Industries extractives, institutions culturelles et résistance avec Joshua Schwebel et Alain Deneault

Alain Deneault participera avec l’artiste Joshua Schwebel à une discussion publique ayant pour titre Industries extractives, institutions culturelles et résistance au Centre d’artistes Vaste et Vague à Carleton-sur-Mer le vendredi 28 novembre 2025 de 12 h 30 à 13 h 30.

« Le Centre d’artistes Vaste et Vague a le plaisir d’accueillir une discussion publique entre l’artiste Joshua Schwebel et le philosophe Alain Deneault, autour des liens entre les industries extractives, les institutions culturelles et les formes de résistance possibles face aux dynamiques de pouvoir qu’elles engagent.

Au cours de sa résidence à Carleton-sur-Mer, Joshua Schwebel poursuit une recherche critique sur la relation entre les structures économiques et politiques de l’extraction et celles de l’art institutionnalisé au Canada. Son travail met en lumière les dépendances, souvent invisibles, qui unissent le monde de l’art aux logiques impériales, coloniales et corporatives héritées de la construction du pays. Par une approche spécifique au site et en dialogue avec la communauté locale, il cherche à révéler ces réseaux d’influence et à imaginer des formes de redistribution contre-capitaliste.

Philosophe et essayiste, Alain Deneault explore depuis plusieurs années les dimensions éthiques, économiques et territoriales de l’industrie minière, ainsi que le concept de biorégion comme cadre de réflexion et d’action collective face aux structures extractivistes.

En dialogue, Joshua Schwebel et Alain Deneault croiseront leurs perspectives pour interroger la manière dont les institutions culturelles et les pratiques artistiques participent – volontairement ou non – à la reproduction des logiques d’extraction. Ensemble, ils ouvriront un espace de pensée sur ce que pourrait signifier habiter, créer et penser autrement, en dehors des impératifs du capitalisme extractif. » – Centre d’artistes Vaste et Vague


Industries extractives, institutions culturelles et résistance
Discussion publique
Avec Joshua Schwebel et Alain Deneault
Vendredi 28 novembre 2025 - 12 h 30 à 13 h 30
Quai des arts - Centre d’artistes Vaste et Vague
774 blvd. Perron, Carleton-sur-Mer (Québec), G0C 1J0
Gratuit

Simon Paré-Poupart: le vidangeur qui a transformé nos déchets en best-seller

Photo © Bruno Petrozza – TVA Publications

7 Jours

Par Alicia Bélanger-Bolduc
13 novembre 2025

Simon Paré-Poupart semblait peu destiné à cette rencontre. Après plusieurs années comme éboueur, il a pourtant publié Ordures!, un ouvrage sur nos habitudes de consommation et la perception sociale de son métier. En quelques mois seulement, son livre a connu un succès retentissant, au point qu’il est désormais reconnu dans la rue pendant son travail. Figure atypique dans son milieu, il inspire tout en dressant un portrait authentique et révélateur de notre société.

[…] Comment est venue l’idée d’écrire un tel livre?

J’ai fait ma maîtrise aux côtés de l’auteur Alain Deneault et il a joué un rôle de passeur dans ma vie. Je ne viens pas du milieu des arts et des lettres; sans lui je ne crois pas que je me serais permis d’écrire un livre. Il était mon directeur de stage au moment où je parlais de déchets, et il m’a convaincu que je devais écrire un livre sur le sujet. Il m’a présenté un éditeur — je ne savais même pas ce que c’était! Il avait un regard extérieur sur mon milieu qui le rendait tout à coup fascinant. Il a mis en lumière un discours qui m’habitait, mais dont je ne connaissais pas la valeur puisque pour moi, c’était banal. […]

Photo © Ísjaki Studio – Alain Deneault et Simon Paré-Poupart à la 22e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Sophie Lemaître : « Le droit est parfois utilisé pour faire taire »

Actu-Juridique.fr

Entretien avec Sophie Lemaître, Docteure en droit, juriste 
Propos recueillis par Delphine Bauer
8 octobre 2025

Docteure en droit, Sophie Lemaître est passée par différents postes, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture à Rome (Italie), à l’association Sherpa à Paris (France) sans oublier encore le centre de recherche U4 Anti-Corruption Resource Centre à Bergen (Norvège). Dans « Réduire au silence, comment le droit est perverti pour bâillonner médias et ONG » (éd. Rue de l’Échiquier), Sophie Lemaître analyse le phénomène du « lawfare » ou « guerre par le droit », qui vise à faire taire les voix dissidentes des activistes ou journalistes. La France n’est pas épargnée par le phénomène. Rencontre.

Actu-Juridique : Comment est née l’idée de cet essai ?

Sophie Lemaître : Cet essai résulte d’un processus long de plusieurs années. La première fois que j’ai été sensibilisée au fait que le droit pouvait servir à museler, c’était en 2011. Cette année-là, le livre « Noir Canada » [qui dénonce les abus commis par des multinationales canadiennes en Afrique, NDLR], écrit par Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, est interdit de vente à la suite d’une action en justice initiée par l’entreprise Barrick Gold. C’était une pure procédure-bâillon. J’étais jeune mais je m’en souviens bien, car j’ai été marquée par le fait que ce livre avait purement et simplement disparu des rayons. J’ai d’ailleurs dans ma bibliothèque l’un des derniers exemplaires. […]

AJ : Pourquoi parler de ces attaques est-il plus que jamais nécessaire ?

Sophie Lemaître : Parce que sans information, sans le travail des journalistes, comment pourrions-nous prendre des décisions en toute connaissance de cause ? Les attaques par le droit menacent la liberté de la presse, la liberté d’association et la liberté d’expression, et plus largement l’État de droit et notre démocratie. Le fait d’en parler est essentiel. Cela n’empêchera pas d’être poursuivi, mais cela générera du soutien des citoyens, de l’indignation. C’est le meilleur rempart contre un monde du silence que l’on tente de nous imposer. […]

Les essais d’Alain Deneault aux Éditions Rue de l’échiquier :

Pétrole contre nourriture : scandale à l’ONU

L’ouvrage De quoi Total est-elle la somme ? d’Alain Deneault est mentionné parmi les sources du récit documentaire de Gaspard Wallut Pétrole contre nourriture : scandale à l’ONU sur France Inter à l’émission Affaires sensibles animée par Fabrice Drouelle – Durée : 48 minutes – 9 juin 2025

« Aujourd’hui dans Affaires Sensibles… les dérives du programme onusien pétrole contre nourriture

Lorsqu’en janvier 2004 un journal irakien publie une liste de plus de 260 personnalités suspectées d’avoir bénéficié des largesses du dictateur déchu Saddam Hussein, personne n’imagine encore l’ampleur de l’affaire qui s’apprête à éclater. Pourtant cette publication va entraîner l**’Organisation des Nations Unies** dans le plus grand scandale de corruption de son histoire. Un scandale survenu dans le cadre d’un ambitieux et inédit programme humanitaire.

Pétrole contre nourriture, c’est le nom du programme, deviendra aussi le nom de l’immense affaire de corruption qui en découle. Une affaire qui plonge l**’ONU** dans l’embarras mais qui éclabousse aussi de nombreux pays, dont la France, qui compte pas moins de 11 noms sur la liste publiée par le journal irakien, dont des personnalités de premier plan. » – Affaires sensibles, France Inter

Déchargement des sacs de produits alimentaires reçus dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture » des Nations Unies dans le port d’Umm Qasr, à quelque 620 km au sud de Bagdad, le 3 juin 2001 ©AFP – KARIM SAHIB

Total, réseau d’influence – Une série documentaire de quatre épisodes par Greenpeace – France, 2021.
Un documentaire choc inspiré par livre De quoi Total est-elle la somme? d’Alain Deneault et réalisé par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall Produit par ARTE France et Morgane Productions – 2022

Mention d’Alain Deneault par Simon Paré-Poupart à l’émission Y’a du monde à messe

Lors de son passage à l’émission Y’a du monde à messe (Saison 9 – EP2), animée par Christian Bégin à Télé-Québec, Simon Paré-Poupart mentionne le rôle qu’a joué Alain Deneault dans son essai Ordures ! Journal d’un vidangeur publié chez Lux Éditeur. Le segment de cette mention débute à 39 min 50 sec – 9 mai 2025

« CB : D’où est partie cette impulsion pour écrire le livre ?

« C’est venu d’Alain Deneault qui était mon directeur de maîtrise. Je n’ai pas une famille qui vient du milieu du livre, on ne parlait pas vraiment de littérature… Une fois que tu fais une tâche ouvrière en général ou certains métiers, je pense qu’on normalise ce qu’on vit et éventuellement on banalise ce qu’on vit… J’ai fait un peu de littérature et Flaubert disais que ce qui est beau c’est de voir dans l’ordinaire de l’extraordinaire et Alain m’a permis ça, par son regard extérieur. On jasait de vidanges – j’en parle souvent – et il m’a dit : « Ce que tu portes comme discours a une valeur sociologique » et c’est lui qui m’a présenté à un éditeur. Alors, vraiment, le livre ne m’est pas venu d’emblée. C’est vraiment une très belle rencontre. » – Simon Paré-Poupart, Y’a du monde à messe, Télé-Québec

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Alain Deneault participera avec Simon Paré-Poupart, Thibault Biscahie et Adib Bencherif à la soirée d’échanges Repenser l’altermondialisme face au moment réactionnaire présenté par les Amis du Monde diplomatique de Montréal le 9 juin 2025 au Centre social l’Achoppe (inscription obligatoire).

À paraître le 13 février prochain : «Multinationales. Une histoire du monde contemporain» avec la participation d’Alain Deneault

Alain Deneault a fait partie du conseil scientifique qui a mené à ce volumineux ouvrage de 864 pages publié aux éditions La Découverte : Multinationales. Une histoire du monde contemporain, sous la direction d’Olivier Petitjean et Ivan du Roy, à paraître le 13 février prochain (France).

« À la fois fresque et généalogie critique, Multinationales. Une histoire du monde contemporain retrace l’émergence des multinationales depuis 1850 jusqu’à nos jours à travers cinq grandes périodes, des dates emblématiques et des portraits. » – Florian Dumont, Presse Agence, 23 janvier 2025

Parmi la cinquantaine d’universitaires, d’experts et de journalistes qui ont collaboré au livre, on retrouve deux textes signés par Alain Deneault, comme on peut le lire dans la table des matières :

DEUXIÈME PARTIE. 1901‑1945
La société industrielle et ses crises

1927. Les entreprises pétrolières se partagent l'Irak puis le monde, Alain Deneault (239) :
La France confie ses intérêts pétroliers au futur groupe TotalEnergies (241) ; Naissance d'un pétro-protectorat (243) ; Les maîtres du pétrole se dotent d'une constitution (244).

Extrait du texte d’Alain Deneault :

Durant la Première Guerre mondiale, le trust pétrolier états-unien contrôlé par John Rockefeller, la Standard Oil (SO), fait chanter les belligérants à la manière d’un marchand d’armes cédant au plus offrant. En France, par exemple, il jouit formellement d’un monopole d’approvisionnement via un cartel de dix courtiers à sa solde, auprès desquels Paris assure son ravitaillement. Inutile de rappeler qu’en pleine bataille de Verdun, les vendeurs de carburants avaient l’avantage […]

QUATRIÈME PARTIE. 1980‑1999
Le néolibéralisme triomphant

1993. Le Canada, paradis sans foi ni loi pour les entreprises minières, Alain Deneault (567) : 
Un pays voué à l'extraction des ressources naturelles (568) ; Une longue histoire de spéculation et de fraudes (569) ; Une initiative conçue par et pour l'industrie minière (571) ; Un paradis fiscal et judiciaire connecté à la Caraïbe britannique (572).

Extrait du texte d’Alain Deneault :

L’ingénieur belge René Nollevaux, gestionnaire d’une mine de cuivre au Congo, l’affirme sur le ton de l’évidence : « de manière générale dans l’industrie minière, les capitaux à risque viennent du Canada. » Il s’adresse alors à Thierry Michel, un réalisateur montrant au grand jour les relations néocoloniales belges dans la région des Grands Lacs africains. On le sait, le Canada est la législation de prédilection des minières. 75 % des sociétés minières mondiales choisissent le Canada comme lieu d’enregistrement et 60 % de celles qui émettent des actions en bourse s’inscrivent à Toronto, loin devant le London Stock Exchange, sa concurrente directe. En 2011, 90 % des actions émises par le domaine minier dans le monde ont été administrées par le Toronto Stock Exchange (TSX) et Toronto a financé par actions le secteur minier à hauteur de 220 milliards de dollars entre 2007 et 2011. […]

Résumé du livre

Qu’on consomme leurs produits, qu’on admire leurs marques ou qu’on dénonce leurs pratiques, les multinationales sont omniprésentes dans nos vies. Mais les connaît-on vraiment ? Quand sont-elles apparues ? Comment sont-elles devenues si puissantes ?

Ce livre, associant chercheurs et journalistes, offre une fresque historique et critique inédite sur ces entreprises qui ont contribué à façonner le monde dans lequel nous vivons. Des premiers câbles télégraphiques sous-marins aux géants du Web, de IG Farben au pesticide RoundUp, de Rockefeller à Elon Musk, des  » républiques bananières  » au lobbying intensif, il retrace leur montée en puissance progressive jusqu’à nos jours. À travers des dates emblématiques, des épisodes-clés et des portraits, il montre comment leur expansion découle de choix économiques et politiques, mais aussi juridiques, techniques, financiers ou culturels.

L’histoire des multinationales épouse celle des relations entre États, des conflits et des grandes crises. Elle suit de près la trajectoire des changements technologiques, que ces entreprises ont contribué à orienter et accélérer. Elle accompagne la mutation de nos vies quotidiennes, à travers l’avènement d’une société de consommation de masse puis du tout-numérique. Elle est aussi l’histoire de la transformation de notre environnement naturel, de l’extraction des matières premières, de la production d’énergie à une échelle toujours plus importante, jusqu’à engendrer des menaces inédites.

L’histoire des multinationales est donc notre histoire.

Mention d’Alain Deneault dans les remerciements du livre Ordures ! Journal d’un vidangeur de Simon Paré-Poupart

À la page 137 de son livre Ordures ! Journal d’un vidangeur publié chez Lux Éditeur, Simon Paré-Poupart remercie d’abord Alain Deneault comme l’instigateur de son projet de livre « J’ai eu la chance de trouver chez lui un intérêt sincère qui m’a donné l’élan nécessaire pour me lancer. […] »


Extraits des mentions d’Alain Deneault par Simon Paré-Poupart dans les médias
Image : Page Instagram de Lux Éditeur
Extrait de l'entrevue par Anne-Marie Dussault à l’émission 26.60 sur ICI RDI le 30 août 2024 (à partir de 2 minutes 45 secondes) :

«Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?»

« J'ai fait une belle rencontre avec Alain Deneault lors de ma maîtrise [...] qui est devenu un ami [...] On parlait et je réalisais que ce qui était normal, banal, chez mes collègues, dans mon milieu...En fait, lorsque j'avais une écoute attentive des gens, je réalisais que ce que je vivais au travail était exceptionnel. Alors je me suis mis à m'intéresser de plus en plus aux vidanges, aux ordures, à ce qu'on collecte et aussi à mon métier, à mes collègues et finalement, j'ai réalisé que le discours que je pouvais porter était peut-être intéressant pour plusieurs [...].» - Simon Paré-Poupart

Photo : Urbania

Extrait de l’article Ordures! : un éboueur dévoile les dessous de la ville de Jean Bourbeau dans Urbania le 4 septembre 2024

[…] Simon Paré-Poupart n’a jamais eu l’intention de mener une enquête journalistique classique. Ce qu’il souhaitait, c’était offrir un regard neuf, de l’intérieur, sur un monde qu’il connaît intimement.

Lors de sa maîtrise, sous la direction d’Alain Deneault, il a rapidement pris conscience de l’originalité de son point de vue.

Mais Alain Deneault lui a ouvert les yeux : « Il m’a fait réaliser que ma perspective était singulière, presque étrangère à mon milieu. Ce que je racontais avait une valeur sociologique, une pertinence que je n’avais pas mesurée. » C’est à ce moment-là que Simon a commencé à nourrir cette idée. Peu à peu, il a réalisé qu’il était prêt à en faire un livre, aussi personnel qu’engagé. Un projet qui a mûri lentement, au fil de quatre longues années de rédaction. […] »


Extrait de l’article Notre part maudite de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir le 9 septembre 2024

Photo © Laurianne Desjardins

« Le plus révélateur dans le déchet, c’est l’invisibilisation, dit Simon Paré-Poupart, qui vient de faire paraître Ordures ! Journal d’un vidangeurchez Lux. Notre société surconsommatrice ne veut pas voir ce qu’elle produit et finit par jeter. Elle enfouit en dehors des villes. Elle envoie le recyclage à l’autre bout de la planète. Elle met le travailleur qui le cache à la marge. Georges Bataille parlait de “la part maudite”. Le déchet est notre part maudite. Celle qu’on ne veut pas voir, celle qui nous confronte à ce qu’on fait, à ce qu’on est. »

[…] Les discussions avec son professeur de maîtrise Alain Deneault, philosophe de l’économie, l’ont convaincu d’écrire au « je » pour parler du « nous ». Sauf erreur, son témoignage s’avère assez unique au monde.

« Le livre est venu de réactions montrant de la curiosité et de l’intérêt pour mon monde. Comme on dit en journalisme, j’ai compris qu’il y avait un sujet. Dans les milieux ouvriers, il y a une banalisation de ce qu’on fait. J’ai aussi remarqué que beaucoup de vidangeurs font leur métier par souci d’entraide, comme un service public, tout en sacrifiant leur corps. »

[…] Le livre se termine sur des remerciements, au professeur Deneault, à l’éditeur Mark Fortier chez Lux, à sa femme, Laurianne, et finalement à ses compagnons de truck de vidange. « Mes collègues ne savent pas, pour la grande majorité, que j’ai écrit un livre sur le milieu, dit le texte final. J’ignore s’ils en entendront parler, et si cela les intéressera. »


Extrait de l’article Titulaire d’une maîtrise et vidangeur de Daniel Chrétien dans L’actualité le 11 septembre 2024

Photo © kozmoat98 / Getty Images – Montage : L’actualité

« Simon Paré-Poupart pourrait être gestionnaire de haut niveau. Il a préféré être éboueur. Avec son livre Ordures ! il offre une incursion déroutante dans le monde des rebuts. Entrevue. 

D’où vient l’idée de ce livre sur votre métier ?

« […] En fait, je n’ai jamais perçu mon travail comme étant hors de l’ordinaire. Pour moi, c’est un job normal. Mais au moment où j’ai commencé ma maîtrise en gestion internationale à l’ENAP, j’ai vu l’intérêt que mon emploi soulevait chez mon directeur Alain Deneault [NDLR : sociologue et philosophe]. Par sa rétroaction, il m’a fait réaliser que mon métier suscitait la curiosité. Alain m’a présenté à un éditeur, Mark Fortier, qui a un background en sociologie. Il a tout de suite manifesté de l’intérêt, parce que mon livre allait traiter de culture ouvrière, d’environnement, d’un enjeu civilisationnel, en fait. […] »


Photo © Josie Desmarais – La Presse

Extrait de l’article Les faces cachées des ordures de Sylvain Sarrazin dans La Presse le 12 septembre 2024 :

« […] Et c’est presque un monde parallèle qui s’y trouve dépeint, en marge d’une société préférant ne pas trop s’attarder sur ce microcosme souillé et ses travailleurs dédaignés – eux qui assurent pourtant un service toujours plus essentiel dans un univers surconsumériste. Pour le décoder et le rendre intelligible aux yeux du grand public, les atouts universitaires de l’auteur combinés à 20 ans d’expérience de terrain forment une passerelle improbable et éclairante. Une tâche de documentation qui ne coulait pas de source aux yeux de M. Paré-Poupart, mais qui est apparue nécessaire au fil de ses études, notamment sous l’impulsion du philosophe Alain Deneault.

« Alain Deneault avait les yeux grands ouverts. En sociologie, c’est la position de l’étranger qui nous fait réaliser que l’on touche à quelque chose de peu courant », poursuit l’auteur. […] »


Photo © Unsplash

Extrait de l’article Si nos ordures parlaient de Josée Blanchette dans Le Devoir le 27 septembre 2024 :

« […] L’éboueur Simon Paré-Poupart, qui vient de publier l’excellent Ordures ! Journal d’un vidangeur, nous en met plein les sens avec le récit passionnant de ce qu’il jette dans le camion toute la journée. Voilà un métier qu’il exerce par passion trois jours par semaine, malgré une maîtrise en administration internationale, et qui lui permet aussi de pratiquer le « freeganisme », une forme de revalorisation de nos déchets. « La production annuelle de déchets solides a dépassé les 2 milliards de tonnes dans le monde et devrait atteindre 3,4 milliards en 2050. On trouve des ordures jusque dans l’espace. Près de 10 000 tonnes orbitent autour de la Terre. Devrais-je envoyer mon CV à la NASA ? » écrit le vidangeur de 38 ans. Son professeur, le philosophe Alain Deneault, lui a conseillé d’écrire ce livre. Ces témoignages d’ouvriers scolarisés et capables d’observer le monde à la Zola sont aussi rares que précieux. » – Josée Blanchette


Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Au-delà des arbres du roman, une forêt de genres littéraires

Photo © Valérian Mazataud – Archives Le Devoir

Le Devoir

Par Olivier Kemeid
9 octobre 2024

« Le récent palmarès littéraire de La Presse (« Nos 25 nouveaux classiques », 5 octobre 2024) survolant le dernier quart de siècle a fait jaser dans les chaumières des écrivaines et des écrivains du Québec — et certainement plus que dans les salons du reste de la population.

[…] Ce palmarès, dont la légitimité reposait sur les épaules d’un large panel — 37 « experts », nous dit-on —, ne fait pas exception. De l’avis de plusieurs plumes qui y ont contribué, et on le sent bien à sa lecture, il a été fortement influencé par les prix littéraires, la couverture médiatique et les ventes. Ce ne sont certes pas des critères à rejeter d’emblée, même s’ils ne devraient pas constituer essentiellement la sève d’un canon littéraire. C’est donc un palmarès qui rappelle avant tout ce qui a vraiment « marché » au cours des 25 dernières années chez nous. Sauf exception, il continue de passer sous silence les oeuvres qui, pour toutes sortes de raisons, ont échappé aux mailles du filet médiatique : tel est le jeu des tableaux d’honneur, quel que soit le domaine couvert.

[…] Finalement, au petit jeu des palmarès dont sont friands les journaux, il me semble qu’il aurait été plus juste, si l’on tenait absolument à édifier un canon des nouveaux classiques, de dresser la liste des 20 romans qui ont marqué le Québec dans les 25 dernières années. Et non pas des 20 livres.

[…] J’aurais aimé dans ce cas qu’on souligne la littérature jeunesse, où on aurait sans peine retrouvé Élise Gravel, Marianne Dubuc, Dominique Demers, Suzanne Lebeau ; l’essai, où il y aurait eu, outre les remarquables Martine Delvaux et Marie-Hélène Voyer, Serge Bouchard et Alain Deneault (je ne crois pas qu’on puisse parler de l’essai au Québec des 25 dernières années sans nommer ces deux derniers) […] Et rappeler au passage qu’il y a sur nos terres des écrivaines et des écrivains de littérature qui ont écrit non pas (que) des romans, mais, eux et elles aussi, « des livres qui ont changé le Québec ».

Les essais d’Alain Deneault (et les essais traduits)

Extraits de la discussion avec Alain Deneault sur le film La (très) grande évasion présenté à la Cinémathèque québécoise

Extraits de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau sur l’évasion fiscale suite à la projection du film La (très) grande évasion de Yannick Kergoat à la Cinémathèque québécoise le 30 septembre 2024.

Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 45 sec – 1/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 08 sec – 2/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 22 sec – 3/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 19 sec – 4/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 5 min 44 sec – 5/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 4 min 49 sec – 6/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 37 sec – 7/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 2 min 58 sec – 8/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 21 sec – 9/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 1 min 20 sec – 10/11
Extrait de la discussion avec Alain Deneault animée par Stéphanie Bourbeau à la Cinémathèque québécoise – 30 septembre 2024 – Durée : 3 min 03 sec – 11/11

La tournée est une réalisation de Funambules Médias en collaboration avec les partenaires : AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-Québec, Éditions Écosociété.

« La Cinémathèque québécoise a reconduit le film pour une semaine supplémentaire jusqu’au 9 octobre. » – Cinéma sous les étoiles – Funambules Médias

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur est en librairie depuis le 3 octobre en Amérique du Nord et à paraître en Europe le 25 octobre 2024 !

La (très) grande évasion, ou l’histoire des causes du déclin de nos services publics

Photo © Gilles Gagné – Le Soleil

Le Soleil

Par Gilles Gagné
(Collaboration spéciale)
22 septembre 2024

« […] Largement québécoise, cette tournée canadienne a débuté à Carleton-sur-Mer, un lieu de diffusion lié au fait qu’Alain Deneault, qui accompagne cette tournée, vit relativement proche de la Gaspésie, puisqu’il est établi dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

Spécialiste réputé des questions d’évasion fiscale, M. Deneault est interviewé dans le documentaire de Yannick Kergoat. Il vante l’approche originale de ce film.

«Il y a eu beaucoup de documentaires sur l’évasion fiscale au fil des ans. Celui-là a la particularité de faire l’histoire de la pseudo-lutte des états contre l’évasion fiscale», affirme le philosophe.

[…] Alain Deneault souligne que le système fiscal actuel, largement influencé par les besoins des firmes multinationales, «crée une distorsion de concurrence», parce que «les PME paient une plus grande part d’impôt que les géants».

Au sujet de la légalité du régime fiscal, le philosophe pourfend la perception selon laquelle «la loi, c’est la volonté des dieux, (parce) qu’elle est transcendante. Mais elle est votée, cette loi».

Dans le même ordre d’idées, Yannick Kergoat fait valoir dans le film que «rien ne changera tant que les élus dépendront des riches».

Échanges avec le public

Après le visionnement, Alain Deneault a longuement échangé avec le public gaspésien. À Catherine Cyr-Wright, qui lui a demandé «comment on change cette culture», le philosophe a pris quelques minutes pour souligner qu’un point régulièrement escamoté par le citoyen financièrement privilégié trouvant légitime de ne pas payer d’impôt, «c’est qu’il doit aux infrastructures publiques ses possibilités d’enrichissement».

Mettant Elon Musk, les Desmarais, la famille Irving et Jeff Bezos, d’Amazon, dans le même sac, M. Deneault a insisté sur la nécessité de mettre l’accent sur l’achat local.

«Si vous achetez un livre à votre libraire local, l’argent reste ici. Si vous l’achetez sur Amazon, votre argent part aux Bermudes. On a au moins une marge de manœuvre», résume-t-il.

À Danielle Cyr, qui trouve que Yannick Kergoat n’a pas parlé du rôle des actionnaires de sociétés multinationales dans tout l‘enjeu fiscal, et qui se demande «à partir de quel âge» cette éducation doit-elle être amorcée, Alain Deneault a aussi répondu en fonction d’un préambule assez touffu.

«J’ai donné des cours en Haïti à des illettrés en 2009, et ils comprenaient tout parce qu’ils vivent les injustices (découlant de l’évasion fiscale) dans leur chair. Quelques jours plus tard, à Montréal, avec des gens aux études supérieures, j’ai eu toutes les difficultés à leur faire comprendre les mêmes réalités. Est-ce que ça passe par des cours ? Je ne suis pas certain», dit-il.

Alain Deneault croit que l’effondrement du système capitaliste, en dépit de la formidable accumulation de richesse de ses défenseurs, est déjà amorcé et que le salut se trouve dans «une perspective bio-régionale. Il faut se préparer à « l’après», organiser la vie sur une échelle régionale ».

Son prochain livre, Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, paraîtra le 3 octobre, répondra entre autres à la question «Que faire ?» dans le contexte actuel.

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Essais d’Alain Deneault

Alain Deneault à travers le Québec pour relayer les thèses d’un documentaire sur l’évasion fiscale

Photo @ Faustine Lefranc

Le Droit / La Voix de l’Est / Le Quotidien / Le Nouvelliste

Par Yves Bergeras
22 septembre 2024

L’auteur et philosophe Alain Deneault entame, à partir du 22 septembre, une tournée à travers le Québec afin de soutenir la diffusion du documentaire La (très) grande évasion, qui invite à une réflexion collective sur la justice fiscale et les inégalités économiques.

[…] Alain Deneault sera présent à chaque projection, à l’issue desquelles il prendra la parole pour creuser les thèmes qui traversent le film, débattre (en compagnie d’un modérateur qui sera désigné pour chaque région visitée) et répondre aux questions du public.

M. Deneault a consacré plusieurs essais à l’évasion fiscale et à ce qu’il perçoit comme l’actuelle «dérive de l’ultralibéralisme sauvage» mondiale.

Il a notamment fait paraître les ouvrages Offshore: paradis fiscaux et souveraineté criminelle (2010), Paradis fiscaux : la filière canadienne (2014) et De quoi Total est-elle la somme? Multinationales et perversion du droit (2017).

Le phénomène, dont il dénonce l’iniquité depuis longtemps, est à ses yeux largement responsable du «déficit démocratique» des systèmes de gouvernance.

Bien que conformes à la légalité, les méthodes d’optimisation fiscales cachent en réalité «un système de tricherie», vitupère Alain Deneault, face à la caméra.

Image de la bande-annonce avec l’extrait d’Alain Deneault

[…] Son réalisateur, le Français Yannick Kergoat, a fait un travail d’enquête archivistique des plus sérieux, alors qu’il soulève, images à l’appui, les contradictions manifestes qu’il observe dans les discours des politiciens – d’Europe, principalement – aux manettes des grandes décisions économiques.

Le documentaire La (très) grande évasion de Yannick Kergoat présenté au Québec par Alain Deneault

Il adopte un ton qui se veut tour à tour didactique ou pamphlétaire, sans toutefois s’interdire une bonne dose de sarcasme, notamment vis-à-vis des promesses servies au fil des ans par des politiciens qui réagissaient, scandalisés, aux vagues d’indignation populaire causées par la fuite des Panama Papers (listant les noms de 40 000 sociétés offshores administrées par le cabinet Mossack Fonseca) ou celle des Luxembourg Leaks (des accords secrets signés pour permettre à 300 multinationales d’échapper à l’impôt), mais aussi vis-à-vis du sort réservé aux lanceurs d’alerte.

[…] La tournée de projections en présence d’Alain Deneault est organisée par Funambules Médias, organisme voué à la diffusion de documentaires sociaux et politiques. »

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Essais d’Alain Deneault

Les faces cachées des ordures

Photo © Josie Desmarais – La Presse

La Presse

Par Sylvain Sarrazin
12 septembre 2024

« […] Et c’est presque un monde parallèle qui s’y trouve dépeint, en marge d’une société préférant ne pas trop s’attarder sur ce microcosme souillé et ses travailleurs dédaignés – eux qui assurent pourtant un service toujours plus essentiel dans un univers surconsumériste. Pour le décoder et le rendre intelligible aux yeux du grand public, les atouts universitaires de l’auteur combinés à 20 ans d’expérience de terrain forment une passerelle improbable et éclairante. Une tâche de documentation qui ne coulait pas de source aux yeux de M. Paré-Poupart, mais qui est apparue nécessaire au fil de ses études, notamment sous l’impulsion du philosophe Alain Deneault.

« Alain Deneault avait les yeux grands ouverts. En sociologie, c’est la position de l’étranger qui nous fait réaliser que l’on touche à quelque chose de peu courant », poursuit l’auteur. […] »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Titulaire d’une maîtrise et vidangeur

L’actualité

Par Daniel Chrétien
11 septembre 2024

« Simon Paré-Poupart pourrait être gestionnaire de haut niveau. Il a préféré être éboueur. Avec son livre Ordures ! il offre une incursion déroutante dans le monde des rebuts. Entrevue. 

D’où vient l’idée de ce livre sur votre métier ?

« […] En fait, je n’ai jamais perçu mon travail comme étant hors de l’ordinaire. Pour moi, c’est un job normal. Mais au moment où j’ai commencé ma maîtrise en gestion internationale à l’ENAP, j’ai vu l’intérêt que mon emploi soulevait chez mon directeur Alain Deneault [NDLR : sociologue et philosophe]. Par sa rétroaction, il m’a fait réaliser que mon métier suscitait la curiosité. Alain m’a présenté à un éditeur, Mark Fortier, qui a un background en sociologie. Il a tout de suite manifesté de l’intérêt, parce que mon livre allait traiter de culture ouvrière, d’environnement, d’un enjeu civilisationnel, en fait. […] »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Notre part maudite

Photo © Laurianne Desjardins

Le Devoir

Par Stéphane Baillargeon
9 septembre 2024

« Le plus révélateur dans le déchet, c’est l’invisibilisation, dit Simon Paré-Poupart, qui vient de faire paraître Ordures ! Journal d’un vidangeurchez Lux. Notre société surconsommatrice ne veut pas voir ce qu’elle produit et finit par jeter. Elle enfouit en dehors des villes. Elle envoie le recyclage à l’autre bout de la planète. Elle met le travailleur qui le cache à la marge. Georges Bataille parlait de “la part maudite”. Le déchet est notre part maudite. Celle qu’on ne veut pas voir, celle qui nous confronte à ce qu’on fait, à ce qu’on est. »

[…] Les discussions avec son professeur de maîtrise Alain Deneault, philosophe de l’économie, l’ont convaincu d’écrire au « je » pour parler du « nous ». Sauf erreur, son témoignage s’avère assez unique au monde.

« Le livre est venu de réactions montrant de la curiosité et de l’intérêt pour mon monde. Comme on dit en journalisme, j’ai compris qu’il y avait un sujet. Dans les milieux ouvriers, il y a une banalisation de ce qu’on fait. J’ai aussi remarqué que beaucoup de vidangeurs font leur métier par souci d’entraide, comme un service public, tout en sacrifiant leur corps. »

[…] Le livre se termine sur des remerciements, au professeur Deneault, à l’éditeur Mark Fortier chez Lux, à sa femme, Laurianne, et finalement à ses compagnons de truck de vidange. « Mes collègues ne savent pas, pour la grande majorité, que j’ai écrit un livre sur le milieu, dit le texte final. J’ignore s’ils en entendront parler, et si cela les intéressera. »

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Déforestation de la Péninsule: les points sur les i

L’entrée de l’ancien camp militaire de Tracadie – Photo © David Caron, Acadie Nouvelle – 27 juin 2021

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
13 novembre 2023

Déforestation de la Péninsule: les points sur les i

« À propos du récent reportage de Radio-Canada Acadie sur l’état de déforestation dans la Péninsule acadienne, quelques points :

Capitalisme ou biorégions ?

C’est être passéiste, et même colonial, que de concevoir un territoire comme devant être exploité brutalement au profit de quelques grands propriétaires fonciers et des multinationales. Raser une forêt de Tracadie pour exploiter le bleuet avec force pesticides est d’un autre âge et fait honte. On sait que la communauté a proposé une approche récréotouristique qui maintiendrait sauf le lieu, le valoriserait même, tout en générant sur un plan comptable des actifs d’envergure que se partageraient les gens ici, plutôt que de les voir potentiellement partir aux Bermudes dans les comptes d’une multinationale. […] »