Industries extractives, institutions culturelles et résistance avec Joshua Schwebel et Alain Deneault

Alain Deneault participera avec l’artiste Joshua Schwebel à une discussion publique ayant pour titre Industries extractives, institutions culturelles et résistance au Centre d’artistes Vaste et Vague à Carleton-sur-Mer le vendredi 28 novembre 2025 de 12 h 30 à 13 h 30.

« Le Centre d’artistes Vaste et Vague a le plaisir d’accueillir une discussion publique entre l’artiste Joshua Schwebel et le philosophe Alain Deneault, autour des liens entre les industries extractives, les institutions culturelles et les formes de résistance possibles face aux dynamiques de pouvoir qu’elles engagent.

Au cours de sa résidence à Carleton-sur-Mer, Joshua Schwebel poursuit une recherche critique sur la relation entre les structures économiques et politiques de l’extraction et celles de l’art institutionnalisé au Canada. Son travail met en lumière les dépendances, souvent invisibles, qui unissent le monde de l’art aux logiques impériales, coloniales et corporatives héritées de la construction du pays. Par une approche spécifique au site et en dialogue avec la communauté locale, il cherche à révéler ces réseaux d’influence et à imaginer des formes de redistribution contre-capitaliste.

Philosophe et essayiste, Alain Deneault explore depuis plusieurs années les dimensions éthiques, économiques et territoriales de l’industrie minière, ainsi que le concept de biorégion comme cadre de réflexion et d’action collective face aux structures extractivistes.

En dialogue, Joshua Schwebel et Alain Deneault croiseront leurs perspectives pour interroger la manière dont les institutions culturelles et les pratiques artistiques participent – volontairement ou non – à la reproduction des logiques d’extraction. Ensemble, ils ouvriront un espace de pensée sur ce que pourrait signifier habiter, créer et penser autrement, en dehors des impératifs du capitalisme extractif. » – Centre d’artistes Vaste et Vague


Industries extractives, institutions culturelles et résistance
Discussion publique
Avec Joshua Schwebel et Alain Deneault
Vendredi 28 novembre 2025 - 12 h 30 à 13 h 30
Quai des arts - Centre d’artistes Vaste et Vague
774 blvd. Perron, Carleton-sur-Mer (Québec), G0C 1J0
Gratuit

Entretien autour de l’inouï avec Alain Deneault et Mark Fortier

Mark Fortier – Photo @ Caroline Fabre / Alain Deneault – Photo © Jean-François Bergeron

« Entretien avec les sociologues Mark Fortier et Alain Deneault des éditions Lux le 20 mai 2025 de 19 h à 20 h au Studio du Quai des arts à Carleton-sur-Mer. Cet événement est organisé par la Bibliothèque Gabrielle-Bernard-Dubé » – Ville de Carleton-sur-Mer


Entretien avec les sociologues Mark Fortier et Alain Deneault
Animé par : Patricia Chartier
20 mai 2025 - 19 h à 20 h
Studio du Quai des arts - 774, boul Perron, Carleton-sur-Mer
Pour plus d'informations : 418 364-7103
Billets : ici
Entrée gratuite

La (très) grande évasion, ou l’histoire des causes du déclin de nos services publics

Photo © Gilles Gagné – Le Soleil

Le Soleil

Par Gilles Gagné
(Collaboration spéciale)
22 septembre 2024

« […] Largement québécoise, cette tournée canadienne a débuté à Carleton-sur-Mer, un lieu de diffusion lié au fait qu’Alain Deneault, qui accompagne cette tournée, vit relativement proche de la Gaspésie, puisqu’il est établi dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

Spécialiste réputé des questions d’évasion fiscale, M. Deneault est interviewé dans le documentaire de Yannick Kergoat. Il vante l’approche originale de ce film.

«Il y a eu beaucoup de documentaires sur l’évasion fiscale au fil des ans. Celui-là a la particularité de faire l’histoire de la pseudo-lutte des états contre l’évasion fiscale», affirme le philosophe.

[…] Alain Deneault souligne que le système fiscal actuel, largement influencé par les besoins des firmes multinationales, «crée une distorsion de concurrence», parce que «les PME paient une plus grande part d’impôt que les géants».

Au sujet de la légalité du régime fiscal, le philosophe pourfend la perception selon laquelle «la loi, c’est la volonté des dieux, (parce) qu’elle est transcendante. Mais elle est votée, cette loi».

Dans le même ordre d’idées, Yannick Kergoat fait valoir dans le film que «rien ne changera tant que les élus dépendront des riches».

Échanges avec le public

Après le visionnement, Alain Deneault a longuement échangé avec le public gaspésien. À Catherine Cyr-Wright, qui lui a demandé «comment on change cette culture», le philosophe a pris quelques minutes pour souligner qu’un point régulièrement escamoté par le citoyen financièrement privilégié trouvant légitime de ne pas payer d’impôt, «c’est qu’il doit aux infrastructures publiques ses possibilités d’enrichissement».

Mettant Elon Musk, les Desmarais, la famille Irving et Jeff Bezos, d’Amazon, dans le même sac, M. Deneault a insisté sur la nécessité de mettre l’accent sur l’achat local.

«Si vous achetez un livre à votre libraire local, l’argent reste ici. Si vous l’achetez sur Amazon, votre argent part aux Bermudes. On a au moins une marge de manœuvre», résume-t-il.

À Danielle Cyr, qui trouve que Yannick Kergoat n’a pas parlé du rôle des actionnaires de sociétés multinationales dans tout l‘enjeu fiscal, et qui se demande «à partir de quel âge» cette éducation doit-elle être amorcée, Alain Deneault a aussi répondu en fonction d’un préambule assez touffu.

«J’ai donné des cours en Haïti à des illettrés en 2009, et ils comprenaient tout parce qu’ils vivent les injustices (découlant de l’évasion fiscale) dans leur chair. Quelques jours plus tard, à Montréal, avec des gens aux études supérieures, j’ai eu toutes les difficultés à leur faire comprendre les mêmes réalités. Est-ce que ça passe par des cours ? Je ne suis pas certain», dit-il.

Alain Deneault croit que l’effondrement du système capitaliste, en dépit de la formidable accumulation de richesse de ses défenseurs, est déjà amorcé et que le salut se trouve dans «une perspective bio-régionale. Il faut se préparer à « l’après», organiser la vie sur une échelle régionale ».

Son prochain livre, Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, paraîtra le 3 octobre, répondra entre autres à la question «Que faire ?» dans le contexte actuel.

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Essais d’Alain Deneault

Il est possible de comprendre l’évasion fiscale, et même dans le plaisir

Le Devoir

Par Éric Desrosiers
21 septembre 2024

[…] Après un documentaire sur la collusion entre les médias et le pouvoir politique (Les nouveaux chiens de garde), le réalisateur (Yannick Kergoat), scénariste et monteur avait envie de faire un film sur les travers de la finance. Avec ses amis, le producteur Bertrand Faivre et le journaliste Denis Robert, il a choisi de s’attaquer à la question de l’évasion fiscale.

[…] Le fruit de quatre ans de travail, La (très) grande évasion a finalement pris l’affiche en France à la fin de 2022. Un peu à la manière d’autres films produits ces dernières années sur des sujets économiques et financiers, le documentaire d’un peu moins de deux heures marie le travail de vulgarisation, les prises de position et, étonnamment, l’humour et le divertissement.

Les Québécois pourront en juger par eux-mêmes. Le film sera de passage prochainement dans un peu plus d’une demi-douzaine de villes, dont Carleton-sur-Mer (22 septembre), Rimouski (23 septembre), Québec (24 septembre), Montréal au Cinéma Beaubien ( 26 septembre) et Cinémathèque (du 26 septembre au 3 octobre), Gatineau (28 septembre), Sherbrooke (30 septembre), Caraquet (10 octobre) et Salaberry-de-Valleyfield (27 novembre). Fidèles à une tradition chère au coeur de son réalisateur, les projections seront suivies d’une discussion, cette fois-ci avec l’essayiste et philosophe québécois Alain Deneault.


** […] Après bien des tractations et des atermoiements, plus d’une centaine de pays y ont convenu, entre autres, d’un nouveau mécanisme d’échanges automatiques d’information sur leurs ressortissants qui ouvrent des comptes bancaires à l’étranger. Plus de 145 pays et juridictions sont également à mettre en place de nouvelles règles forçant les plus grandes entreprises à rapporter où se trouvent réellement leurs activités, leurs employés et leurs ventes, afin de s’assurer qu’elles payent au moins un impôt minimum de 15 % sur leurs profits.

Le documentaire n’accorde pas beaucoup de crédit à cette démarche ni de temps à l’expliquer et à la vulgariser. Tout cela n’est qu’une « machine à nous faire perdre du temps » inventée par des « pompiers pyromanes » qui n’ont aucune véritable intention de changer l’ordre des choses, y assène Alain Deneault.

Ce n’est toutefois pas l’avis de tout le monde. À commencer par Gabriel Zucman, lui-même qui qualifiait déjà, en 2021, les nouvelles règles visant les multinationales « d’historiques, d’insuffisantes et de prometteuses ». Il disait alors que le taux d’imposition minimum de 15 % était « beaucoup trop bas, [mais] que rien n’empêchera la suite de passer rapidement à 25 % ». **

** [ Il est à noter – contrairement à ce qui est mentionné dans les trois derniers paragraphes de cet article – qu’Alain Deneault n’a pas dénoncé mais plutôt salué l’initiative internationale d’une taxe de 15% sur les bénéfices des multinationales, et ce, dans les pages du Monde diplomatique de juillet 2021, soit un an après l’entretien qu’il a accordé à monsieur Kergoat. ] **

Et les multinationales paieront (un peu) par Alain Deneault
Le Monde diplomatique – Juillet 2021

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault