Décès du père de la simplicité volontaire, Serge Mongeau

Le Devoir

Par Dave Noël
12 mai 2025

« Le père de la simplicité volontaire au Québec, Serge Mongeau, est décédé le 9 mai après avoir eu recours à l’aide médicale à mourir. « Je n’ai plus la capacité de poursuivre les actions essentielles pour mener notre société vers une vie frugale, écologique et communautaire », avait confié le citoyen engagé, qui s’est éteint à l’âge de 88 ans.

[..] Après avoir travaillé chez Québec Amérique puis chez Libre Expression, Mongeau participe à la fondation d’Écosociété, en 1992. L’année suivante, il dirige l’ouvrage collectif Pour un pays sans armée, rédigé dans le contexte d’un référendum présumé gagnant sur l’indépendance.

La maison altermondialiste connaît un certain succès en dépit d’un équilibre financier précaire. Serge Mongeau pousse l’intégrité jusqu’à refuser que ses livres soient vendus dans les grandes surfaces comme Costco.

La publication de Noir Canada (2008) d’Alain Deneault, de Delphine Abadie et de William Sacher, qui relate des cas d’abus qu’auraient commis des sociétés minières canadiennes en Afrique, vaudra à la maison, dont Mongeau est le principal bailleur de fonds, des poursuites en diffamation de plus de 10 millions de dollars. Le livre devra être retiré du marché à la suite d’une entente à l’amiable.

À compter du début des années 2000, Serge Mongeau ouvre un nouveau front en s’appliquant à vulgariser le concept de décroissance, qu’il décrit comme une « simplicité volontaire plus globale, une orientation de la société qui rendrait normale la simplicité volontaire au lieu de la confiner à la marginalité ». Cette révolution doit venir de la base, disait-il. […] »

Bande-annonce du film de Julien Fréchette, produit par MC2 en coproduction avec l’ONF, 2012

Après la sortie du livre Noir Canada, l’auteur Alain Deneault, ses collaborateurs et les Éditions Écosociété sont poursuivis pour diffamation par Barrick Gold et Banro, deux grandes compagnies minières canadiennes. Malgré la disproportion des moyens financiers, la poignée d’irréductibles décide de lutter sur tous les fronts.

Le Prix des mots relate cette escalade de procédures judiciaires qui s’étend sur des années d’intenses tensions psychologiques. Thriller documentaire troublant, véritable suspense juridico-politique, le film se déroule dans les coulisses de la justice canadienne, avec comme toile de fond la présence controversée de l’industrie minière en Afrique.

Remerciement d’Alain Deneault pour le Prix Richard-Arès reçu en 2008 pour l’essai Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique publié aux Éditions Écosociété. La capsule vidéo a été publié par L’Action nationale le 13 novembre 2024.

Alain Deneault a signé la postface du livre de Julien Briot-Hadar «Lutter contre la fraude fiscale en entreprise »

Alain Deneault a signé la postface (page 227-229) du livre Lutter contre les paradis fiscaux en entreprise de Julien Briot-Hadar publié chez Vuibert, dans la collection hors collection business, dont la parution est prévue le 25 avril 2025.

Extrait de la postface d’Alain Deneault

« […] Dans le contexte de la mondialisation capitaliste, les États eux-mêmes agissent comme des pharmaka. Ils (notamment le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis) sont à l’origine des paradis fiscaux, des accords internationaux facilitant les échanges controversés vers ces refuges fiscaux, et des lois qui rendent légales, en apparence, des opérations qui seraient jugées illicites si l’on se réfère à l’esprit de la loi. En parallèle, ils mobilisent des équipes pour traquer les « fraudeurs » et mettent en place des mécanismes censés gêner ceux qui profitent des dispositifs d’évasion fiscale qu’ils ont eux-mêmes contribué à aménager. C’est ce que Pierre Bourdieu, sociologue, appelait la main gauche et la main droite de l’État : la première cherchant à compenser les souffrances causées par la seconde. Mais, dans l’histoire, l’État est fondamentalement droitier.

Dans son ouvrage, Julien Briot-Hadar nous fournit les outils nécessaires pour comprendre cette dialectique, en s’appuyant sur des règlements et des textes de loi. Un aspect notable de son travail est qu’il inverse l’ordre traditionnel de présentation des deux termes : ce ne sont plus d’abord les problèmes qui surgissent, entraînant la mise en place de solutions censées les résoudre, mais les solutions proposées par les États, pour ensuite montrer comment les fraudeurs et autres praticiens de l’évasion fiscale légalisée réussissent à tirer parti de ces solutions. […] » – Alain Deneault

Lutter contre les paradis fiscaux en entreprise Description

« Le guide complet pour comprendre et lutter contre la fraude fiscale en entreprise. Toute entreprise doit faire face à de nombreux défis pour se conformer aux lois et réglementations fiscales : rythme effréné des changements législatifs, digitalisation croissante des autorités fiscales, exigences accrues de transparence, etc. Elles doivent ajuster leurs stratégies fiscales aux normes internationales et locales. Mais comment s’y prendre ? Grâce à ce guide pratique et accessible, vous découvrirez :

  • la différence entre la fraude fiscale, l’optimisation fiscale agressive et l’optimisation fiscale légitime ;
  • les attentes des régulateurs auprès des professionnels ;
  • les différentes techniques utilisées par les fraudeurs fiscaux ;
  • la liste des paradis fiscaux à ajouter dans votre cartographie des risques ;
  • comment la DGFiP utilise l’intelligence artificielle pour lutter contre la fraude fiscale.

Agrémenté de nombreux conseils, exemples et schémas, ce livre vous accompagnera pour améliorer vos connaissances et techniques de lutte contre la fraude fiscale. » – Vuibert

Noir Canada

Université populaire libre (blogue)

Par Université populaire libre (unipoplibre)
22 février 2025

« Le Canada appuie politiquement et financièrement des sociétés minières et pétrolières canadiennes qui exploitent le sol africain, enregistrent des profits colossaux à la Bourse de Toronto, alors qu’elles se rendent coupables des pires abus en Afrique. Alain Deneault décrit et analyse toute l’architecture d’un système politique et financier honteux qui légitime et soutient le pillage des ressources du continent africain. Il démontre avec éloquence que le Canada est loin d’être cet ami de l’Afrique qu’il se targue d’être… »

Bande-annonce du film de Julien Fréchette, produit par MC2 en coproduction avec l’ONF, 2012

Après la sortie du livre Noir Canada, l’auteur Alain Deneault, ses collaborateurs et les Éditions Écosociété sont poursuivis pour diffamation par Barrick Gold et Banro, deux grandes compagnies minières canadiennes. Malgré la disproportion des moyens financiers, la poignée d’irréductibles décide de lutter sur tous les fronts.

Le Prix des mots relate cette escalade de procédures judiciaires qui s’étend sur des années d’intenses tensions psychologiques. Thriller documentaire troublant, véritable suspense juridico-politique, le film se déroule dans les coulisses de la justice canadienne, avec comme toile de fond la présence controversée de l’industrie minière en Afrique.

Remerciement d’Alain Deneault pour le Prix Richard-Arès reçu en 2008 pour l’essai Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique publié aux Éditions Écosociété. La capsule vidéo a été publié par L’Action nationale le 13 novembre 2024

Catherine Dorion fidèle à elle-même dans sa pièce Sciences po 101

Radio-Canada

Par Patricia Tadros
20 février 2025

« L’artiste et ex-députée solidaire a présenté son spectacle Sciences po 101 au Grand Théâtre de Québec.

[…] Elle évoque également la répression en présentant un extrait d’une rencontre qu’elle a eu avec le philosophe et auteur Alain Deneault, accusé en 2008 par la minière canadienne Barrick Gold d’avoir cherché à ternir sa réputation en utilisant de fausses informations dans son livre Noir Canada. […] »

Bande-annonce du film de Julien Fréchette, produit par MC2 en coproduction avec l’ONF, 2012
Remerciement d’Alain Deneault pour le Prix Richard-Arès reçu en 2008 pour l’essai Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique publié aux Éditions Écosociété. La capsule vidéo a été publié par L’Action nationale le 13 novembre 2024

Mention de l’essai «Le totalitarisme pervers» d’Alain Deneault par Patrick Ducharme à l’émission «On n’est pas du monde»

Mention de l’essai Le totalitarisme pervers d’Alain Deneault publié aux Éditions Écosociété par Patrick Ducharme à l’émission On n’est pas du monde sur la chaîne Le Verbe médias à partir de 9 min 40 sec – 4 février 2025

« Patrick Ducharme, sociologue et enseignant, nous explique les liens entre l’esseulement et le totalitarisme. Grâce aux réflexions de Sherry Turkle, Hannah Arendt et Alain Deneault, il démontre comment l’isolement devient une condition propice à l’émergence de régimes totalitaires et comment le capitalisme moderne contribue à cet état d’esseulement. Une analyse sociologique captivante ! » – Le Verbe médias

La minière Barrick Gold basée à Toronto n’a plus accès à ses mines au Mali

Entretien avec Alain Deneault par Nicolas Haddad à l’émission Y’a pas deux matins pareils sur les ondes de Radio-Canada (Toronto) concernant la minière ontarienne Barrick Gold basée à Toronto qui n’a plus accès à ses mines au Mali depuis que la société fait face à une ordonnance de saisie provisoire – Durée 13 min – 15 janvier 2025

Bande-annonce du film de Julien Fréchette, produit par MC2 en coproduction avec l’ONF, 2012

Après la sortie du livre Noir Canada, l’auteur Alain Deneault, ses collaborateurs et les Éditions Écosociété sont poursuivis pour diffamation par Barrick Gold et Banro, deux grandes compagnies minières canadiennes. Malgré la disproportion des moyens financiers, la poignée d’irréductibles décide de lutter sur tous les fronts.

Le Prix des mots relate cette escalade de procédures judiciaires qui s’étend sur des années d’intenses tensions psychologiques. Thriller documentaire troublant, véritable suspense juridico-politique, le film se déroule dans les coulisses de la justice canadienne, avec comme toile de fond la présence controversée de l’industrie minière en Afrique.

Remerciement d’Alain Deneault pour le Prix Richard-Arès reçu en 2008 pour l’essai Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique publié aux Éditions Écosociété. La capsule vidéo a été publié par L’Action nationale le 13 novembre 2024

Faire que ! figure au palmarès de la librairie Pantoute

L’essai Faire que ! d’Alain Deneault figure au palmarès de la librairie Pantoute à sa succursale du quartier Saint-Roch à Québec.

« Les prochaines méditations d’Alain Deneault, dans Faire que! (Lux), se concentrent sur l’action, puisque les changements nécessaires à la transformation de la société sont connus, et qu’il faut faire que ceux-ci se produisent. Toujours appréciée, sa plume, lucide et sans compromis, bouscule les idées reçues et élargit les horizons. Loin du marasme politique et du désespoir sociétal, l’auteur nous invite à voir en face les enjeux, à nous secouer et à faire que ça bouge. » – Chantal Fontaine, Les Libraires

Barrick Gold évite un procès en Ontario pour violation des droits de la personne

Entretien avec Alain Deneault par Camille Gris-Roy (en remplacement de Nicolas Haddad) à l’émission Y’a pas deux matins pareils sur les ondes de Radio-Canada (Toronto) concernant la minière ontarienne Barrick Gold qui a échappé à un procès en Ontario pour violation des droits de la personne sur un de ses sites en Tanzanie – Le segment débute à 7 h 42 – Durée 17 min

Bande-annonce du film de Julien Fréchette, produit par MC2 en coproduction avec l’ONF, 2012

Après la sortie du livre Noir Canada, l’auteur Alain Deneault, ses collaborateurs et les Éditions Écosociété sont poursuivis pour diffamation par Barrick Gold et Banro, deux grandes compagnies minières canadiennes. Malgré la disproportion des moyens financiers, la poignée d’irréductibles décide de lutter sur tous les fronts.

Le Prix des mots relate cette escalade de procédures judiciaires qui s’étend sur des années d’intenses tensions psychologiques. Thriller documentaire troublant, véritable suspense juridico-politique, le film se déroule dans les coulisses de la justice canadienne, avec comme toile de fond la présence controversée de l’industrie minière en Afrique.

Remerciement d’Alain Deneault pour le Prix Richard-Arès reçu en 2008 pour l’essai Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique publié aux Éditions Écosociété. La capsule vidéo a été publié par L’Action nationale le 13 novembre 2024

Pour qui, la philo?

Les libraires

Par Alain Deneault
Octobre- Novembre 2024 - No 145
Page 48-49
21 octobre 2024

Pour philosopher apprenez
Qu’il faut d’abord la permission
Des signatures et des raisons
Un diplôme d’au moins une maison spécialisée…
– Félix Leclerc, chanson Contumace

Tous philosophes! Nous sommes tous des intellectuels. C’est la thèse scandaleuse soutenue par Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison (Folio). Le commun n’a rien à envier aux « intellectuels organiques », soit tous ces experts, idéologues, consultants et vulgarisateurs partageant et relayant les intérêts de la classe dominante. Le commun est capable par lui-même de se renseigner, de lire et de s’opposer aux thèses admises et colportées par les pouvoirs institués. L’intelligence et la volonté sont ce qui lui reste. Regardez-le s’opposer aux promoteurs du gaz de schiste et leurs méthodes de fracturation. Le voilà se constituer savant en la matière et opposer des contre-expertises. Regardez-le sinon neutraliser le pouvoir dans une grève nationale au nom de l’accès à l’éducation postsecondaire.

Il y va de même pour la philosophie. La sociologie nous apprend certes que des milieux sont favorisés pour produire des philosophes professionnels. Une fille de médecin ayant grandi à Outremont sera plus avantagée du point de vue du capital social et symbolique qu’un fils de mécanicien de Chibougamau pour se destiner à un travail doctoral sur Leibnitz. Mais l’histoire des idées réserve néanmoins une place étonnante aux marginaux et prolétaires qui n’étaient pas censés quitter leur place à l’usine pour s’adonner eux aussi à la lecture ainsi qu’à la production de pensées conceptuelles. Karl Marx n’avait-il pas comme interlocuteur Joseph Dietzgen, auteur d’un Exposé par un travailleur manuel, d’une Nouvelle critique de la raison pure, à partir de la notion de Travail de la tête (Kopfarbeit), pudiquement traduit « travail intellectuel » à Paris?

Au dernier quart du XXe siècle, Bernard Stiegler, un tenancier de bar incarcéré après quelques braquages en France, ne s’est-il pas révélé un excellent philosophe, en menant des études dans la discipline pendant ses années de prison, pour en sortir reconnu par ses nouveaux pairs?

Aujourd’hui, encore, Simon Paré-Poupart fait connaître sa « philosophie de ferrailleur » dans un ouvrage soutenu paru chez Lux Éditeur, Ordures. Le freeganisme désigne chez lui une éthique de la consommation que beaucoup seraient bien avisés de connaître. Ou Jean-Marc Limoges, fils d’ouvriers analphabètes, explique dans Victor et moi (Boréal, 2021) comment il est devenu professeur de littérature et de français en s’opposant à la doxa officielle que prodiguaient ses professeurs. Il en ressort tout une pensée de la pédagogie.

D’autres font le chemin inverse. Dégoûté par le caractère idéologique de l’activité universitaire, Matthew Crawford a poursuivi ses recherches sur « le sens et la valeur du travail », tout en œuvrant comme réparateur de motocyclette.

Ces exemples ne sauraient dissimuler le pouvoir de la reproduction sociale des institutions convenues. Elles ont lamentablement échoué dans leur prétention à favoriser la mobilité sociale. Ou peut-être ont-elles partiellement échoué dans leur volonté inavouée de maintenir loin de toute pensée critique les sujets étrangers au pouvoir bourgeois. Certains échappent aux tendances lourdes.

Pour le philosophe Jacques Rancière, il y va du principe même de démocratie. Il y a démocratie dans ces moments où l’intelligence est donnée en partage. Non pas que nous devenions soudainement tous égaux, mais où aucune compétence spécifique n’est dominante dans l’étude d’un problème. Faut-il envoyer nos enfants à la guerre? Doit-on accepter que subsistent d’importantes inégalités sociales? Qui peut prétendre en savoir davantage que d’autres sur cette question simple qui touche le commun en son cœur et concerne intimement son existence? Dans Le maître ignorant (Fayard, 1987), Rancière suit également les révélations de Joseph Jacotot, un professeur parachuté dans les Flandres au XIXe siècle, faisant apprendre à des étudiants ce qu’il ignorait lui-même. Il a découvert alors le pouvoir de l’émancipation, à savoir que l’élève n’a pas nécessairement besoin du professeur pour apprendre. Que le professeur peut même s’instituer comme un abrutisseur auprès de lui, en le faisant plafonner.

Si nous sommes tous philosophes, et tous capables de pensée critique, force est d’admettre que nous naissons piètres philosophes. Spinoza appelait au XVIIe siècle « premier genre de connaissance » la façon spontanée que nous avons d’inférer des vérités à partir de moments strictement accidentels. On excède cette façon « mutilée » de penser lorsque l’on comprend que nos haines, nos frustrations, nos colères et nos jalousies, soit nos « passions tristes », sont le plus souvent le fait d’une méconnaissance des conjonctures dans lesquelles nous nous trouvons, et des éléments extérieurs à soi avec lesquels nous entrons en rapport. C’était sa façon de rappeler l’hostilité traditionnelle de la philosophie à son contraire, la simple opinion.

Qui qu’on soit, philosopher exige donc une prédisposition importante au travail. En l’occurrence, travailler signifie s’étonner de ce qui se présente comme banal, critiquer ce qui appartient au cours normal des choses, produire des concepts qui permettent d’articuler les éléments du réel de manière autre que convenue et soumettre à la pensée commune un certain nombre de problématiques qui déplacent le foyer des questions et font débat. L’insondable corpus et quelques penseurs contemporains nous assistent dans ce travail ardu.

La pensée critique se pose comme le premier moment de la philosophie. Qu’elle soit strictement intellectuelle comme chez Emmanuel Kant ou politique comme chez Karl Marx, ou psychique comme chez Sigmund Freud, ou décoloniale comme chez Achille Mbembe, ou sociétale comme chez Judith Butler, elle consiste chaque fois à se questionner sur l’origine historique, sociale et idéologique des notions qui sont soumises au public ou colportées par lui. La halte critique que la critique fait subir à ces notions idéologiques et la mise en perspective historique dans laquelle elle l’inscrit suffit à la relativiser, eu égard à d’autres approches et traitements possibles.

Max Horkheimer, philosophe de l’École de Francfort au début du XXe siècle, a insisté : la pensée critique entretient quant à elle-même les attentes qu’elle réserve à toute pensée. Elle doute de ses propres propositions, les soutient toujours sur le mode de l’épochè (la mise en suspens), les altère, les adapte, les fait évoluer. Là réside aussi son travail.

C’est un manquement à un tel travail qui fait mal philosopher le commun. On reconnaît les travers auxquels conduit la négligence intellectuelle dans certaines théories du complot, bien que ce syntagme soit galvaudé et mobilisé bien plus souvent qu’il ne le devrait. Dans des cas excessifs où des penseurs, au nom de l’exercice critique, campent sur une position dénonciatrice, il arrive que la pensée fige au moment d’une hypothèse, pour se satisfaire ensuite d’isoler les éléments semblant la conforter. Cette manifestation de paresse qui intervient au milieu du processus intellectuel est d’autant plus préjudiciable qu’elle se révèle séduisante aux yeux de qui ne souhaite pas longtemps s’éprouver dans le champ de la pensée. Pierre Bayard s’est référé à l’esthétique pour en témoigner, notamment dans Qui a tué Roger Ackroyd et Hitchcock s’est trompé (Minuit). On retrouve le même phénomène chez les xénophobes qui postulent le déclin de leur culture pourtant majoritaire ou chez les intersectionnalistes à tout crin qui réduisent les minorités à des êtres exclusivement soumis à des persécutions. Ces tares touchent autant, politiquement, la gauche et la droite.

On m’a demandé un jour à Radio-Canada : « Qui donc lit vos livres? » J’ai répondu : « Ceux qui les lisent. » Ce n’était pas qu’une lapalissade, mais une déclaration de principe. Il en va de même pour la philosophie. Qui philosophe la maintient en vie. À la condition de s’en donner la peine.

Le texte a été écrit à la suite de l’invitation de la revue Les Libraires.

Pour qui, la philo ? Un article d’Alain Deneault dans la revue Les libraires No 145, page 48-49

«Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï» dans la revue Les libraires.

Les libraires
Le bimestriel des librairies indépendantes
Par Chantal Fontaine
Réflexions multiples
No 144, septembre-octobre 2024, page 66
Faire que ! d’Alain Deneault, page 66 de la revue Les libraires, numéro 144.

« Les prochaines méditations d’Alain Deneault, dans Faire que! (Lux), se concentrent sur l’action, puisque les changements nécessaires à la transformation de la société sont connus, et qu’il faut faire que ceux-ci se produisent. Toujours appréciée, sa plume, lucide et sans compromis, bouscule les idées reçues et élargit les horizons. Loin du marasme politique et du désespoir sociétal, l’auteur nous invite à voir en face les enjeux, à nous secouer et à faire que ça bouge. » Chantal Fontaine, Les libraires

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Québec solidaire, l’indépendance et la lutte dans l’État canadien

Presse-toi à gauche

Par André Frappier
10 septembre 2024

« Dans un communiqué envoyé récemment, la direction de Québec solidaire exprimait sa position concernant les élections fédérales à venir. Elle rappelait que les instances du parti n’appuyaient aucun parti ou candidature et que ce devoir d’impartialité s’appliquait à toutes les personnes élues et porte-paroles des instances locales et régionales.

[…] Plus de 75% des sociétés mondiales d’exploration ou d’exploitation minière ont leur siège social au Canada et près de 60% de celles cotées en Bourse s’enregistrent à Toronto à cause des avantages juridictionnels et réglementaires réservés par le Canada à ce secteur d’activité. L’ex premier ministre Brian Mulroney et l’investisseur Paul Desmarais ont fait partie du Conseil international de Barrick Gold, une des pétrolières présentes au Nigéria TG World Energy Corp. de Calgary était représentée par l’ancien premier ministre Jean Chrétien et Joe Clark a représenté les intérêts de First Quantum Mining en Afrique. [1] » – Extrait de Paradis sous terre d’Alain Deneault et William Sacher

[1] ( Paradis sous Terre, Alain Deneault, William Sacher)

La rentrée littéraire 2024 : Essai

Les Libraires
Le bimestriel des librairies indépendantes
Par Chantal Fontaine
3 septembre 2024

« Les prochaines méditations d’Alain Deneault, dans Faire que! (Lux), se concentrent sur l’action, puisque les changements nécessaires à la transformation de la société sont connus, et qu’il faut faire que ceux-ci se produisent. Toujours appréciée, sa plume, lucide et sans compromis, bouscule les idées reçues et élargit les horizons. Loin du marasme politique et du désespoir sociétal, l’auteur nous invite à voir en face les enjeux, à nous secouer et à faire que ça bouge. »

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Stéphane Martineau suggère la lecture de plusieurs essais d’Alain Deneault sur son blogue «Propos sur le monde»

Philosophe en méditation, œuvre de Rembrandt, 1632
Stéphane Martineau, professeur titulaire au département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières, suggère la lecture de plusieurs essais d'Alain Deneault sur son blogue Propos sur le monde - 4 juin 2024

« Intellectuel prolifique, penseur aux idées profondes et percutantes, il faut le lire…notamment :

Deneault, A. (2022). Moeurs. De la gauche cannibale à la droite vandaleMontréal : Lux. Collection «Lettres libres».

Deneault, A. (2018). Faire l’économie de la haine. Essai sur la censure. Montréal : Écosociété.

Deneault, A. (2016). Politiques de l’extrême centre. Prologue graphique de Clément de Gaulejac. Montréal : Lux. Collection «Lettres libres».

Deneault, A. (2015). La médiocratie. Montréal : Lux. Collection «Lettres libres».

Deneault, A. (2013). Gouvernance. Le management totalitaire. Montréal : Lux. Collection «Lettres libres».

Deneault, A. (2010). Offshore. Paradis fiscaux et souveraineté criminelle. Montréal : Écosociété. »

Source: Stéphane Martineau, Propos sur le monde

20 livres d’intellectuels québécois pour faire frémir le maire Jean Tremblay

L’ouvrage Paradis sous terre d’Alain Deneault et William Sacher figure parmi la liste des 20 livres d’intellectuels québécois – selon Les libraires – à faire frémir le maire Jean Tremblay:

« Jean Tremblay n’en était pas à sa première déclaration obtuse avec cet appel à la mobilisation contre les intellectuels de ce monde. Mais le maire de Saguenay apprendra grâce à Sartre que l’objet même de son dégoût sait justement que « L’intellectuel est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. » Voici donc des suggestions de lectures pour le maire Jean Tremblay.» – Les libraires.ca

De quoi Total est-elle la somme ? Sortie en poche aux Éditions Rue de l’échiquier

Après le succès en grand format de l’enquête d’Alain Deneault De quoi Total est-elle la somme ?, depuis adaptée en documentaire par Jean-Robert Viallet et Catherine Le Gall, nous sommes heureux de vous annoncer sa sortie en poche le 20 octobre.Éditions Rue de l’échiquier

Une enquête saluée par les médias en France :

« Un pavé de 500 pages qui se lit comme un polar de la Série Noire. » - Benoît Collombat, France Inter

« Un récit fouillé de la construction d’un empire qui interroge le véritable pouvoir de grandes firmes. » - Society

« Auteur d’une enquête sans concession sur les pratiques du géant pétrolier en Afrique, le philosophe questionne la responsabilité sociale et citoyenne des multinationales devenues plus puissantes que les États. » - Anne Crignon, L'Obs

« La thèse d’Alain Deneault, c’est que, loin d’être une simple entreprise privée ou une société traditionnelle du terme, Total est devenu un véritable acteur ; au-delà de la politique, un véritable pouvoir. » - Camille Diao, C ce soir

Les libraires craquent !

Les libraires craquent pour le dernier essai d’Alain Deneault Mœurs. De la gauche cannibale à la droite vandale publié chez Lux Éditeur.

« Le plus récent livre de Deneault renoue en quelque sorte avec l’esprit de La médiocratie (2015), dans lequel l’essayiste décriait l’avènement d’une société où le principe de Peter s’affirmait de plus en plus comme un fait avéré. Sept ans plus tard, non seulement la médiocrité règne toujours au sein des instances les plus cruciales présidant à nos destinées communes, encore brandit-elle maintenant les outils du management et de la gouvernance pour finir d’éviscérer la conduite des affaires d’État de son caractère politique au profit d’une approche gestionnaire dont les mécanismes sont presque par définition coupés des multiples enjeux qui devraient orienter ses actions. » 
-  Philippe Fortin,  Librairie Marie-Laura (Jonquière)
Revue Les libraires – Nº 132 — septembre-octobre 2022 – page 98.
Couverture : Christian Quesnel