Au-delà des arbres du roman, une forêt de genres littéraires

Photo © Valérian Mazataud – Archives Le Devoir

Le Devoir

Par Olivier Kemeid
9 octobre 2024

« Le récent palmarès littéraire de La Presse (« Nos 25 nouveaux classiques », 5 octobre 2024) survolant le dernier quart de siècle a fait jaser dans les chaumières des écrivaines et des écrivains du Québec — et certainement plus que dans les salons du reste de la population.

[…] Ce palmarès, dont la légitimité reposait sur les épaules d’un large panel — 37 « experts », nous dit-on —, ne fait pas exception. De l’avis de plusieurs plumes qui y ont contribué, et on le sent bien à sa lecture, il a été fortement influencé par les prix littéraires, la couverture médiatique et les ventes. Ce ne sont certes pas des critères à rejeter d’emblée, même s’ils ne devraient pas constituer essentiellement la sève d’un canon littéraire. C’est donc un palmarès qui rappelle avant tout ce qui a vraiment « marché » au cours des 25 dernières années chez nous. Sauf exception, il continue de passer sous silence les oeuvres qui, pour toutes sortes de raisons, ont échappé aux mailles du filet médiatique : tel est le jeu des tableaux d’honneur, quel que soit le domaine couvert.

[…] Finalement, au petit jeu des palmarès dont sont friands les journaux, il me semble qu’il aurait été plus juste, si l’on tenait absolument à édifier un canon des nouveaux classiques, de dresser la liste des 20 romans qui ont marqué le Québec dans les 25 dernières années. Et non pas des 20 livres.

[…] J’aurais aimé dans ce cas qu’on souligne la littérature jeunesse, où on aurait sans peine retrouvé Élise Gravel, Marianne Dubuc, Dominique Demers, Suzanne Lebeau ; l’essai, où il y aurait eu, outre les remarquables Martine Delvaux et Marie-Hélène Voyer, Serge Bouchard et Alain Deneault (je ne crois pas qu’on puisse parler de l’essai au Québec des 25 dernières années sans nommer ces deux derniers) […] Et rappeler au passage qu’il y a sur nos terres des écrivaines et des écrivains de littérature qui ont écrit non pas (que) des romans, mais, eux et elles aussi, « des livres qui ont changé le Québec ».

Les essais d’Alain Deneault (et les essais traduits)

Critique de l’essai L’économie de la pensée dans le magazine Espace de libertés

EDL - Espace de libertés
Le magazine du Centre d'Action Laïque
Par Lucie Barridez 
Déléguée « Étude & Stratégie » au CAL/COM
30 septembre 2024

« Dans L’économie de la pensée, ouvrage publié chez Lux Éditeur, le philosophe québécois Alain Deneault poursuit son entreprise de réévaluation des concepts économiques, s’éloignant résolument des dogmes de la science économique traditionnelle. Fidèle à son objectif de « déstabiliser » les fondements de l’économie telle qu’elle est communément définie, Alain Deneault cherche à libérer cette discipline de l’empreinte des économistes classiques.

[…] Un élément central de cette réflexion est la place de l’argent. Alain Deneault s’appuie sur les travaux du philosophe et sociologue allemand Georg Simmel, pour qui l’argent n’est qu’un outil de médiation entre des valeurs diverses. Toutefois, dans le capitalisme contemporain, cette fonction a été détournée : l’argent est devenu une fin en soi, pervertissant ainsi sa fonction première. Selon Alain Deneault, cette subversion de l’argent conduit à une impasse, où l’économie est dominée par une logique de production déconnectée des échanges intellectuels et humains, vidant ainsi de leur sens les interactions sociales et la pensée elle-même.

[…] Restituant la pensée comme processus vital de l’activité humaine, Alain Deneault s’inscrit dans une démarche profondément laïque. L’économie de la pensée telle qu’il l’esquisse appelle à une pluralité des idées et des échanges, libérés des dogmes et ouverts à tous les champs de l’intellect humain. Il partage ainsi avec les laïques l’ambition suivante : la création d’un espace de liberté où la pensée peut circuler sans entraves, nourrie par des interactions ouvertes et inclusives.

En somme, L’économie de la pensée est un véritable plaidoyer pour une réappropriation collective et consciente de la valeur des idées, qui rejoint l’esprit même de la laïcité en tant que moteur d’une société libre et émancipatrice. »

Psychologie de l’argent de Georg Simmel – Traduit de l’allemand par Alain Deneault

L’économie de la pensée dans la philosophie de l’argent de Georg Simmel

L'économie de la pensée dans la philosophie de l'argent de Georg Simmel
Conférence hors-d'œuvres avec Alain Deneault
Une invitation du programme «Certificat sur les oeuvres marquantes de la culture occidentale» de l'Université Laval
Vendredi 12 avril 2024 - 19 h
Université Laval - Pavillon Charles-De Koninck (DKN) - local 1157
Contact : mathieu.robitaille@fp.ulaval.ca
Ouvert à tous

« La philosophie de l’argent de Georg Simmel ne porte pas seulement sur le signe pécuniaire. Elle s’inscrit dans une longue tradition de la pensée au XIX e siècle portant sur la notion de valeur, de validité et de validation. Lorsqu’on dit d’une idée qu’elle est valable, on l’inscrit dans une économie de la pensée que Simmel réfléchit en fonction du signe monétaire, dans la foulée de travaux de néokantiens et de philosophes de la valeur comme Hermann Lotze.» – Source : Université Laval

Afin de vous préparer à la conférence, Alain Deneault vous suggère de lire l’essai L’argent dans la culture moderne, p. 91 à 111.