Bienvenue dans la civilisation technolâtre

Photo © Le Devoir
Le Devoir
Section Opinion-Idées
Par Alain Deneault et Virginie Francoeur
2 février 2026

Bienvenue dans la civilisation technolâtre

La présence à soi devient insupportable ; on n’en finit plus de se distraire de soi-même

Au moment de quitter l’enseignement collégial, l’écrivain-professeur Lucien Francoeur disait se sentir face non pas à une autre génération, mais à une « autre civilisation ». C’était au début du siècle. Cette civilisation naissante — technolâtre — fait aujourd’hui société.

À l’université, elle impose désormais une informatique improprement associée à de l’« intelligence ». Des auteurs et des réviseurs d’articles destinés aux revues scientifiques vont jusqu’à sous-traiter leur travail aux machines, au point de les laisser discuter entre elles à leur profit. Il en ressort des textes désincarnés, trop souvent truffés de références inexistantes et d’erreurs factuelles.

Le rapport au langage se révèle instrumental. Les mots utilisés sont investis de manière strictement tactique. Le rapport aux notes et aux « dossiers » devient obsessionnel. Les consignes sont suivies de manière strictement juridique. La citation cesse d’être un acte intellectuel pour se transformer en un geste mécanique, destiné à nourrir des indicateurs de performance, à séduire des algorithmes ou à maintenir artificiellement en vie des classements et des métriques. Le professorat concerne alors un acte policier : il vérifie l’existence des références scientifiques citées plus qu’il n’analyse la qualité intellectuelle d’un article ou d’une thèse.

Souvent à tort, les universitaires s’emballent pour des engins qui contribuent pourtant à disqualifier leur champ et à rétrécir les débouchés professionnels de leurs étudiants. Comme souvent (lire C. W. Mills), la classe moyenne témoigne de son absence de conscience historique.

Plus largement, Pacôme Thiellement, dans sa série Infernet (Blast, en ligne et en livre), fait la recension d’excès fous, où Internet sous ses différentes formes conduit d’infortunés utilisateurs. Subjectivités empruntées, mises en scène grotesques de soi, dérives hallucinogènes dans le réel, abus facilités par la distance, mise à l’écart du monde dans sa dimension tangible et paranoïa ordinaire. Si Internet n’est pas responsable de toutes les prédispositions perverses des individus, il les amplifie puissamment.

« Le vrai est un moment du faux » — le détournement célèbre de Guy Debord résume la situation. Et le faux devient activement la feinte, le fake, le falsifié. Deloitte facture à fort prix aux gouvernements australien et canadien des rapports truffés de références factices, le Chicago Sun-Times propose à son public la lecture de romans qui n’existent pas, le ministère français des Affaires étrangères publie la « photo » d’un soldat de la Wehrmacht qui célèbre en 1945 la libération de Paris…

C’est l’ère du « crétin digital », comme l’écrit le professeur en neurosciences Michel Desmurget (La fabrique du crétin digital, Seuil, 2019). En réaction, cela explique que des écoles de la Silicon Valley proscrivent les écrans…

S’ennuyer

Dans cette « autre civilisation », une chose formidable vient à manquer, la capacité à s’ennuyer. Pour certains, jamais ou presque ne se trouve-t-on dans la situation où, dans un vide « confrontant », dans un silence marqué, dans un temps long, on doit apprendre à se mesurer à soi-même. C’est pourtant alors que se constitue le siège de son autonomie, que se forment les ressorts de son désir et que s’ouvre la perspective de projets. La conscience subjective se développe à ce prix.

Or, la solitude devient maintenant synonyme d’angoisse. On hurle pour en sortir, on rage d’en revenir à nos écrans. On invoque frénétiquement ses « amis », toujours plus « artificiels », davantage encore que les avatars proposés par Facebook. Ce décalage avec l’âpreté du réel est radicalement infantilisant et narcissique. Même les rapports entre amis, lorsqu’ils surviennent encore, ne peuvent faire l’économie de ce tiers qui constitue le vecteur du lien. Au mieux, l’amitié consiste à regarder ensemble ce que propose la machine.

L’enseignement de la philosophie, comme le disait élégamment Gilles Deleuze, consiste à « apprendre à se réconcilier avec sa solitude ». Or, se priver d’indispensables moments pardevers soi revient à se montrer incapable de cohabiter franchement avec sa conscience. La présence à soi devient insupportable ; on n’en finit plus de se distraire de soi-même.

Pour le capital, c’est « tout bénef ». En effet, la société de consommation offre aux sujets affolés des points d’appui en apparence structurants, même s’ils sont privés de substance. On s’illusionne sur leur capacité à nous redresser et, comme ces mirages manquent fatalement à leur promesse, on y retourne et en redemande. Le professorat consiste plutôt à favoriser une intelligence présente à elle-même, vive, que jamais un ordinateur n’imitera, ainsi qu’une conscience d’enjeux affectivement investis, afin de résister à ces effets d’aliénation.

Fictions et idées pour la nouvelle année

La Presse

Chantal Guy
17 janvier 2026

Au Québec, 2026 sera encore une année riche en romans, récits et essais. Voici ce qui a retenu l’attention de notre chroniqueuse. […]

Quelques essais

Les essais sont toujours une excellente radiographie de ce qui anime notre époque. La montée de l’extrême droite a inspiré au moins trois livres sur le sujet : Avant d’en arriver là – essai choral sur le péril fasciste (Écosociété, 19 janvier) réunit des plumes comme Anaïs Barbeau-Lavalette, Alain Deneault, Jonathan Durand Folco, Dalie Giroux ou Amir Khadir qui se penchent sur des pistes de solution.

Entrevue avec Pierre Mouterde et David Murray : Montée de l’extrême droite

Photo © Radio-Canada

Alain Deneault est mentionné à deux reprises lors de l’entretien animé par Patrick Masbourian à l’émission Tout un matin à Radio-Canada avec les invités Pierre Mouterde et David Murray à l’occasion de la parution de l’essai Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste publié aux Éditions Écosociété. Alain Deneault fait partie des 18 auteur·es. du livre. Durée : 14 min – 20 janvier 2026

« Pierre Mouterde, sociologue et spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine, et David Murray, éditeur à Écosociété, discutent de la montée de l’extrême droite dans le monde à l’occasion de la sortie du livre Avant d’en arriver là. » – Tout un matin, Radio-Canada

Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste : en librairie aujourd’hui !

Alain Deneault fait partie des 18 auteur·es. de l’essai Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste publié aux Éditions Écosociété et dont la parution est aujourd’hui le 20 janvier 2026.

« Comment la gauche peut-elle faire barrage au péril fasciste ? Un essai polyphonique et stimulant qui croise les réflexions de 18 auteur·es pour faire face à la montée de l’extrême-droite.

Ainsi le fascisme serait de retour. Un abus de langage ? Il reste qu’entre la dérive autoritaire de l’administration Trump et la normalisation des discours d’extrême droite dans le paysage politique, nous sommes plusieurs à nous inquiéter de la conjoncture actuelle. Désinformation, discours haineux, menaces sur l’État de droit, démantèlement des services publics, reculs sur le front écologique… Le temps est venu de résister avant qu’il ne soit trop tard.

Mais comment surmonter la stupeur et freiner le proces­sus de fascisation en cours ? Comment s’organi­ser malgré la fragmentation de nos forces ? Cet essai polyphoni­que croise les perspectives, analyses et propo­si­­tions stratégi­ques de 18 auteur·es. Mises en dialogue par Pierre Mouterde et David Murray, leurs voix nous convient à un exercice franc et inspirant, ouvrant le débat de manière salutaire. 

Créer du lien, renforcer les mouvements sociaux, cibler l’oligarchie et les géants de la tech, penser notre souve­raineté numérique et politique, développer de nouveaux narratifs… Les pistes abondent pour bâtir une stratégie de lutte appropriée en ces temps graves et déstabilisants. Puisqu’il est encore temps d’agir.

Discussion animée par David Murray et Pierre Mouterde

Anaïs Barbeau-Lavalette, Marc-André Cyr, Martine Delvaux, Alain Deneault, Catherine Dorion, Pierre Dubuc, Jonathan Durand Folco, Maxim Fortin, Ruba Ghazal, Dalie Giroux, Guillaume Hébert, Amir Khadir, Eric Martin, Philippe Néméh-Nombré, Éric Pineault, Alain Saulnier, Maïka Sondarjee et Judith Trudeau »

Source: Éditions Écosociété

« Écosociété vous invite au lancement du livre collectif Avant d’en arriver là - Essai choral sur le péril fasciste, dans la merveilleuse librairie Un livre à soi.

Pour l’occasion, la poète et coanimatrice du balado Le temps des monstres, Marie-Élaine Guay, animera une causerie avec Pierre Mouterde, David Murray et certain·es auteur·es du collectif. » – Écosociété


Lancement et causerie
Avant d'en arriver là - Essai choral sur le péril fasciste
Animation : Marie-Élaine Guay
Avec : Pierre Mouterde, David Murray et certains·es auteur·es du collectif.
Mardi 27 janvier 2026 - 17 h 30
Librairie Un livre à soi
1575 Avenue Laurier Est, Montréal

Avant d’en arriver là – Essai choral sur le péril fasciste

Presse-toi à gauche
16 décembre 2025

À la manière d’un film choral où plusieurs histoires s’entremêlent, cet essai polyphonique et stimulant croise les réflexions de 18 auteur·es pour faire face à la montée de l’extrême droite. Des voix, mises en dialogue, qui redonnent un souffle à la résistance, un an jour pour jour après l’inauguration de la seconde administration Trump.

Discussion animée par David Murray et Pierre Mouterde.

Avec Anaïs Barbeau-Lavalette, Marc-André Cyr, Martine Delvaux, Alain Deneault, Catherine Dorion, Pierre Dubuc, Jonathan Durand Folco, Maxim Fortin, Ruba Ghazal, Dalie Giroux, Guillaume Hébert, Amir Khadir, Eric Martin, Philippe Néméh-Nombré, Éric Pineault, Alain Saulnier, Maïka Sondarjee et Judith Trudeau.

Hors série / environ 272 p.

En librairie le 20 janvier.

Ainsi le fascisme serait de retour. Abus de langage ? Expression galvaudée masquant le caractère inédit des changements en cours ? Il reste qu’entre la dangereuse dérive autoritaire de la seconde administration Trump et l’affolante normalisation des discours d’extrême droite dans le paysage politique, nous sommes plusieurs à nous inquiéter de la conjoncture actuelle. Désinformation, discours haineux, menaces envers l’état de droit, démantèlement des services publics, reculs sur le front écologique… Le temps est venu de résister avant qu’il ne soit trop tard.

Mais comment surmonter la sidération qui fige plusieurs d’entre nous ? Quels moyens mettre en oeuvre, dans un contexte où bien des facteurs poussent à la fragmentation de nos forces ? Comment répondre à la montée des courants autoritaires au Québec ? La gauche peine depuis des années à être considérée comme une voie politique crédible aux yeux de la majorité. Pourtant, freiner le processus de fascisation en cours implique de reprendre l’initiative et de réussir à imposer les termes du débat politique.

À la manière d’un film choral où plusieurs histoires s’entremêlent, cet essai polyphonique croise les perspectives, analyses et propositions stratégiques de 18 auteur·es ayant des points de vue complémentaires. Mises en scène, ou plutôt mises en dialogue par Pierre Mouterde et David Murray, leurs voix nous convient à un exercice franc et inspirant, ouvrant un débat salutaire. Créer du lien, des communautés, renforcer les mouvements sociaux, cibler l’oligarchie et les géants de la technologie, penser notre souveraineté numérique et l’indépendance, développer de nouveaux narratifs, fédérer la résistance… Les pistes abondent pour bâtir une stratégie de lutte appropriée en ces temps graves et déstabilisants. Il est encore temps d’agir.

Historien de formation, David Murray est éditeur chez Écosociété. Collaborateur de plusieurs médias indépendants, il a animé pendant près de dix ans une émission d’affaires publiques sur CISM en plus de militer au sein du Mouvement québécois pour une décroissance conviviale. Il a collaboré et codirigé certains ouvrages, dont Creuser jusqu’où ? Extractivisme et limites à la croissance (Écosociété, 2015, avec Yves-Marie Abraham).

Sociologue, philosophe et essayiste, Pierre Mouterde est spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine et des enjeux relatifs à la démocratie et aux droits humains. Il est l’auteur de nombreux livres dont, aux Éditions Écosociété, Quand l’utopie ne désarme pas (2002), Repenser l’action politique de gauche (2005), Pour une philosophie de l’action et de l’émancipation (2009) et Une gauche en commun. Dialogue sur l’anarchisme et le socialisme (avec Marcos Ancelovici, 2019).

« Use et abuse » bientôt à l’affiche à La Chapelle Scènes Contemporaines, au Théâtre Périscope et au Théâtre La Rubrique

La création pluridisciplinaire de Christian Lapointe et Alix Dufresne Use et abuse sera présentée à La Chapelle Scènes Contemporaines (Montréal) du 1er au 6 décembre 2025, au Théâtre Périscope (Québec) du 9 au 13 décembre 2025 et au Théâtre La Rubrique (Saguenay) le 16 janvier 2026.

La représentation du 5 décembre 2025 à La Chapelle Scènes Contemporaines sera suivie d’une discussion avec Alain Deneault (participation à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

« Artistes québécois.e.s à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéoconférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND), cet exposé tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incite à devenir rentables.

Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art. » – Source Carte Blanche

« Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, Use et abuse est venu clore, joué à guichet fermé, la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici Les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Source Usine C

Bande-annonce de la pièce Use et abuse avec Alix Dufresne et Christian Lapointe – Une production de Carte blanche


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
La Chapelle Scènes Contemporaines
1er au 6 décembre 2025 - 19 h 30
3700 Rue Saint-Dominique, Montréal, Québec H2X 2X8
Durée 1 h - Billetterie ici
Interdit aux personnes de moins de 18 ans

Présenté an français avec surtitrage en anglais les 2 et 5 décembre.

La représentation du 5 décembre sera suivie d'une discussion entre
Alain Deneault (participation à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

Une table de vente, tenue par la librairie Le Port de tête, sera présente
lors des représentations, proposant une sélection d’ouvrages
d’Alain Deneault et de Christian Lapointe.


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
Théâtre Périscope
2 Crémazie Est, Québec, Québec G1R 2V2
9 au 12 décembre 2025 - 19 h 30
13 décembre 2025 - 16 h
Durée 1 h - Billetterie ici

Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
Théâtre La Rubrique
4160 Rue du Vieux Pont, Jonquière, Québec G7X 7V8
16 janvier 2026 - 20 h
Durée 1 h - Billetterie ici

Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise


Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND ).

Alain Deneault, invité d’honneur à la 35e édition du Salon du livre de Dieppe

Affiche © Le Salon du livre de Dieppe en collaboration avec l’école du Marais de Dieppe

Alain Deneault est l’invité d’honneur à la 35e édition du Salon du livre de Dieppe qui se tiendra du 23 au 26 octobre 2025.

Alain Deneault participera à la soirée littéraire Sujet de société le vendredi 24 octobre et deux « Face à face » le samedi 25 octobre dont le premier « Nature anxieuse» avec Sébastien St-Croix Dubé et le deuxième « Politique » avec Réal Godbout. Il sera également présent au kiosque # 23 de Lux Éditeur pour deux séances de dédicaces.

« Cette année, le Salon du livre de Dieppe a la chance d’accueillir pas moins de 58 auteur·es. Les thématiques abordées – de l’Acadie à la nutrition, en passant par les peuples autochtones, le développement personnel et l’autisme – sauront ravir petits et grands ! » – Salon du livre de Dieppe


Soirée littéraire - Sujet de société
avec Alain Deneault, Sonia Mascolo, Francine Bujold, Fadwa Lapierre,
Louise Morneault et Sébastien St-Croix Dubé
Vendredi 24 octobre - 18 h 30 à 20 h
Collège Communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB)
505 Rue du College, Dieppe, NB E1A 6X2
Entrée gratuite


Face à face « nature anxieuse »
Avec Alain Deneault et Sébastien St-Croix Dubé
Salon du livre de Dieppe
Samedi 25 octobre 2025 - 13 h 25 à 13 h 45
Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB)
505 Rue du College, Dieppe, NB E1A 6X2
Entrée gratuite
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Face à face « politique »
Avec Alain Deneault et Réal Godbout
Salon du livre de Dieppe
Samedi 25 octobre 2025 - 17 h 40 à 18 h 10
Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB)
505 Rue du College, Dieppe, NB E1A 6X2
Entrée gratuite

« Rejoignez-nous pour une soirée autour des sujets de société qui nous touchent tous, où auteurs et participants échangeront sur des thèmes actuels et passionnants. Un moment de réflexion, de partage et de découverte vous attend ! Venez avec vos questions, vos idées… et votre curiosité. »

Alain Deneault au Salon du livre de la Péninsule acadienne du 3 au 6 octobre 2024

Image : Œuvre de Nicole Haché

Alain Deneault participera à la 21e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne, Lumières sur l’invisible, pour un entretien sur le thème Redéfinir l’économie (3 octobre), une table ronde avec Paul Bossé autour de l’écoanxiété (6 octobre) et le lancement de son livre Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï (5 octobre) publié chez Lux Éditeur.

Entretien avec Alain Deneault  - Thème: Redéfinir l'économie 
Jeudi 3 octobre - 13 h à 13 h 50
UMCS (Université de Moncton, campus de Shippagan) Amphithéâtre Gisèle-McGraw
Séance de dédicaces avec Alain Deneault
Samedi 5 octobre - 10 h à 11 h
Centre Rhéal-Cormier de Shippagan, kiosque # 26
Lancement du livre d'Alain Deneault
Faire que !
L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Samedi 5 octobre - 18 h
Cielo Giamping, Haut-Shippagan

« Les prochaines méditations d’Alain Deneault, dans Faire que ! (Lux), se concentrent sur l’action, puisque les changements nécessaires à la transformation de la société sont connus, et qu’il faut faire que ceux-ci se produisent. Toujours appréciée, sa plume, lucide et sans compromis, bouscule les idées reçues et élargit les horizons. Loin du marasme politique et du désespoir sociétal, l’auteur nous invite à voir en face les enjeux, à nous secouer et à faire que ça bouge. » – Chantal Fontaine, Les Libraires

Table ronde - Thème: L'écoanxiété 
Avec Paul Bossé et Alain Deneault
Dimanche 6 octobre - 13 h à 13 h 50
Scène Place des auteurs - Centre Rhéal Cormier
Séance de dédicaces avec Alain Deneault
Dimanche 6 octobre - 14 h à 15 h
Centre Rhéal-Cormier de Shippagan, kiosque # 26

Entretien, table ronde et lancement du livre «Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï » au Salon du livre de la Péninsule acadienne

Image : Œuvre de Nicole Haché

Alain Deneault participera à la 21e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne, Lumières sur l’invisible, pour un entretien sur le thème Redéfinir l’économie (3 octobre), une table ronde avec Paul Bossé autour de l’écoanxiété (6 octobre) et le lancement de son livre Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï (5 octobre) publié chez Lux Éditeur.

Redéfinir l'économie - Entretien avec Alain Deneault  
Jeudi 3 octobre - 13 h à 13 h 50
UMCS (Université de Moncton, campus de Shippagan) Amphithéâtre Gisèle-McGraw
Lancement du livre d'Alain Deneault
Faire que !
L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Samedi 5 octobre - 18 h
Cielo Giamping, Haut-Shippagan

« Les prochaines méditations d’Alain Deneault, dans Faire que ! (Lux), se concentrent sur l’action, puisque les changements nécessaires à la transformation de la société sont connus, et qu’il faut faire que ceux-ci se produisent. Toujours appréciée, sa plume, lucide et sans compromis, bouscule les idées reçues et élargit les horizons. Loin du marasme politique et du désespoir sociétal, l’auteur nous invite à voir en face les enjeux, à nous secouer et à faire que ça bouge. » – Chantal Fontaine, Les Libraires

L'écoanxiété - Table ronde 
Avec Paul Bossé et Alain Deneault
Dimanche 6 octobre - 13 h à 13 h 50
Scène Place des auteurs - Centre Rhéal Cormier

Lumières sur l’invisible au 21e Salon du livre de la Péninsule acadienne

De gauche à droite, Pierre Philippe Ferguson, Edmonde Haché, Lisette Cormier Noël, Michèle Hébert et Kassim Doumbia. Photo © Mario Tardif – Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

Par Mario Tardif
4 septembre 2024

« C’est sous le thème Lumières sur l’invisible que se déroule cette année le 21e Salon du livre de la Péninsule acadienne.

[…] « Nous croyons fermement que la littérature joue un rôle crucial dans la formation de citoyens éclairés et engagés » a indiqué la représentante du Conseil d’éducation du District scolaire francophone Nord-Est (DSFNE), Michèle Hébert.

[…] Pour le grand public, les organisateurs du Salon du livre ont annoncé la participation des auteurs suivants: Caroline Arbour, Carolle Arsenault, Paul Bossé, Marc-André Charron, Julie D’Amour-Léger, Alain Deneault, Denis Fortier, Serge Fortier, Hervé Gagnon, J.D. Kurtness, Hélène Laurendeau, Dyane Léger, Sonya Malaborza, Shayne Michael, Guillaume Morrissette, Johanne Parent, Yves P. Pelletier, Valois Robichaud, Jacques Savoie, Aurel Schofield, Daniel Bourgeois, Louise Tremblay d’Essiambre et Edwina Ward.

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024 – Lancement au Salon du livre de la Péninsule acadienne le 5 octobre 2024 à 18 h.

Climatosceptique?  

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
29 avril 2024

Climatosceptique ?  

Le problème, c’est d’adopter les mots tels qu’ils nous arrivent, sans les critiquer. À les utiliser naïvement, ils finissent par nous dominer, nous confondre et nous faire errer. La philosophie est la discipline qui s’arrête sur les notions, étudie leurs prémisses et s’enquiert des pouvoirs qui ont souhaité qu’on les cite, plutôt que d’autres.

Ainsi en va-t-il d’un terme comme « climatosceptique ». Il est bien commode. Des journalistes s’en servent pour rapidement désigner, dans un texte de 500 mots, ceux qui ne croient pas au phénomène du réchauffement climatique, puis le voilà repris dans des discours politiques, voire dans la science où on échafaude diverses théories à son sujet en empilant des statistiques.

Or, sait-on de quoi on parle précisément ? Et de qui ? Cette variable sociologique, que recouvre-t-elle ? Et surtout, que nous empêche-t-elle de penser, dans les angles morts qu’elle comporte ?

Précipitamment, on tendra à inscrire dans la catégorie « climatoscepticisme » toute personne qui récuse le savoir des climatologues investis dans l’étude du réchauffement atmosphérique. Or, le terme ne recoupe pas tous ces gens de la même manière – loin de là – et, surtout, il ne permet pas de démasquer des formes subtiles de déni.

Arrêtons-nous sur la racine du terme, qui a trait à l’enjeu du scepticisme, sans y voir un euphémisme. Si on le prend au sérieux, on peut juger qu’il soit de bon aloi. On peut intuitivement, et par principe de précaution, convenir des thèses de climatologues technocratiques comme ceux du Giec, tout en ayant beaucoup à redire sur leur méthode, notions, échelles, prétentions…

Ces sceptiques qui trouvent les discours techniques de ces technocrates mal ficelés au point qu’ils neutralisent la pensée, l’assèchent, et l’inhibent comme moteur de pensée et d’action. Bruno Latour et Isabelle Stengers critiquent durement ces producteurs de données plus politiques que scientifiques, mais tout de même lourdement technocrates en cela, car ils nous empêchent de fonder un concept nouveau de la nature, pour la concevoir comme une matrice devenue nécessaire de nos articulations politiques. Ce scepticisme-là permet d’aller plus loin, et repousse paradoxalement les producteurs mêmes de données dans le camp des acteurs inhibant la nécessaire mobilisation politique.

Puis, viennent les sceptiques plus placides, qui s’accrochent au statu quo simplement par incrédulité. Ils n’arrivent pas à y croire, se disent que toutes ces histoires de réchauffement climatique, c’est forcément exagéré, mais sans curiosité, sans aller voir plus loin. Enfin, ils espèrent que la technique ou Dieu viendront distinctement ou tour à tour sauver la situation. C’est assez paresseux. 

Enfin, un scepticisme d’un troisième genre s’en distingue, lui rhétorique, qui consiste à douter du bien-fondé comme tactique dilatoire, pour maintenir actif le statu quo extractiviste, productiviste et capitaliste, celui qui fournit précisément la rente des doctes sceptiques. Chez eux, le fardeau de la preuve repose sur les scientifiques qui annoncent la véracité du phénomène à coups d’études publiées par milliers, mais qui ne le font jamais  suffisamment au-delà de tout doute raisonnable. Et comme le sceptique sait pousser le doute à des points absolus, il a toujours beau jeu, les bras croisés, en censeur autoproclamé, d’indiquer que la preuve est insuffisamment administrée, qu’elle n’est jamais assez faite.

Mais à  trop insister sur le climatoscepticisme, trop souvent euphémisé d’ailleurs, on omet de distinguer d’autres modalités subjectives, comme la dénégation ou le déni. En rien identique, la première consiste à nier ce que l’on tient pour vrai en son for intérieur, mais que l’on feint d’ignorer, parfois dans un effort de refoulement partiellement efficace. Le malaise point alors et on n’est guère loin du mensonge. La seconde s’impose lorsqu’on est littéralement incapable de voir ni d’admettre un phénomène qui pourtant saillit devant soi. Un blocage psychique préalable est en jeu.

Repérer les positions insidieuses

En outre, il est plus important encore de relever les formes insidieuses de réfutation opposées au phénomène de réchauffement climatique. Leurs auteurs singent des positions critiques sur la question du réchauffement atmosphérique et se présentent comme fer de lance de l’engagement « pour le climat », comme ils le disent, mais en stationnant la pensée à un stade superficiel, en s’assurant le plus possible d’en nier la cause, en présentant même le problème – la surindustrialisation du monde – comme sa solution.

On reconnaît tout de suite la rhétorique du « développement durable » qui vise d’abord et avant tout à faire durer le développement, et à le présenter non plus comme l’objet de la critique, mais comme le sujet de l’action. Le saccage écologique devient alors l’occasion d’un nouveau marché justifiant que l’on extraie encore plus de minerais pour l’électrification du monde ainsi que le développement des énergies solaires et éoliennes, et que, pour ce faire, on exploite la nature à des taux de rendement maximal tout en se prétendant écologiste. Cet attrape-nigaud a fait florès. C’est le crime parfait : on ne se montre officiellement ni sceptique ni négationniste devant le phénomène, mais ses thuriféraires embrassent plutôt les conclusions de l’écologie politique pour mieux les détourner et faire croître les produits « de transition » du capital, pourtant souvent plus polluants que les anciens.

Mais souvent, les contradictions sautent aux yeux. Par exemple ces conservateurs états-uniens attachés aux valeurs du capital. Ils nient le réchauffement climatique, tout en soutenant la promotion de la lucrative géoingénierie promettant de restaurer le climat par la voie de complexe et hasardeuses mesures techniques (voir le film de Pierre Oscar Lévy, Les apprentis sorciers du climat, Arte, France, 2015.). Pour eux, le climat n’est menacé que lorsque des Docteurs Folamour se proposent de l’administrer à leur profit. Ils sont ceux que nos catégories d’interprétation, inadaptées, ne nous permettent pas de repérer.