Le pouvoir des médiocres ou L’Empire de la médiocrité nous mène à la guerre. Entretien avec Alain Deneault àTheSwissBox Conversation. Balado épisode # 163 . Durée : 1 h 51 min 23 sec – 28 février 2026
« Dans cet entretien, nous interrogeons les structures profondes de nos sociétés contemporaines : sommes-nous encore en démocratie ou évoluons-nous dans un système où le pouvoir réel échappe au politique ?
Alain Deneault analyse les mécanismes invisibles qui organisent la dépossession collective : financiarisation, gouvernance technocratique, dilution des responsabilités, capture des institutions. Il propose une lecture rigoureuse et exigeante de notre époque, loin des polémiques superficielles.
Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de comprendre pour mieux se défendre.
Un échange dense, structurant, qui invite à penser au-delà des catégories convenues. » – TheSwissBox Conversation
Chapitrage : 00:01:48 - Vision des dirigeants actuels 00:15:33 - Responsabilité présente et futur de la population 00:43:17 - Moralité des institutions 00:53:38 - Le concept de la gouvernance 01:01:48 - Le mot économie dans notre histoire 01:14:33 - Esprit et philosophie 01:24:30 - Regard sur la démocratie 01:32:00 - L'anxiété et l'angoisse 01:43:42 - Conclusion
Témoignage d’Alain Deneault sur le philosophe Jacques Rancière à l’émission Pas de quartiers du groupe Louise-Michel sur Radio Libertaire, 89.4 MHz FM, Île-de-France (Paris).
Les animatrices Mariama et Lucille reçoivent le philosophe Jacques Rancière pour évoquer son parcours et présenter ses deux derniers ouvrages Au loin la liberté, essai sur Tchekhovet La mésentente, politique et philosophie publiés chez La fabrique éditions. Le témoignage d’Alain Deneault débute à 16 min 40 sec (durée 15 minutes) – 14 octobre 2025
« […] Alors, ce que vous allons faire, Monsieur Rancière, nous allons donner la parole à Alain Deneault qui a été votre élève et qui nous a fait un fichier, depuis le Canada, de quinze minutes et qui explique comment on apprend avec Jacques Rancière. » – Pas de Quartiers
« […] Après des séjours à Berlin et Montréal, il [Alain Deneault] s’inscrit aux études supérieures en 1997 à l’Université de Vincennes à Saint-Denis (Université de Paris-VIII) et obtient en 1998 son diplôme d’études approfondies (DEA), puis, en 2004, le doctorat « Lieux et transformations de la philosophie », tous deux sous la direction de Jacques Rancière. » – Wikipédia, page Alain Deneault
C’est l’histoire d’une université qui a maille à partir avec son propre nom, un nom propre qui lui est impropre, qui ne la dit pas, la dit mal, la dédit. Le nom d’un général qui fit tout pour qu’elle n’existât point.
Mais laissons les porteurs de doléances s’épuiser, abîmons-les dans notre silence, se disent néanmoins les étouffeurs. Pour seule réponse, ils dictent LE fait, le seul admissible : le général hostile à la communauté de ladite université ne donne pas son nom à l’université qui le porte pourtant bel et bien, mais seulement à la ville qui le lui a emprunté et que l’institution reprend à son tour parce qu’elle s’y trouve. Clair, non ? Le cas doit rester simple, ou le K plutôt, celui compris dans Monckton, le général, qui disparaît lorsqu’il est question de la ville.
La pensée doit donc se satisfaire de cette trajectoire indirecte. Et que de détours ! L’Université à Edmundston et celle à Shippagan sont seulement « de Moncton » parce que c’est là surtout que l’institution est sise, quoique pas seulement, mais on commencera par là, par là où ne nous souhaitait guère celui qui nous a violemment expropriés et dont on porte tout de même le nom. Les amateurs d’Elvis Gratton goûteront toutes les circonvolutions.
Alors, refoulez ce que vous savez, contorsionnez-vous mentalement, étriquez votre langue, vivez de contresens et donnez-vous le cocktail d’un éternel ressentiment. Répétez après moi : le Moncton de l’université est seulement le nom d’une ville ; le Moncton de l’université est seulement le nom d’une ville ; le Moncton de l’université est seulement le nom d’une ville… Mais ajoutez, pour être inclusifs : l’Université de Moncton n’est pas seulement à Moncton ; l’Université de Moncton n’est pas seulement à Moncton ; l’Université de Moncton n’est pas seulement à Moncton… Et gare à qui il prendrait de se questionner ouvertement sur ce byzantinisme.
Évidemment, une telle armature ne suffit pas à contenir la réflexion. Alors s’ajoutera la doublure d’un autre thème d’autorité, le fameux consensus. L’argument semble sans appel et consiste en ceci : certes, oui, des gens militent pour un changement de nom de l’université, mais ils ne le font pas assez fort, ils n’ont pas suffisamment de poids, ils ne se montrent pas suffisamment unanimes. Je décrète qu’ils ne font pas « consensus ». … Ou plutôt, un « large consensus » ne les unit pas assez.
On étouffera la question sous-jacente : à partir de quand un « consensus » doit-il être suffisamment « large » pour valoir ? Contrairement à la pizza, l’unité de mesure n’est pas arrêtée, ce qui donne lieu à tous les arbitraires. Les étouffeurs sont assis au chaud, surplombent les citoyens s’agitant, pour ensuite monopoliser le droit d’établir si c’est suffisant pour qu’on les entende. Ils décrètent que non, et baissent le pouce.
Pourtant, le vice est déjà dans l’étrange tournure. L’expression « large consensus », hélas répandue jusque dans certains usuels, constitue en elle-même une bizarrerie. Par définition, un consensus ne suppose aucune mesure. Il suppose une unanimité, du moins une position à laquelle personne ne s’oppose formellement. Point. Il y a ou n’y a pas consensus. Par conséquent, un consensus ne peut être ni large, ni restreint, ni insuffisant, ni faible, ni quantifiable de quelque manière. La définition restreinte de consensus : « Accord entre personnes. Consentement. » (Le Robert).
Force est de reconnaître, en effet, qu’il n’y a pas de consensus. La communauté acadienne n’est pas entièrement d’accord pour un changement de nom… Soit. Mais, si on est conséquent, admettons tout autant qu’il n’y a pas non plus de « consensus » pour le maintien du nom. Tous ne veulent pas de cette « Université de Moncton », encore moins du diminutif « UMoncton » – provocateur dans le contexte, parce qu’arbitrairement proposé, voire imposé, sans que personne ne l’ait demandé, et qui fait disparaître toute évocation du français.
Il n’y a pas de consensus non plus à savoir que le statu quo devrait nécessairement s’appliquer si l’on constatait une absence de consensus… On comprend que la notion de consensus ici ne nous mène nulle part.
Si l’on s’entête à utiliser le mot, que signifierait alors l’exigence du consensus ? Il reviendrait à forcer un consentement, l’acte de consentir au mot d’ordre, soit un acte d’autorité qui frise l’autoritarisme et contredit les belles paroles sur l’engagement communautaire de « Missions stratégiques » promues sur du papier rutilant. Jacques Rancière : « Le consensus dit qu’il n’y a qu’une réalité dont il faut épuiser les signes, qu’un seul espace, quitte à y retracer les frontières, qu’un seul temps, quitte à en multiplier les figures. En conséquence de quoi il ne nous demande que de consentir. » (Chronique des temps consensuels, Seuil, 2005)
Parler arbitrairement de consensus et en appeler au consentement par défaut – votre consensus n’est pas assez « large », donc consentez au consensus officiel, lui « large », qu’on vous oppose par défaut, le statu quo –, c’est nier précisément ce qui a lieu.
Plutôt, mettons-nous donc d’accord sur le fait qu’il n’y a pas de consensus. Qu’y a-t-il alors ? Il y a « débat ». Il y a ce que le mot fétiche de consensus, employé à la négative par les étouffeurs, veut précisément empêcher, un débat. Admettons- le. Organisons-le.
L’autre consensus
On sait que, dans le monde militant, le consensus a fait l’objet d’une définition plus spécifique. Là est en cause un processus qui est précisément celui que l’Université de Moncton refuse, à savoir partir de positions antagoniques et diverses, puis, à force d’échanges, de discussions, d’ouvertures, de confrontations d’idées… arriver optimalement à une position qui satisfasse tout le monde. Cette acception du consensus représente à l’échelle de la communauté le synonyme du terme « compromis » lorsqu’on est peu. Lisons cette précision qui a valeur de référence : « Le consensus, c’est l’unanimité ? Non… et oui (dans cet ordre). Rappelons qu’une prise de décision au consensus ne vise pas à mettre tout le monde d’accord sur les idées, les valeurs, mais à formuler, affiner, adopter des positions ou des propositions d’actions pour le collectif. Il faut donc que le collectif exprime ses objections et ses réserves pour qu’il les traite jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. » (Actionpopulaire.fr)
Cela suppose un accueil des positions d’autrui dans un cadre que la mission stratégique constitutionnalise déjà. Dans cet esprit, le « consensus » est ce à quoi on arrive. Il suppose de la part de tous une étude concertée des positions contraires. Si on tient au terme « consensus », ainsi convient-il d’y recourir.
Commentaire : Des réformes majeures s’imposent face à la tragédie écologique en cours
« Les écologistes ne sont pas les membres d’une secte. Ils sont votre sœur, votre voisine, votre collègue, votre enfant ou c’est vous-même, dès lors que vous vous souciez d’une Terre qu’on agresse au point qu’elle se déstabilise de manière exponentielle.
Le réchauffement climatique provoque l’érosion des côtes, les migrations d’espèces redoutables, les crises agricoles, le stress hydrique… l’exploitation industrielle du territoire entraîne la déforestation, l’extinction massive d’espèces, l’éclosion de maladies… Le pêche intensive fait disparaître la faune marine pour qu’on puisse s’adonner souvent à une consommation futile, bien au-delà de nos besoins. On ne tiendra pas ainsi encore longtemps.
Or, voici qu’en Occident les écologistes sont dénoncés, bannis, marginalisés, censurés, attaqués. Le moins subtil des chefs d’État, le président français Emmanuel Macron, a tout fait pour réduire un mouvement comme les Soulèvements de la Terre au statut d’organisation séditieuse, assimilable à un courant terroriste. La répression policière que lui a fait subir l’État était aussi violente que disproportionnée. Son tort ? Ses militants se sont interposés au printemps 2023 contre le projet d’ériger des méga-bassines qui détournent l’eau de milieux naturels aux fins d’un stockage inefficace destiné à la grande industrie. Dans la population, aucune majorité ne souscrit à ce processus.
Au Nouveau-Brunswick, l’étau se resserre également sur les citoyens qui voient combien notre mode de vie est en train de nous détruire collectivement. Franc, le candidat vert Serge Brideau avait déclaré au printemps 2023, à l’aube de sa première campagne électorale : « Il y a beaucoup de gens désillusionnés de la politique. Et moi aussi, je suis insatisfait de beaucoup de choses dans notre système. »
Son positionnement sur l’échiquier politique témoigne des difficultés qu’il y a à porter un discours autre que celui établi par les défenseurs de l’ordre capitaliste et écocide.
Comme citoyen, il fait face à une injonction de la Cour motivée par le pouvoir d’État exigeant qu’il reste sagement spectateur de la déforestation qui se produit actuellement à Tracadie au profit du cartel des producteurs de bleuets. Comme candidat, il porte les couleurs d’un parti abusivement présenté par les médias comme « tiers », comme s’il était dans sa nature intrinsèque de terminer troisième…
Le public entretient aussi de lui-même ses partis pris familiaux et sclérosés. Et le parlement qu’il s’agit de conquérir ne modélise plus depuis très longtemps les règles du marché, face aux empires industriels et aux temples de la finance.
Lisons Jacques Rancière pour rappeler que « démocratie » n’est pas le nom d’un régime, mais d’un rapport philosophique au monde. En principe, une question démocratique nous place égaux face à nos responsabilités communes et aucune compétence spécifique ne devrait prévaloir. Ainsi, si nous tirions au sort les députés, l‘assemblée ne serait certes pas nécessairement plus compétente que celle d’élus, mais – cruelle vérité! – elle ne le serait pas nécessairement moins… Vraiment n’importe qui peut délibérer sur les questions qui nous touchent en commun. On constitue en fonction de cette conviction les jurys de certains tribunaux. (Lire aussi Hugo Bonin : La démocratie hasardeuse.)
Au contraire, notre régime électoral favorise structurellement une compétence particulière : savoir remporter des élections. Un routier de la politique comme Dominic LeBlanc l’illustre bien : il conduit un véhicule qui gagne et s’entoure d’une garde qui ne pense qu’à ça. C’est son expertise; elle s’arrête pas mal là.
Le « corps électoral » se voit, lui, associé à des métaphores dégradantes. Il constitue une « clientèle » soumise à un insignifiant marketing, ou un « comité d’embauche » censé choisir le meilleur pour faire le job, comme s’il n’y avait qu’une seule tâche à accomplir… Les électeurs sentent ce mépris. D’où les Encore!, Ça coûte trop cher, Tous pourris…
Dans un système où les coups fourrés prévalent, où les lobbies des grandes entreprises pèsent énormément, où le trafic d’influence en coulisse compte davantage que la comparaison rationnelle des programmes électoraux, l’insatisfaction est de rigueur. On votre contre quelque chose et on choisit le moins pire. En réalité, on n’attend plus rien des acteurs politiques, on se montre moins exigeants envers eux qu’à l’égard d’un professeur, d’une comptable ou d’un médecin. Cela fait leur affaire.
Hormis quelques points isolés (là certains thèmes électoraux de nature sociétale, ici la construction urgente d’un pont), la démocratie parlementaire nous offre le choix du même produit, mais bleu ou rouge, éventuellement mâtiné d’orange ou de vert. Au-delà, la même idéologie règne. Dans ce contexte, on s’en tient à escompter quelques victoires morales. Par exemple, un Parti vert détenant la balance du pouvoir, sans se laisser aller à des représentations managériales du vert en politique comme le pitoyable « développement durable ». C’est-à-dire en tirant un gouvernement dans le sens de grandes réformes impératives au vu de notre tragédie écologique. »
La démocratie hasardeuse d’Hugo Bonin avec la préface d’Alain Deneault publié chez XYZ Éditeur en 2018 et Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – Disponible depuis le 3 octobre 2024
Les écologistes ne sont pas les membres d’une secte. Ils sont votre sœur, votre voisine, votre collègue, votre fils ou c’est vous-même, dès lors que vous vous souciez d’une Terre qu’on agresse au point qu’elle se déstabilise de manière exponentielle.
Le réchauffement climatique provoque l’érosion des côtes, les migrations d’espèces redoutables, les crises agricoles, le stress hydrique… l’exploitation industrielle du territoire entraîne la déforestation, l’extinction massive d’espèces, l’éclosion de maladies… Le pêche intensive fait disparaître la faune marine pour qu’on puisse s’adonner souvent à une consommation futile, bien au-delà de nos besoins. On ne tiendra pas ainsi encore longtemps.
Or, voici qu’en Occident les écologistes sont dénoncés, bannis, marginalisés, censurés, attaqués. Le moins subtil des chefs d’État, le président français Emmanuel Macron, a tout fait pour réduire un mouvement comme les Soulèvements de la Terre au statut d’organisation séditieuse, assimilable à un courant terroriste. La répression policière que lui a fait subir l’État était aussi violente que disproportionnée. Son tort ? Ses militants se sont interposés au printemps 2023 contre le projet d’ériger des méga-bassines qui détournent l’eau de milieux naturels aux fins d’un stockage inefficace destiné à la grande industrie. Dans la population, aucune majorité ne souscrit à ce processus.
Au Nouveau-Brunswick, l’étau se resserre également sur les citoyens qui voient combien notre mode de vie est en train de nous détruire collectivement. Franc, le candidat vert Serge Brideau avait déclaré au printemps 2023, à l’aube de sa première campagne électorale : « Il y a beaucoup de gens désillusionnés de la politique. Et moi aussi, je suis insatisfait de beaucoup de choses dans notre système. »
Son positionnement sur l’échiquier politique témoigne des difficultés qu’il y a à porter un discours autre que celui établi par les défenseurs de l’ordre capitaliste et écocide.
Comme citoyen, il fait face à une injonction de la Cour motivée par le pouvoir d’État exigeant qu’il reste sagement spectateur de la déforestation qui se produit actuellement à Tracadie au profit du cartel des producteurs de bleuets. Comme candidat, il porte les couleurs d’un parti abusivement présenté par les médias comme « tiers », comme s’il était dans sa nature intrinsèque de terminer troisième…
Le public entretient aussi de lui-même ses partis pris familiaux et sclérosés. Et le parlement qu’il s’agit de conquérir ne modélise plus depuis très longtemps les règles du marché, face aux empires industriels et aux temples de la finance.
Lisons Jacques Rancière pour rappeler que « démocratie » n’est pas le nom d’un régime, mais d’un rapport philosophique au monde. En principe, une question démocratique nous place égaux face à nos responsabilités communes et aucune compétence spécifique ne devrait prévaloir. Ainsi, si nous tirions au sort les députés, l‘assemblée ne serait certes pas nécessairement plus compétente que celle d’élus, mais – cruelle vérité! – elle ne le serait pas nécessairement moins… Vraiment n’importe qui peut délibérer sur les questions qui nous touchent en commun. On constitue en fonction de cette conviction les jurys de certains tribunaux. (Lire aussi Hugo Bonin : La démocratie hasardeuse.)
Au contraire, notre régime électoral favorise structurellement une compétence particulière : savoir remporter des élections. Un routier de la politique comme Dominic Leblanc l’illustre bien : il conduit un véhicule qui gagne et s’entoure d’une garde qui ne pense qu’à ça. C’est son expertise; elle s’arrête pas mal là.
Le « corps électoral » se voit, lui, associé à des métaphores dégradantes. Il constitue une « clientèle » soumise à un insignifiant marketing, ou un « comité d’embauche » censé choisir le meilleur pour faire le job, comme s’il n’y avait qu’une seule tâche à accomplir… Les électeurs sentent ce mépris. D’où les Encore!, Ça coûte trop cher, Tous pourris…
Dans un système où les coups fourrés prévalent, où les lobbies des grandes entreprises pèsent énormément, où le trafic d’influence en coulisse compte davantage que la comparaison rationnelle des programmes électoraux, l’insatisfaction est de rigueur. On votre contre quelque chose et on choisit le moins pire. En réalité, on n’attend plus rien des acteurs politiques, on se montre moins exigeants envers eux qu’à l’égard d’un professeur, d’une comptable ou d’un médecin. Cela fait leur affaire.
Hormis quelques points isolés (là certains thèmes électoraux de nature sociétale, ici la construction urgente d’un pont), la démocratie parlementaire nous offre le choix du même produit, mais bleu ou rouge, éventuellement mâtiné d’orange ou de vert. Au-delà, la même idéologie règne. Dans ce contexte, on s’en tient à escompter quelques victoires morales. Par exemple, un Parti vert détenant la balance du pouvoir, sans se laisser aller à des représentations managériales du vert en politique comme le pitoyable « développement durable ». C’est-à-dire en tirant un gouvernement dans le sens de grandes réformes impératives au vu de notre tragédie écologique.
La démocratie hasardeuse d’Hugo Bonin avec la préface d’Alain Deneault publié chez XYZ Éditeur en 2018 et Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024