Le pouvoir des médiocres – Entretien avec Alain Deneault

Le pouvoir des médiocres ou L’Empire de la médiocrité nous mène à la guerre. Entretien avec Alain Deneault àTheSwissBox Conversation. Balado épisode # 163 . Durée : 1 h 51 min 23 sec – 28 février 2026

« Dans cet entretien, nous interrogeons les structures profondes de nos sociétés contemporaines : sommes-nous encore en démocratie ou évoluons-nous dans un système où le pouvoir réel échappe au politique ?

Alain Deneault analyse les mécanismes invisibles qui organisent la dépossession collective : financiarisation, gouvernance technocratique, dilution des responsabilités, capture des institutions. Il propose une lecture rigoureuse et exigeante de notre époque, loin des polémiques superficielles.

Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de comprendre pour mieux se défendre.

Un échange dense, structurant, qui invite à penser au-delà des catégories convenues. » – TheSwissBox Conversation

Chapitrage :
00:01:48 - Vision des dirigeants actuels
00:15:33 - Responsabilité présente et futur de la population
00:43:17 - Moralité des institutions
00:53:38 - Le concept de la gouvernance
01:01:48 - Le mot économie dans notre histoire
01:14:33 - Esprit et philosophie
01:24:30 - Regard sur la démocratie
01:32:00 - L'anxiété et l'angoisse
01:43:42 - Conclusion

Penser demain avec Alain Deneault – Le troisième épisode du balado étudiant «Éthique en pratique » de l’IDÉA

Penser demain avec Alain Deneault. Les animateurs Édouard Goupil-Leroux & Alexandre Poiré reçoivent Alain Deneault pour le troisième épisode du balado étudiant « Éthique en pratique » de l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval (IDÉA). Durée : 1 h 32 min – 23 mars 2026

« Dans cet épisode, nous recevons Alain Deneault, philosophe et professeur à l’Université de Moncton au campus de Shippagan. En clarifiant certains concepts centraux de sa réflexion comme l’économie, la gouvernance et plus récemment le biorégionalisme, cet entretien propose de sonder le monde dans lequel nous vivons avec un regard philosophique tout en gardant en filigrane la question « Comment penser demain ? ». » – Balado de l’IDÉA

Essais mentionnés dans cet entretien

Citations d’Alain Deneault sur Ouest-France

Plusieurs citations tirées des essais La médiocratie et Faire l’économie de la haine d’Alain Deneault se retrouvent sur le site Citation du jour, un site géré par Beweb en partenariat avec le journal Ouest-France.

« La plateforme Ouest-France se classe à la 1e place du classement global des médias d’actualité les plus visités en France, en novembre 2025, avec 220 millions de visites par mois (sites web fixes, sites mobiles, sites AMP et applications), source ACPM. » – Ouest-France

Citations tirées de l’essai La médiocratie d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur

Citations tirées de l’essai Faire l’économie de la haine d’Alain Deneault publié aux Éditions Écosociété

Use et abuse au Théâtre La Rubrique

Photo © Maxim Paré Fortin

La création pluridisciplinaire Use et abuse produite par Carte blanche avec Christian Lapointe et Alix Dufresne, inspirée par la vidéoconférence d’Alain Deneault Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art, sera présentée au Théâtre La Rubrique le 16 janvier 2026.

« Artistes québécois·e·s à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéoconférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel·le·s du Nouveau-Brunswick, cet exposé tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables. Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe. Elle et il y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création d’un encan de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art.

Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE vient clore la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Ici les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation.


Use et abuse
Création initiée par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
et inspirée de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
Théâtre La Rubrique
4160 Rue du Vieux Pont, Jonquière, Québec G7X 7V8
16 janvier 2026 - 20 h
Durée 1 h - Billetterie ici

Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise


Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND ).

Philippe Fortin-Villeneuve de la Librairie Marie-Laura choisit «La médiocratie» d’Alain Deneault comme son coup de coeur absolu chez Lux!

Lux continue sa pêche aux compliments! Nous avons demandé à cinq libraires incroyables de nous présenter leur coup de coeur parmi notre catalogue. Petite façon sympathique de clôturer notre 30e anniversaire d’existence comme maison d’édition. – Lux Éditeur

« Dernière victime de notre course aux éloges, le libraire Philippe Fortin-Villeneuve de la Librairie Marie-Laura choisit «La médiocratie» d’Alain Deneault comme son coup de coeur absolu chez Lux!

Ses mots: «Paru il y a une décennie, ce petit livre d’Alain Deneault recèle en son sein la quintessence de ce qui fait de ce professeur de philosophie l’un de mes auteurs chouchous : la pertinence, l’ironie, l’audace, l’intelligence et, d’une certaine façon, une forme d’humour entendu qui adoucit la dureté des constats qu’il fait tout au long de cet essai consacré à la médiocrité ambiante. Dix ans plus tard, force est de constater, malheureusement, que ce qu’il dénonce demeure d’une actualité consternante.»

Gens du Saguenay, vous avez par chez vous l’un des meilleurs libraires du Québec! Allez-lui rendre visite! » – Lux Éditeur, page Meta (Facebook) – 20 décembre 2025

«Use et abuse»: l’art de la mutinerie

Le Devoir

Par Sophie Pouliot
1er décembre 2025

«Use et abuse»: l’art de la mutinerie

Alix Dufresne et Christian Lapointe se livrent à des improvisations hardies en s’inspirant du philosophe Alain Deneault.

« Le cauchemar de l’acteur qui arrive sur scène sans avoir répété et qui, en plus, est tout nu… Nous, on le vit et on s’est fait ça à nous-mêmes. » Alix Dufresne décrit ainsi, avec un brin d’humour, le saut dans le vide auquel elle se prête, avec son comparse Christian Lapointe, à chaque représentation d’Use et abuse.

Dans ce spectacle, créé en mars dernier à l’Usine C et repris ces jours-ci à La Chapelle Scènes contemporaines puis au théâtre Périscope, le tandem improvise depuis un canevas et au son d’une conférence d’Alain Deneault, projetée en fond de scène. Une démarche qui n’est pas sans rappeler Hidden Paradise, que Dufresne a imaginé (et longtemps interprété) avec Marc Béland à partir d’une entrevue radiophonique sur les paradis fiscaux accordée par le philosophe.

L’exposé intitulé Comment l’« industrie culturelle » use et abuse de l’art traite plutôt de la vampirisation de la création artistique par le système capitaliste, et ce, de deux manières. D’une part, les décideurs « reprennent les codes artistiques pour théâtraliser leur discours. Un spot s’allume, je me retourne au bon moment, je prends une pose savante pour créer un effet… » illustre Alix Dufresne. D’autre part est imposée à l’art une logique marchande, tant en ce qui concerne la gestion des procédés de production que la commercialisation des œuvres. « Moi, je sais lire des états financiers, je sais ce qu’est un grevé d’affectation reporté sur cinq ans […]. On nous a forcés à être des entrepreneurs », affirme Christian Lapointe.

Pour illustrer ces constats, Dufresne et Lapointe ne reculent pratiquement devant rien. « On incarne les idées dont parle Alain Deneault. On donne à voir la violence institutionnelle, en fait », explique l’âme dirigeante de la compagnie Carte blanche. « On voit de jeunes artistes annuler leurs spectacles parce qu’ils n’ont pas eu leur financement. Je le comprends, mais, en même temps, ce qui fait qu’on dure, c’est notre capacité à endurer cette violence institutionnelle. Pour se faire dire oui, il faut encaisser 50 refus. Ça, à la longue, ça use », ajoute-t-il.

Le créateur ne nie pas qu’aujourd’hui, la compagnie qu’il a fondée bénéficie de subventions, un privilège obtenu après moult années de persistance. L’homme de théâtre cite à ce propos Marie-Hélène Falcon, cofondatrice de l’événement désormais connu comme le Festival TransAmériques. « [Elle] disait qu’au Québec, c’est une fois que nos artistes sont épuisés qu’on leur accorde un peu de moyens. »

Christian Lapointe tient pourtant à réitérer que « la conférence n’est pas à propos du fait que les artistes sont pauvres, c’est à propos du fait qu’on se fait usurper nos outils, que l’inventivité des artistes génère des mécanismes de représentations qui sont ensuite récupérés par des gens de pouvoir de tout acabit. Et qu’on devrait être capable d’exposer [ces mécanismes], de les détricoter. La performance essaie, de manière ludique et féroce, de faire ça. »

Corps politiques

Selon Deneault, les artistes seraient les plus à même de renverser cette capitalisation de l’art. Par exemple, en déconstruisant le modèle autour duquel s’articulent la plupart des manifestations culturelles — en le subvertissant en quelque sorte.

Aux yeux d’Alix Dufresne, c’est principalement en cela que réside le caractère séditieux d’Use et abuse. « Ce n’est pas qu’on soit nus sur scène, qu’il y ait de la violence auto-infligée, de la sexualité très crue ou de l’humiliation. […] La vraie transgression, c’est la façon dont on a fait notre production. Comment on s’organise, comment on pense, qu’est-ce qu’on dépense ou non. Elle est dans la fragilité avec laquelle on arrive sur scène, parce que [notre spectacle] n’est pas un produit, on ne le contrôle pas. »

Or, tout au long de la représentation, les artistes se photographient et transforment ces images en NFT, en jetons non fongibles, c’est-à-dire un type de cryptomonnaie qui a valeur d’œuvre d’art, explique Lapointe. « Même quand on fait des actions ignobles, précise sa collègue, on s’assure de s’arrêter pour se prendre en photo et, théoriquement, celles-ci iraient dans un encan où les gens pourraient investir. »


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
La Chapelle Scènes Contemporaines
1er au 6 décembre 2025 - 19 h 30
3700 Rue Saint-Dominique, Montréal, Québec H2X 2X8
Durée 1 h - Billetterie ici
Interdit aux personnes de moins de 18 ans

Présenté an français avec surtitrage en anglais les 2 et 5 décembre.

La représentation du 5 décembre sera suivie d'une discussion entre
Alain Deneault (participation à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

Une table de vente, tenue par la librairie Le Port de tête, sera présente
lors des représentations, proposant une sélection d’ouvrages
d’Alain Deneault et de Christian Lapointe.

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND ).

L’inévitable biorégion – Écoanxiété et responsabilité. Causerie avec Alain Deneault

L’inévitable biorégion – Écoanxiété et responsabilité. Causerie avec Alain Deneault qui aura lieu en français à la Bibliothèque du centenaire de Campbellton – en partenariat avec la Gare de Matapédia et Vaste et Vague – le vendredi 28 novembre 2025 de 17 h à 19 h .


L'inévitable biorégion - Écoanxiété et responsabilité
Causerie avec Alain Deneault
En partenariat avec la Gare de Matapédia et Vaste et Vague
Vendredi 28 novembre 2025 - 17 h à 19 h
Bibliothèque du centenaire de Campbellton
19 rue Aberdeen, suite 100, Campbellton, Nouveau-Brunswick, E3N 2V1
En français seulement

L’essai Faire que ! d’Alain Deneault est la lecture du mois de la Bibliothèque Aldéa-Landry

« LECTURE DU MOIS | Faire que! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault. Comment s’orienter dans un monde bouleversé par des crises écologiques sans précédent, face auxquelles ni les États ni le capital ne semblent pouvoir remédier?

Dans Faire que! Alain Deneault nous invite à réfléchir à nos façons d’agir à l’ère de l’inouï, une époque où aucun repère historique ne permet d’appréhender les catastrophes qui s’annoncent. Il dénonce la confusion semée par l’extrême droite, la perte de sens provoquée par le libéralisme et l’écoanxiété qui nous fige trop souvent dans l’inaction.

Plutôt que de céder à la sidération, M. Deneault nous encourage à penser autrement, hors des programmes figés, à nous ancrer dans les territoires à travers le concept de biorégion et à livrer la guerre à la médiocratie. Il nous pousse à mal faire les choses, faire mal, à évoquer les enjeux qui dérangent, et surtout à penser et agir collectivement. Avec la lucidité qu’on lui connaît, il nous rappelle que le moment est venu de faire que! […] Bonne lecture ! » – Bibliothèque Aldéa-Landry

« Félicitations à Alain Deneault! » – Université de Moncton

« Le Conseil des arts du Canada a dévoilé la liste des finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général 2025, et Alain Deneault, professeur de philosophie et de sociologie au campus de Shippagan de l’Université de Moncton, figure parmi les finalistes dans la catégorie Essais pour son ouvrage Faire que! L’engagement politique à l’ère de l’inouï.

Les Prix littéraires du Gouverneur général, parmi les distinctions les plus prestigieuses au pays, célèbrent chaque année la richesse de la littérature canadienne et mettent en lumière le talent des créatrices et créateurs d’ici.

Les lauréates et lauréats seront annoncés le 6 novembre 2025. » – Université de Moncton

Prix littéraires du Gouverneur général – Katia Belkhodja et Angelina Guo parmi les finalistes

Photo © Patrick Sanfaçon – Archives – La Presse

La Presse

Par Laila Maalouf
Littérature
21 octobre 2025

Le Conseil des arts du Canada a dévoilé mardi matin les titres finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général, qui seront remis le mois prochain.

[…] Dans la catégorie Essais, les finalistes sont Faire que ! : L’engagement politique à l’ère de l’inouï, d’Alain Deneault (Lux), Mourir de froid, c’est beau, c’est long, c’est délicieux, de Nathalie Plaat (Les Presses de l’Université de Montréal), Recueillir, de Louise Warren (Éditions du Noroît), Soigner, écrire, de Ouanessa Younsi (Les Presses de l’Université de Montréal), et Tu viens d’où ? Réflexions sur le métissage et les frontières, de Maïka Sondarjee (Lux).

[…] Les lauréats des sept catégories seront annoncés le 6 novembre prochain.

Finaliste dans la catégorie essai des Prix littéraires du Gouverneur général 2025

Deux œuvres de l’Acadie parmi les finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général

Photo © Leonardo Cendamo

Acadie Nouvelle

Par Sylvie Mousseau
21 octobre 2025

Alain Deneault, Danielle LeBlanc et Dominique Robichaud sont en lice pour les Prix littéraires du Gouverneur général 2025.

[…] L’essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï (Lux Éditeur) d’Alain Deneault de Petite-Rivière-de-L’Île, dans la Péninsule acadienne, est finaliste dans la catégorie essais. Cet ouvrage du philosophe et professeur à l’Université de Moncton, campus de Shippagan, est qualifié d’incisif et original. Dans cet essai, l’auteur invite notamment le lecteur à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion, peut-on lire dans la description du livre.

Alain Deneault qui est l’auteur de plusieurs essais a déjà été finaliste pour les Prix littéraires du Gouverneur général en 2013. Les lauréats des Prix GG seront dévoilés le 6 novembre.

Acadie Nouvelle

Le 35e Salon du livre de Dieppe s’ouvre sur le monde

Radio-Canada

Par Pierre-Philippe LeBlanc
22 octobre 2025

Le 35e Salon du livre de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, met l’accent cette année sur un dialogue entre l’Acadie et le reste du monde.

L’événement qui a lieu du 23 au 26 octobre compte sur la participation de plus de 60 auteurs, indique sa directrice, Morgane Bonamy.

« On a bien sûr des auteurs du Nouveau-Brunswick et du Québec et on a été cherché des auteurs français, des auteurs de l’Afrique. […] C’est quand même une ouverture, vraiment l’ouverture à différentes cultures et au monde. » – Morgane Bonamy, directrice du Salon du livre de Dieppe

[…] Une soirée littéraire vendredi au CCNB ayant pour thème Sujet de société rassemble les auteurs Alain Deneault, Sonia Mascolo, Francine Bujold, Fadwa Lapierre, Louise Morneault et Sébastien St-Croix Dubé.


Face à face « nature anxieuse »
Avec Alain Deneault et Sébastien St-Croix Dubé
Salon du livre de Dieppe
Samedi 25 octobre 2025 - 13 h 25 à 13 h 45
Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB)
505 Rue du College, Dieppe, NB E1A 6X2
Entrée gratuite
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Face à face « politique »
Avec Alain Deneault et Réal Godbout
Salon du livre de Dieppe
Samedi 25 octobre 2025 - 17 h 40 à 18 h 10
Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB)
505 Rue du College, Dieppe, NB E1A 6X2
Entrée gratuite

Photo © Lux Éditeur

« Lux Éditeur est au Salon du livre de Dieppe, grâce à la redoutable équipe de la Librairie Pelagie ! Retrouvez-nous jusqu’à dimanche au kiosque #23.

Alain Deneault, invité d’honneur, participe à plusieurs activités et séances de dédicaces. » – Lux Éditeur

Finaliste dans la catégorie essai des Prix littéraires du Gouverneur général 2025

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï parmi les finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault fait partie des finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de 2025 dans la catégorie essai. L’annonce des livres gagnants sera le 6 novembre 2025.


« Les livres sélectionnés comme finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général 2025 motivent les lectrices et lecteurs de tout âge à rêver et à découvrir des récits captivants en s’y laissant plonger. Chacune de ces œuvres littéraires offre un point de vue différent sur le Canada et le monde. Ces livres ont le pouvoir d’approfondir les liens qui unissent les gens, de bâtir des communautés et d’imaginer un avenir meilleur. Le Conseil des arts du Canada est honoré de célébrer les voix canadiennes uniques représentées dans ces œuvres littéraires exceptionnelles. »

— Michelle Chawla, directrice et chef de la direction, Conseil des arts du Canada

Les finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de 2025 dans la catégorie essai :

Tu viens d’où? Réflexions sur le métissage et les frontières Maïka Sondarjee (Gatineau, Québec), Lux Éditeur

Faire que! L’engagement politique à l’ère de l’inouï Alain Deneault (Petite-Rivière-de-l’Île, Nouveau-Brunswick), Lux Éditeur 

Mourir de froid, c’est beau, c’est long, c’est délicieux – Nathalie Plaat (Sherbrooke, Québec), Les Presses de l’Université de Montréal (Les salicaires)

Recueillir – Louise Warren (Saint-Lambert, Québec), Éditions du Noroît

Soigner, écrire Ouanessa Younsi (Montréal, Québec), Les Presses de l’Université de Montréal

Une performance comme uppercut – Use et abuse au Théâtre Périscope

Photo © Carte blanche

Use et abuse – Une performance comme uppercut

« Artistes québécois.e.s à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéo-conférence intitulée « Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art » donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.

Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création d’un encan de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art.

Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE est venu clore, joué à guichet fermé, la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Théâtre Périscope


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
9 au 12 décembre 2025 - 19 h 30
13 décembre 2025 - 16 h
Théâtre Périscope - Salle principale - 2, Crémazie Est, Québec
Durée 1 h - Billetterie ici

*Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise.


Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Use et abuse à La Chapelle Scènes Contemporaines

Photo © Maxim Paré Fortin

« Alix Dufresne et Christian Lapointe, artistes québécois·e·s à la parole déliée et vive, s’emparent de la vidéo-conférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.

Alix Dufresne et Christian Lapointe proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe Deneault. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création d’un encan de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art.

Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, Use et abuse est venu clore, joué à guichet fermé, la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. Pour public averti. » – La Chapelle Scènes Contemporaines


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
1er au 6 décembre 2025 - 19 h 30
La Chapelle Scènes Contemporaines
Durée 1 h - Billetterie ici
Pour un public de 18 ans et plus

Présenté an français avec surtitrage en anglais les 2 et 5 décembre.

La représentation du 5 décembre sera suivie d'une discussion entre
Alain Deneault (présence à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

Une table de vente, tenue par la librairie Le Port de tête, sera présente
lors des représentations, proposant une sélection d’ouvrages
d’Alain Deneault et de Christian Lapointe.

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Le macronisme, ou la médiocratie au pouvoir

Politis 
Parti pris
Hebdo # 1883 - Octobre 2025
Par Pierre Jacquemain
7 octobre 2025

Quatorze heures à Matignon : la démission éclair de Sébastien Lecornu ne relève pas du hasard, mais d’un système à bout de souffle. Le macronisme, épuisé par sa propre logique d’adaptation permanente, révèle désormais sa vacuité : un pouvoir sans vision, une politique sans pensée.

Quatorze heures : c’est le temps qu’aura tenu Sébastien Lecornu à Matignon. Une nomination surprise, suivie d’une démission tout aussi soudaine, qui résume à elle seule l’état de décomposition d’une vie politique réduite à la gestion de l’instant. Cette démission express n’est pas un accident, mais un symptôme : celui d’un pouvoir incapable de durer, de penser, de s’inscrire dans le temps long. Le macronisme, qui se voulait dépassement des clivages, n’est plus qu’un centre sans gravité.

On promettait la rupture, on retrouve le recyclage : mêmes visages, mêmes réflexes, mêmes automatismes technocratiques. L’inconséquence n’est plus une erreur, elle est devenue une méthode. Ce gouvernement sans cap incarne à la perfection ce qu’Alain Deneault appelait la médiocratie : le règne tranquille des gestionnaires dociles, des profils lisses, de ceux qui confondent neutralité et compétence. La médiocratie n’est pas la bêtise, mais l’éloge de la prudence. Elle se nourrit de conformisme, de loyauté sans pensée, d’un goût du compromis qui finit par étouffer toute idée de rupture. Elle rejette tout ce qui dépasse, tout ce qui dérange, tout ce qui pense autrement.

Le pouvoir macronien a fait de cette médiocratie une doctrine. La politique y est réduite à une succession d’ajustements tactiques qui donnent l’illusion du mouvement tout en masquant le vide. La mission impossible confiée à Lecornu – arracher en quarante-huit heures ce que nul n’avait su obtenir en trois semaines – n’était qu’un nouvel épisode d’un théâtre où la communication supplante la réflexion.

À droite, les Républicains se débattent entre loyauté et revanche. À gauche, les divisions s’enracinent : les insoumis s’enferment dans le symbolique, les socialistes hésitent entre pragmatisme et rupture. Chacun parle d’unité, mais tous s’enferment dans leurs calculs. Le pays, lui, regarde, désabusé, une classe politique incapable d’offrir le moindre horizon commun. Et désormais, l’étau se resserre sur Emmanuel Macron.

Ce n’est pas d’ordre dont la France a besoin, mais de sens, de vision, de projet. 

L’autorité présidentielle se fissure, la solitude s’installe. Ce ne sont plus seulement ses opposants qui s’interrogent, mais ses propres soutiens. Édouard Philippe évoque ouvertement une présidentielle anticipée, preuve que même les compagnons de la première heure doutent de la capacité du président à gouverner. Gabriel Attal, lui, confie ne plus comprendre les choix présidentiels. La verticalité, jadis revendiquée, s’est muée en isolement. Le chef de l’État semble enfermé dans un pouvoir devenu pure gestion de sa propre impuissance.

Le cas Lecornu, dans sa brièveté presque burlesque, révèle la gravité du moment. Nous ne manquons ni d’experts ni de talents, mais de vision. Ce n’est pas la compétence qui fait défaut, mais le courage d’assumer un cap, de dire ce que l’on veut faire du pouvoir. Gouverner, c’est choisir. Or, la politique française s’est perdue dans la prudence, le calcul, la peur du risque. L’échec n’est pas celui d’un homme, mais d’un système qui a cessé de concevoir la politique comme une responsabilité collective.

Tant que la médiocratie régnera – ce régime où la parole remplace la pensée et la prudence, la conviction –, nous continuerons de dériver, ballottés d’une crise à l’autre, dans un pays qui ne sait plus très bien qui le gouverne, ni vers quoi il va. Ce n’est pas d’ordre dont la France a besoin, mais de sens, de vision, de projet. Pas de stabilité, mais de courage et d’audace d’imposer des ruptures franches. Retrouver le goût du politique, ce n’est pas seulement rompre avec la médiocrité : c’est réapprendre à croire qu’un autre chemin demeure possible.

Devenir fasciste…

Le Club de Mediapart

Par Christophe Patillon
1er octobre 2025

Le sociologue québécois Mark Fortier n’a pas l’âme d’un guerrier. Alors, face à la montée de l’extrême-droite et à la « déroute de la démocratie sociale et libérale », il a fait son choix : il a décidé de se peindre en brun pour se « fondre dans le décor ».

[…] L’hégémonie culturelle de la gauche : c’est donc fini ! L’endoctrinement des enfants à l’école, c’est terminé: il faut purger1 

1 Précisons que Mark Fortier « ne trouve pas les purges plus acceptables parce que ce sont (ses) semblables [les progressistes] qui tiennent le rôle de l’inquisiteur ». Il critique ici certaines actions de militants de gauche sur les campus américains dont la droite radicale a su faire son miel en son temps. Alain Deneault aborde également cette question dans Moeurs. De la gauche cannibale à la droite vandale (Lux, 2022).

Alain Deneault a animé plusieurs causeries à la 22e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne

Alain Deneault a animé plusieurs causeries à la 22e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne, notamment avec l’auteur Bruno Dubuc et son ouvrage Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale, Alain Crevier et son livre Être. Nos quêtes de sens et de liberté et Simon Paré-Poupart, récipiendaire du Prix des libraires du Québec 2025 dans la catégorie Essai pour Ordures! Journal d’un vidangeur dans lequel il remercie Alain Deneault d’avoir été l’instigateur de ce projet de livre.

« La journée a commencé à l’Amphithéâtre Gisèle-McGraw (UMCS) avec une réflexion passionnante menée par Bruno Dubuc, autour de son ouvrage Notre cerveau à tous les niveaux – Du Big Bang à la conscience sociale. » – SLPA

« Un échange profond [avec Alain Crevier] autour des grandes questions éthiques du 21e siècle, qui a donné le ton à une journée riche en réflexions. » – SLPA

« Une discussion inspirante [avec Simon-Paré-Poupart] autour du thème : Prendre soin du monde une poubelle à la fois. » – SLPA

Alain Deneault sera également présent pour des séances de dédicaces au kiosque #26 de Lux Éditeur le samedi 4 octobre de 16 h à 17 h et le dimanche 5 octobre de 13 h à 14 h pour son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï.

Emma Haché, Simon Paré-Poupart et Alain Deneault – Kiosque #26 de Lux Éditeur – Photo © Isjaki Studio

L’économie de la nature d’Alain Deneault fait partie de la bibliothèque d’autodéfense intellectuelle d’Élucid

L’économie de la nature, qui est le premier opuscule du Feuilleton théorique : Les Économies d’Alain Deneault, fait partie de la bibliothèque d’autodéfense intellectuelle d’Élucid. Cette bibliothèque est « un ensemble de synthèses d’ouvrages pour développer l’esprit critique. Des fiches de lectures riches et faciles d’accès à lire ou à écouter. »

« L’économie de la nature (2019) est la première publication d’un « feuilleton théorique » dans lequel Alain Deneault analyse le sens attribué au terme « économie » à travers l’histoire. Dans cet ouvrage, il explique comment les premiers « économistes » ont dévoyé ce terme pour fonder une science de l’agriculture. » – Élucid, 26 septembre 2025

« Anatomie de la souffrance au travail » d’Alain Deneault dans le magazine Manière de voir « Santé mentale, symptômes d’un monde fêlé » du Monde diplomatique

L’article Anatomie de la souffrance au travail d’Alain Deneault paraît dans le magazine bimestriel Manière de voir du Monde diplomatique « Santé mentale, symptômes d’un monde fêlé » numéro 203 (100 pages) octobre – novembre 2025 dans la section 2 ayant pour titre Souffrances.

Anatomie de la souffrance au travail reprend son article paru dans les pages du Monde diplomatique en novembre 2018 sous le titre Quand le management martyrise les salariés.

« Grande cause nationale 2025 », la santé mentale des Français se dégrade tandis que la psychiatrie publique fait face à un manque cruel de moyens. Ailleurs dans le monde, on observe les mêmes signaux d’alerte. Le dernier « Manière de voir » analyse les enjeux sanitaires, politiques et sociaux posés par les troubles psychiques, nouveau mal du siècle. – *Manière de voir, Monde diplomatique, # 203

*Manière de voir présente tous les deux mois un autre point de vue sur les enjeux contemporains et les points chauds du globe et rassemblent les meilleures chroniques parues dans le Monde diplomatique.

La détresse psychique est une douleur sans lésion visible. Pourtant, y succomber peut confronter à une souffrance extrême. Capitalisme en roue libre, aliénation des réseaux sociaux, effondrement climatique, guerres, anomie de nos sociétés — ainsi qu’Émile Durkheim nommait le dysfonctionnement collectif… Sommes-nous toujours plus nombreux, notamment parmi les jeunes, à faire l’expérience de la perte de soi ? D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près d’un milliard de personnes sont affectées par un trouble mental sur la planète, l’anxiété et la dépression en premier lieu.


Anorexie, le poids des exigences sociales ///// Claire Scodellaro
Infographie : Comment ça va, toi ? La santé mentale des jeunes en France ///// Cécile Marin
Anatomie de la souffrance au travail ///// Alain Deneault
La plus grande folie des hommes ///// Caroline Thirion
Théorème de la mélancolie ///// Max Dorra
Ainsi vieillissent nos sociétés ///// Philippe Baqué

Source : Manière de voir, Monde diplomatique


Image © William Utermohlen/Bridgeman Images

Les ex-dirigeants de France Télécom bientôt devant la justice

Quand le management martyrise les salariés

Par Alain Deneault
Extrait du Monde diplomatique
Novembre 2018, page 3

Une lecture distraite des événements pourrait faire passer ce cas d’école pour une affaire isolée. En juin dernier, il a été statué que l’entité France Télécom et son ancien président-directeur général (PDG) Didier Lombard, de même que ses seconds, MM. Louis-Pierre Wenès et Olivier Barberot, comparaîtraient en 2019 pour harcèlement moral. Ils devront répondre des suicides de dizaines d’employés à la fin des années 2000.

À l’époque, France Télécom a changé de statut. Depuis 2004, plus de 50 % de son capital provient d’investissements privés, et tout le secteur des télécommunications est ouvert à la concurrence. L’entreprise entre alors dans une gestion de type « gouvernance », notamment en « responsabilisant » son personnel.

Moins employés que « partenaires » à même l’entreprise, les subalternes apprennent à se rendre pertinents auprès de leurs supérieurs immédiats, qui choisissent leurs équipes de travail. Ils doivent atteindre des objectifs irréalistes, développer des méthodes de vente dégradantes, se donner des formations d’appoint, rivaliser pour se caser dans de nouveaux organigrammes, acquérir de nouvelles compétences, sous peine d’être laissés sur le carreau. C’est d’ailleurs l’un des buts de la manœuvre : décourager plus de vingt mille d’entre eux, afin qu’ils quittent l’entreprise sans devoir être formellement licenciés. Un propos de M. Lombard devant les cadres de France Télécom, le 20 octobre 2006, résume son état d’esprit : « Je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte. »

Et il y est parvenu. Dans La Société du mépris de soi, François Chevallier s’étonne de l’efficacité de cette absence d’encadrement du personnel. Les individus soumis à ce flou administratif se laissent convaincre que tout dépend d’eux, et qu’ils n’ont donc qu’à s’en prendre à eux-mêmes en cas d’échec. « Des gens “maltraités”, ou se vivant comme tels, non seulement ne se rebellent plus contre ceux qui les amoindrissent au point de les détruire, mais semblent leur donner raison en faisant (…)

Séances de dédicaces d’Alain Deneault au Salon du livre de la Péninsule acadienne

Alain Deneault sera présent à la 22e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne sous le thème « Construire des ponts » les 4 et 5 octobre 2025 pour des séances de dédicaces de son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï au kiosque #26 de Lux Éditeur.


Séances de dédicaces d'Alain Deneault
Salon du livre de la Péninsule acadienne
Kiosque #26 - Lux Éditeur
4 octobre 2025 - 16 h à 17 h
5 octobre 2025 - 13 h à 14 h
Centre Rhéal-Cormier
155 rue DeGrâce, Shippagan, New Brunswick

Emma Haché, Simon Paré-Poupart et Alain Deneault – Kiosque #26 de Lux Éditeur – Photo © Isjaki Studio

Les essais d’Alain Deneault chez Lux Éditeur

Conférence d’Alain Deneault à la Grande conférence Sainte-Anne pour la rentrée 2025

La conférence d’Alain Deneault qui a pour titre La « biorégion » du détroit de Northumberland à la Baie-Sainte-Marie : une approche disciplinaire et communautaire aura lieu le vendredi 19 septembre 2025 dans le cadre de la Grande conférence Sainte-Anne pour la rentrée 2025 de l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse.

« Une « biorégion » est un terme utilisé depuis une vingtaine d’années pour qualifier un territoire dont les limites ne sont pas politiques, mais plutôt géographiques, de manière à tenir compte des écosystèmes et des communautés, autrement dit : de l’interaction entre les espèces et les humains et les caractéristiques de la géographie.

Alain Deneault s’intéresse au concept de biorégion afin de mieux connaître et faire valoir la vie régionale dans une perspective « universelle », pour contrer autant le repli identitaire que le défaitisme face aux changements environnementaux.

Le professeur Deneault présentera ces idées, développées dans son récent livre Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï (Montréal, Lux, 2024) dans une grande conférence qui sera suivie d’une période d’échanges avec le public.

L’événement vise à donner le ton à notre année académique 2025-2026 et s’adresse à toute la communauté universitaire; les membres de la communauté de la baie Sainte-Marie sont bien sûr invités à se joindre à nous ! » – Université Sainte-Anne


La « biorégion » du détroit de Northumberland à la Baie-Sainte-Marie : une approche disciplinaire et communautaire

Conférence d'Alain Deneault
Vendredi 19 septembre 2025 - 13 h
La conférence sera suivie d'une période d'échanges avec le public
Chapelle - 1695, route 1, Pointe-de-l'Église (Nouvelle-Écosse) B0W 1M0
et par vidéoconférence aux autres campus de l'Université Sainte-Anne


Comment incompétence et pouvoir peuvent-ils rimer ?

Harvard Business Review France
Août-Septembre 2025

Par Isabelle Barth
Chercheuse en sciences du Management
à l’Université de Strasbourg
23 août 2025

De nombreuses organisations sont durablement dirigées par des individus incompétents. Ce phénomène, connu sous le nom de kakistocratie, suscite à la fois fascination et inquiétude.

Avez-vous déjà été surpris de voir votre supérieur hiérarchique ou les dirigeants de votre entreprise occuper des postes à responsabilité alors qu’ils ne semblent pas posséder les compétences nécessaires ? Si oui, vous êtes peut-être victime d’une kakistocratie – c’est-à-dire d’un régime (kratos, « le pouvoir ») où les postes de pouvoir sont occupés par les plus incompétents (kakistos, « les pires »).

[…] La kakistocratie est fondée sur l’incompétence, qui désigne « le manque des connaissances ou des habiletés attendues pour faire quelque chose ». Elle se distingue de la médiocratie qui est un régime où « le stade moyen hissé au rang d’autorité », et de la kleptocratie où les dirigeants sont corrompus (« La Mediocratie », d’Alain Deneault, Éditions Lux, 2015). Comme la compétence, l’incompétence ne s’évalue qu’en situation.

Les incompétents nuisent à la performance de l’entreprise. Ils créent un climat de désordre et de confusion. Les cadres et les objectifs ne sont pas clairs, ce qui entraîne une souffrance des collaborateurs. La kakistocratie est ainsi peu propice à l’épanouissement personnel et professionnel. […]

L’écologie politique de la biorégion : un dessein et une praxis – Conférence d’Alain Deneault à « Les Automnales de l’environnement » de l’ISE

Alain Deneault présentera sa conférence L’écologie politique de la biorégion : un dessein et une praxis le 29 octobre 2025 lors de la première édition de l’événement Les Automnales de l’environnement organisé par l’Institut des sciences de l’environnement (ISE) à l’UQAM.

« Cette conférence permettra de faire la lumière sur l’approche biorégionale et quels sont les liens à tisser avec l’engagement politique, l’agentivité sociale et la transition socio-écologique. » – ISE

Descriptif de la conférence :

L’approche biorégionale ne consiste pas en une vague option parmi d’autres mais en une réponse urgente donnée dans un esprit de solidarité à un impératif de décroissance qui ne manquera pas d’être vécu de manière subie et subite de la part de différentes communautés. Cet impératif s’incarnera sous la forme de menaces écologiques et climatiques graves, voire de catastrophes avérées. Le dessein que constitue la biorégion est dans l’immédiat une façon de contrer l’écoangoisse (souvent présentée comme une écoanxiété) en structurant l’agir politique contemporain autour de trois axes : science et sapience ; culture et spiritualité ; politique. Il consiste en une élaboration qui travaille à contrer les formes de dénis grossiers ou subtiles dont les différentes analyses climatologiques ou écologiques font l’objet.


L'écologie politique de la biorégion : un dessein et une praxis
Conférence d'Alain Deneault
29 octobre 2025 - 12 h à 13 h 30
Université du Québec à Montréal (UQAM) - Salle PK-1780
Pavillon Président-Kennedy, 201, avenue du Président-Kennedy
Gratuit - ouvert à toustes
Inscription obligatoire : ici

L’écologie politique de la biorégion : un dessein et une praxis – Conférence d’Alain Deneault dans le cadre des Automnales de l’environnement à l’UQAM – Durée 1 h 33 min 45 sec – 29 octobre 2025

*Veuillez noter la présence de plusieurs coupures tant au niveau sonore que visuel et que l’image est pixelisée, puisque cette conférence ne devait pas être rediffusée.

« Vous êtes-vous déjà demandé comment les émissions de CO ont évolué depuis les années 1960 ? Ou encore, qu’est-ce qu’une biorégion ? Peut-être êtes-vous plutôt préoccupé par l’écoanxiété ressentie par plusieurs personnes, particulièrement chez les jeunes… Aimeriez-vous échanger sur les représentations des changements climatiques, et plus encore sur celles de la résilience humaine, avec un réalisateur cinématographique ?

Les Automnales de l’environnement, c’est quoi ?

À compter de septembre et ce pour tout le semestre d’automne, l’ISE vous concocte une programmation riche d’événements qui prendront les formes variées de conférences, de classes de maîtres, de projection de film, de webinaires et de discussions. Ces événements sont conçus pour les étudiant∙es et les membres professeur∙es de l’ISE, la communauté uqamienne et le grand public, afin que toustes puissent se saisir des concepts fondamentaux des sciences de l’environnement et mieux appréhender les enjeux actuels de la crise climatique et les débats qui animent l’espace public.

40 minutes d’idées pour refaire le monde

Un extrait de l’entretien avec Alain Deneault par Olivier Berruyer ayant pour titre Les médiocres ont pris le pouvoir et conduisent le monde à sa perte du 23 novembre 2024 fait partie de la première compilation des moments forts du média Élucid. L’extrait avec Alain Deneault débute à 23 min 20 sec – 16 août 2025

« L’été est là, et dans l’attente de nous retrouver avec plein de nouvelles interviews à la rentrée, voici une première compilation dans laquelle vous retrouverez quelques moments forts des entretiens de cette année ! Histoire de découvrir (ou redécouvrir) les intervenants exceptionnels et inspirants qui ont fait confiance à Élucid ! Merci à tous pour votre soutien indéfectible tout au long de cette année, on vous prépare plein de belles choses pour la rentrée ! » – Élucid

Les médiocres ont pris le pouvoir et conduisent le monde à sa perte
Entretien avec Alain Deneault par Olivier Berruyer chez Élucid
Durée 1 h 43 min 2 sec - 23 novembre 2024

La biorégion : un enjeu impératif – Participation d’Alain Deneault au festival Pour la suite du monde à Sutton

Alain Deneault participera, le dimanche 31 août, au festival Pour la suite du monde avec la conférence La biorégion : un enjeu impératif. Ce festival art & vivant est présenté par l’organisme D’Arts et de rêves enraciné dans la communauté de Sutton et aura lieu du 29 août au 1er septembre 2025.

Pour la suite du monde présente des artistes pluridisciplinaires de tous horizons : littérature, musique, cirque, art visuel, danse, philosophie et art culinaire.

Les artistes invités pour l’édition 2025 sont : Sara A.Tremblay , Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon, Marie-Renée Bourget-Harvey, Alain Deneault, Maude Lecours, Patrick Leonard, Alex Nevsky, Lysanne O’Bomsawin, Nicole O’Bomsawin, Pattie O’Green et Les chefs de Sutton.

« Un festival à Sutton qui rassemble les arts et les idées pour imaginer, ensemble, de nouveaux récits pour demain. » – D’Arts et de rêve


La biorégion : un enjeu impératif
Conférence philosophique d'Alain Deneault
Pour la suite du monde - Festival art et vivant
Dimanche 31 août 2025 - 11 h
Lieu : D'arts et de rêves
57, rue Principale Nord
Sutton (Québec) J0E 2K0
Téléphone : 450 531-5707
Ouvert à tous - Gratuit
*Des «grilled cheese» sur pain maison
et de la tisane philosophale seront servis

La conférence La biorégion : un enjeu impératif d’Alain Deneault est une invitation à repenser nos territoires à l’échelle la biorégion, un cadre nécessaire pour faire face, dès maintenant, aux limites écologiques et sociales de notre époque. – D’Arts et de rêve

« Biorégion n’est pas le nom d’une offre de plus à la carte du restaurant électoral, ni un vague effet de mode, ni une agréable utopie. Le terme dénote un cadre conceptuel par lequel se situer dans un moment de l’histoire où la décroissance, si elle est déjà désirée par certain.es, se trouve effective, voire subie et subite, aux yeux de tous. Il s’agit d’une réponse à donner à un impératif historique, soit l’atteinte des limites, en tant que cette réponse peut être d’ores et déjà portée par une avant-garde et mise en pratique à différentes échelles. » – Alain Deneault

« L’essai compte parmi les modes stylistiques les plus démocratiques qui soient. Il s’agit d’exposer des problèmes philosophiques et sociaux qui se situe là où le profane en même temps que l’initié peuvent se trouver interpellés à titre égal. Face à un essai, on participe de plain-pied à des enjeux communs. » – Alain Deneault

« Biorégion » : cinquante ans de préparation à l’autonomie politique

Photo-illustration © Thibault Inglebert

Blast, le souffle de l'info
Culture-Idées
Par Alain Deneault
10 août 2025

Alain Deneault est un philosophe québécois, auteur de nombreux essais comme « La médiocratie, Politique de l’extrême centre », ou encore « Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï », à l’occasion duquel il avait accordé un entretien à Blast. Dans ce texte exclusif, l’intellectuel retrace le parcours du concept de « biorégion » et démontre les raisons pour lesquelles il est un instrument central pour les luttes de demain.

Il y a cinquante ans naissait le concept de biorégion. Ce concept, plus complexe qu’il n’y parait, vise à outiller les communautés qui se choisissent libres de s’organiser en fonction des dynamiques propres à leur territoire, dans un esprit universel. Non plus plaquer sur les lieux ses propres visées mais apprendre à composer avec eux du point de vue de la politique, de la science et de la culture. C’est une révolution, mais elle s’impose par la force des choses, ici et maintenant, où qu’on soit. L’effondrement de la biodiversité, les bouleversements climatiques, la pollution massive, la production de déchets multiples, l’assèchement des eaux, l’érosion des sols, la surpêche, l’épuisement des réserves énergétiques et l’éradication minière rendent impérative l’organisation biorégionale.

Non pas partir du concept de biorégion, mais de l’histoire qui nous y conduit inexorablement. Plutôt qu’une vague utopie ou une option de plus offerte à la carte du restaurant électoral, voir en la « biorégion » le nom d’une réponse à donner à une situation impérative, source historique d’angoisse : la contraction annoncée de la géopolitique de la mondialisation à la région.

Comme à Mayotte, comme à Valence, comme à La Nouvelle-Orléans, Clova au Québec ou Lytton dans l’ouest canadien, des communautés entières secouées par des déluges ou des incendies de forêts sont appelées à redécouvrir crûment deux vérités anthropologiques : elles dépendent en dernière instance d’elles-mêmes, de leur entregent, de leur sens de la solidarité. Puis, elles se découvrent redevables du territoire qu’elles foulent, de ses sols, de son air, de ses eaux. « Vous nous avez abandonnés », clame-t-on de part et d’autre. Pour se résigner : c’est aussi à partir de cette échelle qu’on organisera désormais la politique. Et cette nouvelle approche appelle des concepts politiques adéquats.

Nous traversons comme société des moments inouïs. In-ouïs, jamais entendus, inédits. Il suffit d’entendre comment les instances politiques et/ou scientifiques exposent les menaces réelles qui pèsent sur la biodiversité, le climat, l’économie de la nature pour s’en convaincre. Jamais depuis des millions d’années n’a-t-on vu autant se transformer l’équilibre entre les espèces. Jamais depuis ce nombre insaisissable d’années n’en a-t-on vu s’éteindre. Jamais depuis 10 000 ans l’évolution du climat n’a été aussi rapide et radicale. Les phénomènes tels que les inondations, les ouragans et les sécheresses sont appelés à s’accentuer, car le processus de réchauffement climatique se révèle autonome et exponentiel : la fonte des glaciers a cours désormais d’elle-même puisque les surfaces réfléchissantes se réduisent, tout comme les étendues forestières, et menacent de se fissurer, laissant ainsi se libérer un méthane naturellement enfoui, un puissant gaz à effet de serre. De plus, rien n’arrête l’industrie dans son empoisonnement agrochimique des espèces.

À cela s’ajoute la raréfaction annoncée des énergies fossiles de même que des minerais censés garantir une prétendue « transition » énergétique (1). Puis les incertitudes géopolitiques relatives aux guerres et au commerce international.

Or, le caractère inédit de la situation peut aussi passer pour indicible. Comment penser encore cette conjoncture nôtre, sans précédent, sans pareil dans l’histoire, inouïe. Est-ce que penser reste une chose possible ? L’historien et essayiste Paul Veyne aurait indiqué que non. Chez lui, comparaison est raison, et c’est dans un va-et-vient entre des situations occurrentes et passées qu’on en vient à se donner une conception précise sur la singularité de ce qu’on traverse. Il nous est ainsi donné de penser l’invasion de l’Ukraine par la Russie, un nouveau virus ou des actes génocidaires d’un pays d’occupation comme au Moyen-Orient… Nous connaissons (hélas) des précédents.

Mais la déstabilisation du système Terre lui-même ? Faire le deuil de l’expression Ceteris paribus sic stantibus (toute chose étant égale par ailleurs), afin d’isoler des variables quant à ce sur quoi faire fond. Considérer désormais que rien n’est stable, tout bouge, tout s’altère…

Ce n’est pas sans raison que l’angoisse apparaît comme un mal psychique partagé. L’angoisse, c’est l’épreuve d’affects insistants, déstabilisants et troublants qui ne s’accompagnent d’aucune cause, image ou représentation précises. Contrairement à l’anxiété qui explique un malaise par le surinvestissement d’un objet (réel ou fictif), l’angoisse exprime la souffrance de qui n’en a guère.

Face à l’angoisse, les plus démunis, indépendamment de leur profil sociologique (classe sociale, diplomation, statut professionnel…), en proie à des émotions sans nom ni symbole, cherchent désespérément des objets de substitution, soit un paratonnerre sur lequel projeter son trouble. Arrivent alors une multitude de boutiquiers de l’extrême droite, avec leur offre de boucs émissaires. Tout va bien, ou tout irait bien, si… Si on faisait ablation avec telle ou telle catégorie sociale ou culturelle. Nous ferions ensuite Un avec nous-mêmes, dans le formol de l’histoire, ne constituant plus qu’une seule cellule, pour nous vautrer une fois pour toutes dans la jouissance de la pulsion de mort.

Mais face à l’angoisse, les plus aguerris, là aussi de toute provenance sociale, mobilisent cette énergie psychique au service de desseins adaptés, de concepts adéquats, de principes opportuns. Certains sont mis à disposition et nous font avancer : celui de « chimère » chez Baptiste Morizot (2) qui nous outille quant à un temps où tout change, où le terrain vague devient un marais et ailleurs le marais, un terrain vague; où l’ours brun apprend à monter vers le nord en temps de canicule, mais où l’ours blanc, ayant lui perdu sa banquise, découvre les chemins du sud. Ils déjouent les prétendues « lois de la nature » de l’épistémologie humaine, se rencontrent et découvrent une nouvelle espèce. Politiquement aussi, des chimères sont de rigueur. Par exemple, la biorégion.

Un concept lucide et joyeux

En tant que concept, la « biorégion » a aujourd’hui cinquante ans. Allen van Newkirk lui donnait son acte de naissance en le proposant dans un court texte de la revue Environnemental Conservation à l’été 1975. Depuis le repaire historique du mouvement coopératif en Amérique, à Heatherton dans la région d’Antigonish (Nouvelle-Écosse, partie atlantique du Canada), cet artiste d’origine états-unienne devenu militant écologiste cherchait à fonder une géopolitique tout autre, dans laquelle le préfixe géo– serait aussi déterminant que la racine politique (3). Il ne s’agissait plus de faire de la politique sur le territoire, en fonction de son exploitation et dès lors contre lui, mais d’intégrer radicalement la politique aux dynamiques territoriales elles-mêmes.

Partant de la notion de région biotique, non loin des mouvements de retour à la terre ou du municipalisme libertaire, sans s’y restreindre, il perçoit d’abord la biorégion en fonction de sa portée biologique. Autrement dit, la politique ne s’imprime plus sur le territoire à la manière d’espaces qu’il faut rendre conformes aux cartes et aux intérêts dictés par l’exploitation industrielle et commerciale, mais elle s’intègre aux réalités biologiques et territoriales d’un lieu. La flore, la faune, les sols, les eaux, le climat, les bassins versants… sont ce à partir de quoi les citoyens d’un espace politique savent amorcer leurs pratiques. La signification du lieu commence par l’histoire, pas seulement celle, sociale, des sciences humaines, mais l’histoire même qui a rendu possible la gestation millénaire du lieu qu’on occupe. Comprendre ce qu’il en a fallu de contributions de la part des insectes, des oiseaux, des grands mammifères, y compris des humains, pour qu’un lieu perdure comme il l’est, le cas échéant où il ne faudrait pas chercher à tenter de le restaurer, afin d’envisager la façon de s’y fondre pour les temps à venir.

Science, culture et politique

Cela implique une approche à la fois interdisciplinaire et, à ce titre, égalitaire. Aucune discipline, c’est-à-dire pas plus les sciences exactes que les autres, contrairement à ce qui se produit maintenant au titre du discours écologique, n’occupe de fonction hégémonique. Certes, la modélisation, la biologie, l’océanographie et la climatologie sont prisées, tout comme le devient également la sapience, c’est-à-dire les savoirs populaires accumulés indépendamment des titres de diplôme. L’historien des sciences Dominique Pestre invite ses collègues scientifiques à « apprendre à faire confiance aux solutions que le social invente (4) ». Il se peut que ceux-là mêmes qui dépendent du territoire sachent en défendre les modalités agricoles et les normes escomptées, surtout dans un contexte où il s’agit d’en vivre plutôt que de les exploiter aux fins de pratiques commerciales coloniales.

À cela s’ajoute la culture, la littérature et les arts : se redonner de nouveaux récits, s’expliquer par la fiction des situations semblables à la sienne pour suppléer l’absence de référence historiographique relative à la période inouïe qu’on traverse, réorganiser la façon de découper le réel. Un exemple dans le domaine du landart, les œuvres d’Andy Goldsworthy. En traçant des lignes dans l’espace à partir d’éléments qu’il y trouve (brindilles, feuilles, pierres…), il nous persuade de la pertinence d’une autre forme de tracé dans l’espace, non plus celui des frontières qui consiste pour le plus fort à circonscrire un lieu pour clamer que ce qui s’y trouve lui appartient, mais celui qui marque à l’intérieur d’un cadre symbiotique déterminé par lui-même (on sait en suivant ses dynamiques quand un lieu s’arrête et cède à un autre) quel en est l’axe de vie, la ligne symbiotique, exemplairement une rivière ou une bande cultivable…

Enfin, la politique. La biorégion ne se « développera » pas parce qu’on la désire, vote pour elle ou la choisit. Elle s’imposera, là où une avant-garde en aura prédit la nécessité, dans des contextes historiques de bris, de drames ou de crises où on se découvrira dépendant de soi-même. Dans de tels désarrois, des petits-chefs vociféreront pour ameuter une catégorie de soumis face aux autres à qui ils déclareront la guerre. Les plus fins opteront pour l’entraide. Ils trouveront à fonder des communs autour d’éléments (fours à pain, terres arables, caveaux, compétences diverses…) favorisant le rapport de la communauté aux épreuves, urgences et aspirations qui deviendront les siennes. De nouvelles organisations politiques, à partir de ce que les zones à défendre, collectifs, associations et coopératives génèrent déjà, prendront le pas pour être à la hauteur du changement de paradigme qui ne manquera pas de s’imposer en ce siècle.

En cela, la biorégion ne procède pas d’un parfait renversement. Ce n’est pas tout à fait une révolution, si elle n’est pas de celles qui s’accomplissent par « la force des choses » comme l’écrivait Hannah Arendt, et non pas par la seule volonté sociale. Elle peut encore cohabiter dans le mille-feuille institutionnel avec les différents pouvoirs institués, ceux qui, impuissants, en ont déjà plein les bras avec les mutations historiques du siècle et se retournent parfois contre les communautés pour les coloniser à nouveau. Elle n’est pas passéiste au sens où des architectes imaginent par quelles nouvelles techniques habiter grâce à des matériaux environnants et recyclables, et où des permaculteurs conçoivent des formes adaptées d’agriculture sans recourir aux laborieuses méthodes des anciens. Elle est universelle au sens où elle croit que l’Afrique doit venir au secours de l’Occident (5), et lui permettre de partager des expériences agricoles et sociales provenant d’un monde qui a pu se passer d’un capitalisme aujourd’hui vacillant, tout comme les peuples premiers des Amériques.

La biorégion est surtout un concept vitaliste et affirmatif qui permet de surmonter l’angoisse occasionnée par les discours accablants de l’époque, pour avancer, à tâtons, frayant un chemin vers ce qui s’impose comme nécessaire.

(1) Matthieu Auzanneau, Pétrole. Le déclin est procheParis, Éditions du Seuil, coll. « Reporterre », 2022 ; Guillaume Pitron, La Guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique, Paris, Les Liens qui libèrent / Acte Sud, 2019, et Jean-Baptiste Fressoz, Sans transition : une nouvelle histoire de l’énergie, Paris, Seuil, coll. « Écocène », 2024.

(2) Baptiste Morizot, Raviver les brasiers du vivant,Arles, Actes Sud/Wildproject, coll. « Domaine du possible », 2020.

(3) Allen van Newkirk, « Bioregions: Towards Bioregional Strategy for Human Cultures », Environmental Conservation, no 2, vol. 2, Été 1975, p. 108. Lire aussi Mathias Rollot et Marin Schaffner, Qu’est-ce qu’une biorégion ?, Marseille, Wildproject, 2021.

(4) Dominique Pestre, À Contre-science. Politiques et savoirs des sociétés contemporaines, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées, 2013, p. 84. Selon le beau titre du livre d’ Anne-Cécile Robert, L’Afrique au secours de l’Occident, Ivry-sur-Seine, Éditions de l’Atelier, 2006.

Denis Robert s’entretient avec Alain Deneault à l’émission Zoom arrière sur Blast, le souffle de l’info publié le 15 novembre 2024 – Durée : 1 h 26 min 56 sec

La jeunesse entendue

Le Devoir 
(Section Opinion)
Par Samir Shaheen-Hussain
28 juillet 2025

Mon cher neveu, je t’écris aujourd’hui après avoir appris que le 24 juillet a marqué cette année le « jour du dépassement », selon le collectif international Global Footprint Network. Dans un texte d’Alain Deneault paru dans Le Devoir, l’auteur et professeur de philosophie nous explique l’importance de cette journée : « en raison de nos modes de production dominés par l’idéologie extractiviste, productiviste, consumériste et capitaliste, nous avons épuisé ce que la planète est à même de générer sans se trouver hypothéquée ».

Cette journée macabre m’a fait penser à notre échange lors de ta dernière visite. Le 6 juin, alors que je vous disais, à toi et ton frère cadet, que Montréal se retrouvait au palmarès des métropoles les plus polluées du monde à cause des incendies de forêt dans les Prairies, tu m’as fait part, avec une franchise désarmante, de ton désespoir face au fait que les feux de forêt sont devenus le « nouveau normal » pour beaucoup de jeunes de ta génération partout dans le monde.

Ta confidence m’en a rappelé une autre, faite en 2015. Alors qu’elle n’avait que sept ans et apprenant l’existence de la sixième extinction (à la suite d’une recherche qui venait d’être publiée dans la revue Science Advances et faisait les manchettes), ta cousine, qui a le même âge que toi, faisait ce constat accablant : « les humains sont la pire [espèce] ». Certes, ce n’est pas toute l’espèce humaine qui est responsable de « l’idéologie extractiviste, productiviste, consumériste et capitaliste » (à laquelle j’ajouterai « coloniale et impérialiste »), mais bien une minorité qui détient le pouvoir et en tire profit.

Je dois avouer que vos constats lucides (et crève-cœur) me laissent souvent bouche bée. À l’époque, je n’avais pas su répondre à ta cousine pour la rassurer. Dix ans plus tard, la crise climatique s’imbriquant dans des crises géopolitiques et économiques marquées par la montée des autoritarismes et des fascismes, je ne sais toujours pas comment te répondre pour te rassurer.

En plus des ravages de la crise climatique, nous vivons un moment dans lequel des dizaines de millions de jeunes sont privés d’école à cause des conflits armés. Un moment où l’UNICEF a reconnu que nous avons échoué collectivement à protéger les enfants des horreurs de la guerre. Un moment où, selon le plus récent rapport de la rapporteuse spéciale de l’ONU, nos gouvernements respectifs, les États-Unis et le Canada, risquent d’être jugés complices de ce qu’elle qualifie sans détour comme un génocide perpétré par le gouvernement d’Israël contre le peuple palestinien alors qu’une famine de masse se propage à Gaza.

J’ai récemment écrit dans ces pages que « résister collectivement aux forces fascistes apocalyptiques qui prônent la destruction et la mort nous permettra de créer de nouveaux mondes pour nous et nos enfants ». J’ai réalisé depuis que j’ai fait une erreur en formulant la phrase ainsi : le « nous » qui doit résister collectivement n’incluait pas la jeunesse.

Pourtant, lors de la première de son dernier documentaire en décembre, la réalisatrice Kim O’Bomsawin avait expliqué que « les enfants ont beaucoup de choses à dire si on prend le temps de les écouter ». Dans son lumineux Ninan Auassat. Nous, les enfants, des jeunes de différentes communautés autochtones au Québec (Attikameks, Eeyou-Cris, Innus) partagent leur sagesse en soulignant l’importance pour eux de la langue, la tradition et la culture. Que ce soient les enfants autochtones, les jeunes de la DPJ, ceux issus de l’immigration, ou les enfants trans, « il faut plus d’initiatives pour donner une voix à la jeunesse », nous rappelait en ces pages Gen Ste-Marie, de TransEstrie.

Ici, au Québec, cette jeunesse a mené des luttes phares depuis des décennies. Pensons récemment au printemps étudiant de 2012 — qui nous a montré que militer collectivement peut « contribu[er] à politiser toute une génération » et nous donner « une extraordinaire leçon de culture démocratique » — et aux mobilisations du Mouvement des jeunes pour le climat, qui a réussi à mobiliser une marche de 500 000 personnes à Montréal en 2019.

Ces mobilisations soulignent l’importance de « l’intersectionnalité des luttes » et identifient le rôle du capitalisme comme étant la « genèse » des polycrises, notamment économique et écologique, comme l’avait noté Sandrine Giérula, membre de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social et citée dans la bédé documentaire Quand les élèves se révoltaient, par Emanuelle Dufour et Francis Dupuis-Déri, qui racontent justement l’histoire des différentes révoltes que des millions d’élèves ont menées au fil des années et des décennies pour protester contre les injustices.

Hors du Québec, juste la semaine passée, de jeunes Autochtones du nord de l’Ontario qui se mobilisent depuis des semaines contre le projet de loi C-5 ont bravé la canicule en marchant dans les rues d’Ottawa. Kohen Chisel, 25 ans et originaire de Constance Lake, a clairement expliqué sa compréhension de la responsabilité de la jeunesse : « Nous sommes ici pour protéger nos terres, protéger les futures générations et nous assurer que nos aînés et nos ancêtres sont bien respectés. »

Plus près de chez toi, aux États-Unis, en 2024, des étudiants des campus universitaires ont érigé des campements en solidarité avec la Palestine, qui avaient inspiré des actions semblables ici. Et quand plusieurs de ces mêmes leaders étudiants, et d’autres étudiants immigrants, ont été ciblés par les politiques anti-migrants du régime Trump 2.0, la jeunesse a courageusement organisé des grèves et des manifestations pour s’opposer aux politiques violentes de détention et d’expulsion d’ICE.

La veille du « jour du dépassement », la Cour internationale de justice, la plus haute juridiction de l’ONU, a diffusé un rare avis consultatif à l’unanimité et sans précédent voulant que « les États qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte “illicite” et pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés ».

Cet avis, décrit comme « révolutionnaire » par certains défenseurs du climat et de la biodiversité, est le fruit d’une initiative qui a débuté dans des salles de classe du Vanuatu en 2019, un pays de la région Pacifique qui s’est formellement libéré des colonialismes britannique et français en 1980.

Selon Vishal Prasad, directeur du groupe Pacific Islands Students Fighting Climate Change, qui a joué un rôle déterminant pour amener la cause devant la CIJ : « Pour nous, le changement climatique n’est pas une menace lointaine. Il est en train de bouleverser nos vies dès aujourd’hui. Nos îles sont en danger. Nos communautés font face à des changements perturbateurs d’une ampleur et à un rythme que les générations précédentes n’ont jamais connus ».

Un reportage du Guardian nous explique que pour les jeunes impliqués, « cette victoire n’était pas seulement politique, elle était personnelle. Et c’était historique ». Cynthia Houniuhi, une des étudiantes en droit à l’origine de la campagne juridique mondiale a déclaré : « Nous étions là. Et nous avons été entendues. »

Force est de constater, mon cher neveu, que la jeunesse engagée peut non seulement poser un regard désarmant, lucide et critique sur l’état de monde, mais aussi changer le cours de l’histoire. Je ne sais pas si nous, les adultes, sommes à l’écoute, mais si j’avais des conseils à te donner, ça serait de ne pas nous attendre.

15 ans d’Usbek & Rica : nos 15 interviews les plus visionnaires

L’entretien avec Alain Deneault par Pablo Maillé du 4 mai 2020 ayant pour titre Alain Deneault : Il devient impératif de redéfinir le mot « économie » figure parmi les 15 entrevues les plus visionnaires publiées dans la revue Usbek & Rica.

« Pour fêter ses 15 bougies, la rédaction d’Usbek & Rica a dégoté dans ses archives 15 interviews qui portaient un regard précurseur sur le futur. L’occasion de faire le point sur l’impact des idées d’hier sur le monde d’aujourd’hui. » – Usbek & Rica

Photo © Jean-François Nadeau

Extrait de l’entretien avec Alain Deneault par Pablo Maillé, Usbek & Rica

Entretien avec le philosophe Alain Deneault, dont la dernière série de livres vise à « ôter l’économie aux économistes »

Et si le mot « économie » n’était pas aussi facile à définir qu’on le pense ? Quels secteurs et quelles disciplines recouvre-t-il vraiment ? Comment le « concilier » par exemple avec le terme « écologie », auquel on l’oppose souvent ? Alors que la propagation du Covid-19 continue partout dans le monde, ces questions n’ont jamais semblé aussi actuelles.

Dans son feuilleton théorique en 6 tomes, le philosophe québécois Alain Deneault s’emploie justement à explorer les différentes acceptions de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’économie », pour finalement « synthétiser tous ces usages dans une définition conceptuelle en lieu et place de celle, idéologique, qui s’est imposée à nous ». Abscons ? Le projet s’avère au contraire passionnant et concret car, comme il le dit lui-même, « quand on arrivera à la fin du capitalisme, il restera des appareils électroménagers, des voitures et des objets ». Après L’économie de la nature et L’économie de la foi en 2019, celui qui est aussi le correspondant canadien du Collège international de philosophie de Paris vient de livrer la troisième mouture de sa série, L’économie esthétique (éditions Lux, paru le 5 mars 2020). 

Usbek & Rica : Avant d’en venir à votre dernier livre, un mot sur la période que nous traversons. À l’aune de l’analyse très détaillée que vous faites de l’usage du mot « économie  », quel regard portez-vous sur la situation économique actuelle engendrée par l’épidémie de Covid-19 ?

Alain Deneault : La crise que nous connaissons nous rappelle brutalement les différentes significations du terme « économie », en tant qu’il renvoie autant à des réalités biologiques et naturelles qu’à l’écologie, la psychologie, la production de savoirs et les formes de croyance. Là maintenant, faire preuve d’économie, c’est enfin considérer la santé publique, la psychologie, les modes de croyance, la production de savoirs, l’organisation sociale et les décisions politiques autrement que pour de strictes logiques de marché motivées par des actionnaires goulus. Plus qu’avant du moins. La crise nous rappelle aussi la vulnérabilité d’un système mondialisé dans lequel les États ont laissé l’industrie déménager complètement ses infrastructures dans des pays où on peut encore exploiter inconsidérément le prolétariat et transférer leurs actifs dans des paradis fiscaux où l’opacité reste totale.

L’ambition de votre feuilleton théorique est d’ôter « l’économie aux économistes ». Mais à vouloir redonner une acception plus large au terme « économie », ne risque-t-on pas de perdre de vue la question des inégalités ou celle de la répartition des richesses ?

Ce qui m’importe, c’est de faire en sorte qu’on ait en tête une définition qui ne soit pas seulement celle des « sciences de l’intendance » [ensemble des activités de gestion, d’économie et de budget d’un groupe, ndlr]. Les sciences de l’intendance se sont présentées comme étant égales à l’économie et, aujourd’hui qui plus est, égales au capitalisme. Mais lorsqu’on fait l’examen des usages du mot « économie » dans les différentes disciplines ou dans les différentes traditions où ce mot a existé de manière centrale — théologies, sciences de la nature, linguistique, esthétique, rhétorique, mathématiques, etc. — on se rend compte que la définition générale qui s’en dégage est très différente.

Les usages du mot « économie » dans ces différentes disciplines ne sont pas des synonymes mais ce ne sont pas des homonymes non plus. Ces disciplines utilisent bien ce même mot d’économie, ce qui suggère une sorte de connaissance transversale. Lorsqu’on essaye d’en dégager le sens de façon conceptuelle, on aboutit à l’idée que l’économie est la science de la connaissance des relations bonnes. Ou bien, pour le dire autrement, l’observation des relations qui se veulent bonnes — « bonnes » au sens où le définit Spinoza, c’est-à-dire qu’elles nous permettent de durer, de tendre vers une forme escomptée de perfection.

« Pour le commun, il ne peut pas être « économique » qu’un régime génère de la pauvreté à un point inouï dans l’Histoire ! »

Admettons maintenant cette proposition conceptuelle comme étant un point de départ acceptable. Lorsqu’on fait subir un examen critique de l’usage idéologique de l’économie, comme on le fait souvent dans les sciences de l’intendance, on se rend compte qu’on peut difficilement considérer comme économique ce à quoi renvoie aujourd’hui cette expression. L’économie au sens où on l’entend actuellement est un régime inique sur le plan social, qui n’est pas souhaitable pour le commun… sauf peut-être pour des acteurs pervers et cyniques. Pour le commun, il ne peut pas être « économique » qu’un régime génère de la pauvreté à un point inouï dans l’Histoire ! Sans parler de la pollution, de la destruction et de la déstabilisation des écosystèmes… Ce qu’on appelle « économie » se révèle lorsqu’on a fait ce grand détour : c’est un usage orwellien, qui nomme d’une expression donnée ce qui relève en fait de son contraire. […]