Discussion entre Alain Deneault et Richard LeBlanc sur les notions d’environnement, de liberté et de biorégion

Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton et Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton – Photo © Université de Moncton, campus d’Edmundston

Une discussion entre Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton (UMCS), et Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton (UMCE), ont porté sur les notions d’environnement, de liberté et de biorégion, lors d’une conférence publique présentée le vendredi 13 mars à l’UMCE.

« Cet échange a été organisé par la Chaire de recherche du Canada sur le Développement et les enjeux territoriaux en Acadie contemporaine en collaboration avec le Secteur des sciences humaines du campus d’Edmundston dans le cadre du cours d’introduction à la sociologie du professeur Julien Massicotte.

D’autres questions comme le génocide, l’histoire et le Canada ont fait l’objet de débat et de questionnement. L’échange a aussi mené à des interventions des participants et des participantes, évoquant des concepts comme l’égalité ou la durabilité. Le souhait est que l’activité aura provoqué une réflexion sur le sens du monde que nous partageons et sur les stratégies collectives d’avenir. »

Source : Hugues Chiasson, coordonnateur des communications à l’UMCE

Dernière photo à partir de la gauche : Richard LeBlanc, stagiaire postdoctoral au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton, Rose Kikpa Bio, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur Le Développement et les enjeux territoriaux en Acadie contemporaine et Alain Deneault, professeur de philosophie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton

Bienvenue dans la civilisation technolâtre

Photo © Le Devoir
Le Devoir
Section Opinion-Idées
Par Alain Deneault et Virginie Francoeur
2 février 2026

Bienvenue dans la civilisation technolâtre

La présence à soi devient insupportable ; on n’en finit plus de se distraire de soi-même

Au moment de quitter l’enseignement collégial, l’écrivain-professeur Lucien Francoeur disait se sentir face non pas à une autre génération, mais à une « autre civilisation ». C’était au début du siècle. Cette civilisation naissante — technolâtre — fait aujourd’hui société.

À l’université, elle impose désormais une informatique improprement associée à de l’« intelligence ». Des auteurs et des réviseurs d’articles destinés aux revues scientifiques vont jusqu’à sous-traiter leur travail aux machines, au point de les laisser discuter entre elles à leur profit. Il en ressort des textes désincarnés, trop souvent truffés de références inexistantes et d’erreurs factuelles.

Le rapport au langage se révèle instrumental. Les mots utilisés sont investis de manière strictement tactique. Le rapport aux notes et aux « dossiers » devient obsessionnel. Les consignes sont suivies de manière strictement juridique. La citation cesse d’être un acte intellectuel pour se transformer en un geste mécanique, destiné à nourrir des indicateurs de performance, à séduire des algorithmes ou à maintenir artificiellement en vie des classements et des métriques. Le professorat concerne alors un acte policier : il vérifie l’existence des références scientifiques citées plus qu’il n’analyse la qualité intellectuelle d’un article ou d’une thèse.

Souvent à tort, les universitaires s’emballent pour des engins qui contribuent pourtant à disqualifier leur champ et à rétrécir les débouchés professionnels de leurs étudiants. Comme souvent (lire C. W. Mills), la classe moyenne témoigne de son absence de conscience historique.

Plus largement, Pacôme Thiellement, dans sa série Infernet (Blast, en ligne et en livre), fait la recension d’excès fous, où Internet sous ses différentes formes conduit d’infortunés utilisateurs. Subjectivités empruntées, mises en scène grotesques de soi, dérives hallucinogènes dans le réel, abus facilités par la distance, mise à l’écart du monde dans sa dimension tangible et paranoïa ordinaire. Si Internet n’est pas responsable de toutes les prédispositions perverses des individus, il les amplifie puissamment.

« Le vrai est un moment du faux » — le détournement célèbre de Guy Debord résume la situation. Et le faux devient activement la feinte, le fake, le falsifié. Deloitte facture à fort prix aux gouvernements australien et canadien des rapports truffés de références factices, le Chicago Sun-Times propose à son public la lecture de romans qui n’existent pas, le ministère français des Affaires étrangères publie la « photo » d’un soldat de la Wehrmacht qui célèbre en 1945 la libération de Paris…

C’est l’ère du « crétin digital », comme l’écrit le professeur en neurosciences Michel Desmurget (La fabrique du crétin digital, Seuil, 2019). En réaction, cela explique que des écoles de la Silicon Valley proscrivent les écrans…

S’ennuyer

Dans cette « autre civilisation », une chose formidable vient à manquer, la capacité à s’ennuyer. Pour certains, jamais ou presque ne se trouve-t-on dans la situation où, dans un vide « confrontant », dans un silence marqué, dans un temps long, on doit apprendre à se mesurer à soi-même. C’est pourtant alors que se constitue le siège de son autonomie, que se forment les ressorts de son désir et que s’ouvre la perspective de projets. La conscience subjective se développe à ce prix.

Or, la solitude devient maintenant synonyme d’angoisse. On hurle pour en sortir, on rage d’en revenir à nos écrans. On invoque frénétiquement ses « amis », toujours plus « artificiels », davantage encore que les avatars proposés par Facebook. Ce décalage avec l’âpreté du réel est radicalement infantilisant et narcissique. Même les rapports entre amis, lorsqu’ils surviennent encore, ne peuvent faire l’économie de ce tiers qui constitue le vecteur du lien. Au mieux, l’amitié consiste à regarder ensemble ce que propose la machine.

L’enseignement de la philosophie, comme le disait élégamment Gilles Deleuze, consiste à « apprendre à se réconcilier avec sa solitude ». Or, se priver d’indispensables moments pardevers soi revient à se montrer incapable de cohabiter franchement avec sa conscience. La présence à soi devient insupportable ; on n’en finit plus de se distraire de soi-même.

Pour le capital, c’est « tout bénef ». En effet, la société de consommation offre aux sujets affolés des points d’appui en apparence structurants, même s’ils sont privés de substance. On s’illusionne sur leur capacité à nous redresser et, comme ces mirages manquent fatalement à leur promesse, on y retourne et en redemande. Le professorat consiste plutôt à favoriser une intelligence présente à elle-même, vive, que jamais un ordinateur n’imitera, ainsi qu’une conscience d’enjeux affectivement investis, afin de résister à ces effets d’aliénation.

L’intellectuel déporté

Photo © Jean-François Boisvert – Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
3 février 2025

L’intellectuel déporté

Quand il traite des « intellectuels », le professeur de littérature Edward Said ne pense pas nécessairement à des gens bardés de diplômes, travaillant pour des institutions d’expertise et s’autorisant d’un savoir patenté. 

Il fait référence à toute personne qui se donne la peine de réfléchir conséquemment aux affaires du monde, aux enjeux de société, aux questions pointues d’un champ culturel ou scientifique. Avec du travail et beaucoup de persévérance, cela est à la portée de quiconque. 

Surtout, selon ses termes, l’intellectuel se distingue de l’expert professionnel dans la mesure où il ne soumet sa pensée à aucune autorité, à nulle tutelle organisationnelle, à aucun ordre constitué. L’intellectuel ne se confond pas à un employé ou partenaire qui traduit en notions et symboles une position d’intérêt d’une armée, d’une entreprise commerciale, d’une grande banque ou de quelques structures professionnelles. Loin de ces truchements intéressés et de ces biais idéologiques, l’intellectuel fonde son jugement sur les ressorts propres à la vie de l’esprit. 

Aussi, bien qu’elle ait des convictions, la personne qui fait preuve d’une activité intellectuelle vive refuse de se soumettre platement aux slogans, positions officielles et diktats des têtes d’affiche de son camp. Elle peut à même sa classe sociale, son ethnie, sa région, sa société ou son pays faire preuve d’autonomie en cultivant le doute et la critique. La règle : on ne saurait accepter parmi les siens ce qu’on dénonce du point de vue des principes chez l’adversaire ; on ne saurait dénoncer la violence répétée envers les civils ukrainiens perpétrée par le régime de Vladimir Poutine sans dénoncer en même temps celle de l’armée israélienne à Gaza, par exemple.

La position est nette : « La menace qui pèse le plus lourd sur l’intellectuel de nos jours, en Occident comme dans le reste du monde, ce n’est ni l’université, ni le développement des banlieues, ni l’esprit affreusement commercial du journalisme et de l’édition, mais plutôt une attitude que j’appellerais le professionnalisme. Il consiste à voir dans le travail intellectuel un gagne-pain, effectué de telle heure à telle heure avec un œil sur la montre et un autre sur les règles du comportement “correct”, attentif à faire “comme il faut”. » (Edward Said, Des intellectuels et du Pouvoir).

On a d’autant plus de chance de se prêter à la vocation de l’intellectuel qu’on ne se soumet pas à la standardisation professionnelle.  C’est pourquoi « l’intellectuel aujourd’hui se doit d’être un amateur ». Non pas quelqu’un qui fait preuve d’amateurisme, de dilettantisme ou de négligence, comme trop de théoriciens (du complot) improvisés, mais un chercheur « amateur » au sens qu’il « aime » son sujet suffisamment pour le traiter avec tous les égards que l’on doit à une question que l’on prend au sérieux. 

Donc, s’il est ambitieux de parler de « vérité », disons de l’intellectuel qu’il est guidé par une moralité de base, un certain nombre de principes qui valent pratiquement pour eux-mêmes. « L’universalité, c’est prendre le risque d’aller au-delà des certitudes faciles fournies par nos origines, notre langue, notre nationalité, et qui nous mettent confortablement à l’abri de la réalité des autres », écrit cet intellectuel d’origine palestinienne, longtemps actif aux États-Unis et décédé au début du siècle. 

Bien sûr, on peut militer pour une cause (acadienne), défendre une langue (française), entretenir la mémoire d’actes fondateurs graves (la déportation), militer pour ses droits (Louis Mailloux), baptiser de son nom des institutions (l’Université de…), réclamer des droits sur ses terres (champ de tir de Tracadie) et s’édifier à travers des figures inspirantes (la Sagouine). Said estime que cela reste du ressort de la citoyenneté intellectuelle. Cet engagement passe par des lectures, la production de documentaires, l’écriture de romans et pièces de théâtre, entre autres productions culturelles, et une puissance d’association.

Pour Said, le travail de l’intellectuel ne s’arrête pas là toutefois. Il suppose, certes, le doute, l’autocritique et le travail de l’esprit à travers ces mobilisations. Mais aussi, il suppose une expansion de cet engagement au-delà de circonstances et de références qui ne concernent que son soi ethnique, culturel, national ou social. Il suppose une capacité à transcender les frontières de la cause quant à laquelle on se dit victime, avec de forts accents de légitimité parfois, pour trouver dans des situations analogues dans le monde des motifs de solidarité. Il s’agit « d’universaliser la crise, de donner une plus grande dimension humaine à la souffrance d’une race ou d’une nation particulière et de la mettre en rapport avec d’autres souffrances ». 

Ainsi, oui, revenir sur la déportation acadienne, si possible pour en exorciser les fâcheuses conséquences plutôt que d’en cultiver la rancœur, mais le faire au titre d’un intérêt pour les peuples qui ont subi ou continuent de subir le sort qu’ont connu les nôtres au milieu du XVIIIe siècle. Du point de vue de l’histoire, s’enquérir des populations périphériques à la Russie que Staline fit déporter à tour de bras, réfléchir au sort commun qui nous lie aux Arméniens ayant connu en Turquie des déportations mortelles il y a un peu  plus de cent ans. Et affirmer aujourd’hui son intérêt pour des Palestiniens arrachés à leurs villages depuis des décennies et aujourd’hui pourchassés de manière fascistoïde par un État qui leur reproche ce qu’ils sont. 

Pour les Acadiens aussi, dixit Said, « rattacher ces horreurs à celles qui ont affligé d’autres peuples. Cela ne signifie en aucun cas la perte d’une spécificité historique, mais plutôt un rempart contre le risque qu’une leçon sur l’oppression en un lieu donné soit oubliée ou violée ailleurs ou à une autre époque », dixit Edward Said encore. 

«L’engagement politique à l’ère de l’inouï » avec Alain Deneault et Aude Lancelin sur QG (Quartier général)

Le média libre QG (Quartier Général), dont la fondatrice est Aude Lancelin, a engagé un partenariat avec le Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal pour une série de trois entretiens avec de grands noms de la scène intellectuelle nord-américaine dont Alain Deneault, auteur de Faire que ! publié chez Lux Éditeur.

Cet entretien, ayant pour thème «L’engagement politique à l’ère de l’inouï», a été diffusé sur QG (Quartier Général) le jeudi 24 octobre – Durée : 1 h 21 min 50 sec

Aude Lancelin et Alain Deneault à l’Université de Montréal le 25 septembre 2024

«Retrouvez notre grand entretien réalisé à Montréal avec le philosophe canadien Alain Deneault, auteur de « La Médiocratie » et « Politiques de l’extrême centre », qui vient de faire paraître « Faire que ! » chez Lux. Face au défis climatiques extrêmes, et à la possibilité d’un anéantissement total du monde, comment faire encore de la politique et mobiliser les énergies collectives ? Un entretien ouvrant des voies inédites, avec l’une des nouvelles grande figures de la pensée mondiale.» – QG (Quartier général)

Faire que ! – Parution en Europe : 25 octobre 2024
Réédition en format poche des trois essais «classiques» d’Alain Deneault dans la collection Pollux chez Lux Éditeur !

Diffusion de l’entretien d’Aude Lancelin avec Alain Deneault à l’Université de Montréal sur QG (Quartier Général)

Le média libre QG (Quartier Général), dont la fondatrice est Aude Lancelin, a engagé un partenariat avec le Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal pour une série de trois entretiens avec de grands noms de la scène intellectuelle nord-américaine dont Alain Deneault, auteur de Faire que ! publié chez Lux Éditeur.  

Cet entretien, ayant pour thème «L’engagement politique à l’ère de l’inouï», sera diffusé sur QG (Quartier Général) ce jeudi 24 octobre à 21 h 15 (heure d’Europe centrale) – Durée : 1 h 21 min 50 sec

QG - Le média libre 
Jeudi 24 octobre 2024 - 21 h 15 (Heure d'Europe centrale)
Regardez l'émission «live» ici
Aude Lancelin et Alain Deneault à l’Université de Montréal le 25 septembre 2024

« […] Ce jeudi 24 octobre à 21 h 15, retrouvez notre grand entretien réalisé à Montréal avec le philosophe canadien Alain Deneault, auteur de « La Médiocratie » et « Politiques de l’extrême centre« , qui vient de faire paraître « Faire que ! » chez Lux. Face au défis climatiques extrêmes, et à la possibilité d’un anéantissement total du monde, comment faire encore de la politique et mobiliser les énergies collectives ? Un entretien ouvrant des voies inédites, avec l’une des nouvelles grande figures de la pensée mondiale. » – QG (Quartier général)

Faire que ! – Parution en Europe : 25 octobre 2024
Réédition en format poche des trois essais «classiques» d’Alain Deneault dans la collection Pollux chez Lux Éditeur !

Les faces cachées des ordures

Photo © Josie Desmarais – La Presse

La Presse

Par Sylvain Sarrazin
12 septembre 2024

« […] Et c’est presque un monde parallèle qui s’y trouve dépeint, en marge d’une société préférant ne pas trop s’attarder sur ce microcosme souillé et ses travailleurs dédaignés – eux qui assurent pourtant un service toujours plus essentiel dans un univers surconsumériste. Pour le décoder et le rendre intelligible aux yeux du grand public, les atouts universitaires de l’auteur combinés à 20 ans d’expérience de terrain forment une passerelle improbable et éclairante. Une tâche de documentation qui ne coulait pas de source aux yeux de M. Paré-Poupart, mais qui est apparue nécessaire au fil de ses études, notamment sous l’impulsion du philosophe Alain Deneault.

« Alain Deneault avait les yeux grands ouverts. En sociologie, c’est la position de l’étranger qui nous fait réaliser que l’on touche à quelque chose de peu courant », poursuit l’auteur. […] »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Titulaire d’une maîtrise et vidangeur

L’actualité

Par Daniel Chrétien
11 septembre 2024

« Simon Paré-Poupart pourrait être gestionnaire de haut niveau. Il a préféré être éboueur. Avec son livre Ordures ! il offre une incursion déroutante dans le monde des rebuts. Entrevue. 

D’où vient l’idée de ce livre sur votre métier ?

« […] En fait, je n’ai jamais perçu mon travail comme étant hors de l’ordinaire. Pour moi, c’est un job normal. Mais au moment où j’ai commencé ma maîtrise en gestion internationale à l’ENAP, j’ai vu l’intérêt que mon emploi soulevait chez mon directeur Alain Deneault [NDLR : sociologue et philosophe]. Par sa rétroaction, il m’a fait réaliser que mon métier suscitait la curiosité. Alain m’a présenté à un éditeur, Mark Fortier, qui a un background en sociologie. Il a tout de suite manifesté de l’intérêt, parce que mon livre allait traiter de culture ouvrière, d’environnement, d’un enjeu civilisationnel, en fait. […] »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Définir l’écoanxiété, sortir de l’écoangoisse

Photo © Yves Renaud
Définir l’écoanxiété, sortir de l’écoangoisse
Conférence d'Alain Deneault
Une invitation de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval
Lundi 15 avril 2024 - 18 h 30 à 21 h 30
Université Laval - Amphithéâtre Hydro-Québec - Local ADJ-2530
Ouvert à tous - Le nombre de places est limité à 150

« Nous entrons dans l’ère de l’inouï : le réchauffement climatique, la perte de biodiversité, la mutation des territoires sont littéralement impensables parce que sans pareil avec quelque autre situation historique récente. Des notions managériales comme le « développement durable » ou la « transition énergétique » ne suffisent pas à affronter les problèmes : ces termes idéologiques en font partie. Ainsi, L’écologie est en panne d’objet. Cela – ce vide – angoisse. Alors, anthropologues, artistes et philosophes sont requis pour penser des façons de dire l’inouï, de penser des manières de s’y confronter, pour surmonter l’angoisse qu’il suscite. » – Source : Université Laval

Photo © Page Facebook – Département d’anthropologie – Université Laval

Université de «Moncton»: Changer de nom pour mieux surmonter le passé

Photo © Patrick Lacelle – Archives – Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
13 octobre 2023

Les bons arguments ne conduisent pas nécessairement aux bonnes conclusions. Ainsi en va-t-il de l’idée voulant que les Acadiens devraient avaler une fois pour toutes le signifiant «Moncton» pour désigner leur université, au prétexte qu’il leur faut surmonter les ressentiments dus à l’histoire.

[…] Le débat fort légitime autour du changement de nom de l’Université de Moncton tourne donc autour de dualités: s’infliger les tristesses du passé ou les dépasser, y voir un coût ou un investissement, en pressentir un fardeau ou y reconnaître une chance.

Complots et convergence. Entrevue avec Alain Deneault

«Un complot sans théorie ?» Entretien radiophonique avec Alain Deneault sur le thème des complots et de la convergence à la station Radio Masse critique – 26 août 2022 – 2/2

«Qui doit-on tenir responsable des conséquences catastrophiques de la gestion de la crise sanitaire ? Comment expliquer le conformisme absolu des représentants politiques par rapport à l’idéologie imposée par le gouvernement et les médias ? S’agit-il, en définitive, d’un vaste complot à l’échelle mondiale, ou doit-on comprendre la situation comme une simple convergence d’intérêts ? […] Pour Alain Deneault, nul besoin de spéculer sur ce qui se dissimule derrière les événements pour pouvoir expliquer ceux-ci ; il suffit de saisir et comprendre la réalité des faits qui se présentent devant nos yeux.» – Radio Masse critique (émission du 13 septembre 2022).

La censure universitaire. Entrevue avec Alain Deneault

Entretien radiophonique avec Alain Deneault sur le thème de la censure universitaire à la station Radio Masse critique – 26 août 2022 – 1/2

« Alain Deneault est signataire de deux lettres d’appui d’universitaires exigeant la réintégration immédiate dans leurs fonction de Patrick Provost, professeur de biochimie, chercheur et spécialiste de l’ARN, et de Nicolas Derome, professeur de biologie, tous deux suspendus sans solde pour huit semaines par l’Université Laval parce qu’ils s’opposaient à la vaccination COVID-19 des enfants. » – Radio Masse critique (émission du 6 septembre 2022).