L’urgence de décroître, selon le philosophe Alain Deneault

Photo © Kim Bouchard

Entretien avec Alain Deneault par Marie-Louise Arsenault à l’émission Tout peut arriver sur Radio-Canada avant la première mondiale du film de Martin Bureau Plus rien n’est égal par ailleurs présenté dans le cadre du 44e Festival International du Film sur l’Art le 18 mars dernier.

Le film sera également présenté au Musée national des beaux-arts du Québec le 21 mars 2026 et sera disponible en ligne du 20 au 29 mars 2026 sur ARTS.FILM. Durée de l’entretien : 19 minutes – 14 mars 2026

« Face aux crises mondiales et au pouvoir démesuré des multinationales, le sentiment d’impuissance nous guette. Pourtant, le philosophe Alain Deneault invite à changer de perspective. De passage pour la première du documentaire Plus rien n’est égal par ailleurs, l’essayiste déconstruit l’illusion d’une économie dictée par les marchés.

« Le capital n’est jamais aussi fort que lorsqu’il a devant lui des gens atomisés. » — Une citation de Alain Deneault

Dans un système où la recherche infinie de profit détruit notre monde fini, Alain Denault prône une décroissance assumée.

« La croissance, c’est l’indécence. Et la décroissance, c’est la décence. » — Une citation de Alain Deneault

L’intellectuel explique que, pour vaincre le désarroi alimenté par l’individualisme et le capitalisme, il faut ramener la géopolitique à l’échelle régionale, et bâtir des communautés solidaires locales. » – Tout peut arriver, Radio-Canada

Fictions et idées pour la nouvelle année

La Presse

Chantal Guy
17 janvier 2026

Au Québec, 2026 sera encore une année riche en romans, récits et essais. Voici ce qui a retenu l’attention de notre chroniqueuse. […]

Quelques essais

Les essais sont toujours une excellente radiographie de ce qui anime notre époque. La montée de l’extrême droite a inspiré au moins trois livres sur le sujet : Avant d’en arriver là – essai choral sur le péril fasciste (Écosociété, 19 janvier) réunit des plumes comme Anaïs Barbeau-Lavalette, Alain Deneault, Jonathan Durand Folco, Dalie Giroux ou Amir Khadir qui se penchent sur des pistes de solution.

Entrevue avec Pierre Mouterde et David Murray : Montée de l’extrême droite

Photo © Radio-Canada

Alain Deneault est mentionné à deux reprises lors de l’entretien animé par Patrick Masbourian à l’émission Tout un matin à Radio-Canada avec les invités Pierre Mouterde et David Murray à l’occasion de la parution de l’essai Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste publié aux Éditions Écosociété. Alain Deneault fait partie des 18 auteur·es. du livre. Durée : 14 min – 20 janvier 2026

« Pierre Mouterde, sociologue et spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine, et David Murray, éditeur à Écosociété, discutent de la montée de l’extrême droite dans le monde à l’occasion de la sortie du livre Avant d’en arriver là. » – Tout un matin, Radio-Canada

Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste : en librairie aujourd’hui !

Alain Deneault fait partie des 18 auteur·es. de l’essai Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste publié aux Éditions Écosociété et dont la parution est aujourd’hui le 20 janvier 2026.

« Comment la gauche peut-elle faire barrage au péril fasciste ? Un essai polyphonique et stimulant qui croise les réflexions de 18 auteur·es pour faire face à la montée de l’extrême-droite.

Ainsi le fascisme serait de retour. Un abus de langage ? Il reste qu’entre la dérive autoritaire de l’administration Trump et la normalisation des discours d’extrême droite dans le paysage politique, nous sommes plusieurs à nous inquiéter de la conjoncture actuelle. Désinformation, discours haineux, menaces sur l’État de droit, démantèlement des services publics, reculs sur le front écologique… Le temps est venu de résister avant qu’il ne soit trop tard.

Mais comment surmonter la stupeur et freiner le proces­sus de fascisation en cours ? Comment s’organi­ser malgré la fragmentation de nos forces ? Cet essai polyphoni­que croise les perspectives, analyses et propo­si­­tions stratégi­ques de 18 auteur·es. Mises en dialogue par Pierre Mouterde et David Murray, leurs voix nous convient à un exercice franc et inspirant, ouvrant le débat de manière salutaire. 

Créer du lien, renforcer les mouvements sociaux, cibler l’oligarchie et les géants de la tech, penser notre souve­raineté numérique et politique, développer de nouveaux narratifs… Les pistes abondent pour bâtir une stratégie de lutte appropriée en ces temps graves et déstabilisants. Puisqu’il est encore temps d’agir.

Discussion animée par David Murray et Pierre Mouterde

Anaïs Barbeau-Lavalette, Marc-André Cyr, Martine Delvaux, Alain Deneault, Catherine Dorion, Pierre Dubuc, Jonathan Durand Folco, Maxim Fortin, Ruba Ghazal, Dalie Giroux, Guillaume Hébert, Amir Khadir, Eric Martin, Philippe Néméh-Nombré, Éric Pineault, Alain Saulnier, Maïka Sondarjee et Judith Trudeau »

Source: Éditions Écosociété

« Écosociété vous invite au lancement du livre collectif Avant d’en arriver là - Essai choral sur le péril fasciste, dans la merveilleuse librairie Un livre à soi.

Pour l’occasion, la poète et coanimatrice du balado Le temps des monstres, Marie-Élaine Guay, animera une causerie avec Pierre Mouterde, David Murray et certain·es auteur·es du collectif. » – Écosociété


Lancement et causerie
Avant d'en arriver là - Essai choral sur le péril fasciste
Animation : Marie-Élaine Guay
Avec : Pierre Mouterde, David Murray et certains·es auteur·es du collectif.
Mardi 27 janvier 2026 - 17 h 30
Librairie Un livre à soi
1575 Avenue Laurier Est, Montréal

Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste

Presse-toi à gauche
16 décembre 2025

À la manière d’un film choral où plusieurs histoires s’entremêlent, cet essai polyphonique et stimulant croise les réflexions de 18 auteur·es pour faire face à la montée de l’extrême droite. Des voix, mises en dialogue, qui redonnent un souffle à la résistance, un an jour pour jour après l’inauguration de la seconde administration Trump.

Discussion animée par David Murray et Pierre Mouterde.

Avec Anaïs Barbeau-Lavalette, Marc-André Cyr, Martine Delvaux, Alain Deneault, Catherine Dorion, Pierre Dubuc, Jonathan Durand Folco, Maxim Fortin, Ruba Ghazal, Dalie Giroux, Guillaume Hébert, Amir Khadir, Eric Martin, Philippe Néméh-Nombré, Éric Pineault, Alain Saulnier, Maïka Sondarjee et Judith Trudeau.

Hors série / environ 272 p.

En librairie le 20 janvier.

Ainsi le fascisme serait de retour. Abus de langage ? Expression galvaudée masquant le caractère inédit des changements en cours ? Il reste qu’entre la dangereuse dérive autoritaire de la seconde administration Trump et l’affolante normalisation des discours d’extrême droite dans le paysage politique, nous sommes plusieurs à nous inquiéter de la conjoncture actuelle. Désinformation, discours haineux, menaces envers l’état de droit, démantèlement des services publics, reculs sur le front écologique… Le temps est venu de résister avant qu’il ne soit trop tard.

Mais comment surmonter la sidération qui fige plusieurs d’entre nous ? Quels moyens mettre en oeuvre, dans un contexte où bien des facteurs poussent à la fragmentation de nos forces ? Comment répondre à la montée des courants autoritaires au Québec ? La gauche peine depuis des années à être considérée comme une voie politique crédible aux yeux de la majorité. Pourtant, freiner le processus de fascisation en cours implique de reprendre l’initiative et de réussir à imposer les termes du débat politique.

À la manière d’un film choral où plusieurs histoires s’entremêlent, cet essai polyphonique croise les perspectives, analyses et propositions stratégiques de 18 auteur·es ayant des points de vue complémentaires. Mises en scène, ou plutôt mises en dialogue par Pierre Mouterde et David Murray, leurs voix nous convient à un exercice franc et inspirant, ouvrant un débat salutaire. Créer du lien, des communautés, renforcer les mouvements sociaux, cibler l’oligarchie et les géants de la technologie, penser notre souveraineté numérique et l’indépendance, développer de nouveaux narratifs, fédérer la résistance… Les pistes abondent pour bâtir une stratégie de lutte appropriée en ces temps graves et déstabilisants. Il est encore temps d’agir.

Historien de formation, David Murray est éditeur chez Écosociété. Collaborateur de plusieurs médias indépendants, il a animé pendant près de dix ans une émission d’affaires publiques sur CISM en plus de militer au sein du Mouvement québécois pour une décroissance conviviale. Il a collaboré et codirigé certains ouvrages, dont Creuser jusqu’où ? Extractivisme et limites à la croissance (Écosociété, 2015, avec Yves-Marie Abraham).

Sociologue, philosophe et essayiste, Pierre Mouterde est spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine et des enjeux relatifs à la démocratie et aux droits humains. Il est l’auteur de nombreux livres dont, aux Éditions Écosociété, Quand l’utopie ne désarme pas (2002), Repenser l’action politique de gauche (2005), Pour une philosophie de l’action et de l’émancipation (2009) et Une gauche en commun. Dialogue sur l’anarchisme et le socialisme (avec Marcos Ancelovici, 2019).

À Québec, une saison théâtrale sous le signe du deuil

Photo © Maryse Boyce

Le Devoir

Par Simon Lambert 
Collaborateur à Québec
13 septembre 2025

« […] Réjouissances de fin d’année

En fait de créations notables, on ne manquera pas, finalement, de noter le passage en fin de saison d’Alix Dufresne et de Christian Lapointe avec Use et abuse. Les deux créateurs s’y inspirent de la vidéoconférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art d’Alain Deneault pour aborder la marchandisation de l’art. Dans une forme hybride « à la fois ludique, performative et politique », ces cinq soirs au Périscope risquent d’être solidement ancrés dans les enjeux contemporains. […] »

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Conférence d’Alain Deneault au Festival de la décroissance de Québec

Soirée spéciale pré-festival de la décroissance de Québec avec une conférence d’Alain Deneault sur son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï le mercredi 16 avril à 19 h à la brasserie artisanale La Korrigane.

« Cette conférence se tient dans le cadre du Festival de la décroissance de Québec. Pour mettre la table de la programmation à venir du Festival, nous avons la chance de recevoir, en formule SPÉCIALE PRÉ-FESTIVAL, une grande pointure en ce qui a trait à la décroissance, M. Alain Deneault ! Lors de cette soirée, nous aurons droit à une conférence de sa part portant plus particulièrement sur les sujets abordés dans son récent essais critique Faire que ! […] Que faire pour s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent? Alain Deneault, avec la lucidité qu’on lui connaît, nous convie à en penser les prémisses et à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Il est temps de faire que ! Au plaisir de vous y voir, de s’éduquer et d’évoluer ensemble! » – Le comité


Soirée spéciale pré-festival de la décroissance de Québec
Conférence d'Alain Deneault
Mercredi 16 avril 2025 - 19 h
Brasserie artisanale La Korrigane
380, rue Dorchester, Québec
Ouvert à tous
Gratuit en formule premier arrivé, premier servi.
Aucune réservation ne sera prise pour cet évènement

Une conférence abordant son plus récent essai qui saura vous mettre en appétit sur le sujet de la Décroissance !

Cet évènement est présenté dans le cadre de la 4e édition du
Festival de la décroissance de Québec

Conférence d’Alain Deneault au Festival de la décroissance de Québec – Durée: 1 heure 35 min 10 sec – 16 avril 2025

La (très) grande évasion avec Alain Deneault au Musée de la civilisation

« Retour en images sur la projection du mardi 24 septembre au Musée de la civilisation. Merci de l’accueil chaleureux et professionnel du Musée de la civilisation de Québec, à Alain Deneault, à Maxime Lachance à l’animation et au public d’avoir été présent en si grand nombre. » – Cinéma sous les étoiles (Funambules Médias)

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

La (très) grande évasion: «Vous allez êtres scandalisés!»

« Des projections du documentaires La (très) grande évasion de Yannick Kergoat sont organisés aux quatre coins du Québec jusqu’au 10 octobre. Le philosophe Alain Deneault sera de la partie afin de créer des discussions avec le public à la suite du visionnement de l’œuvre. Entrevue avec Alain Deneault, philosophe québécois.» – QUB Radio

Durée : 13 min 51 sec

Une présentation de  Funambules médias et ses partenaires : AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Bande-annonce du documentaire La (très) grande évasion de Yannick Kergoat

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Alain Deneault et le film La (très) grande évasion à Paraloeil

Photo © Radio-Canada

Entretien avec Alain Deneault à l’émission Même Fréquence, animée par Maude Rivard sur ICI Première I Radio-Canada, autour du documentaire La (très) grande évasion de Yannick Kergoat qui a été présenté au Cinéma Paraloeil à Rimouski le 23 septembre 2024 dans le cadre de la tournée du film au Québec. Cette projection a été organisée par le Paraloeil, la Librairie L’Alphabet et Funambules Médias – Durée : 19 min 24 secondes

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

La (très) grande évasion – Déjà complet à Montréal – Réservez vos billets !

« Merci à vous pour votre enthousiasme pour cette tournée ! Les deux projections à Montréal affichent complet. Réservez vos billets pour les autres villes, ça se remplit assez rapidement. » – Cinéma sous les étoiles, page Facebook

*Il est à noter qu’il reste des places – sans la présence d’Alain Deneault – à la Cinémathèque québécoise du 28 septembre au 3 octobre 2024 !

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.


Tournée du film La (très) grande évasion
* En présence d'Alain Deneault *

24 septembre à 19h — Musée de la civilisationQuébec
26 septembre à 19h — Cinéma BeaubienMontréal *COMPLET
27 septembreCinémathèque québécoiseMontréal *COMPLET
28 septembreCinéma 9 Gatineau
30 septembre à 18h30 — Maison du cinémaSherbrooke
10 octobre à 19 h — Cinéma du Centre Caraquet Caraquet
30 novembre à 19 h — La factrie, café culturelSalaberry-de-Valleyfield

Du 28 septembre au 3 octobre (sans la présence d'Alain Deneault) — Cinémathèque québécoise, Montréal

« Hier débutait la tournée d’Alain Deneault sur l’évasion fiscale à Carleton-sur-Mer. « Il y avait un public de qualité, à l’écoute et intéressé », selon les organisateurs. Nous les remercions d’ailleurs : Pascal Alain à l’animation, Jean-François Côté l’instigateur de la projection et l’homme derrière la caméra et enfin, Michel Cadieux à la technique. » – Cinéma sous les étoiles, page Facebook

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Alain Deneault à travers le Québec pour relayer les thèses d’un documentaire sur l’évasion fiscale

Photo @ Faustine Lefranc

Le Droit / La Voix de l’Est / Le Quotidien / Le Nouvelliste

Par Yves Bergeras
22 septembre 2024

L’auteur et philosophe Alain Deneault entame, à partir du 22 septembre, une tournée à travers le Québec afin de soutenir la diffusion du documentaire La (très) grande évasion, qui invite à une réflexion collective sur la justice fiscale et les inégalités économiques.

[…] Alain Deneault sera présent à chaque projection, à l’issue desquelles il prendra la parole pour creuser les thèmes qui traversent le film, débattre (en compagnie d’un modérateur qui sera désigné pour chaque région visitée) et répondre aux questions du public.

M. Deneault a consacré plusieurs essais à l’évasion fiscale et à ce qu’il perçoit comme l’actuelle «dérive de l’ultralibéralisme sauvage» mondiale.

Il a notamment fait paraître les ouvrages Offshore: paradis fiscaux et souveraineté criminelle (2010), Paradis fiscaux : la filière canadienne (2014) et De quoi Total est-elle la somme? Multinationales et perversion du droit (2017).

Le phénomène, dont il dénonce l’iniquité depuis longtemps, est à ses yeux largement responsable du «déficit démocratique» des systèmes de gouvernance.

Bien que conformes à la légalité, les méthodes d’optimisation fiscales cachent en réalité «un système de tricherie», vitupère Alain Deneault, face à la caméra.

Image de la bande-annonce avec l’extrait d’Alain Deneault

[…] Son réalisateur, le Français Yannick Kergoat, a fait un travail d’enquête archivistique des plus sérieux, alors qu’il soulève, images à l’appui, les contradictions manifestes qu’il observe dans les discours des politiciens – d’Europe, principalement – aux manettes des grandes décisions économiques.

Le documentaire La (très) grande évasion de Yannick Kergoat présenté au Québec par Alain Deneault

Il adopte un ton qui se veut tour à tour didactique ou pamphlétaire, sans toutefois s’interdire une bonne dose de sarcasme, notamment vis-à-vis des promesses servies au fil des ans par des politiciens qui réagissaient, scandalisés, aux vagues d’indignation populaire causées par la fuite des Panama Papers (listant les noms de 40 000 sociétés offshores administrées par le cabinet Mossack Fonseca) ou celle des Luxembourg Leaks (des accords secrets signés pour permettre à 300 multinationales d’échapper à l’impôt), mais aussi vis-à-vis du sort réservé aux lanceurs d’alerte.

[…] La tournée de projections en présence d’Alain Deneault est organisée par Funambules Médias, organisme voué à la diffusion de documentaires sociaux et politiques. »

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Essais d’Alain Deneault

Une candidature vous tente ? Pensez-y maintenant

Photo © Philippe Deschamps – Fournie par Maxime Pedneaud-Jobin

La Presse

Par Maxime Pedneaud-Jobin (collaboration spéciale)
19 septembre 2024
(Section : Chroniques)

« Dans la dernière année, on a beaucoup parlé des difficultés inhérentes à la vie politique municipale. J’ai très peur que ces discussions, bien que nécessaires, aient un effet négatif sur le nombre de candidatures aux prochaines élections municipales.

Pourquoi vous parler de cela aujourd’hui ? Parce que, vendredi dernier, on m’a administré une bonne dose d’espoir. Parce que l’engagement politique est, croyez-le ou non, une merveilleuse expérience. Parce que, pour une candidature en 2025, c’est maintenant qu’il faut y penser.

[…] Sentir que l’on contribue à faire avancer notre communauté est un sentiment extrêmement puissant. Avoir la légitimité de parler pour sa communauté, de la défendre auprès des autres gouvernements, de célébrer ses victoires, d’aider les gens à encaisser les coups durs, ça aussi, c’est enivrant.

[…] Il ne faut pas se le cacher, la politique municipale est, de loin, la plus ardue. Gérer les enjeux collectifs à l’échelle des gens est pas mal plus difficile que de gérer, à distance, des enjeux même plus grands et plus complexes. À l’échelle locale, la plus petite faille est immédiatement visible et tous les beaux principes doivent immédiatement passer le test du réel. Les dossiers ne disparaissent pas, oubliés dans le bruit ambiant, ils restent actifs jusqu’à ce qu’ils soient réglés, maintenus en vie par les citoyens qui sont directement concernés. Ce n’est donc pas une politique facile, mais l’aide s’organise !

[…] Si nous vivons aujourd’hui dans un Québec qui fait partie des sociétés les plus heureuses, les plus en santé, les plus égalitaires et les plus riches au monde, c’est notamment grâce à des gens qui ont fait de la politique. Alors, réfléchissez dès maintenant, intégrez des réseaux d’entraide et foncez. Ça en vaut la peine. »

Aux livres, citoyens !

Le nouvel essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï du philosophe Alain Deneault, publié chez Lux Éditeur, paraîtra le 3 octobre prochain. Je ne l’ai évidemment pas lu, mais j’ai hâte de le faire. Deneault fait toujours réfléchir (et il est né à Gatineau !).

Alain Denault. Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, Montréal, Lux Éditeur, 2024. À paraître le 3 octobre 2024

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Il est possible de comprendre l’évasion fiscale, et même dans le plaisir

Le Devoir

Par Éric Desrosiers
21 septembre 2024

[…] Après un documentaire sur la collusion entre les médias et le pouvoir politique (Les nouveaux chiens de garde), le réalisateur (Yannick Kergoat), scénariste et monteur avait envie de faire un film sur les travers de la finance. Avec ses amis, le producteur Bertrand Faivre et le journaliste Denis Robert, il a choisi de s’attaquer à la question de l’évasion fiscale.

[…] Le fruit de quatre ans de travail, La (très) grande évasion a finalement pris l’affiche en France à la fin de 2022. Un peu à la manière d’autres films produits ces dernières années sur des sujets économiques et financiers, le documentaire d’un peu moins de deux heures marie le travail de vulgarisation, les prises de position et, étonnamment, l’humour et le divertissement.

Les Québécois pourront en juger par eux-mêmes. Le film sera de passage prochainement dans un peu plus d’une demi-douzaine de villes, dont Carleton-sur-Mer (22 septembre), Rimouski (23 septembre), Québec (24 septembre), Montréal au Cinéma Beaubien ( 26 septembre) et Cinémathèque (du 26 septembre au 3 octobre), Gatineau (28 septembre), Sherbrooke (30 septembre), Caraquet (10 octobre) et Salaberry-de-Valleyfield (27 novembre). Fidèles à une tradition chère au coeur de son réalisateur, les projections seront suivies d’une discussion, cette fois-ci avec l’essayiste et philosophe québécois Alain Deneault.


** […] Après bien des tractations et des atermoiements, plus d’une centaine de pays y ont convenu, entre autres, d’un nouveau mécanisme d’échanges automatiques d’information sur leurs ressortissants qui ouvrent des comptes bancaires à l’étranger. Plus de 145 pays et juridictions sont également à mettre en place de nouvelles règles forçant les plus grandes entreprises à rapporter où se trouvent réellement leurs activités, leurs employés et leurs ventes, afin de s’assurer qu’elles payent au moins un impôt minimum de 15 % sur leurs profits.

Le documentaire n’accorde pas beaucoup de crédit à cette démarche ni de temps à l’expliquer et à la vulgariser. Tout cela n’est qu’une « machine à nous faire perdre du temps » inventée par des « pompiers pyromanes » qui n’ont aucune véritable intention de changer l’ordre des choses, y assène Alain Deneault.

Ce n’est toutefois pas l’avis de tout le monde. À commencer par Gabriel Zucman, lui-même qui qualifiait déjà, en 2021, les nouvelles règles visant les multinationales « d’historiques, d’insuffisantes et de prometteuses ». Il disait alors que le taux d’imposition minimum de 15 % était « beaucoup trop bas, [mais] que rien n’empêchera la suite de passer rapidement à 25 % ». **

** [ Il est à noter – contrairement à ce qui est mentionné dans les trois derniers paragraphes de cet article – qu’Alain Deneault n’a pas dénoncé mais plutôt salué l’initiative internationale d’une taxe de 15% sur les bénéfices des multinationales, et ce, dans les pages du Monde diplomatique de juillet 2021, soit un an après l’entretien qu’il a accordé à monsieur Kergoat. ] **

Et les multinationales paieront (un peu) par Alain Deneault
Le Monde diplomatique – Juillet 2021

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Gilles Vigneault, l’Acadien

Photo @ Paul Chiasson

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
15 août 2024

Gilles Vigneault, l’Acadien

« Le mot Acadie me rappelle que mes ancêtres partis des Îles-de-la-Madeleine en 1855 pour fonder Natashquan étaient partis de Grand-Pré un siècle avant, avec les vôtres, coupables de survie. Nous sommes toujours accusés du même tort. Mais le procès est plus long. Les témoins plus nombreux. Et les juges, toujours les mêmes, n’ont pas fini de nous entendre, et de traduire ! Je suis d’ici aussi. » – Gilles Vigneault, Tracadie, 15 mai 1970 (La Revue d’histoire de la Société historique Nicolas-Denys, janvier-mai 1984).

Peu de poètes ont mieux dit l’Acadie que Gilles Vigneault. La conception du « pays » que soutient son œuvre lui va comme un gant. Le pays de Vigneault est polysémique. On a eu raison de voir en un Québec désiré politiquement indépendant son principal référent, d’autant plus que cette référence incarnée au territoire est infiniment plus pertinente que la logorrhée xénophobe qui lui a succédé dans les médias conservateurs du groupe Québecor. 

Mais à travers sa poésie, c’est aussi ce pays de l’Acadie qu’il lui reste à nous dire, qu’il lui reste à nommer. Car le pays pour Vigneault n’a pas de référent simple, ou de signifié arbitraire. À force d’en faire la figure de proue d’une cause politique, on a désappris à entendre ce qu’on serait bien avisé de prendre au sérieux… Ce pays est surtout chargé de promesses. 

Aux Parisiens venus l’entendre dans la prestigieuse salle de Bobino, un soir d’avril 1977, le poète et chansonnier québécois Gilles Vigneault dissociait la notion de pays d’un sot patriotisme consistant à défendre ses intérêts de manière reptilienne. Sa pensée et son poème sont le contraire du réflexe national. Le pays, disait-il, ce n’est pas encore un territoire, c’est la conscience qu’on a de l’habiter, c’est l’affect qu’on y place à force de l’investir au quotidien. Un pays est un espace auquel on vibre comme de sa vie. D’où les assertions poétiques telles que : « Mon pays, ce n’est pas un pays… », c’est le réel sensible, l’hiver qu’on n’a de cesse d’apprivoiser ; c’est l’action qu’on y conduit, le chemin qu’on y trace ; c’est le temps, par lequel notre mémoire se sédimente. D’où « Mon pays, c’est une fenêtre / Au bord de laquelle un enfant / Observe les saisons renaître / Et sur dehors couler le temps… » 

Le pays de Vigneault « n’a ni président ni roi / il ressemble au pays même que je cherche au cœur de moi », il existe dans un rapport immanent au territoire, surtout côtier et rural – la ville s’y signifie toujours comme sa perversion – et sous la tension qui unit des êtres au carrefour des mots d’une même langue. Aussi est-il vissé à la mémoire du père et de la mère, mais tendu vers l’avenir de l’enfant – « C’est demain que j’avais vingt ans » est un vers qui résume cette temporalité de demain gardant toujours en tête le passé. Le pays y est ce que l’Acadie entretient comme rapport à une réalité, laquelle existe dès lors qu’une personne acadienne s’y trouve pour la reconduire dans l’espace et la prolonger dans le temps. 

Dans la blanche cérémonie

Où la neige au vent se marie

Dans ce pays de poudrerie

Mon père a fait bâtir maison

Et je m’en vais être fidèle

À sa manière, à son modèle

La chambre d’amis sera telle

Qu’on viendra des autres saisons

Pour se bâtir à côté d’elle

Son approche constitue la synthèse de ce qu’on peut nous souhaiter de mieux. Féministe, inclusif, écologiste, humaniste, hospitalier et culturel, le pays qu’il aime à dire, qu’il lui faut dire est tout entier un projet, aux antipodes de la propagande nationaliste. C’est pourquoi il se laisse si souvent penser dans l’avenir : « Je vous entends demain parler de liberté ». Le pays est un désir, le temps de vivre nos espoirs. 

Et s’il y a projet, s’il y a quête, c’est que cette notion de « pays » est aussi critique de tout ce qui vient le déformer au nom de la modernité : la destruction du patrimoine, l’extraction minière, l’agriculture intensive, l’urbanisation sans limites, la vie de banlieue dépoétisée. « La queste du pays » se clôt par un rappel aigu qui sourd de la mémoire : une fin de chanson en innu que le poète traduit lui-même : l’autochtone qui répond au francophone lui disant chercher son pays : « Depuis ton arrivée / J’ai beau t’observer / Je ne comprends pas ce que tu cherches / Si c’est l’Pays, tu d’vrais l’avoir / Tu me l’as volé. »

L’avenir est ailleurs, loin des modes de spoliation qui proviennent de la colonie, mais que nous avons, nous colons, hélas fait nôtres, et retournés contre nous.

À celui qui cherche un pays 

Je me dois de dire d’abord

Je cherche moi-même un pays

Nous ne serons plus seuls à bord

Il me reste un peu de temps.

Au Québec, la ruée vers les minerais de transition

C’est pas du vent avec Anne-Cécile Bras – RFI

Au Québec, la ruée vers les minerais de transition. Un reportage de Pascale Guéricolas (Québec) à l’émission C’est pas du vent animée par Anne-Cécile Bras sur les ondes de RFI (Radio France international) avec l’invitée Célia Izoard, journaliste et philosophe, qui mentionne les travaux de William Sacher et Alain Deneault dont Paradis sous terre et Noir Canada (avec Delphine Abadie) à partir de 37 min 42 sec – 3 mai 2024

Photo © Getty Images – shaunl

« C’est l’un des paradoxes de notre époque : pour lutter contre le changement climatique et décarboner nos économies, une nouvelle ruée minière d’une ampleur inédite a commencé ! Pourtant, l’industrie minière consomme beaucoup d’eau, pollue les sols et consomme beaucoup d’énergie.  Mais pour produire des panneaux solaires, des éoliennes, des batteries et des voitures électriques, nous avons besoin de cuivre, de cobalt, de nickel, de lithium et de terres rares.

Pour satisfaire nos besoins, il faudrait produire en vingt ans autant de métaux que nous en avons extrait au cours de toute l’histoire de l’humanité. Nous creusons et prospectons partout et pour une fois pas seulement dans les pays du Sud. Par exemple, depuis trois ans, le lithium, le nickel et le graphite présents dans le sol québécois attise les appétits à la plus grande surprise des habitants. Car au Québec n’importe qui peut acheter pour deux ans le droit d’explorer le sous-sol sur des parcelles de 500 m2. C’est un héritage historique de la législation britannique lorsque le Canada lui appartenait. Ces claims miniers sont accessibles… sur Internet. La population s’organise pour défendre ses paysages.

La tournée d’Alain Deneault au Québec en quelques images

L’autre Mulroney

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
4 mars 2024

L’autre Mulroney

Ne nous préoccupe-t-il pas, quant à la liberté de la presse, d’entendre célébrer un ex-chef d’État décédé, exactement comme on l’eût fait dans le honni régime soviétique ?

On apprend ces jours-ci que l’ex-premier ministre Brian Mulroney, qui a quitté la politique dans la disgrâce, aurait en réalité été « un géant », « un homme de cœur », « courageux », « visionnaire » …. Se souvient-on seulement qu’à l’occasion des élections qui ont suivi son départ de la politique, sa formation répondant de l’oxymore « progressiste-conservateur » a essuyé une incroyable dégelée : deux sièges seulement – oui, deux – ont été remportés, alors qu’elle en comptait 282 quelques années auparavant ?

Tout est affaire de cadrage, c’est-à-dire ce qu’on laisse hors champ. Faisons alors pivoter les projeteurs. Que ne rappelle-t-on pas, de plus important, ces jours-ci ?

D’abord, que Monsieur Mulroney, loin d’être un « p’tit gars de Baie-Comeau », fut surtout dans sa vie un homme d’affaires puissant et influent, qu’il a évolué avant et après sa carrière politique dans le domaine minier, que ce domaine est l’un des plus controversés de l’histoire, qu’il compte en le gouvernement canadien un allié partial qui a souvent fait l’objet de critique.

Le pourfendeur du régime de l’Apartheid, que Mulroney fut, a aussi été membre du conseil d’administration et membre du conseil consultatif international de Barrick Gold, une des plus importantes sociétés aurifères, laquelle a obtenu de la part du dictateur éminemment corruptible, Joseph Mobutu, au Zaïre (maintenant la République démocratique du Congo), une concession d’exploration de 82 000 km2 dans les années 1990, ce qui aurait contribué au déclenchement de la très violente Guerre des Grands Lacs africains, selon Justin Kankwenda, longtemps consultant auprès du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Le rapport « Mapping » de l’Organisation des Nations Unies a plus tard cité la firme parmi les acteurs concernés par cette guerre terrible visant au contrôle des gisements miniers.

Il a aussi longtemps siégé au conseil d’administration de l’empire médiatique Québecor, au temps où le groupe alors d’envergure internationale s’effondrait en Europe et aux États-Unis, pour ne plus se concentrer principalement qu’au Québec, où il a soumis son personnel à de nombreux lock-out brutaux. Les médias du groupe ont ensuite adopté une ligne éditoriale souvent incendiaires, nuisant davantage au débat public que l’entretenant. 

Mulroney, dont les premières décisions politiques ont consisté à réduire les services publics et à diminuer les investissements fédéraux dans la Société Radio-Canada – qui fait pourtant son hagiographie ces jours-ci -, n’a jamais caché sa proximité avec le monde des affaires. Dans ses mémoires, il avoue candidement avoir régulièrement discuté des décisions politiques qu’il devait prendre avec l’investisseur Paul Desmarais, celui avec qui il siégera dans l’un des conseils de Barrick Gold. Dans une vidéo rendue publique par la mouvance Anonymous en 2012, on le voit d’ailleurs parmi les convives de Paul Desmarais, réunis au palais de Sagard pour fêter l’anniversaire de son épouse Jacqueline Desmarais en août 2008, comme membre d’une cour flattant le pseudo-couple royal, dans un luxueux décor de mauvais goût. Ces aperceptions du monde oligarchique laissent transparaître une réalité crue, à savoir que la politique est totalement intégrée au monde des affaires, et qu’elle n’en est plus qu’une composante, nonobstant les rituels électoraux qui consistent à donner l’impression trompeuse au bon peuple qu’il décide encore. Brian Mulroney s’est absolument complu dans cet état de fait.

Si cette oligarchie est opaque, il est arrivé que des fuites en disent long. Des enquêtes poussées ont contraint Brian Mulroney à admettre qu’il avait personnellement touché des centaines de milliers de dollars, non déclarés au fisc, de la part du lobbyiste Karlheinz Schreiber, dans le contexte d’une importante transaction entre Airbus et  Air Canada, alors société d’État. Il est tout à fait légitime de se demander si ce cas de figure ne constitue pas qu’un échantillon de ce qu’il reste à découvrir.

Quelques médias ont fait preuve de sens critique depuis l’annonce de la mort de l’ex-premier ministre. Mais la tonalité générale tend à reléguer à la marge ces rappels. Ces omissions rendent difficile d’oublier la phrase incisive de l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, quant à des médias par moments « capables de mentir tout en respectant scrupuleusement les faits ».