«Faire que!», Alain Deneault veut changer le climat

Photo © Faustine Lefranc

Le Devoir

Par Christian Desmeules
Coup d'essai
21 octobre 2024

« Fonte des glaciers, multiplication des ouragans et des crues dévastatrices, canicules et incendies de forêt à répétition : les perturbations climatiques sont en cours. Une fenêtre ouverte sur ce qui peut-être nous attend demain : famines, guerres civiles, migrations, épidémies.

Partout, le climat est devenu hostile, imprévisible, en ébullition. Du jamais vu, des phénomènes inédits de mémoire de femmes et d’hommes, de l’inouï en cascade. Les politiciens détournent le regard, les scientifiques s’arrachent les cheveux face à l’inaction collective. Et nombreux, aujourd’hui, sont les citoyens que l’écoanxiété étouffe.

Que faire ? Faire que ! répond à sa manière le philosophe et essayiste Alain Deneault dans Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï. Combattre la médiocratie, penser de manière collective, prendre la parole, essayer de faire quelque chose. Sortir de la sidération et transcender l’état de crise.

« Il s’agit tellement d’une question à la fois inévitable et grave que le mot “crise” est devenu faible, nous dit Alain Deneault en entrevue. On l’utilise pour toutes sortes de choses. Tout est en crise aujourd’hui. Mais le mot “crise” suppose qu’on puisse en sortir. » Or, nous dit l’essayiste, sans chercher à jouer les prophètes de malheur, il est peu probable que l’après nous réserve des lendemains qui chantent.

« À cela s’ajoute, poursuit-il, une perturbation grave par rapport à notre mode d’organisation, qui est le capitalisme, qu’on peut critiquer ou pas, mais il s’agit de voir qu’il est avantageux seulement pour une portion de l’humanité. » Une portion qui risque de se restreindre toujours davantage. Et une question qui concerne en particulier la classe moyenne occidentale, qui éprouve aujourd’hui face à elle une sorte d’angoisse. « C’est ce désarroi que j’ai voulu expliquer et que j’ai voulu penser. »

Convertir l’angoisse

Car nous sommes angoissés, plutôt qu’anxieux, souligne Alain Deneault, rappelant que l’angoisse est un affect sans objet. « L’une des conséquences de l’angoisse, lorsqu’on n’est pas psychanalyste dans l’âme, c’est de chercher des objets de substitution. Et le désarroi lié à l’enjeu écologique explique, je pense, l’appétence de l’Occident pour les idées d’extrême droite. Parce qu’elles offrent des boucs émissaires, des recettes, des mirages. Et ça peut être réconfortant un temps. »

Une recherche de « dérivatifs » qui n’épargne pas non plus les tenants de la gauche politique, observe l’auteur de Moeurs. De la gauche cannibale à la droite vandale (Lux, 2022), qui y constate « un surinvestissement d’objets sociologiques qui sont pertinents en eux-mêmes, mais qui, érigés en vérités et montés en épingle, deviennent délirants ». Ensemble, ces deux phénomènes lui semblent le symptôme d’un désarroi et d’un sentiment d’angoisse partagés collectivement.

À propos d’écologie, l’auteur de Noir Canada (Écosociété, 2008), de La médiocratie et de Bande de colons (Lux, 2015 et 2020) fait remarquer que nous sommes depuis quelques années en plein « règne de l’oxymore », citant le sociologue suisse Gilbert Rist, tous un peu engourdis par des expressions comme « développement durable » ou « capitalisme vert ».

Car, pour Alain Deneault, comme pour d’autres penseurs contemporains, le développement durable est un « problème travesti en solution ». Un leurre qui masque la réalité de l’urgence qui est aujourd’hui la nôtre.

Quand dire, c’est faire

« Il y a eu tout un premier temps, fait remarquer Alain Deneault, où j’ai travaillé sur des objets que je n’aimais pas : les paradis fiscaux, les multinationales, les régimes autocrates. Et ensuite, des concepts qui m’apparaissaient malheureux, comme la gouvernance, des phénomènes tristes, comme la médiocratie. »

« Face aux questions larmoyantes ou pathétiques que je recevais de façon récurrente, même si je voulais galvaniser, j’ai constaté que j’étais déprimant. À partir de là, j’ai décidé de travailler en fonction d’objets que je trouvais structurants, comme l’économie. Ça a été un chantier, que je poursuis à mon rythme. » La biorégion est un autre de ces chantiers, d’un point de vue moins théorique, qui animent l’essayiste. « L’idée maintenant est de travailler des objets qui nous tirent vers l’avant, qui nous sortent de la mouise. Qui sont roboratifs et structurants. »

Il y a 25 ans, se rappelle Alain Deneault, il était présent à Seattle lors des manifestations contre la conférence de l’Organisation mondiale du commerce. Ça a été en quelque sorte son baptême. Pour la lutte contre les paradis fiscaux, contre le libre-échange mondialisé, les banques et les paradis fiscaux. Contre la symbolique de l’enrichissement à tous crins. C’était nécessaire, estime-t-il, et ce l’a été pendant longtemps. « Mais là, la cour est pleine, on est saturés. Ce n’est pas une compagnie de plus, un exemple de plus, un scandale de plus qui vont faire bouger les choses. L’heure était venue de se demander : qu’est-ce qu’on fait ? »

Que faire ? Nombreux sont les penseurs qui se sont posé la question, hier et aujourd’hui, de Tchernychevski à Bruno Latour, en passant par Marx, Bernanos et, bien sûr, Lénine en 1902. Et se demander que faire, note l’essayiste, c’est déjà aussi penser ce qui vient.

Mais « la solution ne se présentera pas comme une offre dans la carte du restaurant électoral, mais elle s’imposera comme un souhait politique vital le jour où il deviendra impérieux de penser autrement la politique », soutient-il dans Faire que !, un essai qui a germé à la suite de la demande du documentariste français Yannick Kergoat (Les nouveaux chiens de garde, La (très) grande évasion), qui avait invité Alain Deneault à écrire son prochain film.

Pour la biorégion

À l’ère de l’inouï, estime Alain Deneault, l’angoisse et l’anxiété sont des signes de santé mentale, dans la mesure où on l’assume. Le problème serait de se laisser emporter, croit-il, par l’angoisse en se satisfaisant d’objets de substitution — qui peuvent être de type environnementaliste. Pailles en carton, voitures électriques, éoliennes.

« Pour ma part, la biorégion est le seul objet dans la pensée écologique qui m’a semblé sensé », explique-t-il. Un concept apparu durant les années 1960 dans les milieux de la contre-culture nord-américaine, avant d’être développé notamment par l’écoanarchiste Peter Berg et l’historien Kirkpatrick Sale.

Une biorégion correspond à un territoire dont les limites ne sont pas définies par des frontières politiques, mais par des limites géographiques qui prennent en compte autant les communautés humaines que les écosystèmes. Il s’agira donc de recomposer des structures de solidarité entre les gens, en relation harmonieuse avec le territoire. Créer du lien, réapprendre à s’entraider, repenser le travail, se nourrir d’art et de poésie, élargir ses horizons pour penser autrement.

« Si on arrive à traverser ce moment de l’angoisse en l’assumant, on peut en faire un moteur, indique Alain Deneault. Cette énergie qui tourne à vide, qui nous envahit et nous déstabilise, on peut la juguler dans un objet qui serait adéquat aux circonstances historiques. » Il y a 150 ans, constate l’essayiste, lorsqu’on posait la question « Que faire ? », on répondait en faisant une révolution. « Alors qu’aujourd’hui, c’est devenu une question rhétorique qui consiste à attendre une réponse rassurante, à savoir qu’on ne peut rien faire. »

Or, pour contrer ce sentiment de dépossession et de déprime collective, pour changer de climat, il nous faut penser et agir en dehors des cadres habituels. Faire entrer les sciences en démocratie et penser le collectif « comme manière plurielle d’associer tous les sujets vivants ». »

Les essais d’Alain Deneault 
(dont plusieurs sont mentionnés dans cet article)

Une économie qui ne sait plus ce qu’elle compte. Entretien avec Alain Deneault

Cette entrevue avec Alain Deneault par François-Xavier Lavallée a été réalisée dans le cadre d’un projet de court-métrage sur l’industrie minière canadienne par les étudiant.e.s du Cégep de Sainte-Foy au printemps 2024. Puisque le projet a été avorté, cette capsule présente des extraits dont les thèmes sont identifiés dans les chapitres. Durée : 1 h 49 min 10 sec.

« […] L’essayiste vient de publier son nouvel ouvrage, Faire que !, dont la discussion traite partiellement. Nous le remercions chaleureusement. » – Source: Page YouTube de Bérénicius Potkinovitch

Les essais d’Alain Deneault 
(dont plusieurs sont mentionnés dans l'entretien)

Alain Deneault au Salon du livre de la Péninsule acadienne du 3 au 6 octobre 2024

Image : Œuvre de Nicole Haché

Alain Deneault participera à la 21e édition du Salon du livre de la Péninsule acadienne, Lumières sur l’invisible, pour un entretien sur le thème Redéfinir l’économie (3 octobre), une table ronde avec Paul Bossé autour de l’écoanxiété (6 octobre) et le lancement de son livre Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï (5 octobre) publié chez Lux Éditeur.

Entretien avec Alain Deneault  - Thème: Redéfinir l'économie 
Jeudi 3 octobre - 13 h à 13 h 50
UMCS (Université de Moncton, campus de Shippagan) Amphithéâtre Gisèle-McGraw
Séance de dédicaces avec Alain Deneault
Samedi 5 octobre - 10 h à 11 h
Centre Rhéal-Cormier de Shippagan, kiosque # 26
Lancement du livre d'Alain Deneault
Faire que !
L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Samedi 5 octobre - 18 h
Cielo Giamping, Haut-Shippagan

« Les prochaines méditations d’Alain Deneault, dans Faire que ! (Lux), se concentrent sur l’action, puisque les changements nécessaires à la transformation de la société sont connus, et qu’il faut faire que ceux-ci se produisent. Toujours appréciée, sa plume, lucide et sans compromis, bouscule les idées reçues et élargit les horizons. Loin du marasme politique et du désespoir sociétal, l’auteur nous invite à voir en face les enjeux, à nous secouer et à faire que ça bouge. » – Chantal Fontaine, Les Libraires

Table ronde - Thème: L'écoanxiété 
Avec Paul Bossé et Alain Deneault
Dimanche 6 octobre - 13 h à 13 h 50
Scène Place des auteurs - Centre Rhéal Cormier
Séance de dédicaces avec Alain Deneault
Dimanche 6 octobre - 14 h à 15 h
Centre Rhéal-Cormier de Shippagan, kiosque # 26

Tournée du documentaire « La (très) grande évasion »

« Le film de Yannick Kergoat porte sur les mécanismes des paradis fiscaux, et la façade des politiciens devant l’évasion fiscale. La projection du documentaire a lieu le samedi 28 septembre, à 19h, au Cinéma 9 de Gatineau. Elle sera suivie d’un échange avec le public et avec le philosophe gatinois Alain Deneault. Michel Picard l’a invité au micro du 94,5 Unique FM. » – Place 94,5 FM

« […] C’est un film qui nous met en colère, nous informe et nous fait rire aussi […] c’est un film qui rappelle, par le détail, par des exemples, par des illustrations, comment nous nous faisons voler collectivement par des multinationales qui ont a leur disposition, des échappatoires, des trucs, des stratégies pour éviter de payer leurs impôts […] avec, très souvent, le soutien des états, c’est ce qui est de plus scandaleux dans l’affaire […] » – Alain Deneault

Durée : 9 min 10 sec

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

L’impératif du philosophe Alain Deneault pour traverser la crise écologique

Photo © Marie-Ève Cloutier – Radio-Canada
Alain Deneault : Son essai «Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï»

« Le philosophe Alain Deneault publiera, le 3 octobre, un essai intitulé Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, au sujet de la crise climatique. L’auteur passe plusieurs concepts au tordeur, du capitalisme vert à la transition énergétique. « Le développement durable, je suis désolé, c’est du pipi de chat. C’est une idéologie des grandes entreprises qui veulent faire passer la solution à un problème qu’elles ont engendré sans en prendre la responsabilité », ajoute l’auteur.

Durant l’entrevue, Alain Deneault explique pourquoi la société doit « faire [en sorte] que » plutôt que se demander « que faire » pour mieux passer à travers la crise écologique. Selon lui, la solution à cette crise passe par un concept qu’il nomme « biorégions ». Écoutez le segment pour en savoir plus. » – Tout un matin, ICI Radio-Canada Première

Durée : 11 minutes

« Un livre coup de poing ! » 
- Patrick Masbourian, Tout un matin, ICI Radio-Canada Première
Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Alain Deneault et le film La (très) grande évasion à Paraloeil

Photo © Radio-Canada

Entretien avec Alain Deneault à l’émission Même Fréquence, animée par Maude Rivard sur ICI Première I Radio-Canada, autour du documentaire La (très) grande évasion de Yannick Kergoat qui a été présenté au Cinéma Paraloeil à Rimouski le 23 septembre 2024 dans le cadre de la tournée du film au Québec. Cette projection a été organisée par le Paraloeil, la Librairie L’Alphabet et Funambules Médias – Durée : 19 min 24 secondes

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQCaisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des MétallosÉchec aux paradis fiscauxConseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSNAttac-QuébecÉditions Écosociété.

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

**RAPPEL** L’engagement politique à l’ère de l’inouï – Conférence avec Alain Deneault et Aude Lancelin

Le Centre de recherche en droit public et le Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal ont le plaisir de vous inviter à la conférence L’engagement politique à l’ère de l’inouï avec Alain Deneault, philosophe, enseignant et essayiste et Aude Lancelin, journaliste et fondatrice du média en ligne Quartier Général le mercredi 25 septembre 2024 à 16 h 30 – Inscription obligatoire.


L'engagement politique à l'ère de l'inouï
Conférence avec Alain Deneault et Aude Lancelin
Mercredi 25 septembre 2024 à 16 h 30
Laboratoire de cyberjustice (B-2215) - Pavillon Jean-Brillant
3200 rue Jean-Brillant
Faculté de droit - Université de Montréal
Gratuit - Inscription obligatoire
Aucune diffusion sur Zoom

« Unique au monde, le Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal est une cour virtuelle d’avant-garde utilisée afin de déterminer les obstacles auxquels sont confrontées les technologies de l’information, qu’on souhaiterait voir jouer un rôle plus important dans l’administration de la justice. Le Laboratoire est très actif dans le développement d’outils qui faciliteront plusieurs aspects de la médiation, de l’arbitrage et de la gestion des différends judiciaires et extrajudiciaires. Les étudiants peuvent aussi y perfectionner leur savoir-faire en participant à des tribunaux-écoles. » – Source : Laboratoire de cyberjustice, Université de Montréal

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

La (très) grande évasion, ou l’histoire des causes du déclin de nos services publics

Photo © Gilles Gagné – Le Soleil

Le Soleil

Par Gilles Gagné
(Collaboration spéciale)
22 septembre 2024

« […] Largement québécoise, cette tournée canadienne a débuté à Carleton-sur-Mer, un lieu de diffusion lié au fait qu’Alain Deneault, qui accompagne cette tournée, vit relativement proche de la Gaspésie, puisqu’il est établi dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

Spécialiste réputé des questions d’évasion fiscale, M. Deneault est interviewé dans le documentaire de Yannick Kergoat. Il vante l’approche originale de ce film.

«Il y a eu beaucoup de documentaires sur l’évasion fiscale au fil des ans. Celui-là a la particularité de faire l’histoire de la pseudo-lutte des états contre l’évasion fiscale», affirme le philosophe.

[…] Alain Deneault souligne que le système fiscal actuel, largement influencé par les besoins des firmes multinationales, «crée une distorsion de concurrence», parce que «les PME paient une plus grande part d’impôt que les géants».

Au sujet de la légalité du régime fiscal, le philosophe pourfend la perception selon laquelle «la loi, c’est la volonté des dieux, (parce) qu’elle est transcendante. Mais elle est votée, cette loi».

Dans le même ordre d’idées, Yannick Kergoat fait valoir dans le film que «rien ne changera tant que les élus dépendront des riches».

Échanges avec le public

Après le visionnement, Alain Deneault a longuement échangé avec le public gaspésien. À Catherine Cyr-Wright, qui lui a demandé «comment on change cette culture», le philosophe a pris quelques minutes pour souligner qu’un point régulièrement escamoté par le citoyen financièrement privilégié trouvant légitime de ne pas payer d’impôt, «c’est qu’il doit aux infrastructures publiques ses possibilités d’enrichissement».

Mettant Elon Musk, les Desmarais, la famille Irving et Jeff Bezos, d’Amazon, dans le même sac, M. Deneault a insisté sur la nécessité de mettre l’accent sur l’achat local.

«Si vous achetez un livre à votre libraire local, l’argent reste ici. Si vous l’achetez sur Amazon, votre argent part aux Bermudes. On a au moins une marge de manœuvre», résume-t-il.

À Danielle Cyr, qui trouve que Yannick Kergoat n’a pas parlé du rôle des actionnaires de sociétés multinationales dans tout l‘enjeu fiscal, et qui se demande «à partir de quel âge» cette éducation doit-elle être amorcée, Alain Deneault a aussi répondu en fonction d’un préambule assez touffu.

«J’ai donné des cours en Haïti à des illettrés en 2009, et ils comprenaient tout parce qu’ils vivent les injustices (découlant de l’évasion fiscale) dans leur chair. Quelques jours plus tard, à Montréal, avec des gens aux études supérieures, j’ai eu toutes les difficultés à leur faire comprendre les mêmes réalités. Est-ce que ça passe par des cours ? Je ne suis pas certain», dit-il.

Alain Deneault croit que l’effondrement du système capitaliste, en dépit de la formidable accumulation de richesse de ses défenseurs, est déjà amorcé et que le salut se trouve dans «une perspective bio-régionale. Il faut se préparer à « l’après», organiser la vie sur une échelle régionale ».

Son prochain livre, Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, paraîtra le 3 octobre, répondra entre autres à la question «Que faire ?» dans le contexte actuel.

Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – À paraître le 3 octobre 2024

Essais d’Alain Deneault

Il est possible de comprendre l’évasion fiscale, et même dans le plaisir

Le Devoir

Par Éric Desrosiers
21 septembre 2024

[…] Après un documentaire sur la collusion entre les médias et le pouvoir politique (Les nouveaux chiens de garde), le réalisateur (Yannick Kergoat), scénariste et monteur avait envie de faire un film sur les travers de la finance. Avec ses amis, le producteur Bertrand Faivre et le journaliste Denis Robert, il a choisi de s’attaquer à la question de l’évasion fiscale.

[…] Le fruit de quatre ans de travail, La (très) grande évasion a finalement pris l’affiche en France à la fin de 2022. Un peu à la manière d’autres films produits ces dernières années sur des sujets économiques et financiers, le documentaire d’un peu moins de deux heures marie le travail de vulgarisation, les prises de position et, étonnamment, l’humour et le divertissement.

Les Québécois pourront en juger par eux-mêmes. Le film sera de passage prochainement dans un peu plus d’une demi-douzaine de villes, dont Carleton-sur-Mer (22 septembre), Rimouski (23 septembre), Québec (24 septembre), Montréal au Cinéma Beaubien ( 26 septembre) et Cinémathèque (du 26 septembre au 3 octobre), Gatineau (28 septembre), Sherbrooke (30 septembre), Caraquet (10 octobre) et Salaberry-de-Valleyfield (27 novembre). Fidèles à une tradition chère au coeur de son réalisateur, les projections seront suivies d’une discussion, cette fois-ci avec l’essayiste et philosophe québécois Alain Deneault.


** […] Après bien des tractations et des atermoiements, plus d’une centaine de pays y ont convenu, entre autres, d’un nouveau mécanisme d’échanges automatiques d’information sur leurs ressortissants qui ouvrent des comptes bancaires à l’étranger. Plus de 145 pays et juridictions sont également à mettre en place de nouvelles règles forçant les plus grandes entreprises à rapporter où se trouvent réellement leurs activités, leurs employés et leurs ventes, afin de s’assurer qu’elles payent au moins un impôt minimum de 15 % sur leurs profits.

Le documentaire n’accorde pas beaucoup de crédit à cette démarche ni de temps à l’expliquer et à la vulgariser. Tout cela n’est qu’une « machine à nous faire perdre du temps » inventée par des « pompiers pyromanes » qui n’ont aucune véritable intention de changer l’ordre des choses, y assène Alain Deneault.

Ce n’est toutefois pas l’avis de tout le monde. À commencer par Gabriel Zucman, lui-même qui qualifiait déjà, en 2021, les nouvelles règles visant les multinationales « d’historiques, d’insuffisantes et de prometteuses ». Il disait alors que le taux d’imposition minimum de 15 % était « beaucoup trop bas, [mais] que rien n’empêchera la suite de passer rapidement à 25 % ». **

** [ Il est à noter – contrairement à ce qui est mentionné dans les trois derniers paragraphes de cet article – qu’Alain Deneault n’a pas dénoncé mais plutôt salué l’initiative internationale d’une taxe de 15% sur les bénéfices des multinationales, et ce, dans les pages du Monde diplomatique de juillet 2021, soit un an après l’entretien qu’il a accordé à monsieur Kergoat. ] **

Et les multinationales paieront (un peu) par Alain Deneault
Le Monde diplomatique – Juillet 2021

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

24.60 : Ordures! Journal d’un vidangeur

Image : Page Instagram de Lux Éditeur

Simon Paré-Poupart, auteur de l’essai Ordures ! Journal d’un vidangeur, fait mention dans cet entretien animé par Anne-Marie-Dussault – à l’émission 26.60 sur ICI RDI – de sa rencontre avec Alain Deneault qui l’a poussé à écrire ce livre. – 30 août 2024 (à partir de 2 minutes 45 secondes)

Extrait de l'entrevue
«Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?» - Anne-Marie Dussault
« J'ai fait une belle rencontre avec Alain Deneault lors de ma maîtrise [...] qui est devenu un ami [...] On parlait et je réalisais que ce qui était normal, banal, chez mes collègues, dans mon milieu...En fait, lorsque j'avais une écoute attentive des gens, je réalisais que ce que je vivais au travail était exceptionnel. Alors je me suis mis à m'intéresser de plus en plus aux vidanges, aux ordures, à ce qu'on collecte et aussi à mon métier, à mes collègues et finalement, j'ai réalisé que le discours que je pouvais porter était peut-être intéressant pour plusieurs [...].» - Simon Paré-Poupart

Simon Paré-Poupart, titulaire de la maîtrise de l’École nationale d’administration publique (ENAP, Québec) a été collaborateur au livre De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit d’Alain Deneault, comme assistant à la rédaction.

Dépôt de PL 69 – Analyse philosophique et rhétorique du discours du gouvernement

Entrevue avec Alain Deneault par Nicholas Bergeron à l’émission Boréal 138 sur les ondes d’ICI Première à Radio-Canada au sujet du «projet de loi 69 qui a pour but de permettre d’atteindre les objectifs en matière de production et de transition énergétique, un projet qui pourrait avoir des répercussions sur la Côte-Nord». Durée: 14 minutes – 13 juin 2024

Encourager la décroissance

Janic Godin s’entretient avec Alain Deneault à l’émission Le téléjournal Acadie sur ICI Télé Radio-Canada (à partir de 14 min 51 sec) – 18 mai 2024

Extrait de l’entrevue :

Créer une alliance dans le but d’explorer le potentiel éolien dans le nord du Nouveau-Brunswick, est-ce que c’est une bonne façon de faire ?

« […] Construire des tours éoliennes pollue énormément : ce n’est pas parce que l’énergie éolienne est renouvelable qu’en faire une énergie utilisable est une solution écologique. […] Il faut, pour construire une tour éolienne, des terres rares, du néodyme – qui est polluant et qui cause souvent des problèmes de santé publique au moment de l’extraction – du béton, de l’acier…toutes des filières d’activités extrêmement polluantes, sans parler de la mobilisation de territoire, sans parler aussi de ce que ça représente pour les oiseaux, c’est un problème environnemental […] »

Les Irving «ont une mainmise sur l’appareil d’État», selon Alain Deneault

« L’actuel patriache de la famille Irving et PDG de Irving Oil, détenteur du monopole du pétrole dans l’Atlantique, est décédé. L’histoire de la compagnie en est une de richesse, non pas pour le Nouveau-Brunswick comme il est souvent relaté, mais pour les Irving qui s’en ont mis plein les poches sur les consommateurs de l’Atlantique. Entrevue avec Alain Deneault, professeur de philosophie à l’Université de Moncton. » – qub

Durée : 13 min 53 sec – 15 mai 2024

La famille Irving, un féodalisme canadien, un article d’Alain Deneault dans Le Monde diplomatique
Les cachettes de l’empire Irving, un reportage d’Enquête à Radio-Canada – 2022
« Depuis 50 ans elle pratique l’évitement fiscal aux Bermudes, à l’abri du fisc. » – Alain Deneault – Extrait du reportage d’Enquête Les cachettes de l’empire Irving

La tournée d’Alain Deneault au Québec en quelques images

Entrevue avec Alain Deneault et Aurélien Offner à l’émission Culture et confiture

Marc Fournier (en remplacement de Mireille Langlois) s’entretient avec Alain Deneault et le réalisateur Aurélien Offner à l’émission Culture et confiture sur ICI Première Radio-Canada à Saskatchewan autour du documentaire Prévoir l’imprévisible diffusé le 27 avril sur ICI Télé – Durée de l’entretien : 20 minutes, 27 avril 2024

Entrevue avec Alain Deneault pour son livre L’économie de la pensée

Entrevue avec Alain Deneault à l’émission Il restera toujours la culture animée cette fois par Evelyne Charuest sur les ondes d’ICI PREMIÈRE à Radio-Canada autour de son nouvel essai «L’économie de la pensée», le cinquième opuscule du feuilleton théorique «Les Économies» publié chez Lux Éditeur, avec la lecture d’un extrait par Salomé Corbo – Durée : 15 min – 16 avril 2024

L’économie de la pensée suivi de «L’économie mathématique» avec François Genest – Feuilleton théorique V

Pourquoi la fortune des ultrariches de la planète gonfle-t-elle sans arrêt?

Tout un matin, ICI Radio-Canada
Entrevue avec Alain Deneault par Maxime Coutié
15 janvier 2024

« Selon le nouveau rapport d’Oxfam, la richesse des cinq hommes les plus riches de la planète a plus que doublé depuis 2020, passant de 400 milliards à 900 milliards de dollars. Comment se fait-il que cet écart de richesse se creuse au sein de la population année après année, alors que les gouvernements promettent le contraire depuis des décennies? Selon le philosophe Alain Deneault, le régime capitaliste actuel est construit pour favoriser l’enrichissement d’une petite minorité de la population.

Dans ce rapport, on souligne notamment que 5 milliards de personnes ont vu leur situation financière se dégrader.

L’auteur de l’essai Paradis fiscaux : la filière canadienne s’intéresse à deux éléments de ce rapport, soit le discrédit complet des États, qui ont échoué à éradiquer la pauvreté, et le fait que les multinationales sont au centre du pouvoir. En effet, ces dernières font partie de l’appareil d’État et n’ont pas intérêt à mettre fin au régime actuel, selon lui.

Alain Deneault donne comme exemple l’ancien ministre des Finances du gouvernement Trudeau, Bill Morneau. Sa famille est influente dans le milieu des marchés financiers canadiens.

« Pensez-vous qu’une personne comme ça va lutter contre le phénomène? » – Une citation de Alain Deneault »

Source : Tout un matin, ICI Radio-Canada

Photo Reuters/Gonzalo Fuentes

« La dissolution des multinationales est la solution » – Alain Deneault

Photo © HJBC -Shutterstock

Laurent Ottavi du media indépendant Élucid s’entretient avec Alain Deneault sur son ouvrage De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit paru en 2017 et réédité en format poche aux Éditons Rue de l’échiquer en octobre 2023 – 24 décembre 2023

Entrevue avec Alain Deneault: une concession de 20 ans à une mine remise en cause

L’animatrice Marie Villeneuve de l’émission Phare Ouest sur ICI Radio-Canada à Vancouver s’est entretenue avec Alain Deneault au sujet de la décision de la Cour Suprême du Panama qui a déclaré inconstitutionnelle l’attribution d’une concession de 20 ans à une mine de cuivre. Durée: 12 minutes – 30 novembre 2023

Le problème avec les consultations publiques, selon le philosophe Alain Deneault

Dans le cadre des consultations publiques qui auront lieu dans Bonaventure suite au redécoupage électoral provincial par la Commission de la représentation électorale – qui a pour but de fusionner des circonscriptions en Gaspésie – l’animateur Bruno Lelièvre et la journaliste Sarah Gagnon-Piché se sont penchés sur la question via le point de vue d’Alain Deneault lors d’un entretien par la journaliste Véronique Duval. À écouter à l’émission Au coeur du monde sur les ondes de Radio-Canada. Durée 19 minutes – 23 octobre 2023

« […] On va parler d’acceptabilité sociale plutôt que ce que l’on nommait il y a 40 ou 50 ans la volonté populaire. Lorsque l’on fait preuve de volonté politique comme peuple souverain, on manifeste des projets, des envies, des inquiétudes, des urgences, etc., on est à l’origine du discours. Quand on est soumis à un dispositif d’acceptabilité, c’est que le discours (le projet ) vient d’ailleurs […] on est dans un rapport d’administrés […]

Les régions ressources, ce sont des régions où l’on s’approvisionne en matières premières que ce soit des bleuets, des poissons, du bois, du blé, du gaz naturel, du lithium ou du cuivre et les gens qui y habitent sont des exécutants qui se trouvent soumis au pouvoir politique et capitalistique associé dans cette vaste entreprise coloniale. […] – Alain Deneault, extraits de l’entretien avec Véronique Duval

Sarah Gagnon-Piché suggère la lecture de l’essai Bande de colons. Une mauvaise conscience de classe d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur.

Alain Deneault a animé l’entretien avec Éric Martin au Salon du livre de la Péninsule acadienne

Alain Deneault a animé l’entretien avec Éric Martin, enseignant au département de philosophie du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu au Québec, chercheur-associé à l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) et co-auteur de l’ouvrage «Bienvenue dans la machine» aux Éditions Écosociété, sur la place que prend l’intelligence artificielle su sein de l’éducation, le 6 octobre 2023 au Salon du livre de la Péninsule acadienne.

Photo © Ísjaki Studio
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Entretien avec Alain Deneault à Fab City Montréal

Monique Chartrand a animé un entretien en ligne avec Alain Deneault au sujet de l’Économie de la nature et des biorégions lors de l’événement Fab City Montréal le 15 juin 2023.

« Cet échange portera sur l’importance pour le mouvement Fab City d’aborder la réconciliation entre « économie » et « écologie » afin de redonner ses droits à l’Économie de la nature, et sur la nécessité de promouvoir la collaboration entre les différents acteurs de la communauté pour l’essor d’une approche géopolitique biorégionale améliorant les relations entre les espèces. » – Source : page Facebook de Fab City Montréal

Le feuilleton théorique I : L’économie de la nature d’Alain Deneault est publié chez Lux éditeur

La (Très) Grande Évasion : un regard édifiant sur l’évasion fiscale ! (en DVD et VOD)

Critique de la version DVD du film La (Très) Grande Évasion de Yannick Kergoat sur ON-mag ainsi que sur Critique film FR. On mentionne un extrait supplémentaire d’une entrevue avec Alain Deneault (13 min 40) dans la version DVD Bonus (durée de 2 heures) – 8 et 13 juin 2023

« La (très) grande évasion a choisi avec intelligence d’expliquer de manière ludique, non dépourvu d’ironie, les mécanismes (plus complexes en apparence qu’en réalité) d’un système imbattable fondé sur le leurre systématique et sur la réussite permanente de l’évasion fiscale. […] » – ON-mag

Le DVD [4.5/5] – Plutôt que de se contenter d’un seul DVD, ce qui aurait limité le nombre de suppléments pouvant être accueillis, Wild Side Vidéo a opté pour un double DVD, un pour le film, l’autre comprenant 11 suppléments. Le DVD du film propose une image de très bonne qualité accompagné d’un son Dolby Digital 5.1 qui passe très bien sur n’importe quel équipement. On peut « visionner » le film avec une audio description ou ajouter si on le souhaite un sous-titrage pour sourds et malentendants. – Critique Film FR, Jean-Jacques Corrio

Image de la bande-annonce avec l’extrait d’Alain Deneault

Est-on en démocratie ?

Marc Daoud s’entretient avec Alain Deneault sur la Place de la République à Paris sur la question : Est-on en démocratie ? pour le Magazine Nexus – 21 mars 2016

« Au XXe siècle, après la Seconde Guerre mondiale, on a vu des multinationales se développer et agir sur une échelle mondiale. À partir de ce moment où des entreprises privées prennent une telle place, gérant des effectifs qui étaient l’équivalent de villes, on a développé des théories de la gestion de l’entreprise privée qui sont apparues sous le vocable de la gouvernance, équivalant à la constitution des États mais au sein des entreprises. En fait, on a développé un modèle qui a excédé son propre périmètre. Cette théorie de l’administration de l’entité privée s’est inspirée des institutions publiques, notamment au Royaume-Uni sous Margaret Thatcher et ensuite au sein d’institutions internationales… » – Alain Deneault, extrait de l’entretien pour le Magazine Nexus

Le pouvoir impose la médiocratie et se l’impose à lui-même

Élucid

« Les médiocres ont pris le pouvoir. Le philosophe Alain Deneault consacrait un livre à ce sujet en 2015, Médiocratie (Lux), republié chez le même éditeur en 2016 avec Gouvernance et un inédit Politique de l’extrême centre. Il explique ici les causes de cette prise de pouvoir, ses manifestations et ses conséquences. Il revient aussi sur les liens qu’elle entretient avec la gouvernance et la politique de l’extrême centre. »

Par Laurent Ottavi
18 février 2023

Profits records chez Total : bonne ou mauvaise nouvelle ?

© Radio France – franceinfo

«TotalEnergies a réalisé plus de 19 milliards d’euros de bénéfice en 2022, un record pour le groupe. Cette annonce intervient alors que les députés socialistes ont défendu, jeudi 8 février, une proposition de loi pour la création d’une contribution additionnelle sur les bénéfices exceptionnels des grandes entreprises. Face à la hausse des prix, et plus généralement, au contexte de crise énergétique international, la question de l’imposition de TotalEnergies agite le débat public.

Mireille Chiroleu-Assouline, professeure d’économie à l’Université Paris 1 et Alain Deneault, philosophe et auteur de De quoi Total est-elle la somme ? publié aux éditions Rue de l’échiquier sont dans le Talk pour en discuter.» – Le Talk, franceinfo, Radio France – Lundi 13 février 2023

Les défis du 21e siècle, selon le philosophe Alain Deneault

Photo © Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Isabelle Craig a invité Alain Deneault à prendre un café (à distance) pour prendre de ses nouvelles ainsi que pour discuter de son essai Mœurs. De la gauche cannibale à la droite vandale à l’émission Pénélope sur ICI Première à Radio-Canada – 12 janvier 2023.

Alain Deneault expose les dérives du discours sur l’intersectionnalité

Le Droit

« Le philosophe né à Gatineau, a accordé au Droit une entrevue pour évoquer son essai sur cette intersectionnalité devenue elle-aussi débridée et dénuée de «raison», mais aussi pour parler d’idéologies et d’économie, d’affirmations identitaires en forme de «ni l’un-ni l’autre», d’Aristote et de Karl Marx, d’écologie et de biorégions. Tout en revenant souvent à la «grande question», celle qui sert de socle et de moteur à nombre de ses interrogations: l’avenir du vivant. »

Par Yves Bergeras
9 novembre 2022
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« […] Aussi avons-nous préféré laisser le champ entièrement libre au déploiement de sa réflexion, et adopté de transcrire ses propos le plus fidèlement possible, en livrant le verbatim de l’entrevue. Celle-ci a été scindée. La deuxième partie sera publiée vendredi. »

Lire la deuxième partie de l’entrevue : «Je suis pas opposé à la radicalité; je suis opposé à la bêtise» —Alain Deneault