Entretien avec Alain Deneault sur TotalEnergies par Agathe Di Lenardo de Reporterre

«La soi-disant conversion écologiste de TotalEnergies n’était que du marketing»

Reporterre

Entretien avec Alain Deneault par Agathe Di Lenardo
31 mars 2026

« Être éthique n’est plus nécessaire », dit le philosophe et auteur sur l’économie Alain Deneault à propos de l’accord entre TotalEnergies et l’administration Trump. Il montre, selon lui, que le verdissement de la firme n’a jamais été que du marketing.

Moins d’éoliennes, plus d’hydrocarbures. Le 23 mars, un accord entre l’administration Trump et TotalEnergies a été dévoilé. Il prévoit l’abandon de deux projets éoliens en mer, en échange de 928 millions de dollars à réinvestir dans des projets d’hydrocarbures. Une politique totalement à rebours de la transition énergétique pourtant nécessaire pour limiter le changement climatique.

Alain Deneault est docteur en philosophie. Il est l’auteur de De quoi Total est-elle la somme ? (2017, éd. l’Échiquier), un ouvrage qui révèle ce qui a rendu TotalEnergies si puissante sur le plan politique et économique. Avec une vision historique et engagée, il livre à Reporterre son analyse sur la stratégie de l’entreprise.


Reporterre — TotalEnergies se positionne depuis plusieurs années comme un acteur majeur de la transition écologique. Avec ce pacte, l’entreprise ne semble plus tenter de maintenir cette image déjà écornée, mais assumer ses projets climaticides… Quelle analyse portez-vous sur cet accord ?

Alain Deneault — Cela montre, même si on s’en doutait déjà, que la soi-disant conversion écologiste de TotalEnergies n’était que de pure forme, qu’elle relevait du marketing plutôt que des convictions.

Le documentaire Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie de Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall, montre très bien les coulisses de son verdissement. Par exemple, elle communique largement sur les énergies renouvelables, même si cela reste marginal dans son activité globale.

Donald Trump s’oppose fermement aux éoliennes et soutient au contraire le développement des hydrocarbures. Dans quelle mesure son élection a-t-elle bénéficié à la firme ?

TotalEnergies n’a plus à faire semblant. Du moment qu’il y a à la tête des États-Unis Donald Trump, qui présente le discours écologiste comme un canular, et Mark Carney comme Premier ministre au Canada — qui lance lui aussi de grands chantiers d’exploitations d’hydrocarbures, la question environnementale ne passera pas au premier plan. Être éthique n’est plus nécessaire, ce n’est plus spécialement bon pour les affaires, donc TotalEnergies cesse de l’être.

Récemment, des sociétés énergétiques ont déposé des recours contre les États-Unis à la suite de l’annulation de projets éoliens. TotalEnergies a quant à elle fait le choix de négocier avec la Maison-Blanche. Comment expliquer cette stratégie ?

On peut supposer qu’elle y voit un avantage concurrentiel, ce qui ne serait pas la première fois dans son histoire. C’était par exemple l’une des seules sociétés à avoir collaboré avec le régime de l’apartheid de l’Afrique du Sud. Ce qui avait nuit à ses affaires, car cela avait touché une corde sensible dans l’opinion publique.

Dans le cas présent, l’entreprise fait le pari que la résistance éthique à laquelle elle aurait pu faire face il y a dix, quinze ou vingt ans est moins intense, du fait que la fenêtre d’Overton est déplacée vers la droite. Ce qui lui permet de spéculer sur ces biens financiers sans s’encombrer de questions éthiques.

Quel est le positionnement vis-à-vis du climat chez TotalEnergies ?

Jusqu’alors, et ce depuis la naissance du concept de développement durable, la rhétorique de toutes les grandes compagnies pétrolières a été de réduire la question écologique à celle du climat et la question du climat à celle des émissions de CO₂ de nos produits. C’est-à-dire qu’on a comparé des objets en fonction des gaz à effet de serre qu’ils émettent, sans réfléchir aux émissions nécessaires pour leur production. Par exemple, on en est venu à dire que le gaz est écologique, car il émettrait moins de CO₂… TotalEnergies a fait partie des vecteurs de ce discours.

L’entreprise déclare que ces investissements contribueront à la sécurité d’approvisionnement de l’Union européenne en lui apportant le gaz dont elle reste très dépendante. Peut-on dire que cet accord contribue à une certaine vassalisation de l’Union européenne vis-à-vis des États-Unis ?

TotalEnergies agit dans une synergie historique. On ne va pas lui attribuer la vassalisation des Européens envers les États-Unis. Les dirigeants européens sont fort capables de s’autovassaliser eux-mêmes. La firme comprend cette dynamique-là, car elle fait de la géopolitique.

D’un point de vue rhétorique, dire qu’elle aide l’Union européenne parce qu’elle lui fournit du gaz tient la route : c’est le discours que tient la Compagnie française du pétrole, l’ancêtre de TotalEnergies, depuis sa création en 1924.

Mais cet argument ne fonctionne que si l’on part du principe que l’on va toujours devoir consommer comme on le fait aujourd’hui, qu’il ne faut pas réorganiser notre façon de produire, distribuer et consommer de l’énergie.

L’accord permet de réinvestir notamment dans le Rio Grande LNG, un projet qui, en plus d’être très préoccupant pour l’environnement, menace les droits humains des peuples autochtones. Mais cela ne semble pas inquiéter TotalEnergies…

Effectivement, son seul souci est de pouvoir dire que ses actions sont légales. Dans mon livre, je cite Christophe de Margerie, ancien président-directeur général, qui affirme que « tant que ce n’est pas interdit, c’est permis ». Et c’est vrai : lorsque que la firme agit d’une manière qui choque l’opinion, cela reste néanmoins légal.

C’est par exemple comme ça que la firme était légalement présente en Alberta dans son projet de sables bitumineux, même si cela mettait en péril des communautés autochtones, car elle respectait le droit environnemental. Pareil en ce qui concerne sa présence au Gabon, qui reste malgré tout légale malgré les critiques sur les impacts sociaux.

TotalEnergies, à l’image d’autres multinationales, semble aujourd’hui être surpuissante. Vous plaidez pour une dissolution des multinationales : comment faire contre-pouvoir ?

Les multinationales ne sont pas à penser uniquement comme des entreprises, mais comme des pouvoirs qui existent à l’échelle mondiale et qui négocient avec des États qui, eux, ne peuvent agir que sur leur territoire. Il y a donc déjà un rapport de force à leur avantage.

D’autre part, le génie est sorti de la bouteille : on a laissé ces entreprises prospérer, fusionner, on les a financées, on a créé des partenariats… Les États ont tout fait pour les rendre toutes puissantes, et aujourd’hui elles opèrent sur un mode pratiquement autonome. Quand je plaide pour leur dissolution, je me réfère aux nombreuses prises de position, de tous les spectres politiques, du tournant du XIXᵉ et XXᵉ siècle.

Aux États-Unis, des représentants politiques s’activaient pour faire voter une loi antitrust — les trusts désignant alors les multinationales. On voyait bien que l’industriel John Rockefeller, symbole de l’industrie pétrolière, allait faire chanter tout le monde et avoir la main sur le pétrole mondial avec sa société Standard Oil. On a essayé de le contenir, même si cela n’a rien donné car il a rusé en créant des filiales toutes liées au même actionnariat. Mais au moins, il y a eu des tentatives !

Par ailleurs, en France, Edgar Faure militait contre ces pouvoirs privés, notamment dans le domaine de l’énergie, qui pouvaient faire chanter les États. C’est à cet esprit que je reviens, en sachant qu’il est très tard… Mais en rappelant que ces personnalités qui défendaient les lois antitrust nous annonçaient, déjà à l’époque, ce que nous vivons maintenant.


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Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie. Un documentaire réalisé par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall et produit par ARTE France et Morgane Productions – 2022

Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie est un documentaire choc librement inspiré de l’ouvrage De quoi Total est-elle la somme ? Multinationale et perversion du droit d’Alain Deneault publié aux éditions Rue de l’échiquier et Écosociété

Total, réseau d’influence – Une série documentaire de quatre épisodes par Greenpeace avec la participation d’Alain Deneault – France, 2021.

Notre responsabilité dans la destruction du monde

Photo © Jonathan Hayward – La Presse canadienne

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
13 février 2026

Notre responsabilité dans la destruction du monde

Une historienne de l’Université Harvard et son collègue de la Nasa citent presque explicitement les projets hasardeux dans lesquels se lancent des entreprises soutenues par l’État du Nouveau-Brunswick. Naomi Oreskes et Erik Conway évoquent de tels chantiers dans leur livre L’Effondrement de la civilisation occidentale (Éditions Les Liens qui Libèrent, 2020).

Ces chercheurs signent là un livre d’histoire particulier, au futur antérieur.  Ils s’imaginent depuis les États-Unis comment, en 2093, des historiens comme eux en viendront à expliquer l’extraordinaire débâcle climatique, biologique, agraire et industrielle de notre civilisation.

Première conjecture : leur étonnement portera sur le fait que les sociétés occidentales, un siècle auparavant, étaient pleinement informées des torts graves et irréversibles qu’elles causaient aux écosystèmes, à l’intégrité territoriale ainsi qu’à la stabilité du climat. Le Giec sera évidemment cité, cet organe intergouvernemental qui nous met en garde contre nous-mêmes maintenant depuis des décennies, mais aussi des documents remontant jusqu’aux années 1960 sur le caractère écocide d’agents polluants requis par l’industrie.

Les auteurs mentionneront la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) de 1992, qui appelait un tournant dans les pratiques d’exploitation et un réfrènement des appétits financiers. Puis ils s’étonneront, consternés par « l’aspect le plus ahurissant de cette histoire », soit « à quel point ils en savaient long et combien ils étaient inaptes à agir en fonction de ce qu’ils savaient ». Lorsque les historiens écriront « ils », le pronom servira à nous désigner, nous aujourd’hui. Nous, depuis 1992.  

Le court traité d’histoire rappellera des événements de la décennie 2010 que nous avons d’ores et déjà traversés : les canicules meurtrières et les incendies de forêt, les ressacs météorologiques provoqués par le changement climatique, les crises agricoles et les colonnes de réfugiés climatiques. Ajoutons les maladies, les zoonoses.

« Mais l’ombre de l’ignorance et du déni s’était abattue sur ceux qui se croyaient les enfants des Lumières », analyseront-ils. Nous avons raté l’échéance, prétextant toujours un doute scientifique sur la validité des signaux d’alarme, et tablant sur des fenêtres d’opportunité imaginaires pour lancer de nouveaux chantiers industriels.

Nous serons à même en 2093 de mesurer l’état du saccage ayant corrompu notre habitat naturel. L’extrême droite cherchera encore des boucs émissaires pour se dédouaner, l’extrême centre continuera de se considérer attitré à régler le problème sans précédent qu’il aura pourtant lui-même engendré, tandis que la gauche écologiste se culpabilisera d’avoir été incapable de convaincre son prochain de l’importance de ses discours annonciateurs.

Nous. Maintenant.

Lorsqu’on fait partie d’une petite communauté, lorsqu’on se fait dire – par exemple au Nouveau-Brunswick – que nous formons un peuple d’assistés bons qu’à exploiter des richesses naturelles pour les faire transformer à l’extérieur, on a tendance à se croire hors de l’histoire. Les événements et les responsabilités politiques se laissent tout au plus regarder à la télévision et commenter sur Facebook. Aux métropoles et capitales d’assumer seules les décisions.

Or, oui, le livre d’Oreskes et Conway nous pointe du doigt. Il évoque à plusieurs endroits le Canada, ses décisions politiques et son influence délétère sur la capitulation des sociétés occidentales devant le désastre annoncé lors de cette année 1992. Des États ont alors encouragé plus que jamais l’exploitation d’énergies fossiles tout en finançant des études indiquant à quel point la combustion de cette ressource représentait une menace pour le climat.

« Deux des [pays les] plus prospères du monde sont au cœur de cette énigme : les États-Unis et le Canada ». En effet, au début du XXIe siècle, « les autorités canadiennes ont entrepris d’inciter au développement des énormes gisements de sable bitumineux de l’Alberta ». Un « enthousiasme pour le gaz de schiste avait aussi saisi le Canada », lit-on plus loin. Le Canada est encore mentionné parmi les pays réfractaires à abandonner le charbon. Les années Harper en particulier sont citées pour expliquer la « volte-face » de l’Occident dans sa prétendue lutte aux changements climatiques. Mais nous n’en sommes jamais sortis, les libéraux avalisant cette approche, mais avec un sourire.

Il n’est pas étonnant que ce soit ici aussi qu’on fasse les frais de ces politiques irresponsables. Le livre d’histoire prospectiviste raconte que « l’expansion des populations d’insectes détruisit de vastes étendues de la forêt au Canada » aux environs de 2050. Les changements de température expliquent aussi la fusion des États-Unis au Canada, la population devant désormais se concentrer bien au nord du continent.

Et nous, humbles Néo-Brunswickois, là-dedans ? Nous pouvons nous targuer de « faire notre part ». D’être pleinement de ce Canada qui mène le monde aux abîmes. D’en rajouter, incapables de transcender les petits intérêts de l’heure, nous, candides et conformistes, dans le pire des cas cyniques et pervers. 

La mine de pouzzolane envisagée à Dalhousie risque fort de nuire aux baleines de la baie des Chaleurs, aux saumons des rivières ainsi qu’à la qualité de vie des habitants. L’extension des bleuetières dans la Péninsule acadienne contribue au saccage des trop rares forêts. Une firme compte raser plus avant les tourbières millénaires de l’île de Lamèque, nous privant de nos derniers puits de carbone.

Au Sud, dans la région de Tantramar, le gouvernement entend autoriser une entreprise des États-Unis (!) à construire une centrale électrique, gourmande en eau, fonctionnant au gaz et au diesel au détriment du climat, et ce, tout en gênant la faune sauvage. Elle alimentera fort probablement l’énergivore centre de mégadonnées que se propose d’autoriser l’État dans la région de Saint-Jean, là aussi pour favoriser le capital plutôt que les gens. Le tout en subissant la gloutonnerie du clan Irving, les Jacks-L’Éventreurs de la forêt, voulant toujours raser un peu plus haut, un peu plus loin. Les peuples autochtones restent à la marge, la décroissance un tabou, la biorégion une utopie.

C’est dans une perspective historique qu’il convient de considérer cette idéologie d’entreprises avides et de leur État complaisant.

Industries extractives, institutions culturelles et résistance avec Joshua Schwebel et Alain Deneault

Alain Deneault participera avec l’artiste Joshua Schwebel à une discussion publique ayant pour titre Industries extractives, institutions culturelles et résistance au Centre d’artistes Vaste et Vague à Carleton-sur-Mer le vendredi 28 novembre 2025 de 12 h 30 à 13 h 30.

« Le Centre d’artistes Vaste et Vague a le plaisir d’accueillir une discussion publique entre l’artiste Joshua Schwebel et le philosophe Alain Deneault, autour des liens entre les industries extractives, les institutions culturelles et les formes de résistance possibles face aux dynamiques de pouvoir qu’elles engagent.

Au cours de sa résidence à Carleton-sur-Mer, Joshua Schwebel poursuit une recherche critique sur la relation entre les structures économiques et politiques de l’extraction et celles de l’art institutionnalisé au Canada. Son travail met en lumière les dépendances, souvent invisibles, qui unissent le monde de l’art aux logiques impériales, coloniales et corporatives héritées de la construction du pays. Par une approche spécifique au site et en dialogue avec la communauté locale, il cherche à révéler ces réseaux d’influence et à imaginer des formes de redistribution contre-capitaliste.

Philosophe et essayiste, Alain Deneault explore depuis plusieurs années les dimensions éthiques, économiques et territoriales de l’industrie minière, ainsi que le concept de biorégion comme cadre de réflexion et d’action collective face aux structures extractivistes.

En dialogue, Joshua Schwebel et Alain Deneault croiseront leurs perspectives pour interroger la manière dont les institutions culturelles et les pratiques artistiques participent – volontairement ou non – à la reproduction des logiques d’extraction. Ensemble, ils ouvriront un espace de pensée sur ce que pourrait signifier habiter, créer et penser autrement, en dehors des impératifs du capitalisme extractif. » – Centre d’artistes Vaste et Vague


Industries extractives, institutions culturelles et résistance
Discussion publique
Avec Joshua Schwebel et Alain Deneault
Vendredi 28 novembre 2025 - 12 h 30 à 13 h 30
Quai des arts - Centre d’artistes Vaste et Vague
774 blvd. Perron, Carleton-sur-Mer (Québec), G0C 1J0
Gratuit

Simon Paré-Poupart: le vidangeur qui a transformé nos déchets en best-seller

Photo © Bruno Petrozza – TVA Publications

7 Jours

Par Alicia Bélanger-Bolduc
13 novembre 2025

Simon Paré-Poupart semblait peu destiné à cette rencontre. Après plusieurs années comme éboueur, il a pourtant publié Ordures!, un ouvrage sur nos habitudes de consommation et la perception sociale de son métier. En quelques mois seulement, son livre a connu un succès retentissant, au point qu’il est désormais reconnu dans la rue pendant son travail. Figure atypique dans son milieu, il inspire tout en dressant un portrait authentique et révélateur de notre société.

[…] Comment est venue l’idée d’écrire un tel livre?

J’ai fait ma maîtrise aux côtés de l’auteur Alain Deneault et il a joué un rôle de passeur dans ma vie. Je ne viens pas du milieu des arts et des lettres; sans lui je ne crois pas que je me serais permis d’écrire un livre. Il était mon directeur de stage au moment où je parlais de déchets, et il m’a convaincu que je devais écrire un livre sur le sujet. Il m’a présenté un éditeur — je ne savais même pas ce que c’était! Il avait un regard extérieur sur mon milieu qui le rendait tout à coup fascinant. Il a mis en lumière un discours qui m’habitait, mais dont je ne connaissais pas la valeur puisque pour moi, c’était banal. […]

Photo © Ísjaki Studio – Alain Deneault et Simon Paré-Poupart à la 22e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Sophie Lemaître : « Le droit est parfois utilisé pour faire taire »

Actu-Juridique.fr

Entretien avec Sophie Lemaître, Docteure en droit, juriste 
Propos recueillis par Delphine Bauer
8 octobre 2025

Docteure en droit, Sophie Lemaître est passée par différents postes, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture à Rome (Italie), à l’association Sherpa à Paris (France) sans oublier encore le centre de recherche U4 Anti-Corruption Resource Centre à Bergen (Norvège). Dans « Réduire au silence, comment le droit est perverti pour bâillonner médias et ONG » (éd. Rue de l’Échiquier), Sophie Lemaître analyse le phénomène du « lawfare » ou « guerre par le droit », qui vise à faire taire les voix dissidentes des activistes ou journalistes. La France n’est pas épargnée par le phénomène. Rencontre.

Actu-Juridique : Comment est née l’idée de cet essai ?

Sophie Lemaître : Cet essai résulte d’un processus long de plusieurs années. La première fois que j’ai été sensibilisée au fait que le droit pouvait servir à museler, c’était en 2011. Cette année-là, le livre « Noir Canada » [qui dénonce les abus commis par des multinationales canadiennes en Afrique, NDLR], écrit par Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, est interdit de vente à la suite d’une action en justice initiée par l’entreprise Barrick Gold. C’était une pure procédure-bâillon. J’étais jeune mais je m’en souviens bien, car j’ai été marquée par le fait que ce livre avait purement et simplement disparu des rayons. J’ai d’ailleurs dans ma bibliothèque l’un des derniers exemplaires. […]

AJ : Pourquoi parler de ces attaques est-il plus que jamais nécessaire ?

Sophie Lemaître : Parce que sans information, sans le travail des journalistes, comment pourrions-nous prendre des décisions en toute connaissance de cause ? Les attaques par le droit menacent la liberté de la presse, la liberté d’association et la liberté d’expression, et plus largement l’État de droit et notre démocratie. Le fait d’en parler est essentiel. Cela n’empêchera pas d’être poursuivi, mais cela générera du soutien des citoyens, de l’indignation. C’est le meilleur rempart contre un monde du silence que l’on tente de nous imposer. […]

Les essais d’Alain Deneault aux Éditions Rue de l’échiquier :

Pétrole contre nourriture : scandale à l’ONU

L’ouvrage De quoi Total est-elle la somme ? d’Alain Deneault est mentionné parmi les sources du récit documentaire de Gaspard Wallut Pétrole contre nourriture : scandale à l’ONU sur France Inter à l’émission Affaires sensibles animée par Fabrice Drouelle – Durée : 48 minutes – 9 juin 2025

« Aujourd’hui dans Affaires Sensibles… les dérives du programme onusien pétrole contre nourriture

Lorsqu’en janvier 2004 un journal irakien publie une liste de plus de 260 personnalités suspectées d’avoir bénéficié des largesses du dictateur déchu Saddam Hussein, personne n’imagine encore l’ampleur de l’affaire qui s’apprête à éclater. Pourtant cette publication va entraîner l**’Organisation des Nations Unies** dans le plus grand scandale de corruption de son histoire. Un scandale survenu dans le cadre d’un ambitieux et inédit programme humanitaire.

Pétrole contre nourriture, c’est le nom du programme, deviendra aussi le nom de l’immense affaire de corruption qui en découle. Une affaire qui plonge l**’ONU** dans l’embarras mais qui éclabousse aussi de nombreux pays, dont la France, qui compte pas moins de 11 noms sur la liste publiée par le journal irakien, dont des personnalités de premier plan. » – Affaires sensibles, France Inter

Déchargement des sacs de produits alimentaires reçus dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture » des Nations Unies dans le port d’Umm Qasr, à quelque 620 km au sud de Bagdad, le 3 juin 2001 ©AFP – KARIM SAHIB

Total, réseau d’influence – Une série documentaire de quatre épisodes par Greenpeace – France, 2021.
Un documentaire choc inspiré par livre De quoi Total est-elle la somme? d’Alain Deneault et réalisé par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall Produit par ARTE France et Morgane Productions – 2022

Mention d’Alain Deneault par Simon Paré-Poupart à l’émission Y’a du monde à messe

Lors de son passage à l’émission Y’a du monde à messe (Saison 9 – EP2), animée par Christian Bégin à Télé-Québec, Simon Paré-Poupart mentionne le rôle qu’a joué Alain Deneault dans son essai Ordures ! Journal d’un vidangeur publié chez Lux Éditeur. Le segment de cette mention débute à 39 min 50 sec – 9 mai 2025

« CB : D’où est partie cette impulsion pour écrire le livre ?

« C’est venu d’Alain Deneault qui était mon directeur de maîtrise. Je n’ai pas une famille qui vient du milieu du livre, on ne parlait pas vraiment de littérature… Une fois que tu fais une tâche ouvrière en général ou certains métiers, je pense qu’on normalise ce qu’on vit et éventuellement on banalise ce qu’on vit… J’ai fait un peu de littérature et Flaubert disais que ce qui est beau c’est de voir dans l’ordinaire de l’extraordinaire et Alain m’a permis ça, par son regard extérieur. On jasait de vidanges – j’en parle souvent – et il m’a dit : « Ce que tu portes comme discours a une valeur sociologique » et c’est lui qui m’a présenté à un éditeur. Alors, vraiment, le livre ne m’est pas venu d’emblée. C’est vraiment une très belle rencontre. » – Simon Paré-Poupart, Y’a du monde à messe, Télé-Québec

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Alain Deneault participera avec Simon Paré-Poupart, Thibault Biscahie et Adib Bencherif à la soirée d’échanges Repenser l’altermondialisme face au moment réactionnaire présenté par les Amis du Monde diplomatique de Montréal le 9 juin 2025 au Centre social l’Achoppe (inscription obligatoire).

«Les paradis fiscaux font de l’ingérence politique», affirme un professeur de philosophie

Les paradis fiscaux, est-ce légal ?  Entrevue avec Alain Deneault par Sophie Durocher sur les ondes de QUB 99,5 FM concernant son article paru le 29 mars 2025 dans le journal Le Devoir : Pourquoi les paradis fiscaux, « c’est légal » – Durée : 16 min 16 sec – 31 mars 2025

Il n’y a que la classe moyenne et les plus pauvres qui contribuent aux finances de l’État ! Entrevue avec Alain Deneault par Sophie Durocher – QUB Radio- 31 mars 2025

Journal d’un vidangeur: sensibiliser sans culpabiliser

Photo © Mariane L. St-Gelais – Le Quotidien

Le Soleil

Par Mariane Guay
15 février 2025

« L’essai de Simon Paré-Poupart n’a laissé personne indifférent. L’histoire et les réflexions derrière Ordures! Journal d’un vidangeur, intriguent tout le monde, des jeunes au moins jeunes, en passant par le jury du Prix des Libraires.

[…] Simon Paré-Poupart a travaillé sur cet ouvrage pendant plusieurs années, avant d’être satisfait de son écriture. C’est une rencontre avec le philosophe Alain Deneault qui a «poussé» l’auteur à présenter ce qui est pour lui bien banal. «C’est comme s’il a donné une valeur à mon discours, puis il m’a présenté un éditeur, de là que je dis qu’il m’a comme poussé, il m’a fortement encouragé à mettre à l’écrit mon discours», mentionne l’auteur, ajoutant qu’il est fier du résultat.

[…] L’ouvrage, publié chez Lux Éditeur, a même été nommé finaliste dans la catégorie Adulte du Prix des libraires 2025, une autre récompense qui lui prouve que malgré les difficultés, il a bien fait de mettre son discours à l’écrit. […] »

Photo © Mariane L. St-Gelais – Le Quotidien

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

À paraître le 13 février prochain : «Multinationales. Une histoire du monde contemporain» avec la participation d’Alain Deneault

Alain Deneault a fait partie du conseil scientifique qui a mené à ce volumineux ouvrage de 864 pages publié aux éditions La Découverte : Multinationales. Une histoire du monde contemporain, sous la direction d’Olivier Petitjean et Ivan du Roy, à paraître le 13 février prochain (France).

« À la fois fresque et généalogie critique, Multinationales. Une histoire du monde contemporain retrace l’émergence des multinationales depuis 1850 jusqu’à nos jours à travers cinq grandes périodes, des dates emblématiques et des portraits. » – Florian Dumont, Presse Agence, 23 janvier 2025

Parmi la cinquantaine d’universitaires, d’experts et de journalistes qui ont collaboré au livre, on retrouve deux textes signés par Alain Deneault, comme on peut le lire dans la table des matières :

DEUXIÈME PARTIE. 1901‑1945
La société industrielle et ses crises

1927. Les entreprises pétrolières se partagent l'Irak puis le monde, Alain Deneault (239) :
La France confie ses intérêts pétroliers au futur groupe TotalEnergies (241) ; Naissance d'un pétro-protectorat (243) ; Les maîtres du pétrole se dotent d'une constitution (244).

Extrait du texte d’Alain Deneault :

Durant la Première Guerre mondiale, le trust pétrolier états-unien contrôlé par John Rockefeller, la Standard Oil (SO), fait chanter les belligérants à la manière d’un marchand d’armes cédant au plus offrant. En France, par exemple, il jouit formellement d’un monopole d’approvisionnement via un cartel de dix courtiers à sa solde, auprès desquels Paris assure son ravitaillement. Inutile de rappeler qu’en pleine bataille de Verdun, les vendeurs de carburants avaient l’avantage […]

QUATRIÈME PARTIE. 1980‑1999
Le néolibéralisme triomphant

1993. Le Canada, paradis sans foi ni loi pour les entreprises minières, Alain Deneault (567) : 
Un pays voué à l'extraction des ressources naturelles (568) ; Une longue histoire de spéculation et de fraudes (569) ; Une initiative conçue par et pour l'industrie minière (571) ; Un paradis fiscal et judiciaire connecté à la Caraïbe britannique (572).

Extrait du texte d’Alain Deneault :

L’ingénieur belge René Nollevaux, gestionnaire d’une mine de cuivre au Congo, l’affirme sur le ton de l’évidence : « de manière générale dans l’industrie minière, les capitaux à risque viennent du Canada. » Il s’adresse alors à Thierry Michel, un réalisateur montrant au grand jour les relations néocoloniales belges dans la région des Grands Lacs africains. On le sait, le Canada est la législation de prédilection des minières. 75 % des sociétés minières mondiales choisissent le Canada comme lieu d’enregistrement et 60 % de celles qui émettent des actions en bourse s’inscrivent à Toronto, loin devant le London Stock Exchange, sa concurrente directe. En 2011, 90 % des actions émises par le domaine minier dans le monde ont été administrées par le Toronto Stock Exchange (TSX) et Toronto a financé par actions le secteur minier à hauteur de 220 milliards de dollars entre 2007 et 2011. […]

Résumé du livre

Qu’on consomme leurs produits, qu’on admire leurs marques ou qu’on dénonce leurs pratiques, les multinationales sont omniprésentes dans nos vies. Mais les connaît-on vraiment ? Quand sont-elles apparues ? Comment sont-elles devenues si puissantes ?

Ce livre, associant chercheurs et journalistes, offre une fresque historique et critique inédite sur ces entreprises qui ont contribué à façonner le monde dans lequel nous vivons. Des premiers câbles télégraphiques sous-marins aux géants du Web, de IG Farben au pesticide RoundUp, de Rockefeller à Elon Musk, des  » républiques bananières  » au lobbying intensif, il retrace leur montée en puissance progressive jusqu’à nos jours. À travers des dates emblématiques, des épisodes-clés et des portraits, il montre comment leur expansion découle de choix économiques et politiques, mais aussi juridiques, techniques, financiers ou culturels.

L’histoire des multinationales épouse celle des relations entre États, des conflits et des grandes crises. Elle suit de près la trajectoire des changements technologiques, que ces entreprises ont contribué à orienter et accélérer. Elle accompagne la mutation de nos vies quotidiennes, à travers l’avènement d’une société de consommation de masse puis du tout-numérique. Elle est aussi l’histoire de la transformation de notre environnement naturel, de l’extraction des matières premières, de la production d’énergie à une échelle toujours plus importante, jusqu’à engendrer des menaces inédites.

L’histoire des multinationales est donc notre histoire.

Mention de l’essai «Le totalitarisme pervers» d’Alain Deneault par Patrick Ducharme à l’émission «On n’est pas du monde»

Mention de l’essai Le totalitarisme pervers d’Alain Deneault publié aux Éditions Écosociété par Patrick Ducharme à l’émission On n’est pas du monde sur la chaîne Le Verbe médias à partir de 9 min 40 sec – 4 février 2025

« Patrick Ducharme, sociologue et enseignant, nous explique les liens entre l’esseulement et le totalitarisme. Grâce aux réflexions de Sherry Turkle, Hannah Arendt et Alain Deneault, il démontre comment l’isolement devient une condition propice à l’émergence de régimes totalitaires et comment le capitalisme moderne contribue à cet état d’esseulement. Une analyse sociologique captivante ! » – Le Verbe médias

Faire que ! au palmarès de la Librairie Vaugeois dans la catégorie essai

L’essai Faire que ! d’Alain Deneault a figuré parmi les dix meilleurs vente de la Librairie Vaugeois à Québec pour le mois de décembre 2024 dans la catégorie essai au côté de l’ouvrage – dont il a été l’instigateur du projet – Ordures ! Journal d’un vidangeur de Simon Paré-Poupart.

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Mention d’Alain Deneault dans les remerciements du livre Ordures ! Journal d’un vidangeur de Simon Paré-Poupart

À la page 137 de son livre Ordures ! Journal d’un vidangeur publié chez Lux Éditeur, Simon Paré-Poupart remercie d’abord Alain Deneault comme l’instigateur de son projet de livre « J’ai eu la chance de trouver chez lui un intérêt sincère qui m’a donné l’élan nécessaire pour me lancer. […] »


Extraits des mentions d’Alain Deneault par Simon Paré-Poupart dans les médias
Image : Page Instagram de Lux Éditeur
Extrait de l'entrevue par Anne-Marie Dussault à l’émission 26.60 sur ICI RDI le 30 août 2024 (à partir de 2 minutes 45 secondes) :

«Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?»

« J'ai fait une belle rencontre avec Alain Deneault lors de ma maîtrise [...] qui est devenu un ami [...] On parlait et je réalisais que ce qui était normal, banal, chez mes collègues, dans mon milieu...En fait, lorsque j'avais une écoute attentive des gens, je réalisais que ce que je vivais au travail était exceptionnel. Alors je me suis mis à m'intéresser de plus en plus aux vidanges, aux ordures, à ce qu'on collecte et aussi à mon métier, à mes collègues et finalement, j'ai réalisé que le discours que je pouvais porter était peut-être intéressant pour plusieurs [...].» - Simon Paré-Poupart

Photo : Urbania

Extrait de l’article Ordures! : un éboueur dévoile les dessous de la ville de Jean Bourbeau dans Urbania le 4 septembre 2024

[…] Simon Paré-Poupart n’a jamais eu l’intention de mener une enquête journalistique classique. Ce qu’il souhaitait, c’était offrir un regard neuf, de l’intérieur, sur un monde qu’il connaît intimement.

Lors de sa maîtrise, sous la direction d’Alain Deneault, il a rapidement pris conscience de l’originalité de son point de vue.

Mais Alain Deneault lui a ouvert les yeux : « Il m’a fait réaliser que ma perspective était singulière, presque étrangère à mon milieu. Ce que je racontais avait une valeur sociologique, une pertinence que je n’avais pas mesurée. » C’est à ce moment-là que Simon a commencé à nourrir cette idée. Peu à peu, il a réalisé qu’il était prêt à en faire un livre, aussi personnel qu’engagé. Un projet qui a mûri lentement, au fil de quatre longues années de rédaction. […] »


Extrait de l’article Notre part maudite de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir le 9 septembre 2024

Photo © Laurianne Desjardins

« Le plus révélateur dans le déchet, c’est l’invisibilisation, dit Simon Paré-Poupart, qui vient de faire paraître Ordures ! Journal d’un vidangeurchez Lux. Notre société surconsommatrice ne veut pas voir ce qu’elle produit et finit par jeter. Elle enfouit en dehors des villes. Elle envoie le recyclage à l’autre bout de la planète. Elle met le travailleur qui le cache à la marge. Georges Bataille parlait de “la part maudite”. Le déchet est notre part maudite. Celle qu’on ne veut pas voir, celle qui nous confronte à ce qu’on fait, à ce qu’on est. »

[…] Les discussions avec son professeur de maîtrise Alain Deneault, philosophe de l’économie, l’ont convaincu d’écrire au « je » pour parler du « nous ». Sauf erreur, son témoignage s’avère assez unique au monde.

« Le livre est venu de réactions montrant de la curiosité et de l’intérêt pour mon monde. Comme on dit en journalisme, j’ai compris qu’il y avait un sujet. Dans les milieux ouvriers, il y a une banalisation de ce qu’on fait. J’ai aussi remarqué que beaucoup de vidangeurs font leur métier par souci d’entraide, comme un service public, tout en sacrifiant leur corps. »

[…] Le livre se termine sur des remerciements, au professeur Deneault, à l’éditeur Mark Fortier chez Lux, à sa femme, Laurianne, et finalement à ses compagnons de truck de vidange. « Mes collègues ne savent pas, pour la grande majorité, que j’ai écrit un livre sur le milieu, dit le texte final. J’ignore s’ils en entendront parler, et si cela les intéressera. »


Extrait de l’article Titulaire d’une maîtrise et vidangeur de Daniel Chrétien dans L’actualité le 11 septembre 2024

Photo © kozmoat98 / Getty Images – Montage : L’actualité

« Simon Paré-Poupart pourrait être gestionnaire de haut niveau. Il a préféré être éboueur. Avec son livre Ordures ! il offre une incursion déroutante dans le monde des rebuts. Entrevue. 

D’où vient l’idée de ce livre sur votre métier ?

« […] En fait, je n’ai jamais perçu mon travail comme étant hors de l’ordinaire. Pour moi, c’est un job normal. Mais au moment où j’ai commencé ma maîtrise en gestion internationale à l’ENAP, j’ai vu l’intérêt que mon emploi soulevait chez mon directeur Alain Deneault [NDLR : sociologue et philosophe]. Par sa rétroaction, il m’a fait réaliser que mon métier suscitait la curiosité. Alain m’a présenté à un éditeur, Mark Fortier, qui a un background en sociologie. Il a tout de suite manifesté de l’intérêt, parce que mon livre allait traiter de culture ouvrière, d’environnement, d’un enjeu civilisationnel, en fait. […] »


Photo © Josie Desmarais – La Presse

Extrait de l’article Les faces cachées des ordures de Sylvain Sarrazin dans La Presse le 12 septembre 2024 :

« […] Et c’est presque un monde parallèle qui s’y trouve dépeint, en marge d’une société préférant ne pas trop s’attarder sur ce microcosme souillé et ses travailleurs dédaignés – eux qui assurent pourtant un service toujours plus essentiel dans un univers surconsumériste. Pour le décoder et le rendre intelligible aux yeux du grand public, les atouts universitaires de l’auteur combinés à 20 ans d’expérience de terrain forment une passerelle improbable et éclairante. Une tâche de documentation qui ne coulait pas de source aux yeux de M. Paré-Poupart, mais qui est apparue nécessaire au fil de ses études, notamment sous l’impulsion du philosophe Alain Deneault.

« Alain Deneault avait les yeux grands ouverts. En sociologie, c’est la position de l’étranger qui nous fait réaliser que l’on touche à quelque chose de peu courant », poursuit l’auteur. […] »


Photo © Unsplash

Extrait de l’article Si nos ordures parlaient de Josée Blanchette dans Le Devoir le 27 septembre 2024 :

« […] L’éboueur Simon Paré-Poupart, qui vient de publier l’excellent Ordures ! Journal d’un vidangeur, nous en met plein les sens avec le récit passionnant de ce qu’il jette dans le camion toute la journée. Voilà un métier qu’il exerce par passion trois jours par semaine, malgré une maîtrise en administration internationale, et qui lui permet aussi de pratiquer le « freeganisme », une forme de revalorisation de nos déchets. « La production annuelle de déchets solides a dépassé les 2 milliards de tonnes dans le monde et devrait atteindre 3,4 milliards en 2050. On trouve des ordures jusque dans l’espace. Près de 10 000 tonnes orbitent autour de la Terre. Devrais-je envoyer mon CV à la NASA ? » écrit le vidangeur de 38 ans. Son professeur, le philosophe Alain Deneault, lui a conseillé d’écrire ce livre. Ces témoignages d’ouvriers scolarisés et capables d’observer le monde à la Zola sont aussi rares que précieux. » – Josée Blanchette


Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Participation d’Alain Deneault au livre de Adam Bouiti « L’information est un sport de combat »

Alain Deneault est parmi les 30 experts et témoins qui ont participé au livre L’information est un sport de combat de Adam Bouiti publié chez Investig’Action.

L’entretien avec Alain Deneault par Adam Bouiti a pour titre Langage (page 379 à 386 du chapitre 3). Voici un extrait :


Si je vais maintenant sur le terrain du langage, certains concepts, mots sont largement utilisés alors qu’ils empêchent de saisir le monde tel qu’il est. Comment voyez-vous cela ?

« Beaucoup ont répandu cette idée que la langue, le langage, les notions, les concepts sont réductibles à l’idée d’un coffre à outils dans lequel il suffirait de se servir en fonction des instruments dont on a besoin à tel ou tel moment alors que tout cela est très naïf. Penser le langage comme cela de manière aussi instrumentale, élémentaire, croire que l’on dispose du langage est un péché d’orgueil. Ce ne sont pas les gens qui disposent du langage, c’est le langage qui dispose des gens. […] » – Alain Deneault

Alain Deneault sera l’invité de Marie-Louise Arsenault à l’émission «Tout peut arriver» ce samedi 30 novembre

« Trois semaines après l’élection de Donald Trump et alors qu’ici, on s’embourbe dans des débats sémantiques puérils, je suis très contente de lire et d’accueillir ce remarquable penseur du politique. Alain Deneault a enquêté et révélé les ravages des paradis fiscaux (*Paradis fiscaux: la filière canadienne) et les pouvoirs supra-étatiques des grandes corporations (De quoi Totale est-elle la somme ?), l’un des meilleurs livres lus dans ma vie. Il sera avec nous ce samedi à Tout peut arriver » – Marie-Louise Arsenault, page Facebook

*Paradis fiscaux: la filière canadienne – Prix Pierre-Vadeboncœur pour l’essai de l’année 2014

Une économie qui ne sait plus ce qu’elle compte. Entretien avec Alain Deneault

Cette entrevue avec Alain Deneault par François-Xavier Lavallée a été réalisée dans le cadre d’un projet de court-métrage sur l’industrie minière canadienne par les étudiant.e.s du Cégep de Sainte-Foy au printemps 2024. Puisque le projet a été avorté, cette capsule présente des extraits dont les thèmes sont identifiés dans les chapitres. Durée : 1 h 49 min 10 sec.

« […] L’essayiste vient de publier son nouvel ouvrage, Faire que !, dont la discussion traite partiellement. Nous le remercions chaleureusement. » – Source: Page YouTube de Bérénicius Potkinovitch

Les essais d’Alain Deneault 
(dont plusieurs sont mentionnés dans l'entretien)

Au-delà des arbres du roman, une forêt de genres littéraires

Photo © Valérian Mazataud – Archives Le Devoir

Le Devoir

Par Olivier Kemeid
9 octobre 2024

« Le récent palmarès littéraire de La Presse (« Nos 25 nouveaux classiques », 5 octobre 2024) survolant le dernier quart de siècle a fait jaser dans les chaumières des écrivaines et des écrivains du Québec — et certainement plus que dans les salons du reste de la population.

[…] Ce palmarès, dont la légitimité reposait sur les épaules d’un large panel — 37 « experts », nous dit-on —, ne fait pas exception. De l’avis de plusieurs plumes qui y ont contribué, et on le sent bien à sa lecture, il a été fortement influencé par les prix littéraires, la couverture médiatique et les ventes. Ce ne sont certes pas des critères à rejeter d’emblée, même s’ils ne devraient pas constituer essentiellement la sève d’un canon littéraire. C’est donc un palmarès qui rappelle avant tout ce qui a vraiment « marché » au cours des 25 dernières années chez nous. Sauf exception, il continue de passer sous silence les oeuvres qui, pour toutes sortes de raisons, ont échappé aux mailles du filet médiatique : tel est le jeu des tableaux d’honneur, quel que soit le domaine couvert.

[…] Finalement, au petit jeu des palmarès dont sont friands les journaux, il me semble qu’il aurait été plus juste, si l’on tenait absolument à édifier un canon des nouveaux classiques, de dresser la liste des 20 romans qui ont marqué le Québec dans les 25 dernières années. Et non pas des 20 livres.

[…] J’aurais aimé dans ce cas qu’on souligne la littérature jeunesse, où on aurait sans peine retrouvé Élise Gravel, Marianne Dubuc, Dominique Demers, Suzanne Lebeau ; l’essai, où il y aurait eu, outre les remarquables Martine Delvaux et Marie-Hélène Voyer, Serge Bouchard et Alain Deneault (je ne crois pas qu’on puisse parler de l’essai au Québec des 25 dernières années sans nommer ces deux derniers) […] Et rappeler au passage qu’il y a sur nos terres des écrivaines et des écrivains de littérature qui ont écrit non pas (que) des romans, mais, eux et elles aussi, « des livres qui ont changé le Québec ».

Les essais d’Alain Deneault (et les essais traduits)

Extraits de la discussion avec Alain Deneault sur le film La (très) grande évasion présenté à la Cinémathèque québécoise

Extraits de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau sur l’évasion fiscale suite à la projection du film La (très) grande évasion de Yannick Kergoat à la Cinémathèque québécoise le 30 septembre 2024.

Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 45 sec – 1/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 08 sec – 2/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 22 sec – 3/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 19 sec – 4/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 5 min 44 sec – 5/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 4 min 49 sec – 6/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 37 sec – 7/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 58 sec – 8/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 21 sec – 9/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 20 sec – 10/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 3 min 03 sec – 11/11

La tournée est une réalisation de Funambules Médias en collaboration avec les partenaires : AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-Québec, Éditions Écosociété.

« La Cinémathèque québécoise a reconduit le film pour une semaine supplémentaire jusqu’au 9 octobre. » – Cinéma sous les étoiles – Funambules Médias

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur est en librairie depuis le 3 octobre en Amérique du Nord et à paraître en Europe le 25 octobre 2024 !

La (très) grande évasion, ou l’histoire des causes du déclin de nos services publics

Photo © Gilles Gagné – Le Soleil

Le Soleil

Par Gilles Gagné
(Collaboration spéciale)
22 septembre 2024

« […] Largement québécoise, cette tournée canadienne a débuté à Carleton-sur-Mer, un lieu de diffusion lié au fait qu’Alain Deneault, qui accompagne cette tournée, vit relativement proche de la Gaspésie, puisqu’il est établi dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

Spécialiste réputé des questions d’évasion fiscale, M. Deneault est interviewé dans le documentaire de Yannick Kergoat. Il vante l’approche originale de ce film.

«Il y a eu beaucoup de documentaires sur l’évasion fiscale au fil des ans. Celui-là a la particularité de faire l’histoire de la pseudo-lutte des états contre l’évasion fiscale», affirme le philosophe.

[…] Alain Deneault souligne que le système fiscal actuel, largement influencé par les besoins des firmes multinationales, «crée une distorsion de concurrence», parce que «les PME paient une plus grande part d’impôt que les géants».

Au sujet de la légalité du régime fiscal, le philosophe pourfend la perception selon laquelle «la loi, c’est la volonté des dieux, (parce) qu’elle est transcendante. Mais elle est votée, cette loi».

Dans le même ordre d’idées, Yannick Kergoat fait valoir dans le film que «rien ne changera tant que les élus dépendront des riches».

Échanges avec le public

Après le visionnement, Alain Deneault a longuement échangé avec le public gaspésien. À Catherine Cyr-Wright, qui lui a demandé «comment on change cette culture», le philosophe a pris quelques minutes pour souligner qu’un point régulièrement escamoté par le citoyen financièrement privilégié trouvant légitime de ne pas payer d’impôt, «c’est qu’il doit aux infrastructures publiques ses possibilités d’enrichissement».

Mettant Elon Musk, les Desmarais, la famille Irving et Jeff Bezos, d’Amazon, dans le même sac, M. Deneault a insisté sur la nécessité de mettre l’accent sur l’achat local.

«Si vous achetez un livre à votre libraire local, l’argent reste ici. Si vous l’achetez sur Amazon, votre argent part aux Bermudes. On a au moins une marge de manœuvre», résume-t-il.

À Danielle Cyr, qui trouve que Yannick Kergoat n’a pas parlé du rôle des actionnaires de sociétés multinationales dans tout l‘enjeu fiscal, et qui se demande «à partir de quel âge» cette éducation doit-elle être amorcée, Alain Deneault a aussi répondu en fonction d’un préambule assez touffu.

«J’ai donné des cours en Haïti à des illettrés en 2009, et ils comprenaient tout parce qu’ils vivent les injustices (découlant de l’évasion fiscale) dans leur chair. Quelques jours plus tard, à Montréal, avec des gens aux études supérieures, j’ai eu toutes les difficultés à leur faire comprendre les mêmes réalités. Est-ce que ça passe par des cours ? Je ne suis pas certain», dit-il.

Alain Deneault croit que l’effondrement du système capitaliste, en dépit de la formidable accumulation de richesse de ses défenseurs, est déjà amorcé et que le salut se trouve dans «une perspective bio-régionale. Il faut se préparer à « l’après», organiser la vie sur une échelle régionale ».

Son prochain livre, Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, paraîtra le 3 octobre, répondra entre autres à la question «Que faire ?» dans le contexte actuel.

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Essais d’Alain Deneault

Alain Deneault à travers le Québec pour relayer les thèses d’un documentaire sur l’évasion fiscale

Photo @ Faustine Lefranc

Le Droit / La Voix de l’Est / Le Quotidien / Le Nouvelliste

Par Yves Bergeras
22 septembre 2024

L’auteur et philosophe Alain Deneault entame, à partir du 22 septembre, une tournée à travers le Québec afin de soutenir la diffusion du documentaire La (très) grande évasion, qui invite à une réflexion collective sur la justice fiscale et les inégalités économiques.

[…] Alain Deneault sera présent à chaque projection, à l’issue desquelles il prendra la parole pour creuser les thèmes qui traversent le film, débattre (en compagnie d’un modérateur qui sera désigné pour chaque région visitée) et répondre aux questions du public.

M. Deneault a consacré plusieurs essais à l’évasion fiscale et à ce qu’il perçoit comme l’actuelle «dérive de l’ultralibéralisme sauvage» mondiale.

Il a notamment fait paraître les ouvrages Offshore: paradis fiscaux et souveraineté criminelle (2010), Paradis fiscaux : la filière canadienne (2014) et De quoi Total est-elle la somme? Multinationales et perversion du droit (2017).

Le phénomène, dont il dénonce l’iniquité depuis longtemps, est à ses yeux largement responsable du «déficit démocratique» des systèmes de gouvernance.

Bien que conformes à la légalité, les méthodes d’optimisation fiscales cachent en réalité «un système de tricherie», vitupère Alain Deneault, face à la caméra.

Image de la bande-annonce avec l’extrait d’Alain Deneault

[…] Son réalisateur, le Français Yannick Kergoat, a fait un travail d’enquête archivistique des plus sérieux, alors qu’il soulève, images à l’appui, les contradictions manifestes qu’il observe dans les discours des politiciens – d’Europe, principalement – aux manettes des grandes décisions économiques.

Le documentaire La (très) grande évasion de Yannick Kergoat présenté au Québec par Alain Deneault

Il adopte un ton qui se veut tour à tour didactique ou pamphlétaire, sans toutefois s’interdire une bonne dose de sarcasme, notamment vis-à-vis des promesses servies au fil des ans par des politiciens qui réagissaient, scandalisés, aux vagues d’indignation populaire causées par la fuite des Panama Papers (listant les noms de 40 000 sociétés offshores administrées par le cabinet Mossack Fonseca) ou celle des Luxembourg Leaks (des accords secrets signés pour permettre à 300 multinationales d’échapper à l’impôt), mais aussi vis-à-vis du sort réservé aux lanceurs d’alerte.

[…] La tournée de projections en présence d’Alain Deneault est organisée par Funambules Médias, organisme voué à la diffusion de documentaires sociaux et politiques. »

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Essais d’Alain Deneault

Les faces cachées des ordures

Photo © Josie Desmarais – La Presse

La Presse

Par Sylvain Sarrazin
12 septembre 2024

« […] Et c’est presque un monde parallèle qui s’y trouve dépeint, en marge d’une société préférant ne pas trop s’attarder sur ce microcosme souillé et ses travailleurs dédaignés – eux qui assurent pourtant un service toujours plus essentiel dans un univers surconsumériste. Pour le décoder et le rendre intelligible aux yeux du grand public, les atouts universitaires de l’auteur combinés à 20 ans d’expérience de terrain forment une passerelle improbable et éclairante. Une tâche de documentation qui ne coulait pas de source aux yeux de M. Paré-Poupart, mais qui est apparue nécessaire au fil de ses études, notamment sous l’impulsion du philosophe Alain Deneault.

« Alain Deneault avait les yeux grands ouverts. En sociologie, c’est la position de l’étranger qui nous fait réaliser que l’on touche à quelque chose de peu courant », poursuit l’auteur. […] »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Titulaire d’une maîtrise et vidangeur

L’actualité

Par Daniel Chrétien
11 septembre 2024

« Simon Paré-Poupart pourrait être gestionnaire de haut niveau. Il a préféré être éboueur. Avec son livre Ordures ! il offre une incursion déroutante dans le monde des rebuts. Entrevue. 

D’où vient l’idée de ce livre sur votre métier ?

« […] En fait, je n’ai jamais perçu mon travail comme étant hors de l’ordinaire. Pour moi, c’est un job normal. Mais au moment où j’ai commencé ma maîtrise en gestion internationale à l’ENAP, j’ai vu l’intérêt que mon emploi soulevait chez mon directeur Alain Deneault [NDLR : sociologue et philosophe]. Par sa rétroaction, il m’a fait réaliser que mon métier suscitait la curiosité. Alain m’a présenté à un éditeur, Mark Fortier, qui a un background en sociologie. Il a tout de suite manifesté de l’intérêt, parce que mon livre allait traiter de culture ouvrière, d’environnement, d’un enjeu civilisationnel, en fait. […] »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Notre part maudite

Photo © Laurianne Desjardins

Le Devoir

Par Stéphane Baillargeon
9 septembre 2024

« Le plus révélateur dans le déchet, c’est l’invisibilisation, dit Simon Paré-Poupart, qui vient de faire paraître Ordures ! Journal d’un vidangeurchez Lux. Notre société surconsommatrice ne veut pas voir ce qu’elle produit et finit par jeter. Elle enfouit en dehors des villes. Elle envoie le recyclage à l’autre bout de la planète. Elle met le travailleur qui le cache à la marge. Georges Bataille parlait de “la part maudite”. Le déchet est notre part maudite. Celle qu’on ne veut pas voir, celle qui nous confronte à ce qu’on fait, à ce qu’on est. »

[…] Les discussions avec son professeur de maîtrise Alain Deneault, philosophe de l’économie, l’ont convaincu d’écrire au « je » pour parler du « nous ». Sauf erreur, son témoignage s’avère assez unique au monde.

« Le livre est venu de réactions montrant de la curiosité et de l’intérêt pour mon monde. Comme on dit en journalisme, j’ai compris qu’il y avait un sujet. Dans les milieux ouvriers, il y a une banalisation de ce qu’on fait. J’ai aussi remarqué que beaucoup de vidangeurs font leur métier par souci d’entraide, comme un service public, tout en sacrifiant leur corps. »

[…] Le livre se termine sur des remerciements, au professeur Deneault, à l’éditeur Mark Fortier chez Lux, à sa femme, Laurianne, et finalement à ses compagnons de truck de vidange. « Mes collègues ne savent pas, pour la grande majorité, que j’ai écrit un livre sur le milieu, dit le texte final. J’ignore s’ils en entendront parler, et si cela les intéressera. »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

24.60 : Ordures! Journal d’un vidangeur

Image : Page Instagram de Lux Éditeur

Simon Paré-Poupart, auteur de l’essai Ordures ! Journal d’un vidangeur, fait mention dans cet entretien animé par Anne-Marie-Dussault – à l’émission 26.60 sur ICI RDI – de sa rencontre avec Alain Deneault qui l’a poussé à écrire ce livre. – 30 août 2024 (à partir de 2 minutes 45 secondes)

Extrait de l'entrevue
«Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?» - Anne-Marie Dussault
« J'ai fait une belle rencontre avec Alain Deneault lors de ma maîtrise [...] qui est devenu un ami [...] On parlait et je réalisais que ce qui était normal, banal, chez mes collègues, dans mon milieu...En fait, lorsque j'avais une écoute attentive des gens, je réalisais que ce que je vivais au travail était exceptionnel. Alors je me suis mis à m'intéresser de plus en plus aux vidanges, aux ordures, à ce qu'on collecte et aussi à mon métier, à mes collègues et finalement, j'ai réalisé que le discours que je pouvais porter était peut-être intéressant pour plusieurs [...].» - Simon Paré-Poupart

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Ordures! : un éboueur dévoile les dessous de la ville

Photo : Urbania

Urbania

Par Jean Bourbeau
4 septembre 2024

[…] Simon Paré-Poupart n’a jamais eu l’intention de mener une enquête journalistique classique. Ce qu’il souhaitait, c’était offrir un regard neuf, de l’intérieur, sur un monde qu’il connaît intimement.

Lors de sa maîtrise, sous la direction d’Alain Deneault, il a rapidement pris conscience de l’originalité de son point de vue.

Mais Alain Deneault lui a ouvert les yeux : « Il m’a fait réaliser que ma perspective était singulière, presque étrangère à mon milieu. Ce que je racontais avait une valeur sociologique, une pertinence que je n’avais pas mesurée. » C’est à ce moment-là que Simon a commencé à nourrir cette idée. Peu à peu, il a réalisé qu’il était prêt à en faire un livre, aussi personnel qu’engagé. Un projet qui a mûri lentement, au fil de quatre longues années de rédaction. […] »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Total: une mafia en costume cravate

«Dans son livre-enquête captivant, Alain Deneault détricote les ficelles de la stratégie d’influence de Total, aussi bien rodée qu’insaisissable. On y découvre avec effarement les multiples manipulations et détournements du droit qui ont conféré à la simple « entreprise pétrolière française » d’antan le pouvoir pharamineux qu’elle détient aujourd’hui. L’essai, intitulé De quoi Total est-elle la somme, dresse ainsi le portrait d’une multinationale à l’influence tentaculaire, présente dans plus de 130 pays à travers le monde.» – Vie – Environnement Afrique

Total, réseau d’influence – Une série documentaire de quatre épisodes par Greenpeace – France, 2021.

Une omniprésence de TotalEnergies dans les stades et les musées

Le Monde

Par Roxana Azimi, Stéphane Mandard et Adrien Pécout
24 mai 2024

« Entre le mécénat culturel et le parrainage d’événements sportifs, les financements versés par la major pétrogazière pour soigner son image sont de plus en plus contestés.

En France, la fondation du groupe fonctionne avec un budget de 40 millions d’euros par an et finance, entre autres, un centre de formation, plusieurs institutions culturelles prestigieuses et nombre de manifestations sportives. Des parrainages de plus en plus contestés.

Pour trouver « un métier d’avenir » ou tout simplement « une deuxième chance », il suffit de traverser la rue Joséphine-Baker. Du moins, à en croire L’Industreet. Depuis fin 2020, ce « campus des nouveaux métiers de l’industrie » s’adresse aux jeunes de 18 à 30 ans. Sans condition de diplôme à l’entrée, il promet des « formations gratuites et qualifiantes » dans diverses filières (ligne de production automatisée, distribution d’énergie, robots assistés…). Tout cela payé par TotalEnergies, à Stains (Seine-Saint-Denis), par le biais de sa fondation d’entreprise.

Quand elle cherche à soigner son image, la major du pétrole et du gaz ne manque pas de faire savoir qu’elle est capable de bonnes actions pour la jeunesse et l’« insertion professionnelle ». Sa stratégie d’influence s’étend aussi à d’autres domaines de la société. Mécénat culturel, sponsoring sportif, financement de l’enseignement supérieur et de la recherche…

À travers ce soft power, concept habituellement réservé aux Etats, un message simple : le mastodonte de l’énergie affirme agir au nom de l’intérêt collectif, pas seulement pour les dividendes de ses actionnaires ou pour de nouveaux projets pétrogaziers aggravant le dérèglement climatique. Ce qui est très loin de convaincre le philosophe québécois Alain Deneault, auteur d’un essai cinglant, De quoi Total est-elle la somme ? (Rue de l’échiquier, 2017), pour qui cette stratégie est avant tout destinée à couper court à toute forme de critique. « Si vous donnez un petit peu d’argent à une association, si vous financez un musée, un programme patrimonial, une compétition de football, les bénéficiaires oseront moins mordre la main les nourrissant. »

Un budget quinquennal de 200 millions d’euros

En France, la Fondation TotalEnergies fonctionne avec un budget quinquennal de 200 millions d’euros, pour une période allant jusqu’à fin 2027. Soit 40 millions d’euros par an, dont près d’un quart pour L’Industreet, qui a accueilli quelque 300 élèves au cours de l’année écoulée. Une somme à mettre en perspective avec les bénéfices colossaux du groupe : de l’ordre de 19,8 milliards d’euros, à l’échelle mondiale, pour le seul exercice 2023.

C’est dès l’été 1992, peu après le Sommet de la Terre à Rio, que la major se dote d’une fondation d’entreprise – la loi française autorise une telle structure juridique depuis 1990, pour des œuvres d’intérêt général. Durant les premières années, au risque de nager en plein paradoxe, ses contributions vont d’abord à la protection des océans et à la biodiversité marine. Comme s’il s’agissait de contrebalancer le fait que, durant la même décennie, elle « deviendra un acteur majeur » – elle le dit elle-même – des forages pétroliers en mer très profonde (deep offshore).

A la différence d’un parrainage (sponsoring,en anglais), le mécénat permet une réduction d’impôt allant jusqu’à 60 % du montant offert. Prérequis : les dons doivent se faire « sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire », rappelle la loi. Pourtant, dans le domaine culturel, les largesses défiscalisées d’un mécène se rapprochent parfois d’opérations plus classiques de publicité. Elles génèrent des « retombées majeures en termes d’image et de notoriété », précise la Cour des comptes dans un rapport de 2018.

Sur les routes du populaire Tour de France

La Fondation TotalEnergies a déjà franchi le seuil de bon nombre d’institutions culturelles de prestige, à l’instar du Louvre, du Palais de Tokyo, du Musée du quai Branly ou de l’Opéra de Paris. « Dans les coulisses du pouvoir, les expositions servent aussi de levier diplomatique à la multinationale », pour faciliter ses activités à l’étranger, considère l’ONG Greenpeace, dans une série de documentaires diffusés en 2021 sur l’« emprise Total ».

Hors du mécénat, TotalEnergies refuse de préciser quel est le montant pour ses campagnes publicitaires. Avec le parrainagesportif, l’idée est d’« accentuer [un] ancrage territorial », explique le groupe aux quelque 3 300 stations-service dans l’Hexagone. Celui-ci, par ailleurs fournisseur d’électricité et de gaz auprès de particuliers, a renforcé sa présence autour des terrains de rugby. Partenaire de la Coupe du monde 2023 en France, il est aussi devenu, ces derniers mois, celui du championnat national, le Top 14, et des joueurs du XV de France. En parallèle, la marque continue de s’afficher sur la tenue du club de Pau – non loin de l’ancien gisement gazier de Lacq, découvert en 1951.

En juillet, le grand public retrouvera les couleurs de TotalEnergies sur les routes du très populaire Tour de France : dans la caravane publicitaire et sur le maillot de l’équipe cycliste du même nom. L’entreprise déclare lui verser autour de 10 millions d’euros par an – de quoi classer les coureurs dans la seconde moitié de peloton.

Le ballon rond reste le principal engagement sportif de la compagnie, avec plus de 100 millions d’euros entre 2016 et 2024, selon nos informations. Il passe par l’Afrique qui « fait partie intégrante de l’ADN de TotalEnergies », selon son PDG, Patrick Pouyanné. La major est le principal partenaire de la Confédération africaine de football (CAF) depuis 2016. Toutes les compétitions organisées par la CAF portent son nom, y compris la célèbre « CAN », rebaptisée « Coupe d’Afrique des nations TotalEnergies ». La marque est partout : sur les panneaux publicitaires autour du terrain, derrière les entraîneurs lors de conférences de presse, sur le trophée remis au meilleur joueur du match…

Le veto d’Anne Hidalgo

Mais pas de logo bariolé en perspective pour les Jeux olympiques et paralympiques de l’été 2024, à Paris. Malgré la perspective d’un chèque de 130 millions d’euros pour le comité d’organisation, Anne Hidalgo y a mis son veto, en juin 2019. « Il était inconcevable d’associer les Jeux à un grand prédateur qui nous mène dans le mur en matière de climat et de le laisser utiliser ces Jeux pour une opération de pur greenwashing », déclarela maire socialiste de la capitale. Un affront pour la multinationale, qui aurait voulu profiter du rayonnement de la compétition la plus regardée au monde.

« Les raisons de la maire de Paris étaient principalement d’ordre politique, commente Jacques-Emmanuel Saulnier, actuel délégué général de la fondation, et directeur par intérim de la communication du groupe. Au-delà des Jeux, il est regrettable que TotalEnergies serve régulièrement de punching-ball à la classe politique française et à des ONG. »

Dans certains musées aussi, le mécène commence à devenir encombrant. En 2018, tout de noir vêtus, des militants de l’ONG américaine 350.org se rendent au Louvre. Ils s’allongent au pied du Radeau de la Méduse, de Géricault. Aujourd’hui, l’établissement ne fait plus appel au géant pétrogazier. Discrètement, en 2021, l’Opéra de Lyon ainsi que la biennale d’art contemporain de la ville ont aussi rompu les liens. « Nos actions ont porté leurs fruits », se félicite Clémence Dubois, directrice adjointe des campagnes mondiales de 350.org.

Jacques-Emmanuel Saulnier l’assure : l’arrêt de partenariats ne le déstabilise guère. « Un mécénat interrompu, c’est autant d’argent disponible pour d’autres », préfère-t-il philosopher, affirmant avoir « plus de demandes » que de désistements.

« Bien hypocrite »

Plusieurs partenaires de longue date semblent encore attachés à cette manne. Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, s’est même démené pour obtenir une dotation à la hausse (500 000 euros en 2023). « Nous sommes une petite structure, nous avons besoin de cet argent », justifie l’ancien ministre de la culture, assurant « être totalement libre de sa programmation ».

« Quand une marque fait l’objet de contestations publiques, nous sommes bien sûr attentifs, mais nous n’avons pas jugé opportun de renoncer au soutien ancien de la Fondation TotalEnergies », poursuit Martin Ajdari, directeur général adjoint de l’Opéra de Paris. Lui évoque plus précisément OpérApprentis, programme de découverte à destination de jeunes adultes.

Quant au président de la Philharmonie de Paris, Olivier Mantei, il estime que « ce serait bien hypocrite de boycotter TotalEnergies tout en continuant à utiliser du kérosène pour faire venir des artistes du monde entier ». Son institution touche 200 000 euros par an pour Démos, dispositif d’éducation musicale à vocation sociale. Une façon comme une autre, pour l’entreprise, de faire baisser d’un ton les concerts de critiques.


Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie, ce documentaire choc librement inspiré de l’ouvrage De quoi Total est-elle la somme ? Multinationale et perversion du droit d’Alain Deneault – publié aux éditions Rue de l’échiquier et Écosociété – est une réalisation de Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall et produit par ARTE France et Morgane Productions – 2022

Conférence de prestige : rencontre avec le philosophe Alain Deneault

« Le Cégep Beauce-Appalaches accueillera, dans le cadre d’une conférence de prestige, monsieur Alain Deneault, un philosophe québécois et essayiste prolifique. La conférence intitulée La multinationale: un pouvoir plus grand que l’État sera présentée le jeudi 11 avril à 19 h 30 à la Salle Alphonse-Desjardins.

Les conférences de prestige, au contact de personnes de grande notoriété comme M. Deneault, offrent un cadre pédagogique permettant le développement du sens critique. Reconnu pour secouer avec aisance les orientations sociales, économiques et politiques endormies, cet intellectuel de renom dépeindra la multinationale comme une entité totalitaire lors de sa conférence.

[…] Sa présentation reposera sur les essais De quoi Total est-elle la somme? et Le Totalitarisme pervers ainsi que sur l’adaptation cinématographique qui en a été faite. »

Le système Total, anatomie d’une multinationale de l’énergie

Un documentaire-choc inspiré du livre De quoi Total est-elle la somme? d’Alain Deneault

Un documentaire réalisé par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall Produit par ARTE France et Morgane Productions – 2022

La sortie du livre «De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit» en format poche au Québec dès le 27novembre

Après le succès en grand format de l’enquête d’Alain Deneault De quoi Total est-elle la somme ?, depuis adaptée en documentaire par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall, les Éditions Rue de l’échiquier sont heureux d’annoncer sa sortie en poche au Québec le 27 novembre !

Une enquête saluée par les médias en France depuis sa sortie en 2017: 

«Un pavé de 500 pages qui se lit comme un polar de la Série Noire.» - Benoît Collombat, France Inter

«Auteur d’une enquête sans concession sur les pratiques du géant pétrolier en Afrique, le philosophe questionne la responsabilité sociale et citoyenne des multinationales devenues plus puissantes que les États.» - Anne Crignon, L'Obs

«Un récit fouillé de la construction d’un empire qui interroge le véritable pouvoir de grandes firmes.» - Society

«La thèse d’Alain Deneault, c’est que, loin d’être une simple entreprise privée ou une société traditionnelle du terme, Total est devenu un véritable acteur ; au-delà de la politique, un véritable pouvoir.» - Camille Diao, C ce soir

De quoi Total est-elle la somme ?

De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault publié aux Éditions Rue de l’échiquier dans la collection l’écopoche – et disponible depuis le 20 octobre 2023 – est mentionné dans le journal littéraire en ligne Actualitté.

« Fruit d’un long travail de documentation, il [Alain Deneaultdémontre comment Total (désormais TotalEnergies) impose sa loi, indépendamment des textes législatifs, des institutions judiciaires et du pouvoir politique, ou grâce à eux. »