Discussion entre Alain Deneault et Richard LeBlanc sur les notions d’environnement, de liberté et de biorégion

Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton et Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton – Photo © Université de Moncton, campus d’Edmundston

Une discussion entre Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton (UMCS), et Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton (UMCE), ont porté sur les notions d’environnement, de liberté et de biorégion, lors d’une conférence publique présentée le vendredi 13 mars à l’UMCE.

« Cet échange a été organisé par la Chaire de recherche du Canada sur le Développement et les enjeux territoriaux en Acadie contemporaine en collaboration avec le Secteur des sciences humaines du campus d’Edmundston dans le cadre du cours d’introduction à la sociologie du professeur Julien Massicotte.

D’autres questions comme le génocide, l’histoire et le Canada ont fait l’objet de débat et de questionnement. L’échange a aussi mené à des interventions des participants et des participantes, évoquant des concepts comme l’égalité ou la durabilité. Le souhait est que l’activité aura provoqué une réflexion sur le sens du monde que nous partageons et sur les stratégies collectives d’avenir. »

Source : Hugues Chiasson, coordonnateur des communications à l’UMCE

Dernière photo à partir de la gauche : Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton, Rose Kikpa Bio, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur Le Développement et les enjeux territoriaux en Acadie contemporaine et Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton

« Félicitations à Alain Deneault! » – Université de Moncton

« Le Conseil des arts du Canada a dévoilé la liste des finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général 2025, et Alain Deneault, professeur de philosophie et de sociologie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton, figure parmi les finalistes dans la catégorie Essais pour son ouvrage Faire que! L’engagement politique à l’ère de l’inouï.

Les Prix littéraires du Gouverneur général, parmi les distinctions les plus prestigieuses au pays, célèbrent chaque année la richesse de la littérature canadienne et mettent en lumière le talent des créatrices et créateurs d’ici.

Les lauréates et lauréats seront annoncés le 6 novembre 2025. » – Université de Moncton

Université: une affaire de «consensus»?

Photo © Gracieuseté
Par Alain Deneault
8 juillet 2025

C’est l’histoire d’une université qui a maille à partir avec son propre nom, un nom propre qui lui est impropre, qui ne la dit pas, la dit mal, la dédit. Le nom d’un général qui fit tout pour qu’elle n’existât point.

Mais laissons les porteurs de doléances s’épuiser, abîmons-les dans notre silence, se disent néanmoins les étouffeurs. Pour seule réponse, ils dictent LE fait, le seul admissible : le général hostile à la communauté de ladite université ne donne pas son nom à l’université qui le porte pourtant bel et bien, mais seulement à la ville qui le lui a emprunté et que l’institution reprend à son tour parce qu’elle s’y trouve. Clair, non ? Le cas doit rester simple, ou le K plutôt, celui compris dans Monckton, le général, qui disparaît lorsqu’il est question de la ville.

La pensée doit donc se satisfaire de cette trajectoire indirecte. Et que de détours ! L’Université à Edmundston et celle à Shippagan sont seulement « de Moncton » parce que c’est là surtout que l’institution est sise, quoique pas seulement, mais on commencera par là, par là où ne nous souhaitait guère celui qui nous a violemment expropriés et dont on porte tout de même le nom. Les amateurs d’Elvis Gratton goûteront toutes les circonvolutions.

Alors, refoulez ce que vous savez, contorsionnez-vous mentalement, étriquez votre langue, vivez de contresens et donnez-vous le cocktail d’un éternel ressentiment. Répétez après moi : le Moncton de l’université est seulement le nom d’une ville ; le Moncton de l’université est seulement le nom d’une ville ; le Moncton de l’université est seulement le nom d’une ville… Mais ajoutez, pour être inclusifs : l’Université de Moncton n’est pas seulement à Moncton ; l’Université de Moncton n’est pas seulement à Moncton ; l’Université de Moncton n’est pas seulement à Moncton… Et gare à qui il prendrait de se questionner ouvertement sur ce byzantinisme.

Évidemment, une telle armature ne suffit pas à contenir la réflexion. Alors s’ajoutera la doublure d’un autre thème d’autorité, le fameux consensus. L’argument semble sans appel et consiste en ceci : certes, oui, des gens militent pour un changement de nom de l’université, mais ils ne le font pas assez fort, ils n’ont pas suffisamment de poids, ils ne se montrent pas suffisamment unanimes. Je décrète qu’ils ne font pas « consensus ». … Ou plutôt, un « large consensus » ne les unit pas assez.

On étouffera la question sous-jacente : à partir de quand un « consensus » doit-il être suffisamment « large » pour valoir ? Contrairement à la pizza, l’unité de mesure n’est pas arrêtée, ce qui donne lieu à tous les arbitraires. Les étouffeurs sont assis au chaud, surplombent les citoyens s’agitant, pour ensuite monopoliser le droit d’établir si c’est suffisant pour qu’on les entende. Ils décrètent que non, et baissent le pouce.

Pourtant, le vice est déjà dans l’étrange tournure. L’expression « large consensus », hélas répandue jusque dans certains usuels, constitue en elle-même une bizarrerie. Par définition, un consensus ne suppose aucune mesure. Il suppose une unanimité, du moins une position à laquelle personne ne s’oppose formellement. Point. Il y a ou n’y a pas consensus. Par conséquent, un consensus ne peut être ni large, ni restreint, ni insuffisant, ni faible, ni quantifiable de quelque manière. La définition restreinte de consensus : « Accord entre personnes. Consentement. » (Le Robert).

Force est de reconnaître, en effet, qu’il n’y a pas de consensus. La communauté acadienne n’est pas entièrement d’accord pour un changement de nom… Soit. Mais, si on est conséquent, admettons tout autant qu’il n’y a pas non plus de « consensus » pour le maintien du nom. Tous ne veulent pas de cette « Université de Moncton », encore moins du diminutif « UMoncton » – provocateur dans le contexte, parce qu’arbitrairement proposé, voire imposé, sans que personne ne l’ait demandé, et qui fait disparaître toute évocation du français.

Il n’y a pas de consensus non plus à savoir que le statu quo devrait nécessairement s’appliquer si l’on constatait une absence de consensus… On comprend que la notion de consensus ici ne nous mène nulle part.

Si l’on s’entête à utiliser le mot, que signifierait alors l’exigence du consensus ? Il reviendrait à forcer un consentement, l’acte de consentir au mot d’ordre, soit un acte d’autorité qui frise l’autoritarisme et contredit les belles paroles sur l’engagement communautaire de « Missions stratégiques » promues sur du papier rutilant. Jacques Rancière : « Le consensus dit qu’il n’y a qu’une réalité dont il faut épuiser les signes, qu’un seul espace, quitte à y retracer les frontières, qu’un seul temps, quitte à en multiplier les figures. En conséquence de quoi il ne nous demande que de consentir. » (Chronique des temps consensuels, Seuil, 2005)

Parler arbitrairement de consensus et en appeler au consentement par défaut – votre consensus n’est pas assez « large », donc consentez au consensus officiel, lui « large », qu’on vous oppose par défaut, le statu quo –, c’est nier précisément ce qui a lieu.

Plutôt, mettons-nous donc d’accord sur le fait qu’il n’y a pas de consensus. Qu’y a-t-il alors ? Il y a « débat ». Il y a ce que le mot fétiche de consensus, employé à la négative par les étouffeurs, veut précisément empêcher, un débat. Admettons- le. Organisons-le.

L’autre consensus

On sait que, dans le monde militant, le consensus a fait l’objet d’une définition plus spécifique. Là est en cause un processus qui est précisément celui que l’Université de Moncton refuse, à savoir partir de positions antagoniques et diverses, puis, à force d’échanges, de discussions, d’ouvertures, de confrontations d’idées… arriver optimalement à une position qui satisfasse tout le monde. Cette acception du consensus représente à l’échelle de la communauté le synonyme du terme « compromis » lorsqu’on est peu. Lisons cette précision qui a valeur de référence : « Le consensus, c’est l’unanimité ? Non… et oui (dans cet ordre). Rappelons qu’une prise de décision au consensus ne vise pas à mettre tout le monde d’accord sur les idées, les valeurs, mais à formuler, affiner, adopter des positions ou des propositions d’actions pour le collectif. Il faut donc que le collectif exprime ses objections et ses réserves pour qu’il les traite jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. » (Actionpopulaire.fr)

Cela suppose un accueil des positions d’autrui dans un cadre que la mission stratégique constitutionnalise déjà. Dans cet esprit, le « consensus » est ce à quoi on arrive. Il suppose de la part de tous une étude concertée des positions contraires. Si on tient au terme « consensus », ainsi convient-il d’y recourir.

Une réflexion critique sur le marketing et les médias sociaux

Une réflexion critique sur le marketing et les médias sociaux. Cette conférence d’Alain Deneault organisée par le Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie de la Faculté d’administration de l’Université de Moncton a eu lieu le mercredi 19 février 2025 au Campus de Shippagan.


Une réflexion critique sur le marketing et les médias sociaux
Conférence d'Alain Deneault
Mercredi 19 février 2025 - 18 h 30 à 19 h 45
Local SIL-143 - Campus UMCS (Université de Moncton, Campus de Shippagan)
ou via Teams en utilisant le lien ici

« Le Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie est heureux de vous inviter à une conférence le mercredi 19 février 2025 à 18h30. Il nous fait un immense plaisir d’accueillir Alain Deneault, professeur de philosophie et de sociologie au campus de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, qui posera un regard critique sur le marketing et les médias sociaux. Une initiative à ne pas manquer ! […] De plus, nous vous invitons à vous informer sur les certificats offerts par le Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie. […] » – Laboratoire des médias sociaux Assomption Vie de la Faculté d’administration de l’Université de Moncton

Projection du documentaire Derrière les fronts. Résistances et résiliences en Palestine d’Alexandra Dols

« Dans le cadre du cours d’éthique animé par le professeur Alain Deneault, le documentaire « Derrière les fronts : Résistances et résiliences en Palestine » (2017), réalisé par Alexandra Dols, sera présenté le 29 janvier à l’amphithéâtre Gisèle-McGraw. La projection aura lieu de 11 h à 13 h, bien que les étudiantes et étudiants du cours soient attendus dès 10 h. Bien qu’il s’agisse d’une activité pédagogique, les communautés universitaire et collégiale, ainsi que le grand public, sont chaleureusement invités à y assister dès 11 h. » – Université de Moncton, Campus de Shippagan


Projection du documentaire dans le cadre du cours d'éthique
animé par Alain Deneault
Derrière les fronts : Résistances et résiliences en Palestine
Un film d'Alexandra Dols, 2017
29 janvier 2025 de 11 h à 13 h
Amphithéâtre Gisèle-McGraw
Entrée gratuite - Ouvert au public

Bande-annonce du film Derrière les fronts. Résistances et résiliences en Palestine d’Alexandra Dols – 2017

Résumé du film

Derrière les fronts, résistances et résilience en Palestine.

Un documentaire road-movie dans nos esprits et sur les routes de Palestine, en compagnie de la psychiatre psychothérapeute et écrivaine palestinienne la Dr. Samah Jabr. 

Dans le sillage du Dr. Frantz Fanon, psychiatre anticolonialiste, elle témoigne des stratégies et conséquences psychologiques de l’occupation et des outils des palestinien-nes pour y faire face. Dans ce film aux multiples voix, des interviews et des chroniques narrées dansent aux corps-à-corps et font apparaitre l’invisible des rues et paysages palestiniens. De cette Palestine fragmentée, des femmes et des hommes aux identités plurielles partagent leurs résistances et résiliences.

Parce que la colonisation au quotidien n’est pas seulement celle des terres, du ciel des logements et de l’eau, elle ne cherche pas simplement à s’imposer par les armes, mais travaille aussi les esprits, derrière les fronts ! 

« Dr Samah Jabr est une femme sage et réfléchie. Elle pense les effets subtils et dévastateurs de plusieurs années d’occupation brutale sur le peuple palestinien. Le film d’Alexandra Dols partage ses visions avec nous, d’une manière généreuse, humaine et profondément dérangeante. 

« Please see this film.» Ken LOACH, réalisateur.

Le concept de biorégion à l’ère de l’inouï – Conférence

Conférence HEP (École des hautes études publiques) et CR2 (Centre de recherche sur la ruralité) – Le concept de biorégion à l’ère de l’inouï

« Les bouleversements climatiques et la perte de biodiversité, conjuguées avec la perte annoncée d’approvisionnement en énergies fossiles et en minerais rendent difficilement pensables les conditions de l’avenir proche. Antidote à l’écoanxiété, la biorégion est un concept à la fois souple et précis qui permet d’envisager un avenir qu’on voit mal venir, en fonction d’enjeux tangibles.

Alain Deneault est professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton. Ses essais portent sur l’idéologie managériale, la souveraineté des pouvoirs privés et l’histoire de la notion polysémique d’économie.

Cette conférence a lieu à l’occasion de la sortie récente de l’essai d’Alain Deneault: Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, Lux Éditeur, 2024. » – École des hautes études publiques (HEP)


Le concept de biorégion à l'ère de l'inouï
avec Alain Deneault
Conférence HEP et CR2
Présentée par Alain Deneault et Arnaud Scaillerez
Mercredi 8 janvier 2025 - 11 h 30 à 13 h (heure de Moncton/UTC−4)
Local 438 - Pavillon Léopold Taillon - 18 avenue Antonine-Maillet
Université de Moncton
Une collation sera offerte
La conférence est également disponible sur TEAMS
Inscription ici

Entrevue avec Alain Deneault à CKRO sur le thème des médias en philosophie

Entrevue avec Alain Deneault par Julianne Benoit sur le thème des médias en philosophie dans le cadre des capsules UMCS « L’UMCS sur écoute » de l’Université de Moncton, campus de Shippagan en collaboration avec Radio Péninsule CKRO 97,1. Durée: 10 min 7 sec – 4 décembre 2024

Barbarie numérique de Fabien Lebrun avec la préface d’Alain Deneault

Retour sur la participation d’Alain Deneault au Salon du livre de la Péninsule acadienne

Séance de dédicaces 
Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï d'Alain Deneault
5 et 6 octobre - Kiosque # 26
Photo © Ísjaki Studio
Photo © Ísjaki Studio
Entretien avec Paul Bossé animé par Alain Deneault
Thème : Le roman graphique sur l’engagement écologique
Jeudi 3 octobre - Amphithéâtre Gisèle-McGraw
UMCS (Université de Moncton, campus de Shippagan)
Photo © Ísjaki Studio
Photo © Ísjaki Studio
Lancement du livre d'Alain Deneault
Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï
5 octobre 2024 - Cielo Glamping Maritime
Photos © Ísjaki Studio
Table ronde animée par Sylvain Rivière - Thème : L'écoanxiété 
Avec Alain Deneault et Paul Bossé
Dimanche 6 octobre - Scène Place des auteurs
Centre Rhéal-Cormier
Photos © Ísjaki Studio

::: Merci à Ísjaki Studio pour les photos :::

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault, publié chez Lux Éditeur, est en librairie depuis le 3 octobre 2024 !

La patente 2.0 a dit non

Le conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton a décidé d’opter pour le statut quo. Photo @ Université de Moncton

Acadie Nouvelle

La patente 2.0 a dit non

C’est non. « Moncton » est là pour un temps, afin de désigner une des principales institutions des Acadiens. Le bourreau restera un signifiant au prétexte d’un enjeu géographique, pour désigner une institution… du reste fort active à Edmundston, Shippagan et Bathurst. C’est non. Ç’a dit non. Qui ça ? La question est sociologique.

Bien sûr, des instances signent le non, l’annoncent, l’assument et sifflent la fin de la récréation. Ce non est dit librement ; pas de complot, pas de fusil sur la tempe. La souveraine assemblée de l’université dit non.

Maintenant, comment s’orchestre l’économie d’une telle décision. Économie ici pas au sens mesquin d’une « gouvernance » à courte vue qui réduit l’entendement à de muettes colonnes comptables. Mais une économie au sens fort des agencements de forces et d’influences capables de créer une conjoncture (on dit parfois « écosystème » ces années-ci).

Créer une conjoncture. Telle est la capacité d’un pouvoir, bien plus que de décider. Le pouvoir n’est jamais autant puissant que lorsqu’il fait prendre les décisions qui vont dans le sens qu’il indique, et fait assumer par d’autres ce qu’il impulse.

N’a-t-on pas remarqué combien un camp devait faire preuve de tapage pour se faire entendre, et comment, dans l’autre, un simple souffle, une expression à demi-mot, une déclaration blasée, un regard au ciel, et puis un chiffre, suffisaient à donner le change. C’est que le public est du côté de la contestation et le pouvoir du côté de la réaction. Il lui suffit d’indiquer qu’il ne paiera pas la note (ou n’investira pas dans un projet qui lui échappe), qu’il ne mettra pas en jeu ses privilèges acquis de longue date à Fredericton ou à Ottawa, qu’il ne se commettra pas dans un vague combat symbolique, qu’il résistera activement contre toute velléité allant en ce sens, voire nuira à qui insiste trop. Pour paraître scientifique et rigoureux, il avancera une donnée numéraire, bien élevé dans les sept chiffres, insignifiante au demeurant (est-ce un investissement annonciateur de retombées, un coût réel, une estimation gonflée ?), qu’il se réserve ensuite le pouvoir d’interpréter, pour que le tour soit joué.

La patente 2.0 n’est plus, comme la première, un contre-pouvoir, mais un semi-pouvoir qui a grandi à force de courbettes et de dos ronds. On avale des couleuvres, complaît à la majorité anglophone, s’applaventrit au besoin, en retour de récompenses bien réelles du point de vue de la carrière, et marginales pour le peuple qu’on représente. Le décor est planté ; à ceux qui s’y trouvent de suivre les parcours fléchés, de bien se tenir. À eux de renchérir « librement » sur les directions à emprunter, pour que les apparences soient sauves, et qu’on puisse crier à la théorie du complot dès lors qu’un sujet cherche à s’enquérir de la façon dont les décisions sont prises. Laissons jouer ce papier à musique. Il est si usé qu’il finira par déchirer.

À celles et ceux qui ont réinvesti ce nécessaire débat, parce qu’ils sont bien conscients qu’aucun juif de France n’accorderait à Pétain le patronage d’une de ses institutions, pas plus que des autochtones canadiens ne penseraient à faire de même avec John A. MacDonald, sachons que les coups ont porté, que l’édifice chancelle, que c’est par à-coups qu’on avance, et que ce changement de nom, qui correspond à un changement d’attitude, reste inéluctable.

Par Alain Deneault
11 décembre 2023

La professeure Andrée Mélissa Ferron et son collègue Alain Deneault ont contribué à un ouvrage

La professeure Andrée Mélissa Ferron et son collègue Alain Deneault ont contribué à l’ouvrage collectif Inventivité, transversalité et marges au prisme des littératures de l’Amérique septentrionale francophone qui vient de paraitre aux Éditions David.

L’article de la professeure Ferron explore les affinités entre l’esthétique trash et le care en littérature, et il s’inscrit en partie dans la foulée des travaux d’Isabelle Kirouac Massicotte. […]

Quant au texte d’Alain Deneault, il vise à présenter la topographie de la Péninsule acadienne comme un laboratoire biorégional. Son intitulé : « Le topo de l’île et de la Péninsule pour fonder le renouveau en écologie politique. Les atouts de la Péninsule acadienne dans un siècle multicrises ». L’écrit considère notre contexte, celui de bouleversements climatiques, perte de la biodiversité, bris d’approvisionnement en énergies et richesses naturelles abordables et abondantes ainsi que problèmes de santé publique. Ces mutations écologiques, politiques et psychologiques sont annonciatrices d’une contraction de la géopolitique de l’échelle mondialisée sur laquelle elle s’est déployée à la dimension régionale. Selon lui, sans être exclusive ni absolue, la politique régionale imposera ses prérogatives sur un rayon censé où l’action civique redeviendra plausible. Elle s’imposera par la force des choses. Face à une conjoncture aussi inédite, il importe de s’interroger sur les dispositions des sujets sociaux région par région. D’abord en rappelant combien un sujet social se trouve conditionné par son appartenance géographique. Celle-ci suppose une appartenance territoriale particulière, mais également une culture et une société adaptées à ce paysage. Et des croyances, des rites, des récits ou des symboles afférents qui animent la vie psychologique des sujets. Comme décrire le sujet péninsulaire? Et comment le faire à l’aube de grandes mutations écologiques? Le texte vise à relever les avantages qu’il y a, pour ce faire, à appartenir à une réalité insulaire ou péninsulaire. – Source: Université de Moncton – Nouvelles, 8 décembre 2023

Université de «Moncton»: Changer de nom pour mieux surmonter le passé

Photo © Patrick Lacelle – Archives – Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
13 octobre 2023

Les bons arguments ne conduisent pas nécessairement aux bonnes conclusions. Ainsi en va-t-il de l’idée voulant que les Acadiens devraient avaler une fois pour toutes le signifiant «Moncton» pour désigner leur université, au prétexte qu’il leur faut surmonter les ressentiments dus à l’histoire.

[…] Le débat fort légitime autour du changement de nom de l’Université de Moncton tourne donc autour de dualités: s’infliger les tristesses du passé ou les dépasser, y voir un coût ou un investissement, en pressentir un fardeau ou y reconnaître une chance.

Portes ouvertes au programme d’été de l’UMCS

Photo : UMCS

L’Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS) a accueilli, le 8 juin dernier, les participantes et participants aux journées d’activités publiques du programme l’Été des humanités 2023 sous la direction d’Alain Deneault ainsi qu’à la 7e École d’été de perfectionnement sur le vieillissement.

La cohorte de l’Été des humanités 2023

« Quinze étudiantes et étudiants de différents horizons participent actuellement au programme l’Été des humanités 2023 :

1re rangée, dans l’ordre habituel : Carl Vanier de Montréal (philosophie), Loïc Carpentier de Québec (relations humaines), Philip Gagnon de Québec (arts numériques), Emmanuelle Gomes-Martel de Québec (anthropologie sociale), Sarah Dubuc de Québec (relations internationales), Lola Godin de Moncton (sociologie), Catherine Proulx de Sherbrooke (environnement) et Mamie Pierre Tumba Mukunade Saint-Boniface (travail social).

2e rangée : Maxime Lachance de Québec (anthropologie de l’environnement), Lorraine Thilloy de Montréal (littérature, arts et ÉNAP), Samuel Frenette de Moncton (sciences politiques), Gaspard Tankou Noumy de Moncton (criminologie), Jessica Lachontch de Trois-Pistoles (relations internationales), Djeneba Dicko de Saint-Boniface (travail social), Yada Tshomba d’Ottawa (ressources humaines) et Alain Deneault, professeur de philosophie à l’UMCS et directeur du programme l’Été des humanités. » – Source : page Facebook et Twitter de l’Université de Moncton, campus de Shippagan

Journées d’activités publiques à l’Été des humanités 2023

Voici la programmation des Journées d'activités publiques - sous la direction d'Alain Deneault - qui auront lieu les 8 et 9 juin prochains dans le cadre de l'Été des humanités 2023 
à la P'tite Église 260, boulevard J.-D.-Gauthier, Shippagan
Ouvert à tous
LA BIORÉGION 
Un objet à la croisée de la science, des arts, de la politique et des sciences 

______ 8 juin 2023 ______

9 h - Une écologie politique sans objet, source d'écoanxiété 

Alain Deneault, professeur de philosophie, Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS)
10 h - Construction littéraire de l'objet écologique 

Cartographie des récits d'anticipation. 
Emma Haché, écrivaine et femme de théâtre 

Claude LeBouthillier, concepteur d'une Péninsule acadienne politiquement souveraine
Andrée Mélissa Ferron, professeure de littérature (UMCS) 
13 h 30 à 15 h 30 - Table ronde autour de L'ART et l'ÉCOLOGIE POLITIQUE 

Geneviève Chevalier, artiste et professeure en arts visuels (Université Laval)
Jean-Philippe Raîche, écrivain
Alyssa Symons-Bélanger, artiste multidisciplinaire, médiatrice culturelle et militante

Précédée d'un entretien filmé avec Céline Surette*, professeure de sciences environnementales au département de chimie et biochimie, Université de Moncton, campus de Moncton (UMCM) et
Julie Forgue*, artiste visuelle et professeure en arts visuels (UMCM)
* Personnes qui interviendront en préenregistrement. 
19 h - Essais cinématographiques 
(Amphithéâtre Gisèle-Mcgraw, UMCS) 

Martin Bureau
La promesse du ciel
Office national du film du Canada, 2022 et autres courts métrages
Suivis d'une présentation avec Martin Bureau* 

______ 9 juin 2023 ______

9 h - Genèse politique et philosophique de la biorégion 

Jean-Philippe Sapinski, professeure en sciences de l'environnement (UMCM) 
10 h - Qu'est-ce qu'une biorégion? 
À partir du livre éponyme de Mathias Rollot et Marin Schaffner (Paris, Wildproject, 2021) 

Jessica Andriamasinoro, professeure en gestion de l'environnement (UMCS)
Maxime Lachance, candidat à la maitrise en anthropologie, Université Laval
André Robichaud, professeur de géographie (UMCS)
et William Sacher*, professeur en océanographie à Universidad Andina Simón Bolívar en Équateur
* Personnes qui interviendront en préenregistrement. 
13 h 30 à 15 h 30 - La biorégion en acte 

Éloi Halloran et les membres du collectif Mosus (Ripon, Québec) 
Lucille Doiron, Ferme Nikal 
Roseline Mouchel-L'Abbé*, Confédération nationale des foyers ruraux (France) 
* Personnes qui interviendront en préenregistrement. 

19 h - Documentaire 
(Amphithéâtre Gisèle-Mcgraw, UMCS) 

Carole Poliquin 
Humus 
Productions Maison 4:3, Québec, 2022 

Une écologie politique en quête d’art

Calendrier des sciences humaines et sociales (Calenda)

«[Résumé] Sous la direction du professeur Alain Deneault, le campus de Shippagan de l’université de Moncton propose une université d’été partant de la notion prometteuse de biorégion en tant qu’elle répond aux dérèglements écologiques, intellectuels et psychiques propres à notre siècle. À la lecture de textes exigeants à propos des bouleversements climatiques, de l’extinction massive des espèces, de la fin des énergies et richesses minières disponibles de manière abondante et abordable, nous envisagerons la contraction annoncée de la géopolitique, de son actuelle échelle mondialisée à des formes biorégionales faisant se recouper l’organisation sociale et les réalités écologiques.»

Les multinationales et leur éthique

Photo © Nouvelles – Université de Moncton, campus de Shippagan

« Les étudiantes et étudiants du cours Éthique (PHIL2235) d’Alain Deneault, professeur de philosophie à l’Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS), ont présenté des affiches scientifiques sur le thème Les multinationales et leur éthique – Y a-t-il encore éthique des affaires lorsque l’éthique cesse d’être bonne pour les affaires?, le mardi 14 mars dernier à la passerelle de l’UMCS.

[…] La communauté universitaire et le public étaient invités à cette activité permettant ainsi aux étudiantes et étudiants de présenter le fruit de leur recherche sur un sujet précis et d’échanger avec la communauté. 

Ariane Noël, Elhadj Oumar Barry, Lahlou Benadjaoud, Kimberley Breau, Pierre-André Doiron, Davina Ilunga Kalenda, Emily Kenny, Kelsy Légère, Vanessa Noël, Julie-Pier Roussel, Joannie Thibodeau et Shelly Vienneau ont pris part à l’activité publique. […] » – Nouvelles – Université de Moncton, campus de shippagan

Expérience étudiante : présentation d’affiches scientifiques

Image © Nouvelles – Université de Moncton

«EXPÉRIENCE ÉTUDIANTE | Des étudiantes et étudiants du cours Éthique d’Alain Deneault, professeur de philosophie, seront à la passerelle et au Carrefour de l’apprentissage ce mardi 14 mars de 15 h à 16 h 30 pour vous présenter leurs affiches scientifiques sous le thème « Les multinationales et leur éthique ». Bienvenue à toutes et tous!» – Page Facebook de L’Université de Moncton, campus de Shippagan

14 mars 2023 - 15 h à 16 h 30
Passerelle et Carrefour de l'apprentissage
Université de Moncton, campus de Shippagan

Université de Moncton: plus de 1000 personnes réclament un autre nom

Photo : Cédric Thévenin – Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

« […] Le militant nationaliste acadien, Jean-Marie Nadeau, continue sa campagne pour changer le nom de l’Université de Moncton (U de M). Son dernier coup d’éclat est l’envoi d’une lettre à la direction de l’établissement: la chancellière Louise Imbeault, le président du Sénat académique Denis Prud’homme et le président du Conseil Denis Mallet.

Il a écrit sa missive avec l’ex-recteur de l’U de M, Jean-Bernard Robichaud. Il a réussi à la faire signer par plus de 1000 personnes. Parmi elles se trouvent l’écrivaine Antonine Maillet, le professeur de philosophie Alain Deneault, le sénateur René Cormier, le maire de Caraquet Bernard Thériault, la députée Francine Landry et l’ancien ministre Bernard Richard, par exemple. […] »

Par Cédric Thévenin
6 mars 2023

Été des humanités – Mai-juin 2023

« Le programme études-travail-vacances L’Été des humanités accueillera sa deuxième cohorte d’étudiantes et étudiants en mai et juin 2023 sous le thème « Une écologie politique en quête d’objet » et abordera le concept de la biorégion : un objet à la croisée de l’art, de la politique et des sciences. »

Sous la direction du professeur Alain Deneault, le campus de Shippagan de l’Université de Moncton propose une université d’été partant de la notion prometteuse de biorégion en tant qu’elle répond aux dérèglements écologiques, intellectuels et psychiques propres à notre siècle. […]

Des tables rondes et conférences viendront compléter la formation des participantes et participants. Elles réuniront des personnes aux horizons divers :

Jessica Andriamasinoro, professeure en environnement à l’Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS), Martin Bureau, peintre et cinéaste, Geneviève Chevalier, professeure en arts visuels à l’Université Laval, Lucille Doiron, titulaire de la maitrise d’études en environnement à l’Université de Sherbrooke, et maraîchère à la Ferme Nikal (Paquetville, Péninsule acadienne), Julie Forgues, artiste visuelle et professeure en arts visuels à l’Université de Moncton, campus de Moncton (UMCM), Emma Haché, femme de théâtre, Éloi Halloran, animateur, Mosus (Ripon Québec), Maxime Lachance, candidat à la maitrise en anthropologie, Université Laval, Roseline Mouchel-L’Abbé, chargée d’études, Confédération nationale des foyers ruraux (France), Jean-Philippe Raîche, écrivain, André Robichaud, professeur de géographie à l’UMCS, William Sacher, docteur en océanographie, Université McGill, et professeur en environnement, Universidad Andina Simón Bolívar, sed Ecuador, Jean-Philippe Sapinski, professeur, École des hautes études publiques (HEP) à l’UMCM, et Alyssa Symons-Bélanger, artiste multidisciplinaire, médiatrice culturelle et militante pour l’environnement. »

Source: Nouvelles – Université de Moncton, campus de Shippagan

La société en mal de jeunesse

Photo: page twitter de l’UMCS
« Alain Deneault, prof. de philosophie à l'UMCS s'adresse aux jeunes de l'ESN. Le monde qui s’annonce changera radicalement ! La jeunesse doit y être préparée et nous y préparer. Sa conférence propose des idées pour surmonter l’écoanxiété engendrée par ces changements, et agir. » 

Source: Page Twitter de l'Université de Moncton, campus de Shippagan - 2 février 2023

Les midis de l’écologie

« Les étudiantes et étudiants du cours Développement en zone côtière avec le professeur Alain Deneault vous présentent quatre documentaires dans le cadre des midis de l’écologie, le 30 novembre ainsi que les 1er et 2 et 8 décembre prochain. » – Source : Nouvelles – Université de Moncton

 À midi - Amphithéâtre Gisèle McGraw 
Entrée libre

Vers une géopolitique des biorégions

Webinaire  

Le Groupe Innovations sociales de la FASS (Faculté des arts et des sciences sociales) de l’Université de Moncton présente :

Vers une géopolitique des biorégions 
avec le conférencier Alain Deneault
Mercredi 28 septembre 2022 
11 h à 12 h 30 (HNE) / 12 h à 13 h 30 (HNA)
Inscriptions : Evenbrite
Webinaire gratuit

Source : Université de Moncton