Use et abuse au Théâtre La Rubrique

Photo © Maxim Paré Fortin

La création pluridisciplinaire Use et abuse produite par Carte blanche avec Christian Lapointe et Alix Dufresne, inspirée par la vidéoconférence d’Alain Deneault Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art, sera présentée au Théâtre La Rubrique le 16 janvier 2026.

« Artistes québécois·e·s à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéoconférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel·le·s du Nouveau-Brunswick, cet exposé tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables. Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe. Elle et il y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création d’un encan de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art.

Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE vient clore la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Ici les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation.


Use et abuse
Création initiée par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
et inspirée de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
Théâtre La Rubrique
4160 Rue du Vieux Pont, Jonquière, Québec G7X 7V8
16 janvier 2026 - 20 h
Durée 1 h - Billetterie ici

Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise


Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND ).

«Use et abuse»: l’art de la mutinerie

Le Devoir

Par Sophie Pouliot
1er décembre 2025

«Use et abuse»: l’art de la mutinerie

Alix Dufresne et Christian Lapointe se livrent à des improvisations hardies en s’inspirant du philosophe Alain Deneault.

« Le cauchemar de l’acteur qui arrive sur scène sans avoir répété et qui, en plus, est tout nu… Nous, on le vit et on s’est fait ça à nous-mêmes. » Alix Dufresne décrit ainsi, avec un brin d’humour, le saut dans le vide auquel elle se prête, avec son comparse Christian Lapointe, à chaque représentation d’Use et abuse.

Dans ce spectacle, créé en mars dernier à l’Usine C et repris ces jours-ci à La Chapelle Scènes contemporaines puis au théâtre Périscope, le tandem improvise depuis un canevas et au son d’une conférence d’Alain Deneault, projetée en fond de scène. Une démarche qui n’est pas sans rappeler Hidden Paradise, que Dufresne a imaginé (et longtemps interprété) avec Marc Béland à partir d’une entrevue radiophonique sur les paradis fiscaux accordée par le philosophe.

L’exposé intitulé Comment l’« industrie culturelle » use et abuse de l’art traite plutôt de la vampirisation de la création artistique par le système capitaliste, et ce, de deux manières. D’une part, les décideurs « reprennent les codes artistiques pour théâtraliser leur discours. Un spot s’allume, je me retourne au bon moment, je prends une pose savante pour créer un effet… » illustre Alix Dufresne. D’autre part est imposée à l’art une logique marchande, tant en ce qui concerne la gestion des procédés de production que la commercialisation des œuvres. « Moi, je sais lire des états financiers, je sais ce qu’est un grevé d’affectation reporté sur cinq ans […]. On nous a forcés à être des entrepreneurs », affirme Christian Lapointe.

Pour illustrer ces constats, Dufresne et Lapointe ne reculent pratiquement devant rien. « On incarne les idées dont parle Alain Deneault. On donne à voir la violence institutionnelle, en fait », explique l’âme dirigeante de la compagnie Carte blanche. « On voit de jeunes artistes annuler leurs spectacles parce qu’ils n’ont pas eu leur financement. Je le comprends, mais, en même temps, ce qui fait qu’on dure, c’est notre capacité à endurer cette violence institutionnelle. Pour se faire dire oui, il faut encaisser 50 refus. Ça, à la longue, ça use », ajoute-t-il.

Le créateur ne nie pas qu’aujourd’hui, la compagnie qu’il a fondée bénéficie de subventions, un privilège obtenu après moult années de persistance. L’homme de théâtre cite à ce propos Marie-Hélène Falcon, cofondatrice de l’événement désormais connu comme le Festival TransAmériques. « [Elle] disait qu’au Québec, c’est une fois que nos artistes sont épuisés qu’on leur accorde un peu de moyens. »

Christian Lapointe tient pourtant à réitérer que « la conférence n’est pas à propos du fait que les artistes sont pauvres, c’est à propos du fait qu’on se fait usurper nos outils, que l’inventivité des artistes génère des mécanismes de représentations qui sont ensuite récupérés par des gens de pouvoir de tout acabit. Et qu’on devrait être capable d’exposer [ces mécanismes], de les détricoter. La performance essaie, de manière ludique et féroce, de faire ça. »

Corps politiques

Selon Deneault, les artistes seraient les plus à même de renverser cette capitalisation de l’art. Par exemple, en déconstruisant le modèle autour duquel s’articulent la plupart des manifestations culturelles — en le subvertissant en quelque sorte.

Aux yeux d’Alix Dufresne, c’est principalement en cela que réside le caractère séditieux d’Use et abuse. « Ce n’est pas qu’on soit nus sur scène, qu’il y ait de la violence auto-infligée, de la sexualité très crue ou de l’humiliation. […] La vraie transgression, c’est la façon dont on a fait notre production. Comment on s’organise, comment on pense, qu’est-ce qu’on dépense ou non. Elle est dans la fragilité avec laquelle on arrive sur scène, parce que [notre spectacle] n’est pas un produit, on ne le contrôle pas. »

Or, tout au long de la représentation, les artistes se photographient et transforment ces images en NFT, en jetons non fongibles, c’est-à-dire un type de cryptomonnaie qui a valeur d’œuvre d’art, explique Lapointe. « Même quand on fait des actions ignobles, précise sa collègue, on s’assure de s’arrêter pour se prendre en photo et, théoriquement, celles-ci iraient dans un encan où les gens pourraient investir. »


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
La Chapelle Scènes Contemporaines
1er au 6 décembre 2025 - 19 h 30
3700 Rue Saint-Dominique, Montréal, Québec H2X 2X8
Durée 1 h - Billetterie ici
Interdit aux personnes de moins de 18 ans

Présenté an français avec surtitrage en anglais les 2 et 5 décembre.

La représentation du 5 décembre sera suivie d'une discussion entre
Alain Deneault (participation à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

Une table de vente, tenue par la librairie Le Port de tête, sera présente
lors des représentations, proposant une sélection d’ouvrages
d’Alain Deneault et de Christian Lapointe.

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND ).

Culture avec Rose St-Pierre : Les artistes face au capitalisme à La Chapelle

Photo © Radio-Canada

La chronique culture de Rose St-Pierre à l’émission Le 15-18, animée par Annie Desrochers sur ICI Première à Radio-Canada, concerne la pièce Use et abuse de Christian Lapointe et Alix Dufresne inspirée de la vidéo conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique.


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
1er au 6 décembre - 19 h 30
La Chapelle Scènes Contemporaines
Durée 1 h - Billetterie ici
Pour un public de 18 ans et plus

Présenté an français avec surtitrage en anglais les 2 et 5 décembre 2025

La représentation du 5 décembre 2025 sera suivie d'une discussion entre
Alain Deneault (présence à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

Une table de vente, tenue par la librairie Le Port de tête, sera présente
lors des représentations, proposant une sélection d’ouvrages
d’Alain Deneault et de Christian Lapointe.

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

« Use et abuse » bientôt à l’affiche à La Chapelle Scènes Contemporaines, au Théâtre Périscope et au Théâtre La Rubrique

La création pluridisciplinaire de Christian Lapointe et Alix Dufresne Use et abuse sera présentée à La Chapelle Scènes Contemporaines (Montréal) du 1er au 6 décembre 2025, au Théâtre Périscope (Québec) du 9 au 13 décembre 2025 et au Théâtre La Rubrique (Saguenay) le 16 janvier 2026.

La représentation du 5 décembre 2025 à La Chapelle Scènes Contemporaines sera suivie d’une discussion avec Alain Deneault (participation à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

« Artistes québécois.e.s à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéoconférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND), cet exposé tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incite à devenir rentables.

Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art. » – Source Carte Blanche

« Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, Use et abuse est venu clore, joué à guichet fermé, la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici Les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Source Usine C

Bande-annonce de la pièce Use et abuse avec Alix Dufresne et Christian Lapointe – Une production de Carte blanche


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
La Chapelle Scènes Contemporaines
1er au 6 décembre 2025 - 19 h 30
3700 Rue Saint-Dominique, Montréal, Québec H2X 2X8
Durée 1 h - Billetterie ici
Interdit aux personnes de moins de 18 ans

Présenté an français avec surtitrage en anglais les 2 et 5 décembre.

La représentation du 5 décembre sera suivie d'une discussion entre
Alain Deneault (participation à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

Une table de vente, tenue par la librairie Le Port de tête, sera présente
lors des représentations, proposant une sélection d’ouvrages
d’Alain Deneault et de Christian Lapointe.


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
Théâtre Périscope
2 Crémazie Est, Québec, Québec G1R 2V2
9 au 12 décembre 2025 - 19 h 30
13 décembre 2025 - 16 h
Durée 1 h - Billetterie ici

Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
Théâtre La Rubrique
4160 Rue du Vieux Pont, Jonquière, Québec G7X 7V8
16 janvier 2026 - 20 h
Durée 1 h - Billetterie ici

Traumavertissement
Cette œuvre contient des scènes de nudité, de violence et de sexualité.
Elle peut heurter la sensibilité de certain·es spectateur·trices.
* 18 ans et plus – preuve d’identité requise


Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPND ).

Use et abuse à La Chapelle Scènes Contemporaines

Photo © Maxim Paré Fortin

« Alix Dufresne et Christian Lapointe, artistes québécois·e·s à la parole déliée et vive, s’emparent de la vidéo-conférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021 et tirée de son livre L’économie esthétique. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.

Alix Dufresne et Christian Lapointe proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe Deneault. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce, par la création d’un encan de JNF (NFT) fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art.

Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, Use et abuse est venu clore, joué à guichet fermé, la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. Pour public averti. » – La Chapelle Scènes Contemporaines


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
1er au 6 décembre 2025 - 19 h 30
La Chapelle Scènes Contemporaines
Durée 1 h - Billetterie ici
Pour un public de 18 ans et plus

Présenté an français avec surtitrage en anglais les 2 et 5 décembre.

La représentation du 5 décembre sera suivie d'une discussion entre
Alain Deneault (présence à distance), Alix Dufresne et Christian Lapointe.

Une table de vente, tenue par la librairie Le Port de tête, sera présente
lors des représentations, proposant une sélection d’ouvrages
d’Alain Deneault et de Christian Lapointe.

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

À Québec, une saison théâtrale sous le signe du deuil

Photo © Maryse Boyce

Le Devoir

Par Simon Lambert 
Collaborateur à Québec
13 septembre 2025

« […] Réjouissances de fin d’année

En fait de créations notables, on ne manquera pas, finalement, de noter le passage en fin de saison d’Alix Dufresne et de Christian Lapointe avec Use et abuse. Les deux créateurs s’y inspirent de la vidéoconférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art d’Alain Deneault pour aborder la marchandisation de l’art. Dans une forme hybride « à la fois ludique, performative et politique », ces cinq soirs au Périscope risquent d’être solidement ancrés dans les enjeux contemporains. […] »

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Use et abuse: une exploration théâtrale inusitée sur la marchandisation de l’art

Gracieuseté : Photo © Maxim Paré-Fortin

Acadie Nouvelle

Par Sylvie Mousseau
8 avril 2025

Christian Lapointe et Alix Dufresne débarquent à Moncton afin de livrer une création pluridisciplinaire avec comme toile de fond la parole controversée du philosophe Alain Deneault. Une oeuvre à mi-chemin entre le théâtre, l’art de la performance et l’audiovisuel témoignant de l’emprise du capitalisme sur les artistes.

Qualifiée de déjantée et d’incisive, la création Use et abuse a comme matière première la vidéoconférence du professeur de philosophie à l’Université de Moncton, campus de Shippagan, intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art. Le directeur artistique du Théâtre Carte Blanche, Christian Lapointe, qui a collaboré à quelques reprises à des productions théâtrales en Acadie, estime que le propos du philosophe est extrêmement riche. Comment l’emprise du capitalisme incite les artistes à devenir rentables? Comment les tenants du régime capitaliste utilisent les outils que les artistes inventent?

« Les artistes inventent des manières de faire qui sont des outils de travail et que finalement, l’industrie reprend ces outils-là à son compte pour générer du capital, entre autres. C’est des outils que les artistes inventent en fait, qui leur sont usurpés. Si on pense à Donald Trump, par exemple, qui utilise la mise en scène et la prestidigitation. »

Les créateurs-performeurs cherchent à déjouer les codes théâtraux s’approchant ainsi de la performance. La conférence est projetée sur grand écran pendant tout le spectacle et les acteurs soutiennent des actions qui font écho au discours du philosophe.

« Nos actions sur scène, en tant que nous, artistes, incarnent cette idée qu’on est les meilleurs pour détricoter ses discours. Mais à la fois, nous, on joue sur scène aussi les artistes qui se font abuser. Donc notre posture est double, d’une certaine manière. »

Les acteurs n’ont pas répété le spectacle avant de le présenter au public d’où le concept de performance. Ils ont divisé la conférence en plusieurs tableaux afin de préparer une liste d’actions à présenter devant le public, laissant ainsi de la place à l’imprévu.

« On dit que faire une première de théâtre, c’est l’équivalent de l’adrénaline d’un accident de voiture à 50 km/h pour les artistes sur scène. Vu que ça n’a jamais été répété et qu’on le fait la première fois devant le monde, l’adrénaline est beaucoup plus élevée. »

C’est aussi l’occasion pour les artistes de se distancer du régime capitaliste.

« En faisant une performance non répétée, on s’inscrit dans une tradition d’un art qui est moins fabriqué comme un objet pour être vendu. Ce n’est pas une mise en scène très soignée, très élégante, très agréable dans le but de la vendre à un public. Donc c’est dans l’idée aussi de s’inscrire un peu en faux de cette industrie culturelle et d’être plus proche d’une pratique d’artiste qu’un d’objet d’art à rendre. »

Christian Lapointe et Alix Dufresne qui en sont les interprètes enfilent des pièces de costumes afin de représenter les archétypes de l’artiste, du politicien, du capitaliste, du philosophe, de l’abuseur et autres symboles.

S’étonner soi-même

Christian Lapointe se définit comme un artiste polymorphe s’inscrivant dans une démarche exploratoire.

« Je cherche mon propre étonnement. Je cherche toujours à faire des choses que je ne sais pas faire », a confié celui qui avait livré une performance de 70 heures sur l’oeuvre d’Antonin Artaud pendant trois jours sans interruption au Festival TransAmérique. Les gens apportaient des fleurs au lieu d’acheter des billets. Il a signé aussi la mise en scène et le montage de textes de la pièce. Découronné.e.s a partir des oeuvres de six auteurs de l’Acadie.

Son travail ne semble laisser personne indifférent et c’est ce qui se produit avec Use et abuse qui a été présenté à cinq reprises depuis ses débuts.

Certaines images peuvent déranger, conviennent les artistes. Ceux-ci s’impliquent émotionnellement et physiquement. Il y a de la nudité, de la souffrance qui évoque notamment l’abus de pouvoir sur les artistes. « Ce n’est pas joué, on ne fait pas semblant comme au théâtre », précise Alix Dufresne.

Présenté mercredi et jeudi à 19h30 a théâtre l’Escaouette, le spectacle s’adresse à un public de 18 ans et plus.

Champs de bataille

La critique d’Élie Castiel de Kino Culture Montréal.com sur la création pluridisciplinaire Use et abuse de Christian Lapointe et Alix Dufresne qui s’emparent de la conférence d’Alain Deneault Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick) en 2021 et dont les représentations ont eu lieu du 5 au 8 mars 2025 à l’Usine C.

Kino Culture Montréal.com

Par Élie Castiel
8 mars 2025

« On assiste, du moins, à quelque chose d’inusité, de difficile à déchiffrer, presque de l’anti-théâtre, comme si du coup, tous les préceptes de la représentation sur scène prenaient un nouveau tournant, déjouant les règles, les codes, pour les faire carrément disparaître.

Les corps se dévoilent, au sens propre comme au figuré – on ne vous dévoilera pas les détails. Les comportements revendiquent une totale liberté, quitte à choquer, embarrasser, mettre en relief les sentiments et les fantasmes les plus enfouis.

Et pour quelle intention ? Paradoxalement, pour débattre sur les évasions fiscales, le Capitalisme avec un grand C, les liens et analogies entre cette forme de système économique et social qui, à bien analyser et voir de très près, entretient des rapports, disons-le sans ambages, incestueux avec l’intime, le privé et la culture, entre entres.

Les réflexions du philosophe Alain Deneault s’inscrivent virtuellement, par vidéo-conférence qui, en passant, nous paraît prise, par sa qualité d’enregistrement, dans une forme d’enregistrement du siècle dernier.

Tant mieux puisque le discours traduit une qualité pérenne, comme si c’était quelque chose qu’il fallait rappeler aux spectateurs autant conquis par le spectacle que désorientés par ce qui se passe devant eux.

En entrée de jeu, un jeune homme qu’on croit être le technicien de scène se dirige vers les panneaux techniques pour s’assurer que le tout fonctionne bien. Et puis, il s’adonne à quelles gestuelles bizarres qui nous poussent à nous demander qui est-il vraiment.

Et c’est le départ d’une longue discussion (sur écran vidéo) du discours ci-haut mentionné par un intellectuel qui sait parfaitement de quoi il parle. On ne vous dira rien non plus sur les rapports intrinsèques (et extrinsèques) qui existent entre le capitalisme et les arts de la représentation, ceux de la scène bien sûr, mais aussi la littérature, le cinéma, vaguement la danse.

Les créateurs seraient-ils prisonniers de ce système financier qui ne vise que le profit même s’ils se cachent parfois sous des affiquets discrets de bienfaisance ou de philanthropie.

La parole est « déliée » (sic), le verbe ne s’interdit plus rien, le comportement se permet ce que l’on n’imagine pas, loin de notre pensée.

Très certainement, en raison des coupures proposées dans les subventions à la Culture du Gouvernement québécois, le Ministre Lacombe est évoqué – nous ne vous dirons rien de plus. L’un des moments les plus troublants de cette proposition.

Geste politique, social, économique, rejetant totalement les acquis jusqu’ici toujours en fonction pour les remplacer par quelque chose que d’aucuns jugeront subversifs, anarchiques, poussés par les cheveux. Mais tout de même poussant énergiquement à la réflexion, face à une collectivité occidentale, on ne peut le nier, dans son grand ensemble, anesthésiée.

Jamais improvisation ne fut aussi divulguée, autant dire que chaque représentation pourrait montrer des différences avec les précédentes ou avec les suivantes. Plus que du théâtre expérimental, c’est à une reprise de la scène, à une réappropriation de toute la dynamique de la création que nous avons affaire.

Geste politique, social, économique, rejetant totalement les acquis jusqu’ici toujours en fonction pour les remplacer par quelque chose que d’aucuns jugeront subversifs, anarchiques, poussés par les cheveux. Mais tout de même poussant énergiquement à la réflexion, face à une collectivité occidentale, on ne peut le nier, dans son grand ensemble, anesthésiée.

Mais surtout, nous faire réfléchir, nous les critiques, les créateurs et autres diffuseurs de la culture, toutes expressions confondues, que nous devons prendre conscience que dans ces systèmes de la diffusion (représentation), le système permet assidûment de créer des vedettes, au détriment de celles et ceux laissé(es) quasi pour compte. Très inquiétant lorsqu’on y pense ! »

Use et abuse – Alain Deneault + Christian Lapointe + Alix Dufresne à l’Usine C – Supplémentaire le 8 mars à 15 h !

« Artistes québécois.e à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéo-conférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.


L'Usine C a ajouté une supplémentaire le samedi 8 mars 2025 à 15 h !

[…] Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE vient clore la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici Les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Source: Usine C


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
5 au 8 mars 2025
Supplémentaire le 8 mars à 15 h !
Usine C - 1345, avenue Lalonde, M ntréal
Infos et billetterie : ici

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Sur les planches

Photo © Valérie Remise – Le Devoir

Le Devoir

Par Marie Labrecque

On attend: Use et abuse. Salle 2 de l’Usine C, du 5 au 8 mars.

« Après Hidden Paradise en 2018, les propos du philosophe Alain Deneault inspirent à nouveau un spectacle. La cocréatrice de cette œuvre réputée Alix Dufresne et le metteur en scène Christian Lapointe s’allient pour cette création qualifiée de « performance déjantée et incisive ». La production de Carte blanche fait entendre la vidéoconférence de Deneault Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art, qui dénonce la pression de rentabilité imposée aux artistes. Une marchandisation illustrée ici par un encan de jetons non fongibles, offert en direct. »

*Il est à noter que les quatre représentations affichent complet.

Use et abuse – Alain Deneault + Christian Lapointe + Alix Dufresne à l’Usine C – Supplémentaire le 5 mars à 19 h !

« Artistes québécois.e à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéo-conférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.


L'Usine C a ajouté une supplémentaire au 6, 7 et 8 mars 2025,
soit le mercredi 5 mars 2025 à 19 h !

[…] Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE vient clore la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici Les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Source: Usine C


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
5 au 8 mars 2025
Usine C - 1345, avenue Lalonde, M ntréal
Infos et billetterie : ici

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

USE ET ABUSE de Christian Lapointe et Alix Dufresne d’après une conférence d’Alain Deneault au théâtre l’Escaouette

« Deux artistes québécois à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe , s’emparent de la vidéo-conférence du philosophe Alain Deneault, Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art, présentée en 2021. Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond la prise de parole controversée du philosophe projetée sur écran. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, par la création d’un encan de jetons non fongibles fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création, mais aussi, outils de promotion et de contestation.

Alix Dufresne s’allie ici naturellement à Christian Lapointe pour poursuivre sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault.  Cette création s’adresse à un public de 18 ans et plus. Les deux artistes y donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Le théâtre l’Escaouette


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
Mercredi 9 avril et jeudi 10 avril 2025 à 19 h 30
Le théâtre l'Escaouette - 170, rue Botsford Moncton, NB, E1C 4X6
Infos et billetterie (Admission général) : ici
18 ans et +

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Use et abuse – Alain Deneault + Christian Lapointe + Alix Dufresne à l’Usine C

Use et abuse est une création pluridisciplinaire de Christian Lapointe et Alix Dufresne qui s’emparent de la conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick) en 2021 – qui aura lieu à l’Usine C les 6, 7 et 8 mars 2025 dans le cadre de la programmation 2024-2025 qui a été dévoilé hier, le 11 juin 2024.

« Artistes québécois.e à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéo-conférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.

Les deux artistes proposent une performance déjantée et incisive avec, comme toile de fond et projetée sur écran, la prise de parole controversée du philosophe. Ils y mettent en jeu la notion de marchandisation et les mécanismes de détournement de l’art, et ce par la création d’un encan de NFT fabriqués en direct devant public. Leurs corps deviennent outils de création mais aussi paradoxalement de promotion et de contestation : chair brutalisée par l’économie de la culture en quête d’une réappropriation de l’agentivité propre à la pratique de l’art.   

Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE vient clore la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici Les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Source: Usine C, programmation 2024-2025