Préserver les budgets pour les livres neufs: un geste concret pour l’avenir

Photo © Stéphane Champagne/La Voix de l’Est

Le Devoir/Le Soleil/Le Quotidien

Par plusieurs signataires dont Alain Deneault
1er septembre 2026

POINT DE VUE / Nous sommes des écrivaines, des écrivains, des autrices, illustrateurs, illustratrices et des auteurs jeunesse. Nous passons une partie de notre vie à écrire des histoires, mais aussi à rencontrer les jeunes qui les lisent.

Dans les écoles, les bibliothèques et les salons du livre, nous voyons chaque jour ce que la lecture peut accomplir. Nous voyons des yeux s’illuminer, des questions surgir, des discussions naître. Nous voyons des jeunes se découvrir eux-mêmes en découvrant les autres.

C’est pourquoi nous croyons qu’il est essentiel de préserver les enveloppes budgétaires dédiées à l’achat de livres neufs dans les écoles.

Un livre a le pouvoir unique d’ouvrir des fenêtres sur des réalités que l’on ne connaît pas encore. Pour les jeunes, il peut être un miroir dans lequel ils se reconnaissent ou une porte vers des expériences différentes des leurs.

Dans une société riche de sa diversité, il est essentiel que les bibliothèques scolaires proposent des ouvrages qui reflètent une multitude de parcours, de cultures, de familles et de façons de voir le monde.

Ces histoires permettent de développer l’empathie, de combattre les préjugés et d’encourager des conversations qui contribuent à former des citoyens ouverts et bienveillants.

Nous savons aussi à quel point l’objet compte. Lorsque nous visitons des écoles, nous constatons la différence entre une étagère remplie de livres récents, colorés et attrayants et une collection usée par le temps.

Les jeunes méritent des livres qui donnent envie d’être choisis, feuilletés et partagés. Investir dans des livres neufs, c’est envoyer un message clair : la lecture est importante, la culture est importante et nos jeunes sont importants.

Cet accès doit être garanti tout au long du parcours scolaire. À la maternelle, un album peut faire naître l’amour des mots. Au primaire, une série peut transformer un lecteur hésitant en lecteur passionné. Au secondaire, un roman peut aider un adolescent à mieux comprendre les grands bouleversements de sa vie. Au cégep, une œuvre peut susciter une réflexion profonde ou orienter un choix de carrière. À chaque âge correspond une rencontre possible avec un livre marquant.

Car les livres changent des vies.

Nous le savons parce que nous entendons souvent cette phrase: «Votre livre m’a donné envie de lire». Derrière chaque profession, chaque engagement, chaque vocation, il y a parfois une lecture qui a semé une idée, éveillé une passion ou donné le courage de rêver plus grand.

Alors que les partis politiques présentent leur vision de l’avenir dans cette campagne électorale, nous les invitons à prendre un engagement clair en faveur du maintien des budgets consacrés à l’achat de livres neufs dans les écoles.

Il s’agit d’un investissement modeste, mais profondément porteur pour notre société.

Préserver ces budgets, c’est offrir à chaque jeune la possibilité de se reconnaître, de comprendre les autres, d’apprendre, de rêver et de grandir. C’est croire que les livres ne sont pas une dépense parmi d’autres, mais un outil essentiel pour construire l’avenir.

Signé: un collectif d’écrivaines, d’écrivains et d’artistes de la littérature du Québec.

Simon Boulerice, Catherine Girard-Audet, Laura-Ève Lambert et Patrick Senécal

Et par ordre alphabétique :

  • Annie Bacon
  • Caroline Barber
  • Baron (Marc-André Lévesque)
  • Danièle Belley
  • Alain M. Bergeron
  • Sarah Berthiaume
  • François Bérubé
  • Carl Bessette
  • Jocelyn Boisvert
  • Sylvain Bouton
  • Benoit Bordeleau
  • Agathe Bray-Bourret
  • Cab (Caroline Breau)
  • Fanny Britt
  • Daniel Brouillette
  • Katia Canciani
  • Sophie Casson
  • Julien Castanié
  • Danielle Chaperon
  • Lili Chartrand
  • Mathilde Cinq-Mars
  • Jean-Denis Côté
  • Angèle Delaunois
  • Christine Delezenne
  • Dominique Demers
  • Émilie Demers
  • Tristan Demers
  • Alain Deneault
  • Sabrina Denault
  • Emmanuel Deraps
  • Geneviève Després
  • Léa Dion-Gagnon
  • Alexandre Dostie
  • Pierrette Dubé
  • Christiane Duchesne
  • Josée Dupuis
  • Virginie Egger
  • Jean-Paul Eid
  • Enzo (Enzo Lord Mariano)
  • Flavia Garcia
  • Catherine Gauthier
  • Evelyne Gauthier
  • Gabriella Gendreau
  • Philippe Gendreau
  • Pishier (Pierre Girard)
  • François-Pierre Gingras
  • Félix Girard
  • Jacques Goldstyn
  • Lili Grand
  • Andrée-Anne Gratton
  • Véronique Grenier
  • Geneviève Guilbault
  • Xavière Hardy
  • André Jacob
  • Maude Jarry
  • Marie Laberge
  • Marie-Sissi Labrèche
  • Anouk Lacasse
  • Anthony Lacroix
  • Nadia Lakhdari.
  • Jean-François Laliberté
  • France Lapierre
  • Stéphanie Lapointe
  • Timothée-William Lapointe
  • Claudia Larochelle
  • Emilie Leduc
  • Janou-Eve LeGuerrier
  • Lucie Le Touze
  • Didier Loubat
  • André Marois
  • Frédérique Marseille
  • Amélie Martel
  • Caroline Merola
  • Hélène Meunier
  • Pascale Montpetit
  • Olivier Morin
  • Christine Nadeau
  • Maude Nepveu-Villeneuve
  • Josée Ouimet
  • Maude Painchaud Major
  • Amélie Panneton
  • Lucie Papineau
  • Joanie Paquet
  • Carine Paquin
  • Hélène Paré
  • Camille Paré-Poirier
  • Julien Paré-Sorel
  • Sampar (Samuel Parent)
  • Laurent Pinabel
  • Priska Poirier
  • André Poulin
  • Alain Raimbault
  • Maxime Raymond
  • Frédérique Rivard
  • Marie Roberge
  • Nadine Robert
  • François Ruel-Côté
  • Erika Soucy
  • Robert Soulières
  • Jonathan «le Prof» St-Pierre
  • Pauline Stive
  • Orbie (Marie-Eve Tessier-Collin)
  • Guillaume Tremblay
  • Roxane Turcotte
  • Olga Urbanowicz
  • Chloé Varin
  • Alex Viens
  • Pierre-Yves Villeneuve

Le pouvoir des médiocres – Entretien avec Alain Deneault

Le pouvoir des médiocres ou L’Empire de la médiocrité nous mène à la guerre. Entretien avec Alain Deneault àTheSwissBox Conversation. Balado épisode # 163 . Durée : 1 h 51 min 23 sec – 28 février 2026

« Dans cet entretien, nous interrogeons les structures profondes de nos sociétés contemporaines : sommes-nous encore en démocratie ou évoluons-nous dans un système où le pouvoir réel échappe au politique ?

Alain Deneault analyse les mécanismes invisibles qui organisent la dépossession collective : financiarisation, gouvernance technocratique, dilution des responsabilités, capture des institutions. Il propose une lecture rigoureuse et exigeante de notre époque, loin des polémiques superficielles.

Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de comprendre pour mieux se défendre.

Un échange dense, structurant, qui invite à penser au-delà des catégories convenues. » – TheSwissBox Conversation

Chapitrage :
00:01:48 - Vision des dirigeants actuels
00:15:33 - Responsabilité présente et futur de la population
00:43:17 - Moralité des institutions
00:53:38 - Le concept de la gouvernance
01:01:48 - Le mot économie dans notre histoire
01:14:33 - Esprit et philosophie
01:24:30 - Regard sur la démocratie
01:32:00 - L'anxiété et l'angoisse
01:43:42 - Conclusion

Vulgaires Machins, avec nous, face au monde

Photo © Adil Boukind – Le Devoir

Le Devoir

Par Philippe Renaud
8 novembre 2025

Vulgaires Machins, avec nous, face au monde

Le neuvième album des vétérans du punk québécois possède des textes lucides et des musiques audacieuses.

Vulgaires Machins lancera le 14 novembre un puissant et urgent neuvième album, conceptuel dans son propos et sa direction musicale, intitulé Contempler l’abîme, sur lequel le quatuor punk atteint la limite de ce qu’il pouvait tolérer d’inégalités, d’injustice et de canicules : « Mesdames et messieurs c’est la fin / Il était temps qu’on y arrive / Il aura fallu qu’on décrisse / Les trois quarts de tout ce qui existe », chante, comme on assomme quelqu’un d’un coup de pelle, Guillaume Beauregard dès les premières secondes de l’album.

« Moi, mon coup de pelle dans la face, c’est Alain Deneault qui me l’a donné », raconte Guillaume Beauregard.Il y a deux ans, un ami l’a incité à s’inscrire à un atelier d’écriture engagée en petit comité dans le village de Miscou, en péninsule acadienne, avec le philosophe et écrivain québécois réputé pour sa recherche et sa réflexion sur l’économie, le consumérisme ou encore le capitalisme.

« J’ai reconnu son approche de la littérature engagée, poursuit Beauregard. L’importance de faire mal en écrivant. De puncher. De ne pas se complaire dans notre rôle. Cette rencontre a réveillé quelque chose qui dormait depuis Aimer le mal », classique de la discographie des Machins, paru en 2002. « C’est comme si je retrouvais le sentiment d’écrire une chanson comme Un vote de moins, sur laquelle j’étais plutôt vulgaire, très enragé, sans compromis. Tout ça est réapparu, comme si je vivais une petite épiphanie. Cette énergie, j’ai envie de l’exploiter encore pour parler de l’effondrement qui s’en vient.

[…] Enfin, que désirez-vous que les fans retiennent de ce nouvel album ? « Qu’ils ne sont pas seuls, répond Guillaume Beauregard. Comme dans Speak White de Michèle Lalonde, un poème que j’ai revisité pendant l’écriture de l’album. Ça aussi, ça a été reçu comme un coup de pelle dans la face. « Nous savons que nous ne sommes pas seuls », écrit-elle. Je trouve que ça résume bien ce qu’on doit faire : c’est ensemble, collectivement, que tout a du sens. »

Les essais d’Alain Deneault

Nous ne voulons pas retourner en arrière

Photo: iStock, Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

Texte collectif 
dont Alain Deneault est cosignataire 
1er novembre 2022

Monsieur le député Jean-Claude d’Amours, nous sommes très préoccupés, nous croyons comme vous, par la situation qui perdure dans notre système public de santé. Nous ne dresserons pas la liste des différents défis auxquels il fait face, car comme député, vous les connaissez sûrement […]