous. Il s’agit d’une réponse à donner à un impératif historique, soit l’atteinte des limites, en tant que cette réponse peut être d’ores et déjà portée par une avant-garde et mise en pratique à différentes échelles. » – Alain Deneault

« L’essai compte parmi les modes stylistiques les plus démocratiques qui soient. Il s’agit d’exposer des problèmes philosophiques et sociaux qui se situe là où le profane en même temps que l’initié peuvent se trouver interpellés à titre égal. Face à un essai, on participe de plain-pied à des enjeux communs. » – Alain Deneault

Crise d’objet en Occident

Cahiers de Psychologie politique
N° 47 | Juillet 2025
Psychologie politique de l'Intelligence Artificielle 
Par Alain Deneault
Juillet 2025

Résumé

Conférence plénière de la première journée du colloque de Bouaké de mai 2025

La perte de repères entraînée par la crise écologique et le vacillement des institutions politiques est propice à l’angoisse. Il y va d’une perte d’objet qui conduit le sujet luimême à sa perte. La « biorégion » est une notion qui peut constituer un nouvel objet apte à amener le sujet à se restructurer.

Alain Deneault est professeur de philosophie à l’Université de Moncton, auteur de L’Économie psychique (Lux, 2021) et de Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï (Lux, 2024)

Crise d’objet en Occident

Le chancellement dans lequel l’Occident se donne en spectacle depuis ce premier quart de siècle témoigne de sociétés en mal d’objets. L’objet, c’est la réalité en tant que le langage se montre apte à la nommer et les symboles à la figurer. C’est ce sur quoi l’attention de la conscience porte et qui porte à agir. C’est ce par quoi une société organise son rapport au dehors. L’objet a été au cœur du projet civilisationnel : l’Église pour les chrétiens, la raison pour les Lumières, le socialisme pour les émancipés, l’indépendance politique pour les colonisés, comptent au nombre des objets qui ont structuré les peuples. C’est un dessein.

Or, cet objet, ou ce dessein, fait aujourd’hui défaut. L’absence de repères symboliques nous le fait constater de mille manières. C’est par exemple l’anthropologue Emmanuel Todd qui qualifie de « nihilistes » les actuels États-Unis d’Amérique, et le reste de l’Occident à leur suite, du fait d’avoir perdu tout lien vif au projet libéral de type protestant qui les a animés pendant des générations. Un « état de vide » caractérise donc la politique et la culture américaines[1]. Bien avant lui, l’écrivain et cinématographe Pier Paolo Pasolini avançait le même constat quant à son Italie natale, mais en le mettant en lien avec la crise écologique sévissant déjà : la perte des lucioles observée en raison de la pollution atmosphérique et hydraulique, puis la vanité du pouvoir politique au sens d’un évidement discursif, un rabougrissement de la pensée, une dissipation des formes éthiques[2].

Militant en écologie sociale, Murray Bookchin a lui aussi diagnostiqué le rapport de nostalgie entre un passé apparaissant comme mû par « des croyances et des espoirs solides, des valeurs » et un présent étourdi par « l’ambiguïté[3] ». Pour sa part, George Marshall a dénombré les dizaines de façons que trouve la psyché de se détourner de l’inévitable catastrophe[4]. Pour Thimothy Morton, la question écologique est un « hyperobjet » qui « fait un trou dans notre esprit », parce qu’elle concerne des réalités qu’on ne peut « pas voir[5] ». Dominique Bourg croit que « la maîtrise que nous avons cru exercer sur la nature nous revient en boomerang, nous exposant à nombre d’impuissances[6] ». Le biorégionaliste Mathias Rollot s’interroge aujourd’hui en ces termes : « Comment conduire ses actions présentes, vis-à-vis d’une génération et d’un monde qui n’existent pas encore – tout cela en regard, qui plus est, de questions qui dépassent de très loin nos facultés de perception et d’imagination (l’arme nucléaire, le réchauffement climatique, l’éradication d’espèces entières, etc.) ? Une éthique du futur fondée sur l’imagination et non plus sur la perception est-elle si crédible, et si souhaitable[7] ? »… De telles citations sont désormais légion.  

Mal d’objet, donc.

Le deuil à faire porte sur objets intellectuels et politiques capables de faire le poids, même dans les périodes de turbulence historique. Un objet, c’est ce sur quoi la pensée porte, en tant qu’il structure la réflexion et l’action. Au Moyen-Âge, la chrétienté était un objet politique, comme la science s’en est révélé un également au XVIIIe siècle, ou encore le pacifisme dans les années 1920. Mais face à la catastrophe écologique annoncée, tétanisée et bousculée, la pensée politique est incapable de générer ce type d’objet. Le peuple infortuné est confronté à droite à des productions idéologiques de pacotille qui ne font pas le poids face à la situation urgentissime d’agir, comme le pitoyable développement durable, l’opportuniste capitalisme vert, la mensongère transition énergétique ou la fantasque géoingénierie. L’outrecuidance de ces propositions choque l’intelligence. Du reste, à gauche, la plupart des désignations pour se définir sont dotées de préfixes privatifs : on est anticapitaliste, anarchiste, insoumis, ou croissantiste… Toutes consistent à laisser l’adversaire définir une proposition en tant qu’on s’y oppose dans un second temps. Ces prises de position négatives alimentent à coup sûr le flou et la culture du ressentiment. Certes, il s’entend que la situation actuelle nous plonge collectivement dans un désarroi. Cet état n’est pas problématique en soi (il serait surtout inquiétant de ne pas y passer), pourvu qu’on ne s’y stationne pas, qu’on se montre capable d’en sortir. 

Réalité corollaire : nous traversons collectivement des moments inouïs. In-ouïs, jamais entendus, inédits. Il suffit d’entendre comment les instances politiques et/ou scientifiques exposent les menaces réelles qui pèsent sur la biodiversité, le climat, l’économie de la nature pour s’en convaincre. Jamais depuis des millions d’années n’a-t-on vu autant se transformer l’équilibre entre les espèces. Jamais depuis ce nombre insaisissable d’années n’en a-t-on vu s’éteindre. Jamais depuis 10 000 ans l’évolution du climat n’a été aussi rapide et radicale. Les phénomènes tels que les inondations, les ouragans et les sécheresses sont appelés à s’accentuer, car le processus de réchauffement climatique se révèle autonome et exponentiel : la fonte des glaciers a cours désormais d’elle-même puisque les surfaces réfléchissantes se réduisent, tout comme les étendues forestières, et menacent de se fissurer, laissant ainsi se libérer un méthane naturellement enfoui, un puissant gaz à effet de serre. De plus, rien n’arrête l’industrie dans son empoisonnement agrochimique des espèces.

À cela s’ajoute la raréfaction annoncée des énergies fossiles de même que des minerais censés garantir une prétendue « transition » énergétique[8]. Puis les incertitudes géopolitiques relatives aux guerres et au commerce international.

Ce caractère inédit peut aussi passer pour indicible. Comment penser encore cette conjoncture nôtre, sans précédent, sans pareil dans l’histoire, inouïe ? Est-ce que penser reste une chose possible ? Traiter d’écologie politique aujourd’hui nous place dans la position de Cassandre. Parler de ce que le siècle nous réserve se révèle très difficile. Est inouïe, ou inaudible, toute discursivité s’essayant à traiter ce qui dépasse l’entendement, à savoir un monde géophysique en mutation et un climat se transformant d’une façon jamais vue, des espèces disparaissant sous nos yeux par centaines de milliers. Il s’ensuit un système Terre se détraquant de lui-même dans des mouvements exponentiels. Cela ne s’est pas vu – les scientifiques le répètent à l’envi – sur « des millions d’années ». Or, comment penser ce qui est radicalement sans précédent depuis une aussi longue période, si on considère ce que penser veut dire? Depuis les Grecs, penser se produit par analogie, par comparaison, car oui, contrairement à l’adage populaire, comparaison est raison. Paul Veyne disait du travail d’historien qu’il ne se fait qu’à la condition de mobiliser un important bagage de références ; on s’intéresse convenablement à une situation que si on la compare avec (et non à) d’autres, c’est-à-dire en en dégageant les ressemblances et les distinctions. Pour Paul Veyne, comparaison est raison, et c’est dans un va-et-vient entre des situations occurrentes et passées qu’on arrive à se donner une conception précise de la singularité de ce qu’on traverse[9]. Il nous est ainsi donné de penser l’invasion de l’Ukraine par la Russie, un nouveau virus ou des actes génocidaires d’un pays d’occupation comme au Moyen-Orient… Nous connaissons (hélas) des précédents.

Sinon comment penser ce qui ne trouve dans le passé aucun pendant ? Rachel Carson traitait dans les années 1960 de ces insectes et de ces oiseaux qui devaient subitement s’adapter à l’épandage de 500 nouveaux produits chimiques par an ! Le temps long dans lequel ils s’inscrivent ne le permet pas, d’où leur dramatique anéantissement[10]. Maintenant, par analogie également, il en va ainsi pour nous psychiquement. Nous ne sommes pas outillés intellectuellement et psychologiquement comme collectivités pour faire face aux mutations auxquelles nous nous voyons confrontés. D’où que nous sombrions dans l’angoisse, une angoisse profonde et collective, une écoangoisse (qui se distingue de l’assez mal nommée écoanxiété). Et l’angoisse constitue une prédisposition à la recherche d’objets substitutifs (les boucs émissaires de l’extrême droite ou l’exacerbation des causes identitaires des mouvements sociétaux…).

Il est en effet très difficile de penser un monde dont les fondements les plus sûrs mutent, comme le cycle des saisons et l’état des paysages. Le réchauffement climatique et la perte de biodiversité mettent à mal l’expression Ceteris paribus sic stantibus (toute chose étant égale par ailleurs), puisque les phénomènes radicaux qui transforment la planète rendent impossible la compréhension tranquille du fameux chant du chœur d’Antigone montrant l’homme ingénieux face à une nature qui lui tient tête.

Mais comment faire le deuil de l’expression Toute chose étant égale par ailleurs, afin d’isoler des variables quant à ce sur quoi faire fond? Considérer désormais que rien n’est stable, tout bouge, tout s’altère…

Une écologie psychique de l’objet

Ces théories scientifiques – probantes et pertinentes – sur les mutations écologiques que nous suivons, ont à voir avec l’économie psychique. Les termes sont d’ailleurs communs pour désigner l’état de la physis et celui des affects. L’’ambiance et l’atmosphère désignent à la fois un état d’esprit collectif. Le terme climat nomme un moment météorologique en même temps qu’une émotion sociale éprouvée sur le plan de l’intime. L’humeur a trait à notre état moral ainsi qu’à la sécrétion d’un organisme vivant. L’environnement, qui est commun à la vie écologique et sociale, se dit, quant à sa connotation psychique, ambiance en italien. 

Même quand on ne les attend pas, les termes nous rappelant la terrible crise écologique dans laquelle nous plongeons surgissent de manière annonciatrice dans des textes psychanalytiques.

En ce qui concerne la perte d’objet, le psychanalyste Serge Leclaire, qui s’y est penché, présente les éléments symboliques de la culture tenant lieu de l’objet de désir comme des « espèces », c’est-à-dire des signes, des « lettres » qui se dissocient de l’objet qu’ils médiatisent, ne collent jamais comme tel sur lui. « Par espèce, il faut entendre en l’occurrence l’apparence aussi bien que la catégorie des divers “cache-fantômes” que sont tous les tenant-lieu d’objet[11]. » Comme la chose même en philosophie, l’objet ultime se dérobe toujours. Jacques Derrida écrirait que la manifestation de son essence diffère[12]. En principe, l’espèce joue un double rôle : elle permet de ressaisir l’objet à travers des ersatz, en tant qu’il nous échappe, en même temps qu’il se signale nettement comme ersatz, et trahit donc n’être qu’une codification distante et partielle de la chose insaisissable. Or, à l’ère de l’inouï, les « espèces » qui sont les signes des objets de la nature, insaisissables par essence, sont précisément des « espèces en voie de disparition », des signes de ce qui ne renverra plus à rien en ce qui concerne des centaines de milliers d’entre elles, au point de perturber fondamentalement l’ordre censé les faire tenir dans une vaste économie de la nature. C’est dramatiquement commencé.

Il devient littéral et fatal que les objets désirés, voire requis, viennent à manquer. C’est inscrit dans le destin des pulsions. Objet d’amour, objet d’identification, objet pulsionnel… L’objet, c’est ce qu’investit une pulsion pour se dépenser ; c’est ce par quoi une émotion, une idée, une gestuelle se manifestent dans le monde. C’est le moyen même de l’expression et le signe d’un long devenir adulte : l’investissement d’objet marque le moment où le sujet développe un arsenal pulsionnel qui excède son seul rapport narcissique. Naissent alors comme principe de vie les pulsions sexuelles, qui se détachent du Moi « dans la découverte de l’objet », dixit Sigmund Freud[13]. Pour le fondateur de la psychanalyse, cette découverte de l’objet fait advenir le sujet parmi les éléments du monde extérieur, tout en liant ce dernier à ses instincts de survie.

Serge Leclaire reprend alors le terme symbolique de « castration » pour faire comprendre le sentiment de désemparement qui gagne le sujet incapable de dire convenablement l’ordre des choses, et de lui correspondre[14]. Nous y sommes plus que jamais, à l’ère inouïe de l’effondrement du Système Terre. Au moment où vacillent dramatiquement l’ordre social et les organisations industrielles qui l’ont saccagé, nos modalités de vie s’annoncent précaires. L’objet qui nous manque est l’objectivation même du monde dont notre survie dépend. Ce n’est plus d’un objet de désir qu’on est séparé, mais du tout de l’objectivité qui permet au sujet de se maintenir dans l’existence. Un ordonnancement planétaire s’effondre. On se le répète de manière aussi vaine que lancinante :  est remise en cause la possibilité même pour le sujet, d’être. Psychiquement, la difficulté est immense. La psyché se débat contre le caractère irréversible de cet aveu. En roue libre, voici le réel qui prolifère tel un cancer en soi comme dans le monde. Aucun objet de la pensée ne peut contenir cet effet de sidération. L’objet est de moins en moins rattaché à une articulation littérale. Dans le délire du capitalisme exacerbé et le fanatisme des logiques marchandes s’ensuivent des passages à l’acte collectifs qui ne ressemblent à rien. Tant qu’on peut participer au PIB, l’honneur est sauf. On sauve la face au tiroir-caisse. Shopping is cheaper than a therapy, clame un slogan ricochant dans la ville comme un acte de déni désespéré. C’est le langage en même temps que l’objet qui se dérobe. Le signe linguistique, qui s’essayait à rapiécer le réel à force de répétitions, se détache d’innommables phénomènes absurdes, à un point tel qu’il se décompose lui aussi comme une énergie non liée dans les méandres de l’entropie. Pollution psychique. Ne se substituant plus de manière convaincante au réel, le signe n’a pas non plus de prise sur l’énergie pulsionnelle. La psyché se dresse contre ce clivage et cherche désespérément des accommodements, quelque deus ex machina faisant que les choses s’arrangent.

Le sujet démuni devant une perspective aussi catastrophiste, revenant au stade du nourrisson qui croit faire un avec le monde, et au stade anal qui consiste à tout retenir et maîtriser, se bercera de l’illusion d’une villa entourée de serviteurs sur l’île déserte qu’il a déjà achetée, s’il est très riche, quand il ne s’agira pas de délirants voyages sur Mars. S’il est pauvre, c’est à des projets survivalistes qu’il s’attellera, comme si un retour à soi garantissait la promesse d’une solution à long terme. Dans tous les cas, l’instinct de conservation du Moi s’alliera au fantasme de ne plus dépendre de personne, voire de rien. Pour ne devenir plus rien lui-même qu’une image dans laquelle on se mire.  Or, « la régression narcissique est préambivalente[15] ». Bientôt, ça craquera de partout. Et le malaise, qui en deviendra contagieux, se généralisera.

Une béance. S’ouvre comme telle la question de l’objet. Un « objet », son « objectivité », normalement, c’est la réalité en tant que le langage se montre apte à la nommer et les symboles à la figurer. Revenir à ce sur quoi l’attention de la conscience porte, pour organiser son rapport au-dehors. Voilà qu’il n’y en a plus, plus de sûr. L’objet se retourne contre lui-même pour nous dire sa dénaturation. À ce moment-ci, l’angoisse du vide échappe jusqu’au romantisme ; ce n’est pas fixer le soleil et jouir de sa bravoure. Beaucoup plus pondérée, sobre même, la scène contemporaine. Inquiétante. Être en lien avec rien qui ne se nomme. Rien qui ne s’ajuste au langage, qui ne se rafistole, qui ne s’accommode, qui ne s’adapte au mensonge journalier. Le temps s’épaissit. Tout y glisse. Il se retourne contre nous. Le compte à rebours nous ronge à petites dents. Je suis le réel en tant qu’il prend fin, nous disent ses traductions les plus circonstanciées. C’est, à l’état vif, la « castration » dont la psychanalyse traitait jadis, mais à une échelle historique. Pour le lacanien Serge Leclaire, le phénomène ne se fait comprendre que « par son résultat », l’incapacité à dire convenablement l’ordre des choses[16]. Plus que jamais. La psyché se débat contre le caractère irréversible de cet aveu. C’est le langage en même temps que l’objet qui se dérobe. Le signe linguistique qui en venait à rapiécer le réel à force de répétition se détache d’innommables phénomènes à un point tel qu’il en trahit son rapport inadéquat à l’objectivité. Ne se substituant plus de manière convaincante au réel, le signe n’a non plus de prise sur l’énergie pulsionnelle. La psyché qui se dresse contre ce clivage cherche désespérément des accommodements, quelque deus ex machina faisant que les choses s’arrangent. À l’ère inouïe de l’effondrement du Système Terre et des organisations industrielles qui en dépendent, la difficulté est immense. Ce n’est plus d’un objet de désir qu’on est séparé, mais de la possibilité même pour le sujet d’être. Voici le réel qui prolifère en roue libre, en soi comme dans le monde, n’ayant plus rien à dire. L’objet est de moins en moins rattaché à une articulation littérale. Dans le délire du libéralisme exacerbé ou le fanatisme des logiques capitalistes de marché, s’ensuivent des passages à l’acte collectifs qui ne ressemblent à rien.

Dans d’autres écoles de pensée, la psychanalyse entretient aussi avec le langage un rapport qui résonne étrangement avec celui de la critique écologiste. Ainsi, lorsque D. H. Winnicott traite de la crainte de « l’effondrement » chez ses patients, en lien avec un « environnement » permettant mal au sujet de se donner des objets adéquats, il présente comme le pire des contextes un « environnement » n’étant pas seulement déficient, mais « hors de portée – supplice de Tantale qui est sans doute le pire de ce qui peut arriver[17] ». Ici, le psychanalyste traite-t-il de dépression nerveuse dans l’évolution du sujet, ou du rapport de sujets désemparés face à l’effondrement pronostiqué du système Terre[18] ? Et dans la seconde perspective, ne change-t-on pas d’échelle et de portée de façon à faire muter le discours ?

Le nôtre, c’est un climat hostile. En l’état, il est désormais inouï, ne correspond à rien, ne se raconte pas.  Depuis des millions d’années, du jamais vu, de tels bouleversements. Il nous échappe, nous hante, nous trouble, nous effraie. On ne parle que de lui ne sachant plus le stabiliser. Ça chauffe.

Pour surmonter l’angoisse, la biorégion

Un rapport collectivement inadéquat à un objet provoque de graves psychopathologies collectives. La psychanalyse est née dans un univers où domine la névrose. Les figures autorisées, voire autoritaires, structurent verticalement l’ordre symbolique. C’est le règne des généraux, des prêtres de tout genre, des proviseurs, des rois, kaisers et présidents. Ce qu’écrit Nina Berberova quant à sa Petersburg natale vaut pour la Vienne de Sigmund Freud : « Le plus important était de paraître. On se servait d’un certain ton de voix avec les enfants, d’un autre avec les serviteurs, d’un troisième avec les invités, d’un quatrième avec l’homme à qui on plaisait. Les femmes de cette époque, théoriquement préparées à leurs rôles d’épouses et de mères, ne vivaient que pour réprimer et dissimuler ce qu’il y avait d’authentique en elles qui finissait par dépérir, écrasé par les contraintes sociales[19]. » Ce que vivaient les femmes à la maison, soumises au patriarcat, était l’ultime acte de répression, dans un effet domino, que subissaient les hommes à l’usine, la caserne, le bureau ou le grand magasin.

Cent ans d’événements sociaux, politiques et moraux ont fait traverser à l’Occident des moments collectifs en ce qui concerne la vie psychique. La psychose domina lors de deux guerres mondiales, concomitantes aux cohortes de traumatisés qu’elles provoquèrent, et ce, avant les années libidinales du deuxième tiers du xxe siècle cherchant à les racheter, en passant par le tournant du xxie siècle marqué par la désillusion et la perversion ordinaire, jusqu’à aujourd’hui, ère de l’inouï où dominent sur nos esprits le spectre du dérèglement climatique et la perte de biodiversité, accompagnés d’un fort parfum de nihilisme politique.

En notre époque, nous retrouvons le cocktail parfait pour que s’installe l’angoisse comme modalité psychique tendancielle et commune. L’angoisse désigne l’épreuve d’affects insistants, déstabilisants et troublants qui ne s’accompagnent d’aucune cause, image ou représentation précises. Contrairement à l’anxiété qui explique un malaise par le surinvestissement d’un objet (réel ou fictif), l’angoisse exprime la souffrance de qui n’en a guère.

Comment se donner des objets dignes de la période historique dans laquelle nous nous immergeons quand rien n’est égal par ailleurs? Tous les paramètres, même ceux qu’on jugeait les plus stables, se transforment de manière préoccupante. Quel « gai savoir » se donner afin de produire des objets qui nous portent?  Le philosophe Baptise Morizot y parvient. Il crée des objets adéquats, comme celui de chimère – un nom adapté aux mondes qui se profilent dans des croisements jadis invraisemblables[20]. Mais c’est aussi le nom de structures politiques qu’il faudra apprendre à inventer, de nouveaux desseins nous permettant d’être en phase avec la nouvelle conjoncture, à l’ère de l’inouï. La biorégion est une notion qui répond bien à ce qui nous attend. Elle est impérative, c’est-à-dire que la géopolitique en ce siècle se contractera par la force des choses, en passant de la mondialisation industrielle et commerciale à l’autonomie régionale. C’est déjà commencé : les conséquences dramatiques des bouleversements climatiques et de la perte de biodiversité (inondations, ouragans, incendies de forêt, canicules meurtrières, perturbation dans le règne animal, migration de réfugiés environnementaux, épidémies…) ainsi que les bris d’approvisionnement occasionnés par l’insécurité énergétique et la pénurie inévitable de minerais entraîneront un isolement structurel des communautés, lesquelles devront réapprendre à vivre de manière relativement autonome, avec elles-mêmes. Dans ce cadre, la biorégion consiste en une approche géopolitique selon laquelle le préfixe géo- est aussi important que le radical politique : la politique ne s’y conçoit plus contre et sur le territoire, mais en lui, prise dans ses synergies, en fonction des espèces qui l’habitent et de l’économie de la nature qui s’y organise. Cette échelle supposera de la créativité politique et celle-ci s’observera d’autant plus qu’elle se révélera nécessaire.

Pour l’aborder, non pas partir du concept de biorégion, mais de l’histoire qui nous y conduit inexorablement[21]. Plutôt qu’une vague utopie ou une option de plus offerte à la carte du restaurant électoral, voir en la « biorégion » le nom d’une réponse à donner à une situation impérative, source historique d’angoisse : la contraction annoncée de la géopolitique de la mondialisation à la région.

Comme à Mayotte, comme à Valence, comme en Nouvelle-Orléans, Clova au Québec ou Lytton dans l’Ouest canadien, des communautés entières secouées par des déluges ou des incendies de forêt sont appelées à redécouvrir crûment deux vérités anthropologiques : elles dépendent en dernière instance d’elles-mêmes, de leur entregent, de leur sens de la solidarité. Puis, elles se découvrent redevables du territoire qu’elles foulent, de ses sols, de son air, de ses eaux. « Vous nous avez abandonnés », clame-t-on de part et d’autre. Pour se résigner : c’est aussi à partir de cette échelle qu’on organisera désormais la politique. Et cette nouvelle approche appelle des concepts politiques adéquats.  

En tant que concept, la « biorégion » a aujourd’hui cinquante ans. Allen van Newkirk lui donnait son acte de naissance en le proposant dans un court texte de la revue Environnemental Conservation à l’été 1975. Depuis le repaire historique du mouvement coopératif en Amérique, à Heatherton dans la région d’Antigonish (Nouvelle-Écosse, partie atlantique du Canada), cet artiste d’origine états-unienne devenu militant écologiste cherchait à fonder une géopolitique tout autre, dans laquelle le préfixe géo– serait aussi déterminant que la racine politique[22]. Il ne s’agissait plus de faire de la politique sur le territoire, en fonction de son exploitation et dès lors contre lui, mais d’intégrer radicalement la politique aux dynamiques territoriales elles-mêmes.

Partant de la notion de région biotique, non loin des mouvements de retour à la terre ou du municipalisme libertaire, sans s’y restreindre, il perçoit d’abord la biorégion en fonction de sa portée biologique. Autrement dit, la politique ne s’imprime plus sur le territoire à la manière d’espaces qu’il faut rendre conformes aux cartes et aux intérêts dictés par l’exploitation industrielle et commerciale, mais elle s’intègre aux réalités biologiques et territoriales d’un lieu. La flore, la faune, les sols, les eaux, le climat, les bassins versants… sont ce à partir de quoi les citoyens d’un espace politique savent amorcer leurs pratiques. La signification du lieu commence par l’histoire, pas seulement celle, sociale, des sciences humaines, mais l’histoire même qui a rendu possible la gestation millénaire du lieu qu’on occupe. Comprendre ce qu’il en a fallu de contributions de la part des insectes, des oiseaux, des grands mammifères, y compris des humains, pour qu’un lieu perdure comme il est, le cas échéant où il ne faudrait pas chercher à tenter de le restaurer, afin d’envisager la façon de s’y fondre pour les temps à venir.

Science, culture et politique

Cela implique une approche à la fois interdisciplinaire et, à ce titre, égalitaire. Aucune discipline, c’est-à-dire pas plus les sciences exactes que les autres, contrairement avec ce qui se produit maintenant au titre du discours écologique, n’occupe de fonction hégémonique. Certes, la modélisation, la biologie, l’océanographie et la climatologie sont prisées, tout comme le devient également la sapience, c’est-à-dire les savoirs populaires accumulés indépendamment des titres de diplôme. L’historien des sciences Dominique Pestre invite ses collègues scientifiques à « apprendre à faire confiance aux solutions que le social invente[23] ». Il se peut que ceux-là mêmes qui dépendent du territoire sachent en défendre les modalités agricoles et les normes escomptées, surtout dans un contexte où il s’agit d’en vivre plutôt que de les exploiter aux fins de pratiques commerciales coloniales. 

À cela s’ajoute la culture, la littérature et les arts : se redonner de nouveaux récits, s’expliquer par la fiction des situations semblables à la sienne pour suppléer l’absence de référence historiographique relative à la période inouïe qu’on traverse, réorganiser la façon de découper le réel. Un exemple dans le domaine du land art, les œuvres d’Andy Goldsworthy. En traçant des lignes dans l’espace à partir d’éléments qu’il y trouve (brindilles, feuilles, pierres…), il nous persuade de la pertinence d’une autre forme de tracé dans l’espace, non plus celui des frontières qui consiste pour le plus fort à circonscrire un lieu pour clamer que ce qui s’y trouve lui appartient, mais celui qui marque à l’intérieur d’un cadre symbiotique déterminé par lui-même (on sait, en suivant ses dynamiques, quand un lieu s’arrête et cède à un autre) quel en est l’axe de vie, la ligne symbiotique, exemplairement une rivière ou une bande cultivable…

Enfin, la politique. La biorégion ne se « développera » pas parce qu’on la désire, vote pour elle ou la choisit. Elle s’imposera, là où une avant-garde en aura prédit la nécessité, dans des contextes historiques de bris, de drames ou de crises où on se découvrira dépendant que de soi-même. Dans de tels désarrois, des petits-chefs vociféreront pour ameuter une catégorie de soumis face aux autres à qui ils déclareront la guerre. Les plus fins opteront pour l’entraide. Ils trouveront à fonder des communs autour d’éléments (fours à pain, terres arables, caveaux, compétences diverses…) favorisant le rapport de la communauté aux épreuves, urgences et aspirations qui deviendront les siennes. De nouvelles organisations politiques – à partir de ce que les « zones à défendre » (Zad), collectifs, associations et coopératives génèrent déjà – prendront le pas pour être à la hauteur du changement de paradigme s’imposant en ce siècle. 

En cela, la biorégion ne procède pas d’un parfait renversement. Ce n’est pas tout à fait une révolution, si elle n’est pas de celles qui s’accomplissent par « la force des choses », comme l’écrivait Hannah Arendt. Il n’y va pas seulement de délibération et de volonté. Elle peut encore cohabiter dans le mille-feuille institutionnel avec les différents pouvoirs institués, ceux qui, impuissants, en ont déjà plein les bras avec les mutations historiques du siècle et se retournent parfois contre les communautés pour les coloniser à nouveau. Elle n’est pas passéiste au sens où des architectes imaginent par quelles nouvelles techniques habiter grâce à des matériaux environnants et recyclables, et où des permaculteurs conçoivent des formes adaptées d’agriculture sans recourir aux laborieuses méthodes des anciens. Elle est universelle au sens où elle croit que l’Afrique peut venir au secours de l’Occident[24], et lui permettre de partager des expériences agricoles et sociales provenant d’un monde qui a pu se passer d’un capitalisme aujourd’hui vacillant, tout comme les peuples premiers des Amériques. 

La biorégion est surtout un concept vitaliste et affirmatif qui permet de surmonter l’angoisse occasionnée par les discours accablants de l’époque, pour avancer, à tâtons, frayant un chemin vers ce qui s’impose comme nécessaire.


[1] Emmanuel Todd, La Défaite de l’Occident, Paris, Gallimard, 2024, p. 245.

[2] Pier Paolo Pasolini, « L’article des lucioles », dans Écrits corsaires, Paris, Flammarion, coll. « Champs Arts », 2018 [1er février 1975].

[3] Murray Bookchin, Une société à refaire. Vers une écologie de la liberté, Montréal, Écosociété, coll. « Retrouvailles », 2010 [1990], p. 38.

[4] George Marshall

[5] Timothy Morton, La Pensée écologique, Paris, Zulma, coll. « Zulma essais », 2019 [2010], p. 164 et 214.

[6] Dominique Bourg, Une Nouvelle Terre, Paris, Desclée de Brouwer, 2018, p. 11.

[7] Mathias Rollot, Les Territoires du vivant. Un manifeste biorégionaliste, Marseille, Wildproject, coll. « Le Monde qui vient », 2023 [2018], p. 83.

[8] Matthieu Auzanneau, Pétrole. Le déclin est proche, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Reporterre », 2022 ; Guillaume Pitron, La Guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique, Paris, Les Liens qui libèrent / Acte Sud, 2019, et Jean-Baptiste Fressoz, Sans transition : une nouvelle histoire de l’énergie, Paris, Seuil, coll. « Écocène », 2024. 

[9] Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points Histoire », 1971, et Veyne, Les Grecs ont-ils cru en leur mythe ?, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points Essais », 1983.

[10] Rachel Carson, Printemps silencieux, Paris, Wildproject, 2014 [1962]. 

[11] Serge Leclaire, Démasquer le réel. Un essai sur l’objet en psychanalyse, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Le champ freudien », 1971, p. 77.

[12] Jacques Derrida, « La différance », dans Marges. De la philosophie, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Critique »,1972.

[13] Sigmund Freud, « Pulsions et destin des pulsions », dans Métapsychologie, Paris, Gallimard, coll. : « Folio Essais », 1968 [1915], p. 24.

[14] Serge Leclaire, Démasquer le réel. Un essai sur l’objet en psychanalyse, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Le champ freudien », 1971, p. 52.

[15] Béla Grunberger, Le Narcissisme. Essais de psychanalyse, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1993 [1971], p. 118.

[16] Serge Leclaire, Démasquer le réel. Un essai sur l’objet en psychanalyse, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Le champ freudien », 1971, p. 48-53.

[17] D. H. Winnicott, « La crainte de l’effondrement », dans La Crainte de l’effondrement et autressituations cliniques, Paris, Gallimard, coll. « Connaissances de l’inconscient », p. 206 à 209.

[18] Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », 2015.

[19] Nina Berberova, C’est moi qui souligne, autobiographie, Arles, Actes Sud, 1989, p. 65.

[20] Baptiste Morizot, L’Inexploré, Paris, Wildproject, 2023.

[21] Nous reprenons ici des propositions soutenues dans notre Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, Montréal, Lux, 2024, et quelques écrits afférents. 

[22] Allen van Newkirk, « Bioregions: Towards Bioregional Strategy for Human Cultures », Environmental Conservation, no 2, vol. 2, Été 1975, p. 108. Lire aussi Mathias Rollot et Marin Schaffner, Qu’est-ce qu’une biorégion ?, Marseille, Wildproject, 2021.

[23] Dominique Pestre, À Contre-science. Politiques et savoirs des sociétés contemporaines, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées, 2013, p. 84.

[24] Selon le beau titre du livre d’ Anne-Cécile Robert, L’Afrique au secours de l’Occident, Ivry-sur-Seine, Éditions de l’Atelier, 2006.


Édition électronique :
URL : https://cpp.numerev.com/articles/revue-47/4018-crise-d-objet-en-occident
ISSN : 1776-274X
Date de publication : 31/07/2025

* Cette publication est sous licence CC-BY-NC-ND (Creative Commons 2.0 – Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification).


L’économie esthétique – Feuilleton théorique III

L’éthique, entre mondialisation et biorégion – Captation de la conférence d’Alain Deneault chez VOX

Captation de la conférence L’éthique, entre mondialisation et biorégion d’Alain Deneault qui a eu lieu chez chez VOX, centre de l’image contemporaine, dans le cadre de l’exposition « Mon Sud est ton Nord » de l’artiste Bertille Bak – 29 novembre 2024 – Durée : 1 heure 2 min 45 sec

Retour sur la conférence d’Alain Deneault au Festival de la décroissance de Québec par Samuel Matteau

Lélia Wanick et Sébastião Salagado / Photo © Ricaro Bellel
Page Facebook de Simon Matteau
22 mai 2025

« Il y a quelques semaines, Alain Deneault était de passage à la Korrigane pour nous parler de l’effondrement à venir… et des pistes d’ouverture possibles.

Son constat est implacable : ce qui s’en vient, ce n’est pas une transition douce, mais une décroissance souffrante. Plutôt que de préparer collectivement nos esprits à une décroissance volontaire, nous fonçons dans le mur du réel, portés par un déni tenace. Les chaînes d’approvisionnement se brisent, la mondialisation craque, les cartes géopolitiques sont en plein remaniement. Il faudra apprendre à vivre sans plusieurs de nos repères matériels : des aliments, des métaux, des produits du quotidien disparaîtront.

À cela s’ajoute l’augmentation fulgurante des catastrophes climatiques. Les États, débordés, ne pourront plus protéger tout le monde. Trop de crises, trop de gens, et des richesses soustraites à l’intérêt commun, abritées dans les paradis fiscaux. Nous serons seuls face aux désastres, seuls à constater la brisure des systèmes — sociaux, étatiques, symboliques. On croyait nos filets sociaux solides, notre société stable. Jusqu’à ce que… Les deuils seront nombreux. L’adaptation constante. Et il nous faudra nous adapter sans cesse.

Alors que reste-t-il ?

Nos communautés. Notre territoire. Ce sont les seules choses sur lesquelles nous pourrons encore nous appuyer. C’est là que réside, selon Deneault, la clé d’un avenir possible : non pas dans un repli survivaliste, mais dans un autonomisme volontaire, lucide et joyeux.

C’est ce qu’il appelle la biorégion : un espace de vie à échelle humaine, où l’on organise nos existences selon ce que notre sol, notre climat, notre écosystème peuvent raisonnablement offrir. La biorégion n’est pas un retour nostalgique, mais un acte politique. Elle ne peut pas simplement surgir « naturellement » à la manière des plantes ou des utopies spontanées. Elle devra être imposée collectivement, comme un geste politique conscient, un raccourci de l’histoire face à la déroute institutionnelle. C’est un temps d’anarchie fertile : un moment où les formes de pouvoir établies s’effacent pour laisser émerger de nouvelles manières de s’organiser, plus proches du vivant.

La biorégion devient alors un acte de résistance face au millefeuille institutionnel étouffant de notre époque : les États fragmentés, les pouvoirs municipaux et financiers, les multinationales, les mafias locales. Au cœur de cet enchevêtré d’autorités concurrentes, la biorégion revendique une souveraineté alimentaire, une autonomie énergétique, une liberté intellectuelle. Elle est à construire, avec détermination, par des sujets désireux de transformer la survie en forme d’habitation durable.

Et ce n’est pas qu’un rêve théorique. On le voit dans des gestes concrets. Comme Sebastião Salgado, photographe marqué par les horreurs du XXe siècle, qui retape avec sa femme une ferme en friche au Brésil. Dix ans plus tard : 600 hectares de forêt replantée, un projet devenu l’Instituto Terra.

La biorégion est un projet esthétique, éthique et politique à la fois. Un art de vivre. Une manière de comprendre qu’on ne défend pas la nature comme un extérieur, mais qu’on se déploie avec elle. Nous sommes cette nature. Et nous devons la connaître, la respecter et l’aimer.

Merci Alain. » – Simon Matteau

Conférence d’Alain Deneault au Festival de la décroissance de Québec – Durée: 1 heure 35 min 10 sec – 16 avril 2025

Repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement dans le contexte socio-écologique contemporain

Alain Deneault prononcera la conférence d’ouverture aux journées d’étude Repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement dans le contexte socio-écologique contemporain le 9 juin 2025. Cet événement est organisé par le Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centr’ERE) de l’Université du Québec à Montréal et aura lieu les 9 et 10 juin 2025.

Avec la participation de : Alain Deneault,
Aurélie Zwang, Mélanie Champoux, Alexandra Guité, Maxime Fecteau, Jonathan Durand-Folco, Lucie Sauvé, Gina Thésée, Céline Chauvigné, Geneviève Therriault, Clément Barniaudy, Emmanuelle Larocque, Audrey Dahl, Dalie Lauzon-Vallières, Josée Courtemanche, Laurence Brière et la Coalition Environnement – Éducation – Écocitoyenneté

« Dans un monde traversé par de profondes crises sociales, écologiques et politiques, comment l’éducation peut-elle nourrir une citoyenneté critique, créative et émancipatrice ? Ces deux journées seront l’occasion de réfléchir collectivement à des pratiques pédagogiques qui prennent acte de l’urgence et de la complexité de notre époque.

Ces journées d’étude visent ainsi à examiner les défis éducatifs et les voies d’apprentissage et de praxis que soulèvent les polycrises contemporaines. Elles proposeront des conférences, un séminaire, des tables rondes, des discussions et une performance artistique, toutes invitant « à entendre, à voir, [et] à dire ce qui se produit » (Deneault, 2024) pour mieux y intervenir. » – Centr’ERE


Repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement dans le contexte socio-écologique contemporain
Conférence d'ouverture par Alain Deneault
9 juin 2025 - 9 h 15

Repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement dans le contexte socio-écologique contemporain
Journées d’étude - 9 et 10 juin 2025
Salle de la didacthèque - Local W-1011 - UQAM
Pavillon Thérèse-Casgrain (W) - 405 Rue Sainte-Catherine Est
Accessible par la bibliothèque centrale - 400 Rue Sainte-Catherine Est
En présence et en ligne - Gratuit
En présence - Inscription requise : ici
En ligne - Inscription requise : ici

Programmation complète : ici

« Les déséquilibres socio-écologiques actuels exigent une éducation qui accompagne le développement d’une citoyenneté critique et créative. Dans un contexte de crises multiples et de dérives autoritaires, il est crucial de repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et d’explorer des pratiques pédagogiques émancipatrices, notamment en milieux non formels.

Les nombreuses questions d’ordres éthique, épistémologique et ontologiques soulevées par les déséquilibres socio-écologiques actuels devraient, plus que jamais, interpeller le monde de l ‘éducation. En cette ère inouïe (Deneault, 2024), comment accompagner – à l’école, à l’université, dans les espaces d’organisation communautaire et de médiation culturelle – l’exercice d’une citoyenneté attentive, responsable, critique et créative, à même de transformer les rapports délétères à l’environnement, aux autres humains et aux autres qu’humains ? Comment habiter le trouble actuel (Haraway, 2017), en ouvrant de manière inventive et par l’éducation, de nouvelles possibilités de cohabitations ? 

En 2011, la revue Éducation relative à l’environnement: Regards – Recherches – Réflexions publiait un volume explorant la dimension politique de cet axe de la formation fondamentale. Mohammed Taleb y formulait une mise en garde « concernant le risque que pourrait représenter une articulation entre politique et ERE qui ne prendrait pas en compte l’exigence philosophique ». Le texte réagissait notamment à l’hégémonie annoncée de l’éducation au développement durable et de l’idéologie capitaliste dont cette éducation n’est jamais parvenue à s’affranchir même à ce jour. Depuis, l’éducation à l’Anthropocène (ou en contexte d’anthropocène) ; l’éducation à, vers ou pour la transition énergétique, écologique, socio-écologique ou juste ; l’éducation à la citoyenneté mondiale ou à l’écocitoyenneté ne sont que quelques exemples de propositions éducatives ayant émergé et reposant sur différentes philosophies du politique plus ou moins explicitées. La diversité axiologique de ces propositions nous rappelle l’importance des exercices de clarification qui nous permettent de saisir les contributions et limites respectives de pistes éducatives souvent confondues ou amalgamées. Ainsi est-il toujours d’actualité de nous interroger à propos des fondements sur lesquels reposent les politiques, les programmes et les projets qui concernent l’éducation relative aux réalités socio-écologiques contemporaines. Autrement dit, comment composer avec les risques pédagogiques et sociaux inhérents à ces choix éducatifs, « risques à prendre et à baliser, afin de ne pas enliser la dynamique éducative dans les lieux communs de la reproduction sociale » (Sauvé, 2011) ? 

Par ailleurs, un recul démocratique s’observe à l’échelle mondiale et, avec la transformation politique en cours depuis janvier dernier aux États-Unis, la concentration des pouvoirs et l’autoritarisme semblent connaître une accélération qu’il est possible de qualifier d’historique. La proximité de plus en plus décomplexée des milliardaires et géants corporatifs du numérique avec ce régime amène en effet certains à annoncer l’avènement d’un techno-fascisme (Folco, 2025), donnant suite au techno-féodalisme décrit plus tôt par Varoufakis (2021) et par Durand (2023). Les transformations récentes ont déjà des conséquences dans les milieux de la recherche, de l’éducation et de l’action publique, où ce nouvel interventionnisme ampute grandement les libertés académiques et professionnelles. On mentionnera seulement à titre d’exemples les impacts avérés et appréhendés en sciences de l’environnement, en sciences politiques, et en enseignement, mais on pourrait bien sûr et fort malheureusement allonger cette liste. En effet, la marée montante de la censure sévit sur une étendue toujours plus vaste de pratiques, de champs disciplinaires et de modes de production de savoirs. Elle projette du même coup une onde de choc puissante contre la diversité épistémologique en enseignement et en recherche. Dans ce contexte, quels efforts sommes-nous amenés à déployer pour réfléchir ensemble nos rapports personnels et collectifs au politique, au savoir et à l’environnement ?

Quelles seront les répercussions de cette nouvelle ère politique sur les mouvements écologistes, qui figurent déjà parmi les groupes les plus surveillés (Berglund et coll. 2024), et ce, au moyen d’outils dits de plus en plus « intelligents » ? Comment l’ERE est-elle interpellée face à ces transformations historiques et, réciproquement, comment celles-ci affectent-elles les pratiques de l’ERE, notamment en milieux non-formels et informels ? Face aux discours et aux manœuvres de division et d’accaparement (des ressources, des terres, des corps, de l’attention, etc.) qui prennent actuellement une ampleur déconcertante, comment donner le goût de la résistance et soutenir l’initiative écocitoyenne ? Quels ancrages les pédagogies critiques et les éducations décoloniales, au soin et au sensible offrent-elles pour repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement ? Quels défis et quelles perspectives les relations aux environnements numériques et les rapports de pouvoir qu’ils induisent représentent-ils pour l’éducation relative à l’écocitoyenneté ? » – Centr’ERE

Autoritarisme(s) et théories critiques : critique d’un futur antérieur ?

Alain Deneault présentera la conférence d’ouverture du colloque annuel du Comité de recherche 41 (CR41) de l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) « Autoritarisme(s) et théories critiques : critique d’un futur antérieur ? » qui se tiendra à l’UQAM les 22 et 23 mai 2025. La conférence d’Alain Deneault (en ligne) s’intitule « De la théorie critique à la théorie du complot : histoire d’une confusion ».

« Populisme, autoritarisme, fascisme sont au gré des évènements d’actualité des mots qui reviennent sur le devant de la scène. Déjà annoncée sous le vocable d’une « droitisation du monde » ou d’un « âge de la régression », notre époque est en proie à une dérive autoritaire, lorsqu’elle ne s’abîme pas dans le (néo)fascisme.

On constate en effet un devenir-autoritaire au sein des sociétés actuelles. Cette tendance se manifeste de différentes manières et dans différents domaines de l’activité sociale. Dans le domaine politique, l’affaiblissement du parlementarisme, l’établissement d’états d’exception durables, ou encore des mesures conduisant à saper la « société civile » et ses différents acteurs, semblent accompagner le fait qu’une partie non-négligeable des populations occidentales accepterait diverses formes de gouvernements autoritaires ou elle les réclame. Sur le plan social, se propage une tendance autoritaire à l’ensemble de nos vies individuelles et collectives et jusque dans les interstices de nos rapports sociaux. Parallèlement aux dénonciations des mesures progressistes, le « retour à la discipline » est devenu un leitmotiv politique, tout comme la xénophobie qui est même vue comme politiquement correcte. Les rapports d’autorité sont également à interroger dans un monde du travail bousculé par l’introduction de technologies numériques et d’outils de surveillance. Quant au domaine de l’économie, le capitalisme financier contemporain semble plus que jamais sonner le glas de toute tentative de prise démocratique sur le processus économique. Au travers des médias sociaux s’imposent de nouvelles injonctions autoritaires. La toile technoinformatique qui se tisse tranquillement dans notre vie quotidienne impose un ensemble de contrôles arbitraires. Les médias sociaux remettent en question certaines autorités traditionnelles, comme entre autres le journalisme et la science. Et, bien sûr, d’une importance cruciale et centrale à ce colloque, la question de l’autorité se pose dans le domaine de la psyché et de l’individu, dans la construction de son rapport à soi, à autrui et au monde.

Comment se manifestent ces phénomènes ? Comment les analyser ? Quelle est la pertinence des modèles théoriques antérieurs pour penser la tendance autoritaire actuelle ? Par ce colloque, nous tenons à renouer avec ce que les théories et sociologies critiques issues de périodes de crises similaires à la nôtre peuvent nous enseigner sur ces phénomènes – et nous aider à contrer la possibilité de la peste brune. C’est ainsi que nous vous convions à une discussion de deux jours sur les théories critiques et les autoritarismes. » – Département de sociologie de la faculté des sciences humaines de l’UQAM


De la théorie critique à la théorie du complot : histoire d’une confusion
Conférence d'ouverture par Alain Deneault (en ligne)
Jeudi 22 mai 2025 - 9 h à 10 h 15
UQAM - Pavillon Sherbrooke (SH) - Local SH-3420
200 rue Sherbrooke Ouest, Montréal
Colloque AISLF CR41- Jeudi 22 mai et vendredi 23 mai 2025
Entrée libre

Alain Deneault – Conférence « De la théorie critique à la théorie du complot : histoire d’une confusion » – 22 mai 2025

Pascale Bédard, professeure en sociologie des arts et de la culture, Université Laval et Alain Deneault – Conférence « De la théorie critique à la théorie du complot : histoire d’une confusion » – 22 mai 2025

Alain Deneault et Claude Vaillancourt lèvent le voile sur le pouvoir incandescent des multinationales

Le journal des Alternatives et Presse-toi à gauche

Par Claire Comeliau
3 et 8 avril 2025

Organisé par Attac-Québec et accueilli par la librairie Zone Libre, le lancement de l’ouvrage « Multinationales : Une histoire du monde contemporain » a eu lieu mercredi 26 mars dernier. Claude Vaillancourt, président de l’organisation altermondialiste ATTAC-Québec et Alain Deneault, philosophe québécois, tous deux contributeurs de l’ouvrage, étaient sur place pour présenter la publication.

Le livre noir des multinationales

Alain Deneault est notamment connu pour son ouvrage « Noir Canada », paru en 2008, dans lequel il remet en cause le discours discursif d’un Canada internationaliste et pacifiste qui soutient pourtant des entreprises qui exploitent et pillent les ressources du continent africain. Réitérant un projet militant et engagé à travers « Multinationales : Une histoire du monde contemporain », il estime que cet ouvrage aurait pu s’intituler « Le livre noir des multinationales » du fait de son approche critique qui s’attelle à dénoncer le vrai visage de ces entreprises et à mettre en lumière l’ampleur du pouvoir de dépendance qu’elles exercent à tous les niveaux de la société.

Structuré autour d’une ligne du temps débutant en 1850 à l’ère de la révolution industrielle, l’ouvrage rassemble les contributions d’environ quarante autrices et auteurs francophones. Il se lit aisément grâce à une approche historique riche en récits, permettant une lecture par période, qui en fait une véritable encyclopédie.

Cet ouvrage invite à nuancer l’idée célèbre avancée par Max Weber, selon laquelle l’État détient le monopole de la violence physique légitime en mettant en lumière le contre-pouvoir que représentent les multinationales. Il affirme que les États ont tendance de plus en plus à céder leur pouvoir au privé, jusqu’à placer les entreprises au-dessus des lois nationales.

Pour saisir la logique sous-jacente de cette dynamique, Claude Vaillancourt mentionne que tout cela fût rendu possible par l’avènement du néolibéralisme et le climat de libre-échange qui en découle. Cela a permis aux multinationales de se développer à une vitesse fulgurante.

Multinationales et absence d’éthique

L’histoire a montré que la croissance d’une multinationale est souvent impossible sans manquements à l’éthique ou exploitation. Dans un monde où leur pouvoir s’accroît sans cesse, l’ouvrage agit aussi comme un acte d’accusation contre le système lui-même.

On y dénonce l’incompatibilité croissante entre le développement des multinationales et les enjeux sociaux et environnementaux contemporains. Typiquement, les règles environnementales sont bien souvent considérées comme des obstacles par ces entreprises, ce qui témoigne de leur volonté d’adapter les lois, voire de les supprimer, à leurs seuls intérêts.

La relation entre les multinationales et l’extrême droite

Ce contournement et ce refus de politique environnementale illustrent d’ailleurs en partie la relation intime que les multinationales entretiennent avec l’extrême droite : les patrons des entreprises ne montrent en effet aucune réticence à s’associer à de tels partis, recherchant un environnement politique favorable à leurs profits.

Vincent Bolloré, chef d’entreprise à la tête du Groupe Bolloré — qui contrôle notamment Canal+, CNews, C8, Europe 1, ainsi que le groupe Lagardère — incarne parfaitement la dangerosité de ces stratégies d’influence idéologique, par lesquelles les multinationales cessent d’être de simples entreprises pour devenir de véritables acteurs politiques.

Historiquement centrée sur la logistique, la communication et le transport, et très implantée en Afrique, cette multinationale française s’est progressivement tournée vers le secteur des médias, ce qui permet aujourd’hui à Vincent Bolloré de façonner le débat public.

L’ère Trump

La récente réélection de Donald Trump mérite une attention particulière quant à son impact sur les multinationales. Connu pour ses mesures protectionnistes et isolationnistes, portées par un discours populiste et climatosceptique, l’exercice du pouvoir du milliardaire invite à s’interroger sur l’avenir de la mondialisation et des multinationales, qui se sont pourtant construites et renforcées en parallèle grâce à l’essor du libre-échange et à la « course vers le bas ».

Dans la continuité de son ouvrage « La fin du néolibéralisme » paru en 2023, Claude Vaillancourt signale que D.Trump ne fait que perpétuer la mise en œuvre des politiques néolibérales, mais à un niveau national et que son premier mandat a largement bénéficié à certaines multinationales. Ainsi sa réforme fiscale de 2017 a abaissé le taux d’imposition sur les sociétés de 35 à 21 % et ses remises en cause de certains accords de libre-échange ne visaient pas à limiter le pouvoir des multinationales, mais plutôt à tendre vers sa devise « America First », en appelant à un retour à une économie d’après-guerre.

Dans ce contexte, l’approche de D. Trump représente un paradoxe avec d’une part un discours patriotique et antisystème et d’autre part des politiques renforçant les multinationales. Conscient de leur portée stratégique, le président des États-Unis utilise les tarifs douaniers comme un outil de négociation et d’intimidation. Face à cette logique, il faudrait recréer une économie basée sur d’autres principes que ceux utilisés par ces multinationales et le libre-échange.

L’ouvrage démontre que la puissance et le champ d’action acquis par les multinationales sont tels, qu’elles peuvent s’adapter à toute conjoncture économique pour en tirer profit, faisant ainsi fi de principes tels que le pacifisme, l’éthique, les enjeux sociaux, le respect de l’environnement et du droit, la lutte contre les conflits d’intérêts et le capitalisme sauvage…. Claude Vaillancourt et Alain Deneault nous mettent aussi en garde contre l’influence de ce secteur privé qui favorise l’avènement de l’extrême droite dans nos sociétés. Ils critiquent la non-réaction des personnes politiques et, loin d’être défaitistes, les incitent, par leur volonté, à jouer un rôle qui rendrait nos sociétés plus démocratiques et conformes à leur posture morale.

La consommation : désirs d’objets ou désirs substitutifs ? Conférence d’Alain Deneault

La consommation : désirs d’objets ou désirs substitutifs ? Conférence d’Alain Deneault à la 13e édition de la Semaine de la citoyenneté du Cégep du Vieux Montréal qui a eu lieu le jeudi 27 mars 2025 – Durée : 47 min 16 sec

« La 13e édition de la Semaine de la citoyenneté du Cégep du Vieux Montréal a présenté une série de conférences et d’activités afin d’alimenter la discussion et les réflexions autour de notre mode de consommation. »

Conception graphique @ William Minier
Extraits des livres lus par Alain Deneault : 
On achève bien les enfants. Écrans set barbaries numériques de Fabrice Lebrun, 2020
La fabrique du consommateur d'Anthony Galluzzo, Zones éditeur, 2020
Le suicide d'Émile Durkheim, Éditions Quadrige, 2013

Conférence d’Alain Deneault au Festival de la décroissance de Québec

Soirée spéciale pré-festival de la décroissance de Québec avec une conférence d’Alain Deneault sur son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï le mercredi 16 avril à 19 h à la brasserie artisanale La Korrigane.

« Cette conférence se tient dans le cadre du Festival de la décroissance de Québec. Pour mettre la table de la programmation à venir du Festival, nous avons la chance de recevoir, en formule SPÉCIALE PRÉ-FESTIVAL, une grande pointure en ce qui a trait à la décroissance, M. Alain Deneault ! Lors de cette soirée, nous aurons droit à une conférence de sa part portant plus particulièrement sur les sujets abordés dans son récent essais critique Faire que ! […] Que faire pour s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent? Alain Deneault, avec la lucidité qu’on lui connaît, nous convie à en penser les prémisses et à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Il est temps de faire que ! Au plaisir de vous y voir, de s’éduquer et d’évoluer ensemble! » – Le comité


Soirée spéciale pré-festival de la décroissance de Québec
Conférence d'Alain Deneault
Mercredi 16 avril 2025 - 19 h
Brasserie artisanale La Korrigane
380, rue Dorchester, Québec
Ouvert à tous
Gratuit en formule premier arrivé, premier servi.
Aucune réservation ne sera prise pour cet évènement

Une conférence abordant son plus récent essai qui saura vous mettre en appétit sur le sujet de la Décroissance !

Cet évènement est présenté dans le cadre de la 4e édition du
Festival de la décroissance de Québec

Conférence d’Alain Deneault au Festival de la décroissance de Québec – Durée: 1 heure 35 min 10 sec – 16 avril 2025

Montpetit entretien, un rendez-vous livresque avec Alain Deneault et son essai Faire que !

Montpetit entretien, un rendez-vous livresque avec Alain Deneault et son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï le mercredi 16 avril 2025 à l’Espace conférence de la bibliothèque du Cégep Édouard Montpetit. L’entretien sera animé par le professeur de philosophie Thibault Tranchant ainsi que le professeur en Science Politique Jonathan Veillette.

« Bienvenue sur la page des Montpetit entretien. Il s’agit de rendez-vous livresques sous forme d’un entretien qui sont animés par des professeurs du CEM issus de divers départements d’enseignement en compagnie d’auteurs d’ici et d’ailleurs. Ils ont lieu à l’Espace conférence de la bibliothèque du Cégep. »


Montpetit entretien avec Alain Deneault
Et son livre Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Mercredi 16 avril 2025 - 12 h 15 à 14 h
Animation : Thibault Tranchant, professeur de philosophie et
Jonathan Veillette, professeur de Science politique
Bibliothèque du cégep Édouard Montpetit - Espace conférence

Montpetit entretien avec Alain Deneault au Cégep Édouard Montpetit – 16 avril 2025

Voici Monpetit entretien du 21 février 2018 avec Alain Deneault par Nathalie Malo autour de son essai Une escroquerie légalisée. Précis sur les paradis fiscaux publié aux Éditions Écosociété.

Monpetit entretien avec Alain Deneault par Nathalie Malo – Cégep Édouard Montpetit – 21 février 2028

Faire que ! : comment parler d’écologie sans perdre la tête

« Notre époque est marquée par l’angoisse devant des phénomènes sociaux, politiques, climatiques et écologiques qui semblent démesurés, inouïs par bien de leurs aspects. En partant de son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, Alain Deneault présentera sa vision des luttes pour l’environnement. » – Collège Laflèche


Faire que ! : comment parler d'écologie sans perdre la tête
Conférence d'Alain Deneault
Vendredi 28 mars 2025 - 10 h 30 à 12 h 30
Collège Laflèche - Amphithéâtre
1687, Boul. du Carmel, Trois-Rivières
Stationnement 5 $
Confirmation requise
Information : écrire à David Auclair, professeur
david.auclair@clafleche.qc.ca

Photo © Page Facebook Collège Laflèche

« La conférence mémorable de M. Alain Deneault a abordé la question cruciale de l’engagement politique dans un contexte de bouleversements écologiques sans précédent. Son plaidoyer, inscrit dans la continuité de sa pensée critique, offre une réflexion lucide sur les défis écologiques et sociaux contemporains. En abordant le concept de « biorégion » comme mode d’engagement, M. Deneault invite à repenser collectivement notre mode de vie. Cette approche suscitera sans aucun doute des réflexions profondes chez nos étudiant(e)s en Sciences humaines. Merci au professeur David Auclair pour l’organisation de cette conférence. » – Collège Laflèche

Territorialité de la biorégion

Territorialité de la biorégion. Conférence d’Alain Deneault qui aura lieu le jeudi 27 mars 2025 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) sous l’invitation du département de géographie de l’UQAM en collaboration avec le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), l’Association étudiante de deuxième cycle de géographie de l’UQAM (AEDCG) et le Centre de recherche sur les innovations sociales (Crises).

« Venez rencontrer l’auteur de Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï qui discutera sur le thème de la biorégion dans une ère de bouleversements écologiques et d’écoanxiété. » – Département de géographie de l’UQAM


Territorialité de la biorégion
Conférence d'Alain Deneault
Jeudi 27 mars 2025 - 17 h à 19 h
Université du Québec à Montréal (UQAM) - 400 rue Ste-Catherine Est
Salle A-4180, Pavillon Hubert-Aquin
Inscription requise, veuillez confirmer votre présence ici
Des bouchées seront offertes

Alain Deneault à la 37e édition du Salon du livre de Trois-Rivières avec son essai Faire que !

Alain Deneault participera à la 37e édition du Salon du livre de Trois-Rivières « En mouvement » pour présenter son tout dernier essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï lors d’une conférence autour de son livre, d’une discussion avec Bruno Dubuc, auteur du livre Notre cerveau à tous les niveaux et d’une séance de dédicaces au kiosque #4 de *Lux Éditeur, le vendredi 28 mars 2025.

*Lux sera l’éditeur à l’honneur pour cette 37e édition du Salon du livre de Trois-Rivières


Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Conférence d'Alain Deneault
Atrium de l'UQTR - 3351 Boul. des Forges, Trois-Rivières
Vendredi 28 mars 2025 - 15 h 30 à 16 h 30
Gratuit et ouvert à tous - Inscription obligatoire ici
Infos ici

Présentée dans le cadre de la Journée du développement durable de l’UQTR et en collaboration avec les Journées internationales de la francophonie de la Mauricie

« Conférence d’Alain Deneault (Faire que!, Lux éditeur). Comment s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent, auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne remédieront ? Comment agir politiquement à l’ère de l’inouï, quand on ne dispose d’aucun pendant historique pour appréhender les catastrophes annoncées ? Comment s’engager quand l’extrême droite sème la confusion et détourne la colère des objets réels ? Que faire? Alain Deneault nous convie à en penser les prémisses et les incidences pour l’ancrer dans les temps présents. »


Changer le monde à l'ère de l'inouï
Discussion avec Alain Deneault et Bruno Dubuc
Animation : Christian Bouchard
Salon du livre de Trois-Rivières - Bistro littéraire Télé-Québec
Vendredi 28 mars 2025 - 18 h 15 à 19 h 15


Photo © Lux Éditeur – 2025

Séance de dédicaces dédicaces avec Alain Deneault
CECi de l'Hôtel Delta - Kiosque #4 Lux Éditeur
Vendredi 28 mars 2025 - 19 h 30 à 20 h 30

Photo © Lux Éditeur – 2025

Lancement du livre Multinationales. Une histoire du monde contemporain à la librairie Zone Libre

Attac-Québec vous invite chaleureusement au lancement du livre Multinationales. Une histoire du monde contemporain qui aura lieu le mercredi 26 mars à 18h à la librairie Zone libre et qui sera présenté par Alain Deneault qui a signé deux textes parmi la cinquantaine d’universitaires, d’experts et de journalistes qui ont collaboré à ce volumineux ouvrage de 864 pages publié aux éditions La Découverte et Claude Vaillancourt, auteur et président d’Attac-Québec. Cette soirée sera animée par Dominique Bernier, conseillère à l’environnement à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

« Qu’on consomme leurs produits, qu’on admire leurs marques ou qu’on dénonce leurs pratiques, les multinationales sont omniprésentes dans nos vies. Mais les connaît-on vraiment ? Quand sont-elles apparues ? Comment sont-elles devenues si puissantes ? Ce livre, associant chercheurs et journalistes, offre une fresque historique et critique inédite sur ces entreprises qui ont contribué à façonner le monde dans lequel nous vivons. Des premiers câbles télégraphiques sous-marins aux géants du Web, de IG Farben au pesticide RoundUp, de Rockefeller à Elon Musk, des  » républiques bananières  » au lobbying intensif, il retrace leur montée en puissance progressive jusqu’à nos jours. »


Lancement du livre :
Multinationales. Une histoire du monde contemporain
Avec les invités Alain Deneault et Claude Vaillancourt
Animation : Dominique Bernier
Librairie Zone libre - 262 Sainte-Catherine Est, Montréal
Le mercredi 26 mars 2025 - 18 h
Entrée libre

Photo © Page Meta d’ATTAC-Québec

« À la fois fresque et généalogie critique, Multinationales. Une histoire du monde contemporain retrace l’émergence des multinationales depuis 1850 jusqu’à nos jours à travers cinq grandes périodes, des dates emblématiques et des portraits. » – Florian Dumont, Presse Agence, 23 janvier 2025

La consommation : désirs d’objets ou désirs substitutifs ?

Photo © Raphaël Dufault

Alain Deneault participera à la 13e édition de la Semaine de la citoyenneté du Cégep du Vieux Montréal sous le thème Consommation : désir d’objets ou objet de désirs ? qui aura lieu du 24 au 28 mars 2025. Cette 13e édition présentera une série de conférences et d’activités afin d’alimenter la discussion et les réflexions autour de notre mode de consommation. La conférence d’Alain Deneault qui pour titre La consommation : désirs d’objets ou désirs substitutifs ? aura lieu le jeudi 27 mars 2025 de 11 h 45 à 13 h 15.

« La consommation est l’action de transformer ou d’utiliser des biens et des services pour satisfaire nos besoins. C’est l’une des composantes fondamentales de l’économie (produire – échanger – consommer). Excessive, elle devient problème de surconsommation. Vertueuse et modérée, elle devient responsable. Une fois mise en rapport avec la production, elle révèle des iniquités mondiales. Érigée en modèle de société, elle dérive vers le consumérisme. Lorsqu’elle fait défaut, elle rime avec privation et pauvreté. Logique psychologique, logique sociale, logique économique, logique écologique: la consommation fonctionne selon différents rouages souvent complémentaires, mais parfois contradictoires. Pouvons-nous véritablement en sortir ? […] » – Semaine de la citoyenneté – 13e édition


La consommation : désirs d’objets ou désirs substitutifs ?
Conférence d'Alain Deneault
Le jeudi 27 mars 2025 - 11 h 45 à 13 h 15
Cégep du Vieux Montréal - Annexe A4.82a
Entrée libre

Conception graphique @ William Minier

Conférence d’Alain Deneault au Cégep de Matane

Alain Deneault donnera une conférence autour de son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï dans le puits du hall à l’entrée du Cégep de Matane le mardi 25 mars 2025 de 12 h 30 à 14 h.

« Grâce à une collaboration entre le programme Sciences humaines, la bibliothèque Lucien-Lelièvre et l’Union des écrivaines et écrivains du Québec, cette activité gratuite est ouverte au public ainsi qu’à toute la communauté collégiale. »


Conférence d'Alain Deneault
Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Mardi 25 mars 2025 - 12 h 30 à 14 h
Cégep de Matane - Dans le puits du hall à l'entrée
(qui mène à la bibliothèque Lucien-Lelièvre)
616, avenue Saint-Rédempteur, Matane
Ouvert à toutes et à tous - Gratuit

Photo © Meggy Cyr-Dubé

« Ce midi, nous avons reçu Alain Deneault en conférence, professeur de philosophie et de sociologie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton et intellectuel public reconnu pour ses travaux sur notamment les minières canadiennes, les paradis fiscaux, la gouvernance.

Après une discussion avec les personnes étudiantes du cours Droit, déviance et criminalité sur son expérience juridique à la suite de la publication de l’ouvrage Noir Canada, Alain Deneault a offert une conférence grand public dans les Puits du hall du Cégep de Matane et c’était plein à craquer. Bonne participation de la population étudiante du cégep, du personnel du cégep et des gens de la communauté.

On a pu réfléchir aux enjeux inouïs de notre temps comme l’écoangoisse, la crise écologique, les relations de pouvoir, la montée de l’extrême droite, en plus d’explorer le thème des biorégions comme objet politique.

Une conférence coorganisée avec la bibliothèque Lucien-Lelièvre du cégep, rendue possible grâce à l’aide de l’UNEQ. » – Cégep de Matane


Sur les planches

Photo © Valérie Remise – Le Devoir

Le Devoir

Par Marie Labrecque

On attend: Use et abuse. Salle 2 de l’Usine C, du 5 au 8 mars.

« Après Hidden Paradise en 2018, les propos du philosophe Alain Deneault inspirent à nouveau un spectacle. La cocréatrice de cette œuvre réputée Alix Dufresne et le metteur en scène Christian Lapointe s’allient pour cette création qualifiée de « performance déjantée et incisive ». La production de Carte blanche fait entendre la vidéoconférence de Deneault Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art, qui dénonce la pression de rentabilité imposée aux artistes. Une marchandisation illustrée ici par un encan de jetons non fongibles, offert en direct. »

*Il est à noter que les quatre représentations affichent complet.

Une réflexion critique sur le marketing et les médias sociaux

Une réflexion critique sur le marketing et les médias sociaux. Cette conférence d’Alain Deneault organisée par le Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie de la Faculté d’administration de l’Université de Moncton a eu lieu le mercredi 19 février 2025 au Campus de Shippagan.


Une réflexion critique sur le marketing et les médias sociaux
Conférence d'Alain Deneault
Mercredi 19 février 2025 - 18 h 30 à 19 h 45
Local SIL-143 - Campus UMCS (Université de Moncton, Campus de Shippagan)
ou via Teams en utilisant le lien ici

« Le Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie est heureux de vous inviter à une conférence le mercredi 19 février 2025 à 18h30. Il nous fait un immense plaisir d’accueillir Alain Deneault, professeur de philosophie et de sociologie au campus de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, qui posera un regard critique sur le marketing et les médias sociaux. Une initiative à ne pas manquer ! […] De plus, nous vous invitons à vous informer sur les certificats offerts par le Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie. […] » – Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie de la Faculté d’administration de l’Université de Moncton

Censure et autocensure. Le prix de la liberté d’expression

Censure et autocensure. Le prix de la liberté d’expression. Conférence d’Alain Deneault dans le cadre de la Semaine de la liberté d’expression le mardi 25 février 2025 dès 18 h 30 à la Bibliothèque publique de Lamèque. L’inscription est requise.

« […] Sensibilisant le public à la censure et à l’accès aux livres et aux magazines, la Semaine de la liberté d’expression est une campagne nationale qui rassemble les lecteurs, les auteurs, les éditeurs, les écoles, les bibliothèques, les librairies, les universités, les collèges et d’autres organisations partout au pays. » – Source : Gouvernement du Canada


Censure et autocensure. Le prix de la liberté d'expression.
Présenté par Alain Deneault
Mardi 25 février 2025 - 18 h 30
Bibliothèque publique de Lamèque
46, rue du Pêcheur Nord Lamèque, Nouveau-Brunswick
Inscription requise : 506-344-3262