Les médiocres ont pris le pouvoir et conduisent le monde à sa perte

« Dans cette interview par Olivier Berruyer, pour Élucid, Alain Deneault montre à quel point notre monde a basculé dans la médiocratie, un régime où les dérives politiques sont conduites par un extrême centre de plus en plus autoritaire. Cette philosophie mortifère a tout corrompu : le savoir, le langage, les liens collectifs, la créativité, et bientôt notre planète. Nous devons faire face à ce système, faire un pas de côté, et résister. » – Elucid

Durée : 1 h 43 min 2 sec – 23 novembre 2024

Paradis Fiscaux, je ne savais pas que je savais
ou
Paradis Fiscaux expliqués par Hollywood
Paradis Fiscaux, je ne savais pas que je savais ou Paradis Fiscaux expliqués par Hollywood est le film réalisé par Alexandre Gingras en collaboration avec Alain Deneault dont il fait mention dans cet entretien d’Élucid.
Un remix vidéo politique sur les références aux paradis fiscaux dans les arts
Réalisation et montage : Alexandre Gingras
Son (mix) : Mélanie Frisoli
Narration et idéateur : Alain Deneault

La lecture, une partie du quotidien au Nouveau-Brunswick

Acadie Nouvelle 
(PressReader)
Par Annie Chiasson
12 novembre 2024

« Pour Annie Chiasson, copropriétaire de la Librairie Pélagie de Shippagan, le livre fait toujours partie du quotidien des gens du Nouveau-Brunswick. « D’ailleurs, si on veut noter une conséquence positive de la pandémie, c’est que les gens ont reconnecté avec le livre pour s’évader et se divertir. Le livre papier et numérique a alors connu un regain d’appréciation comme source de loisir et de réconfort, chose qui demeure toujours actuellement », avance-t-elle d’emblée. Elle se dit persuadée qu’offrir la lecture en cadeau représente bien plus qu’offrir un moment de détente. «Lorsqu’on offre un livre d’un auteur ou d’une auteure d’ici et en français, c’est une manière de renforcer et de célébrer notre identité francophone ainsi que notre culture. C’est un encouragement subtil à valoriser notre langue et notre communauté. Le livre devient un outil de partage et c’est un cadeau exprimant en quelque sorte un message d’appartenance», ajoute-t-elle.

[…] Pour les personnes qui apprécient la philosophie et les enjeux de société, Alain Deneault, professeur de philosophie à l’Université de Moncton et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, présente un essai intitulé Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï dont le sujet de base traité est la crise climatique. »

Simon Jodoin : Est-il possible pour un député de critiquer l’Assemblée nationale?

Le journaliste Simon Jodoin répond à la question « Est-il possible pour un député de critiquer l’Assemblée nationale ?» autour de l’affaire Haroun Bouazzi en citant Alain Deneault à l’émission Le 15-18 animée par Annie Desrochers sur ICI Première à Radio-Canada – Le segment débute à 17 h 40 – 22 novembre 2024


« Je reviens aux inégalités socio-économiques, je pense à un chercheur, à un philosophe comme Alain Deneault. Dans sa critique des politiques fiscales des paradis fiscaux, vous savez, il reprend souvent cette idée :  lorsqu’on pointe les inégalités créées par les politiques fiscales on nous répond souvent « vous savez, ce n’est pas illégal, il y a des aménagements qui sont possibles, la loi est faite comme ça […] » lui, ce qu’il répond est : que la loi, ça ne flotte pas dans l’éther au-dessus de nos têtes, il y a un geste conscient, il y a une construction des lois qui engendre ces inégalités, est-ce qu’on peut parler des problèmes qui font en sorte qu’on légifère de telle ou telle manière ? Et si vous ne changez pas ces lois, est-ce dire que vous acceptez de reproduire les effets délétères comme les inégalités et même la discrimination socio-économique ? » […] » – Simon Jodoin, 15-18, ICI Première, Radio-Canada

Coup de cœur de Cloé de la librairie La maison des feuilles pour Faire que !

Coup de coeur de Cloé de la librairie La maison des feuilles pour l’essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – 11 novembre 2024

« Dans une série de courts essais techniques mais digestes, l’auteur tente de répondre à l’éternelle question « Que faire? ». En cette ère de polycrise environnementale comparable à nulle autre, il est normal de se sentir dépassé.e.s et angoissé.e.s. La sphère politique, son langage et ses institutions ne sont pas non plus adaptés à répondre à l’ampleur de la situation vu leur dépendance continue au capitalisme et au globalisme.

Ainsi, dans une langue concise et au fil de sources scientifiques, sociologiques et historiques intéressantes et pertinentes, Deneault nous intime à l’action et à la résistance, en proposant de nous recentrer sur notre environnement immédiat. Pour enfin commencer à « Faire que », il faudra que ce soit en fonction des besoins de notre communauté, de nos régions et du monde qui nous entoure, et de pair avec elles.

Un appel à l’action bienveillant, complet, inspirant et empreint d’espoir devant un avenir incertain. »

Extrait (page 146-147) de Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux éditeur

Alain Deneault au Salon du livre de Montréal le 30 novembre 2024

Alain Deneault participera au Salon du livre de Montréal le 30 novembre 2024 pour présenter son tout dernier essai Faire que ! lors d’un tête à tête avec l’autrice Sandrine Giérula qui sera suivi d’une séance de dédicaces au kiosque de Lux Éditeur et d’un entretien animé par Mark Fortier à la librairie Le Port de tête.

« À l’ère des bouleversements écologiques majeurs et des divisions politiques croissantes, comment s’unir pour trouver des solutions durables? Assistez à ce tête-à-tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula qui exploreront des pistes concrètes pour relever les défis énergétiques et donner un sens à un monde en quête de repères. Une réflexion profonde sur le sentiment d’impuissance de notre époque et sur les moyens d’encourager l’engagement politique. Une conversation essentielle pour imaginer et bâtir un futur plus juste et durable. » – Salon du livre de Montréal


Tête à tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula: à quoi ressemblera demain ?
Espace littéraire - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 10 h 30 à 11 h 15

Alain Deneault – Photo © Leonardo Cendamo / Sandrine Giérula – Photo © Jacinthe Morin


« Venez rencontrer Alain Deneault  et faire dédicacer « Faire que ! » au kiosque Lux Éditeur (#1107). Certaines maisons d’édition mettent en place un système de file d’attente. Nous vous recommandons de vous renseigner auprès d’un·e employé·e du kiosque au moins 1 heure avant le début de la séance. » – Salon du livre de Montréal


Alain Deneault en dédicaces
Kiosque Lux Éditeur # 1107 - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 11 h 30 à 12 h 30


« Rejoignez-nous à la Librairie Le Port de tête pour un entretien avec l’essayiste Alain Deneault animé par son éditeur Mark Fortier. Il sera question de son plus récent essai sur l’engagement politique Faire que ! » – Salon du livre de Montréal


Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que !
Animé par Mark Fortier
Présenté par Lux Éditeur et co-organisé avec le volet Salon dans la ville
du Salon du livre de Montréal

Samedi 30 novembre 2024 - 18 h à 20 h
Librairie Le Port de tête - 269, avenue Mont-Royal Est
Ouvert à toutes et à tous

Alain Deneault – Photo © Leonardo Cendamo / Mark Fortier – Photo © Caroline Fabre


Les essais d’Alain Deneault chez Lux Éditeur

Use et abuse – Alain Deneault + Christian Lapointe + Alix Dufresne à l’Usine C – Supplémentaire le 5 mars à 19 h !

« Artistes québécois.e à la parole déliée et vive, Alix Dufresne et Christian Lapointe s’emparent de la vidéo-conférence intitulée Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art donnée par le philosophe Alain Deneault en 2021. À l’invitation de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, cette visioconférence tente de montrer comment le capitalisme maintient sous pression les artistes et les incitent à devenir rentables.


L'Usine C a ajouté une supplémentaire au 6, 7 et 8 mars 2025,
soit le mercredi 5 mars 2025 à 19 h !

[…] Initié par le metteur en scène et acteur Christian Lapointe, USE ET ABUSE vient clore la résidence d’Alix Dufresne en tant qu’artiste associée à l’USINE C de 2022 à 2025. Elle s’allie naturellement à lui pour ce projet et poursuit ainsi sa recherche autour des réflexions d’Alain Deneault, telle qu’amorcée avec Hidden Paradise créé en 2018 sur le thème de l’évasion fiscale. Ici Les deux artistes donnent corps à une forme hybride, à la fois ludique, performative et politique, laissant place à l’imprévisible à chaque représentation. » – Source: Usine C


Use et abuse
Initié par Christian Lapointe avec Alix Dufresne
Inspiré de la conférence d'Alain Deneault
Une production de Carte blanche
5 au 8 mars 2025
Usine C - 1345, avenue Lalonde, M ntréal
Infos et billetterie : ici

Conférence Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art – diffusée sur VIMEO par l’AAAPND (Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick).

Les «arts pas vivants» veulent être vus, un article de Catherine Lalonde

Photo © Edith Brunette – Image © Clément de Gaulejac

Le Devoir

Par Catherine Lalonde
11 novembre 2024

« Ils sont plus de 1000 artistes et travailleurs des arts visuels et médiatiques, de la littérature et des revues. Ils viennent de ces pratiques qui ne se finissent pas sur une scène et font partie de la Grande mobilisation pour les arts au Québec (GMAQ). Ils ont signé, auprès de Kev Lambert, Philémon Cimon, Alain Deneault (149), Raymonde April et Ines Talbi, une lettre expédié la semaine dernière au ministre de la Culture. « Nous croyions qu’il était évident que, quand nous scandions “les arts ne vont pas bien”, ça voulait dire tous les arts. Il semble que nous avions tort », écrivent-ils, pour contrer leur sentiment d’être invisibles, et pour ramener les arts visuels et littéraires dans les discussions sur le financement de la culture.

[…] « Nous, artistes, sommes à bout de souffle », écrivent les signataires de cette lettre titrée Tous les arts sont vivants. Une missive écrite en réaction directe aux propos tenus par le ministre Lacombe à Tout un matin, sur ICI Première, le 2 octobre dernier.
»

Photo © Marie-France Coallier – Le Devoir

Malgré de lourdes allégations, le Canada « soutient » toujours la minière Barrick Gold

Photo © Benoit Roussel – Radio-Canada

Radio-Canada

Par Delphine Jung
15 novembre 2024


[...] Alors que la minière canadienne Barrick Gold fait l'objet de critiques de la part d'ONG et de l’ONU et qu’elle est poursuivie au Canada et au Royaume-Uni pour des allégations de meurtres, experts et élus dénoncent l’absence de réponse de la part d’Ottawa.

[…] Alain Deneault, auteur de Noir Canada – un ouvrage de synthèse et d’analyse sur les activités des sociétés canadiennes en Afrique –, dont la diffusion a été arrêtée après une poursuite de Barrick contre son éditeur (Éditions Écosociété), reste très critique.

L’auteur du livre Paradis sous terre : comment le Canada est devenu la plaque tournante de l’industrie minière mondiale, dénonce une hypocrisie de la part du gouvernement.

« La diplomatie canadienne est au service de l’industrie minière, et le Canada est un paradis réglementaire. Le Canada, ce sont les Bahamas des mines.» – Alain Deneault

Photo © Hamza Abouelouafaa – Radio-Canada
Bande-annonce du film de Julien Fréchette, produit par MC2 en coproduction avec l’ONF, 2012

Après la sortie du livre Noir Canada, l’auteur Alain Deneault, ses collaborateurs et les Éditions Écosociété sont poursuivis pour diffamation par Barrick Gold et Banro, deux grandes compagnies minières canadiennes. Malgré la disproportion des moyens financiers, la poignée d’irréductibles décide de lutter sur tous les fronts.

Le Prix des mots relate cette escalade de procédures judiciaires qui s’étend sur des années d’intenses tensions psychologiques. Thriller documentaire troublant, véritable suspense juridico-politique, le film se déroule dans les coulisses de la justice canadienne, avec comme toile de fond la présence controversée de l’industrie minière en Afrique.

Remerciement d’Alain Deneault pour le Prix Richard-Arès reçu en 2008 pour l’essai Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique publié aux Éditions Écosociété. La capsule vidéo a été publié par L’Action nationale le 13 novembre 2024

« Face à l’état du monde, angoisser est nécessaire »

Usbek & Rica

Par Pablo Maillé
17 novembre 2024

« Entretien croisé avec le philosophe Alain Deneault et l’entrepreneure Flore Vasseur, dont les nouveaux essais tentent respectivement de répondre à cette même question, aussi vertigineuse qu’angoissante : que faire dans un monde qui brûle ?

[…] Le second, plus théorique, est signé du philosophe québécois Alain Deneault. Il s’intitule Faire que ! (éditions Lux) et invite notamment à explorer un nouveau mode d’engagement politique, celui de la biorégion, afin de « sortir de la sidération de l’éco-anxiété ». Pour mieux comprendre les approches respectives de ces deux écrivains, Usbek & Rica les a réunis. Entretien croisé.

[…] Usbek & Rica : À la lecture de chacun de vos livres, on s’aperçoit que la question « Que faire ? » revient aujourd’hui de façon incessante, aussi bien dans le champ intellectuel que dans les conversations ordinaires. Comment l’expliquez-vous ?

J’ai travaillé antérieurement sur les paradis fiscaux, les multinationales, les grandes banques. Au fil des années, à force d’intervenir sur ces sujets, je me suis rendu compte que je déprimais. Je crois n’avoir jamais participé à une conférence durant laquelle on ne m’a pas posé la question « Mais qu’est-ce que je peux faire, moi ? », sur un mode dépité. Cette question pouvait être posée de façon plus ou moins désespérée, condescendante, enragée – mais elle était toujours là, en toile de fond. J’avais l’impression d’être devenu un prophète de malheur, au service objectif des pouvoirs que je cherchais à dénoncer.

Alors j’ai fait mon auto-critique. Il m’est apparu que les origines de cette déprime se situaient au stade historique où nous étions dans la critique de la mondialisation néolibérale, dont l’accumulation de témoignages et d’analyses – à laquelle j’ai participé – suffisait pour faire contrepoids à une décennie de néolibéralisme triomphant, durant la décennie 1990. Nous avions peut-être fait le tour de la question. L’heure était venue de passer à un autre régime de discours, plus structurant, plus roboratif, plus stimulant. Il est d’ailleurs frappant de constater que l’expression « Que faire ? » a aujourd’hui quelque chose d’accablé, alors qu’il y a 100 ans, quand elle était posée par Lénine ou Althusser, elle poussait les individus à agir collectivement ! L’heure est venue de repenser cette question pour la rendre à nouveau stimulante.

[…] Les enfants sont en effet de grands philosophes. Ils déstabilisent leurs parents sur beaucoup de points. Souvent, les réponses de ces derniers sont inhibantes, paralysantes : « Tu poses trop de questions », « Arrête de te tourmenter », « On va t’emmener chez le psy »… Plus généralement, je vois d’un bon signe la distribution sociologique des inquiétudes dont nous parlons. Ces dernières années, des sociologues ont essayé d’identifier les sujets de ce qu’on appelle « éco-anxiété ». Certes, la jeunesse représente la subjectivité la plus dramatique de ce phénomène parce qu’elle est celle qui va vivre le plus longtemps les chocs et les problèmes qui s’annoncent, mais il ne faut pas oublier les agriculteurs qui s’inquiètent pour leur école, les scientifiques qui sont les premiers à recueillir les indicateurs, les grands-parents ont peur pour leurs petits-enfants…

« Cette question de l’impact nous piège. Elle est faite pour nous arrêter net », écrivez-vous au milieu de votre réflexion, Flore Vasseur. Alain Deneault, vous semblez également dire qu’il faut « cesser de se la poser  », quitte à « mal faire ». Mais que faire si « mal faire » revient à aggraver les malheurs du monde, par exemple en pratiquant le greenwashing ?

[…] Assurément, nous vivons dans une époque inouïe. Les questions auxquelles nous sommes confrontés, telles qu’elles nous sont présentées, se révèlent inédites à l’échelle de l’histoire de l’humanité : non seulement le système Terre est détraqué d’abord par notre faute mais, en plus, il s’auto-détraque. Les glaciers, le CO2, la fission du pergélisol qui libérera du méthane, les surfaces océaniques… Nous sommes face à des phénomènes très difficiles à penser, qui génèrent en nous de profondes angoisses, c’est-à-dire des spirales d’effrois et d’affects qui ne sont rattachés à aucun objet précis – contrairement à l’anxiété, qui concerne un objet spécifique. Or, un sujet qui angoisse tend à chercher du réconfort dans des objets substitutifs, comme le développement durable ou le recyclage du plastique, pour se rassurer. 

L’engagement politique et écologiste doit donc consister à élaborer des objets utiles de pensée et d’action, c’est-à-dire des desseins qui nous amènent à agir à la condition d’être à la fois lucides et joyeux, ce qui est difficile. J’en ai identifié un dans le livre, celui de biorégion, mais je ne suis pas dogmatique, il en existe potentiellement d’autres. 

« Faire mal », c’est cesser d’agir en « bon élève », c’est-à-dire ne pas se conformer aux directives des pouvoirs responsables de notre situations historique inouïe, et s’essayer à quelque chose de mal du point de vue du régime. C’est ainsi que l’on trouvera, à mon avis, ce qui est le plus nouveau, le plus singulier et le plus déstabilisant.

Quoi qu’il en soit, ce projet ne passera certainement pas par la suppression de l’angoisse. En tant que telles, l’angoisse et l’anxiété sont des signes de santé mentale ! Face à l’état du monde, angoisser est nécessaire. Je suis récemment tombé sur un livre pour enfants dont le titre était L’éco-anxiété ne passera pas par moi ! (d’Élise Rousseau, éditions Delachaux & Niestlé, ndlr). Au contraire, il faut apprendre à passer par l’angoisse ou l’anxiété, selon les cas de figure. Si vous marchez dans la forêt et que vous croisez un grizzly en colère, il est recommandé d’avoir peur, si vous souhaitez vous en tirer.

« La biorégion suppose un rapport au territoire plus sain en tant qu’on le soigne parce qu’on en dépend »

En quoi ce concept de biorégion vous paraît-il pertinent ? De quoi s’agit-il ? […]

J’apprécie le concept de biorégion parce qu’il est à la fois souple et rigoureux. Il est né en 1975 sous la plume d’un certain Allen Van Newkirk, qui a essayé de penser la politique à même le territoire, dans ses synergies, ses dynamiques propres, sa faune, sa flore, ses bassins versants, la qualité de ses sols, son littoral, etc. Dans son sillage, des expérimentations mêlant éco-féministes, néo-ruraux et peuples autochtones ont eu lieu sur la côte ouest du continent nord-américain, sous l’impulsion de Peter Berg et Raymond Dasmann notamment. Sans rentrer dans les détails, je crois que la grande force de ce concept est d’affirmer que la géopolitique appartient aux dynamiques territoriales, et non aux puissants qui érigent des cartes, séparent et exploitent les territoires à l’aveugle.

La biorégion suppose un rapport au territoire plus sain en tant qu’on le soigne parce qu’on découvre en dépendre, et qu’on l’habite en en faisant partie, sans hégémonie disciplinaire. Aujourd’hui, quand on essaye de penser l’écologie politique, ce sont encore les sciences dures qui prennent le dessus. Il ne s’agit pas de les liquider mais, dans la biorégion, les savoirs populaires ont une part tout aussi importante, qui passe par l’implication des acteurs de terrain les plus directement concernés par chaque problème qu’ils affrontent. »

Climat et capitalisme : faire face pour éviter l’effondrement. Entretien avec Alain Deneault par Denis Robert sur Blast

Denis Robert s’entretient avec Alain Deneault à l’émission Zoom arrière sur Blast, le souffle de l’info publié le 15 novembre 2024 – Durée : 1 h 26 min 56 sec

« Professeur de Philosophie à l’Université de Moncton – Campus de Shippagan- dans la province du New Brunswick, grand ouest canadien, Alain Deneault revient en France pour la sortie de son dernier ouvrage « Faire que ! » (Lux éditeur). Deux cent pages de jus de crâne partant d’un constat édifiant : « Face à l’inouï, on ne peut comparer la situation à rien. Comme l’« ambiance » et l’« atmosphère », qui désignent à la fois un état d’esprit collectif et, respectivement, l’environnement et les fluides gazeux entourant la planète, le terme « climat » nomme une émotion sociale éprouvée sur le plan de l’intime, en même temps qu’un moment météorologique. C’est un climat hostile. En l’état, désormais, il est inouï, ne correspond à rien, ne se raconte pas. Il nous échappe, nous hante, nous trouble, nous effraie. On ne parle que de lui mais en ne sachant plus comment. Ça chauffe. » écrit Deneault dans les premières pages de son livre. Le Monde est inouï. Le réchauffement climatique est inouï. Et notre avenir l’est tout autant. Évoquant tour à tour l’addition énergétique sans fin que nous allons devoir payer, les holdups sémantiques qui de développement durable en écologie politique douteuse, nous empêchent de voir et de dire le réel, le philosophe juste sorti de son île canadienne atterrit à Blast pour nous livrer son angoisse sur un bon tiers de son livre et de son entretien, avant de réfléchir à la question : doit-on s’interroger sur ce que l’on doit faire pour sortir de l’impasse politique ou nous lancer très vite dans le « Faire que… » posé en couverture de son livre : Alors que faire ? « Changer de question », écrit Deneault qui s’appuie entre autres sur les travaux de Derrida et Nancy pour quitter la position stationnaire et contemplative qu’elle suppose et considérer sa contradiction fondamentale car demander « que faire ? » c’est déjà faire, c’est déjà muter. Le philosophe est donc venu pour essayer de réfléchir avec nous aux solutions. Et il parvient à nous convaincre. Ce qui était loin d’être évident. Avez-vous déjà entendu parler des bio-régions ? Non ? Cliquez sur le lien, écoutez Deneault interrogé par Denis Robert et voyez ce qu’on peut faire pour vous aider. » – Blast, le souffle de l’info

Le mythe du gourou par Josée Blanchette

Photo © Michael M. Santiago Getty Images Agence France-Presse

Le Devoir

Par Josée Blanchette
15 novembre 2024

« […] Les grands manitous qui n’ont rien pu prévoir avant le 5 novembre disent maintenant que c’est l’économie qui a décidé du sort de cette élection. Derrière un bon gourou, il y a toujours un signe de piastre qui sommeille.

Le peuple est en colère contre les politiciens, contre les inégalités, contre les écolos ou contre Glencore, contre les médias, contre les immigrants et à cause d’un rêve américain qui leur échappe.

Comme l’écrit le philosophe Alain Deneault dans son dernier essai, Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï : « À l’ère de l’inouï, l’angoisse s’impose tel un passage obligé. L’éprouver est un signe de santé mentale, à condition d’agir pour chercher à en sortir. Lucidité et gaieté sont nos dispositions psychiques maîtresses pour l’avenir ; l’une sans l’autre est mortifère. C’est la grâce que je nous souhaite. »

Alain Deneault : «L’économie n’est pas le propre des économistes» sur les ondes de France Culture

Entretien avec Alain Deneault à l’émission Entendez-vous l’écho ? animée par Aliette Hovine sur les ondes de France Culture dans le cadre de la série «Portraits d’économistes» (12e émission sur 44) le jeudi 14 novembre 2024 – Durée: 58 minutes

« Philosophe, Alain Deneault étudie l’économie en négatif de son acception moderne. Dans son nouvel ouvrage « Faire que ! » (Lux éditeur, octobre 2024), il insiste sur la nécessité, face à l’urgence écologique, d’arracher l’économie à sa réduction capitaliste.

[…] Aujourd’hui, à travers son nouvel ouvrage Faire que !, Alain Deneault insiste plus que jamais sur la nécessité de ce travail sémantique : face au caractère “inouï” de l’urgence écologique, “économie” ne pourra bientôt plus être synonyme de “capitalisme”. Et de manière générale, l’usage technocratique des oxymores (développement durable, gestion de crise …) et autres euphémismes du “capitalisme vert” ralentissent et entravent la lutte écologique. Adepte de l’essai – qu’il préfère à la “vulgarisation”- Alain Deneault déploie une philosophie mêlant histoire érudite et enjeux économiques. Il est aujourd’hui une voix publique, engagée dans la vie civique, reconnue de part et d’autre de l’Atlantique. »

Photo © Leonardo Cendamo – Getty

Références sonores

Références musicales

  • « Not Counting Numbers Obviously » d’Alabaster Deplume
  • « I went to the market » de Gilles Vigneault

« Trump a montré qu’aujourd’hui on peut être élu simplement en hissant tout au rang du superlatif » – Alain Deneault

Entretien avec Alain Deneault par Simon Brunfaut à l’émission Dans quel Monde on vit sur les ondes de RTBF le 8 novembre 2024 – Durée : 51 minutes 48 secondes

« Que faire ? La question est partout aujourd’hui. Que faire face à la montée des extrêmes ? Que faire face aux inégalités grandissantes ? Que faire face à la catastrophe climatique ? Que faire…Et si on inversait cette proposition ? C’est ce que propose le philosophe Alain Deneault qui nous dit plutôt : « Faire que » ! Dans son dernier livre, il nous explique comment s’engager politiquement à l’ère de l’inoui…  Alain Deneault est notre invité cette semaine dans « Dans Quel Monde on vit ».

Votre nouvel ouvrage s’intitule « Faire que ». Il est sous-titré « L’engagement politique à l’ère de l’inouï« . Pourquoi sommes-nous entrés dans l’ère de l’inouï, selon vous?

Nous y entrons, ou c’est elle qui s’impose. Une situation inouïe, c’est une situation qui n’a pas de pendant dans l’histoire : il n’ y a pas de point de comparaison. Cela veut dire que c’est du jamais-vu. Et comme il n’y a pas de précédent, c’est très difficilement pensable. C’est ce que Timothy Morton appelle un hyper-objet, quelque chose d’indicible. C’est ce qui se produit aujourd’hui avec la crise climatique. Le système Terre se détraque de lui-même désormais à cause du vandalisme que l’homme a provoqué.

Donald Trump a été élu cette semaine à la présidence des Etats-Unis. On est dans l’ordre de l’inouï, là aussi ?

Non, malheureusement. Cette situation-là nous rappelle de vifs souvenirs d’époques antérieures… Trump a montré qu’aujourd’hui on peut être élu simplement en hissant tout au rang du superlatif. Cela suffit pour frapper les esprits qui, eux, par contre, sont dans le désarroi d’une ère inouïe, qui ne savent pas penser ce qui les trouble.

L’inouïe entraîne l’angoisse, comme vous le montrez. Vous distinguez l’angoisse et l’anxiété.  Quelle est la différence ?

L’anxiété, c’est un malaise qui a trait à un objet qu’on surinvestit ou qu’on investit à juste titre, qui nous perturbe profondément dans notre fonctionnement. L’angoisse, c’est le contraire. C’est une bouffée d’affect, des émotions qui n’ont pas trait à un objet qu’on pourrait investir pour dépenser ses affects. Les affects de l’angoisse n’ont pas d’objet correspondant, contrairement à l’anxiété. C’est pourquoi lorsqu’on est angoissé et dans le désarroi, nous cherchons des objets de substitution. 

C’est tout le problème de l’écologie politique, précisez-vous : elle manque d’un objet.  Que voulez-vous dire par là ?

Un objet, c’est ce sur quoi la pensée porte en tant que cela motive l’action. Pour les médiévaux, l’objet était la chrétienté. Pour le siècle des Lumières, c’était la raison, la science. Au 19e siècle, c’était le socialisme.  Au Québec, à la fin du 20e siècle, le projet indépendantiste était structurant. C’était un objet de la pensée. Du point de vue de la pensée de l’écologie politique, nous sommes actuellement des sans-desseins. Et donc nous cherchons de nouveaux objets de substitution, que ce soit le développement durable, la géo-ingénierie, ou le trumpisme… En sachant qu’il y a plein de gens qui votent pour Trump qui ne sont pas des imbéciles ou des menteurs compulsifs. Mais ils en ont tellement assez de ces systèmes-là qu’ils se disent : « vous n’êtes que des clowns, on va élire quelqu’un qui vous ressemble« 

« Nous nous enfonçons inexorablement dans le récit tragique de notre régime. Cela perdurera jusqu’au jour où le réel prendra d’assaut nos sociétés pour leur inculquer ce qu’elles tardent à comprendre, le sens des limites« , écrivez-vous encore. Ces terribles inondations à Valence il y a quelques jours, c’est le retour du réel, d’une certaine façon ?

Oui, c’est l’amorce du réel, d’un nouveau réel. Ce qui s’est produit à Valence ou ailleurs, les incendies de forêt en Amérique du Nord et les pluies de verglas dans les régions nordiques, ce sont autant de situations qui font comprendre qu’il arrive un temps où nous sommes livrés à nous-mêmes.  Nous entrons dans une ère où les citoyens seront de plus en plus livrés à eux-mêmes. Nous allons découvrir que nous sommes interdépendants sur une petite échelle. Cet impératif historique que sera la contraction de la géopolitique de la mondialisation à la biorégion, et que j’appelle de mes vœux, peut se faire sur un mode presque instantané, dramatique. Comme elle peut se faire sur le temps long, selon les façons de le concevoir ici ou là. Tout d’un coup, on se découvre en situation de déréliction politique. C’est-à-dire qu’on se sent abandonné des pouvoirs. Et là, on crée une conscience politique de nature bio-originale qui n’est pas hegelienne, au sens où on ne va pas, dans une sorte de grand élan révolutionnaire, avaler toutes les structures antérieures pour en créer une nouvelle et radicalement tourner dans l’absolu de l’avenir. Mais il s’agit simplement d’ajouter une strate à une époque où les strates supérieures ne répondent plus. Donc c’est une sorte de sécessionnisme à l’envers.

Vous avez choisi comme titre « Faire que » et non « Que faire ». Vous préférez le « Faire que » au « Que faire ? ». Pourquoi ? Faites-nous une petite leçon  grammaticale…

Il ne s’agit pas simplement d’en raturer une au profit de l’autre, mais effectivement de considérer qu’on est dans une époque qui nous invite à passer de l’une à l’autre. Il y a un problème dans la forme grammaticale du « que faire? » Le que est un pronom interrogatif qui appelle un complément d’objet direct. C’est-à-dire des directives, des réponses, une identification. Poser la question, c’est déjà faire, c’est déjà être dans un mouvement du faire, mais en même temps le question freine l’élan. Et donc il faut passer au faire que, faire en sorte que… Et ce que j’aime dans l’inversion, c’est que le « que » change de statut : il devient une conjonction de subordination qui appelle un subjonctif. Or, le subjonctif c’est l’espoir, la projection, le souhait, etc. 

Ce n’est pas une position d’autorité non plus ?

Non, au contraire. C’est comment faire en sorte que l’économie de la nature perdure dans ce coin de pays que j’habite, nonobstant le pillage et la spoliation industrielle de tel groupe, en fonction non seulement des gens, mais du vivant. Le territoire n’existe pas sans les lombrics, les grenouilles, les libellules, les chauves-souris, les oiseaux, les mammifères, etc.  C’est pourquoi il faut penser à un « faire que » qui ne réduit pas le vivant ou la nature à une sorte de politique anthropomorphique où on les intégrerait de force dans un modèle. C’est trouver une façon d’entrer en rapport avec le vivant pour faire en sorte que le territoire qu’on habite reste viable. C’est le sens de la biorégion, la réponse à donner à un impératif historique : la mondialisation deviendra caduque au profit d’une organisation régionale des choses. Il faudra être capables de surmonter la panique, le désarroi, l’angoisse que peuvent provoquer des situations comme celles auxquelles on a assisté à Valence. Le projet biorégional consiste en une pensée de la politique en tant qu’elle s’intègre au territoire. Il faut penser la politique dans la géographie, à même les bassins versants, la faune, la flore, le littoral, les plateaux, les forêts, etc. Nous devons penser la politique en fonction d’un lieu qu’on habite, à l’échelle d’une communauté que l’on côtoie. »

Alain Deneault, Simon Brunfaut et Juliette Goudot / Photo © Page Facebook de Simon Brunfaut

Dernière projection au Québec du film «La (très) grande évasion » de Yannick Kergoat

Dernière chance de voir la projection au Québec du documentaire La (très) grande évasion de Yannick Kergoat dans lequel participe Alain Deneault au Café culturel La Factrie à Salaberry-de-Valleyfield le mercredi 27 novembre 2024 à 19 h.


La (très) grande évasion de Yannick Kergoat
Café culturel La Factrie - 17 rue du Marché, Salaberry-de-Valleyfield
Mercredi 27 novembre 2024 à 19 h
Contribution volontaire
(sans la présence d’Alain Deneault)

Une présentation de Funambules médias et ses partenaires: AREQ, Caisse d’économie solidaire Desjardins, le syndicat des Métallos, Échec aux paradis fiscaux, Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSN, Attac-Québec, Éditions Écosociété.

Extrait du film La (très) grande évasion de Yannick Kergoat avec Alain Deneault

Essais sur les paradis fiscaux d’Alain Deneault

Porté par les vents

Photo © Valérian Mazataud – Le Devoir

Le Devoir

Par Catherine Lalonde
12 novembre 2024


« […] « Un geste très simple, anodin, peut devenir riche en textures poétiques, politiques, de signification », explique-t-il. « Ça en appelle à notre notion d’attention. Que les gens qui viennent voir puissent plonger dans l’attention, jusqu’à ouvrir la sensation. »

Et oui, c’est pour lui une réponse au déficit d’attention général actuel, précise le chorégraphe interprète, même un genre de résistance. « J’ai été touché par des propos d’Alain Deneault, qui parlait de l’importance ces temps-ci de conserver la joie. »

« Je me suis demandé ce que ça serait, une joie lucide ; en résistance au monde dans lequel on vit ; en restant conscient face à la réalité. » Physiquement, ça se traduit pour lui par « une posture jamais fixe ; des angles parfois dark ; peu de moments statiques. » […] »

Rencontre avec Alain Deneault à la librairie Petite Égypte à Paris autour de son feuilleton théorique «Les Économies» ainsi que son essai Faire que !

Rencontre avec Alain Deneault à la librairie Petite Égypte à Paris, le 14 novembre 2024, autour de son feuilleton théorique «Les Économies» ainsi que son plus récent essai Faire que ! publié chez Lux Éditeur.


Rencontre avec Alain Deneault
Librairie Petite Égypte - 35 rue des Petits Carreaux, 75002
14 novembre 2024 - 19 h (Heure d'Europe centrale)
Courriel : contact@petite-egypte.fr
Ouvert à tous et à toutes

Alain Deneault est sociologue et redoutable ; on a failli se laisser tenter par la reprise d’une librairie à Shippagan, Nouveau-Brunswick, face à l’Atlantique, où il enseigne. Sinon il écrit depuis quelques années le feuilleton le plus passionnant qui soit, où l’économie est examinée comme matrice commune pour penser la connaissance et l’organisation des rapports, des relations, des liens. C’est chez Lux Éditeur et ce soir à la librairie autour de notre table ronde byzantine.

Comment sauver notre belle planète

Littérature du Québec – Chroniques d’Yvon Paré

Par Yvon Paré
8 novembre 2024

Alain Deneault, philosophe reconnu pour ses prises de paroles senties et ses idées arrêtées, récidive. Il sonne l’alarme devant les changements climatiques tout en gardant espoir dans ce récent ouvrage.

[..] Faire que ! l’engagement politique à l’ère de l’inouï donne espoir pourtant en proposant des solutions simples et accessibles. Il suffirait de se prendre en main pour travailler dans de petits ensembles, être responsable de notre milieu et choisir toujours le mieux pour tous. Ce qui n’est pas le cas maintenant. Les décrets concernant la gestion de mon lac viennent d’Australie et les décideurs n’ont jamais visité le Lac-Saint-Jean, ne connaissent pas les métamorphoses que les gens subissent depuis des années avec l’érosion des berges et les rechargements des plages, une véritable catastrophe écologique. C’est là tout le problème. 

Redonner au milieu, aux régions, la capacité d’agir et de choisir pour et par elles-mêmes. Mais cela, aucun élu ne le veut pour le moment au Québec et la décentralisation demeure une fiction. Ce ne sont que des fables que les dirigeants secouent pour attirer les citoyens. Et il faut savoir, je crois, que le véritable pouvoir de décider n’appartient plus aux politiciens ni aux gouvernements dans le monde de maintenant. Ou si peu. »

S’engager politiquement avec le philosophe Alain Deneault à l’émission «Dans quel Monde on vit»

S’engager politiquement avec le philosophe Alain Deneault est le titre de la onzième émission (et onzième saison) « Dans quel Monde on vit » sur les ondes de RTBF. L’entretien, qui a eu lieu le 8 novembre 2024, est disponible pour l’écoute sur RTBF Auvio (l’inscription est gratuite) et sera diffusé sur La Première – RTBF demain, samedi 9 novembre à 10 h (Heure d’Europe centrale) – Durée : 51 minutes

«Que faire ? La question est partout aujourd’hui. Que faire face à la montée des extrêmes ? Que faire face aux inégalités grandissantes ? Que faire face à la catastrophe climatique ? Que faire…Et si on inversait cette proposition ? C’est ce que propose le philosophe Alain Deneault qui nous dit plutôt : « Faire que » ! Dans son dernier livre (éditions Lux), il nous explique comment s’engager politiquement à l’ère de l’inouï. Alain Deneault est notre invité cette semaine dans « Dans Quel Monde on vit ». […] » – Dans quel Monde on vit, RTBF

Alain Deneault, Simon Brunfaut et Juliette Goudot / Photo © Page Facebook de Simon Brunfaut

« Le philosophe Alain Deneault est mon (Simon Brunfaut) invité ce samedi dans «Dans quel Monde on vit». Il publie «Faire que. L’engagement politique à l’ère de l’inouï». Rendez-vous demain à 10h sur La Première – RTBF ! »

Critique de Faire que ! dans le journal Le Collectif

Le Collectif

Par Pascal Rodio
Responsable Librairie, Campus UDS de Longueuil 
3 novembre 2024

Quand les feuilles tombent, le feu pogne à point 

Automne s’avance dans l’octobre. Les couleurs s’embrasent et, à vélo, le froid coule dans mes os. Débarqué au chaud, entre deux arrêts de métro, que faire ?  

L’autre jour, à la Coop, j’ai attrapé le dernier Alain Deneault. Faire que !, paru en octobre. Parce qu’il était là, rouge et gris. Il va prolonger, je le sais, une fièvre survenue en début d’année.  

Garder le feu en vie. 

[…] Faire que ! au sous-titre éloquent : L’engagement politique à l’ère de l’inouï. 

Que faire ? Dans son style tranchant, Deneault explore en chorale les contours de la question, y répond un peu, dresse une synthèse brulante qui emmène plus loin ce que je ne pense qu’en friche. Il nomme les braises de nos révoltes, déchaîne les flammes sur les coupables. Tous les coupables. Surtout, il trouve à nos feux secrets une cheminée commune.  

Alain Deneault a-t-il épuisé ma fièvre ? Je ne crois pas non. Au contraire. Elle ne demande pas à être guérie.  

Le feu brûle encore. Je m’en vais le nourrir. Et vous, que faites-vous ? 

L’ensemble des titres mentionnés dans la chronique sont disponibles à la Coopérative : en magasin, sur les deux campus, ou en ligne : usherbrooke.coop 

Alain Deneault en guerre contre la médiocratie ! – Entretien réalisé par Au Poste

Diffusion le 6 novembre 2024 à 14 h (Heure d’Europe centrale)

Alain Deneault en guerre contre la médiocratie ! L’entretien avec Alain Deneault réalisé par le média indépendant Au Poste le 5 novembre 2024 est diffusé sur sa page YouTube – Durée : 2 h 20 min 46 sec

« A la sempiternelle question, Que faire?, le philosophe répond: «Faire que! Faire mal. Mal faire les choses, ne pas suivre les conseils officiels.»  Dans une autre vie, sur un autre continent, on avait eu le bonheur de cotoyer le philosophe. Depuis Montréal, il bataillait contre l’industrie extractiviste. Alain nous revient avec Faire que ! (Lux éditeur), ouvrage lucide où il nous invite à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Et nous somme de sortir de la sidération (et) de l’écoanxiété, pour mieux partir au combat (intellectuel). Attention, le bougre parle vite. Soyez en forme ! » – Au Poste

Photo – Page Facebook d’Euryale Touron

Démocratie ? Un avenir biorégional – Un article d’Alain Deneault dans la revue L’Inconvénient

Entretiens avec Alain Deneault autour de son livre Faire que ! à Bruxelles, Liège et Paris

« Alain Deneault entame bientôt une tournée européenne!

BRUXELLES, 6 novembre 18h — Rencontre co-organisée par Lux Éditeur avec TuliTu et animée par Ariane Herman autour de «Faire que!» à la salle Gansbeek au Grand Hospice, 7 rue du Grand Hospice ➡ Page événement ici

LIÈGE, 7 novembre 18h30 — Rencontre autour de «Faire que!» au Salon des lumières de La Cité Miroir, place Xavier-Neujean 22 ➡ Infos ici

PARIS, 12 novembre 19h — Alain Deneault et Hervé Kempf discuteront de leurs ouvrages, «Faire que!» et «Comment les riches ravagent la planète», au Le Lieu-Dit, 6 rue Sorbier.

PARIS, 14 novembre 19h — Présentation du feuilleton théorique «Les Économies» et Faire que ! à la Librairie Petite Égypte, 35 rue des Petits Carreaux ➡ Page événement ici »

– Source: Lux Éditeur

Alain Deneault en guerre contre la médiocratie !

« Dans une autre vie, sur un autre continent, on avait eu le bonheur de cotoyer le philosophe. Depuis Montréal, il bataillait contre l’industrie extractiviste. Alain nous revient avec Faire que ! (Lux éditeur), ouvrage lucide où il nous invite à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Et nous somme de sortir de la sidération (et) de l’écoanxiété, pour mieux partir au combat (intellectuel). Attention, le bougre parle vite. Soyez en forme ! » – Au Poste


Alain Deneault en guerre contre la médiocratie
!
Entretien - Au Poste - Média indépendant
5 novembre 2024 - 9 h (Heure d'Europe centrale)
Live en stream sur Twitch : auposte.fr/live
Rediffusion sur auposte.fr

Photo – Page Facebook d’Euryale Touron

« Le site de ce média indépendant a été lancé par l’écrivain-réalisateur David Dufresne (Un pays qui se tient sage) comme un espace d’analyse et de défense des libertés fondamentales. auposte.fr porte un regard critique et en mouvement sur le monde. » – Page YouTube Au Poste

Diffusion le 6 novembre 2024 à 14 h (Heure d’Europe centrale)

Discussion avec Alain Deneault et Hervé Kempf à la librairie le Lieu-dit à Paris

Alain Deneault et Hervé Kempf discuteront ensemble de leurs livres : Faire que ! publié chez Lux Éditeur et Comment les riches ravagent la planète publié au Éditions du Seuil à la librairie le Lieu-dit à Paris, le 12 novembre 2024, en présence de libraires de la librairie l’Atelier.


Discussion avec Alain Deneault et Hervé Kempf
Le Lieu-Dit - 6, rue Sorbier, 75020 Paris
12 novembre 2024 - 19 h
Ouvert à tous et à toutes

Alain Deneault – Photo © Lëa-Kim Châteauneuf – Wikipédia

Hervé Kempf – Photo © Jean-Paul Cronimus, Wikimedia

Rencontre avec Alain Deneault à la librairie Petite Égypte à Paris

Rencontre avec Alain Deneault à la librairie Petite Égypte à Paris, le 14 novembre 2024, autour de son feuilleton théorique «Les Économies» ainsi que son plus récent essai Faire que ! publié chez Lux Éditeur.


Rencontre avec Alain Deneault
Librairie Petite Égypte - 35 rue des Petits Carreaux, 75002
14 novembre 2024 - 19 h
Courriel : contact@petite-egypte.fr
Ouvert à tous et à toutes

Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que ! à la librairie Le Port de tête

« Lux Éditeur profite du passage du philosophe et essayiste Alain Deneault à Montréal pour mettre sur pied cet entretien autour du récent essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï. Il sera animé par l’éditeur Mark Fortier. » – Source: Lux Éditeur


Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que !
Animé par Mark Fortier
Co-organisé avec le volet Salon dans la ville
du Salon du livre de Montréal

Samedi 30 novembre 2024 - 18 h à 20 h
Librairie Le Port de tête - 269, avenue Mont-Royal Est
Ouvert à toutes et à tous

Mark Fortier – Photo © Caroline Fabre et Alain Deneault – Photo © Gilles Gagné – Le Soleil

Le vrai visage de l’extrême centre

Œuvre Linda Roux – Courtoisie de Linda Roux et Galerie Mariska Hammoudi

Le Monde diplomatique

Par Alain Deneault
Novembre 2024, page 20

« Les extrêmes se rejoignent. » Combien de fois a-t-on entendu des tenants de la fameuse — ou fumeuse — « théorie du fer à cheval » s’inquiéter d’une convergence des radicalités ? Mais, alors que l’actuel chef de l’État comptait au nombre de ces vigies républicaines, son camp gouverne désormais avec le soutien tacite du Rassemblement national. Une commune brutalité explique ce rapprochement.

En refusant de confier le nouveau gouvernement à la majorité relative formée par la gauche unie à l’Assemblée nationale, le président français, M. Emmanuel Macron, a trahi son aversion pour les revendications sociales et confirmé le peu de cas qu’il fait de l’expression populaire. En se concertant plutôt avec le Rassemblement national (RN) pour appeler le conservateur Michel Barnier au poste de premier ministre, il a révélé ce qu’ont en commun « les extrêmes », ici l’extrême centre et l’extrême droite, à savoir un fort appétit pour la violence.

C’est par d’inouïs efforts de relations publiques que M. Macron est parvenu à proclamer modéré le parti d’extrême centre qu’il incarne. Des médias détenus par les milieux d’affaires qui le sponsorisent et dont il est lui-même issu s’assurent de faire passer pour « centristes » tous ceux qui colportent son programme : ceux-là sont alors dits péremptoirement rationnels, raisonnables, responsables, pondérés, sensés, voire normaux. Tout acteur public ou citoyen qui s’opposera à la vulgate ainsi magnifiée risquera les attributions inverses : irresponsable, déraisonnable, paranoïaque, rêveur, dangereux, voire fou. Depuis 2017, des endoctrineurs à la petite semaine estampillent sans relâche ces qualifications de part et d’autre, de sorte qu’elles relèvent de l’évidence.

Or l’extrême centre est un extrémisme. Écocide est son programme industriel, inique sa conception de la vie sociale et autoritaire son approche managériale. L’extrême centre a une fixation, un programme à défendre coûte que coûte : garantir la croissance des entreprises et l’augmentation des dividendes versés à leurs actionnaires ; faciliter l’accès aux paradis judiciaires et fiscaux ; rendre précaire le travail ; réduire l’écologie politique à un marketing du verdissement ; démanteler l’État social et minimiser ses dépenses.

D’un point de vue plus moral, l’extrémisme de l’extrême centre tient à son rejet de tout ce qui n’est pas lui. Loin de se situer lui-même quelque part sur l’axe gauche-droite, il (…)

La deuxième édition des «Dialogues pour la diversité» présente l’événement en ligne «Les causes sous-jacentes de la crise de la perte de biodiversité »

Alain Deneault participera au panel intersectionel Les causes sous-jacentes de la crise de la perte de biodiversité animé par Gaëlle Jaudard, coordonnatrice à SNAP Québec (Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec), à l’occasion de la deuxième édition des Dialogues pour la biodiversité le mardi 29 octobre 2024.

Les panélistes : 
Sidney Ribaux, directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience de la Ville de Montréal et co-fondateur d'Équiterre
Amélie Laframboise, conseillère stratégique en enjeux de transition sociale et environnementale
Alice-Anne Simard, directrice de Nature Québec
Élisabeth Abergel, professeure au département de sociologie et à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM (ISE) à l'UQAM et Membre du ReQEF (Réseau québécois en Études Féministes) et Directrice du Groupe de recherche sur le Travail Agricole (GReTA)
Alain Deneault, philosophe, essayiste et professeur de philosophie à l'Université de Moncton.

Panel intersectionnel
Les causes sous-jacentes de la crise de la perte de biodiversité
Dialogues pour la diversité - #CDP-16
Mardi 29 octobre 2024 - 15 h à 16 h 30
Événement en ligne - Inscription via ZOOM ici

Durée : 1 h 29 min 20 sec

« Comment les questions de Fonds-cadre mondial pour la biodiversité, de cibles nationales et de mise en place de l’Accord Kunming-Montréal seront débattues et négociées lors de la CdP-16 ? Rejoignez la société civile québécoise, l’équipe des Dialogues pour la biodiversité ainsi que nos expert-e-s en participant à la deuxième édition des Dialogues pour la biodiversité, du 22 octobre au 1er novembre 2024. » – Source: Dialogues pour le climat

La politique photoshopée

Photo © Hina Alam – La Presse canadienne

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
28 octobre 2024

La politique photoshopée

Photoshopé. C’est l’épithète qu’il convient de retenir pour penser l’enjolivement filtré par le marketing des figures politiques moyennes, impérativement moyennes, de l’époque. Pour gagner, les photos des candidats et candidates sont retouchées informatiquement pour obtenir des clins d’œil aguichants et ces « dents affreusement blanches » dont parlait Pierre Falardeau dans son essai cinématographique mémorable, Le temps des bouffons. Les amateurs de son œuvre auront saisi la référence. Là, ce qui est affreux, c’est le faux, et non lesdites dents.  La mécanique électorale, son marketing institué, le formatage sociologique du processus, le système uninominal à un tour, l’absence de proportionnelle, la pression médiatique… entraînent ainsi la standardisation de la parole politique en une entreprise de séduction à laquelle s’accompagne la langue de bois.  

Une candidate, un candidat, aura beau avoir des forces réelles, des connaissances attestées, des compétences spécifiques, il n’en paraîtra rien ou presque, il faudra se montrer moyen. Ne point trop ambitionner. Marcher dans les clous. Ni trop faible ni trop forte, la personne qui se présente. On enjoint d’accompagner un mouvement social qui peut aussi porter le nom de stagnation. 

Dans un tel contexte, les partis se distinguent sur quelques points seulement.  

Rappelons les effets d’optique dont traite Normand Baillargeon dans son Petit Cours d’autodéfense intellectuelle. Si on restreint l’échelle  d’un diagramme et l’agrandit à la loupe, on a l’impression de courbes et d’écarts spectaculaires entre deux points. Par de telles œillères, aujourd’hui, au Nouveau-Brunswick, il semble en effet y avoir un monde entre libéraux et conservateurs. Les médias cadrent ainsi l’analyse, de manière très serrée. Alors, bien sûr, il est préférable que les libéraux soient au pouvoir, plutôt que les sinistres conservateurs. Évidemment, sur quelques questions sociétales et sur des points précis de gestion, les différences sont incontestablement significatives. Mais ayons plus d’envergure, soyons plus exigeants intellectuellement, et situons ces deux points qui représentent les partis libéral et conservateur sur le grand axe des possibles politiques, et les voici qui apparaissent soudainement voisins, presque siamois. Ils sont agglutinés bien à droite dans un conformisme occidental où le capitalisme est sauvagement déréglementé, tout en maquillant cette position en un « centre » politique évident, naturel, modéré, normal… 

Pourquoi s’en prendre particulièrement au Parti libéral, dans un tel contexte ? Parce qu’il s’agit d’un organe azimuté qui manque dramatiquement de consistance dans le temps. C’est vrai des autres partis libéraux du Canada tout comme de structures analogues en Occident. Suivons le nôtre du regard. Aux élections de 2020, alors dépourvus de tout scrupule, les Libéraux préconisaient de transformer le Nouveau-Brunswick en un paradis fiscal inspiré de l’Irlande ! Lorsqu’il était au pouvoir auparavant, il privatisait des pans entiers d’un système de santé qu’il prétend vouloir sauver aujourd’hui. Antérieurement encore, il comprimait grossièrement le budget du système d’éducation, lequel porte encore aujourd’hui les séquelles de ces remèdes de cheval budgétaires, mais entre-temps, le parti proposait une mesure d’accès aux études postsecondaires pour les étudiants les moins nantis… Selon les occasions, et souvent simultanément, cette instance peut être à la fois ultralibéral et social-démocrate. Il est un caméléon entraîné. L’historien français Pierre Serna, premier penseur du concept d’« extrême centre », qualifie de « girouettes » ce genre d’organisations politiques (La République des girouettes, Champ Vallon, 2005). Ces zigzags de tacticiens électoraux et ces effets d’annonces visant des groupes sociologiquement épluchés nuisent gravement à la politique. Car elles l’abaissent à une série de mesures incohérentes et à un catalogue de propositions qui ne se réfèrent à aucune axiologie politiquement réfléchie, à rien d’une approche structurée, à nulle conception globale. Cela sent l’opportunisme à plein nez. Une telle conception de la politique ne répond que d’une question circonstancielle : que dit-on à qui pour obtenir un suffrage de circonstance à telle élection ? Et on évolue à la va-comme-je-te-pousse, en plongeant la pensée politique dans la confusion. Pour cette raison, on peut éprouver plus de respect pour les conservateurs qui campent des positions marquées et constantes, même si on ne votera jamais pour eux. 

C’est cela, l’ère de la médiocratie et de l’extrême centre. Un monde intellectuellement inconsistant où on se contente de présenter comme modéré, inévitable et naturel un conformisme à un modèle de société, le capitalisme ultralibéral, qu’on n’a même plus à nommer tellement on le normalise, sinon qu’au prix de passer pour un nostalgique des luttes sociales. À titre immunitaire, les médiocres et l’extrême centre prisent les étiquettes. Ils s’y ruent lorsqu’ils se voient confrontés à la moindre critique qui les dépasse. On n’a pas à aller bien loin. Tente-t-on de déplacer le curseur qu’on s’entend qualifié d’irresponsable, de rêveur, de paranoïaque, de marxiste et nommez-en. Le pouvoir d’étiqueter supplée à celui de penser.  

Pour ces gens, tout semble très vite « trop ». Lutter contre les paradis fiscaux, exiger ne serait-ce qu’un moratoire sur une folle exploitation du bleuet au prix de forêts entières ou encore empêcher l’épandage de glyphosate devient « extrême » et « communiste ». C’est une façon de dissimuler au rabais sa propre veulerie. On soigne sa carrière avec un tel point de vue. On devient vite député, puis ministre, pour finir maire en fin de parcours, quand  on décélère. Mais cela avilit la politique. 

On comprend alors à sa face même, quand on place l’affiche rutilante du candidat photoshopé dans le contexte de l’érosion sociale et de la tragédie écologique nous concernant vraiment, puis dans la perspective de la géopolitique mondiale et de ces urgents enjeux, qu’elle est un triste effet publicitaire se perdant dans le tout comme un pixel isolé.   

Réédition en format poche des trois essais «classiques» d’Alain Deneault 
dans la collection Pollux chez Lux Éditeur

L’éthique, entre mondialisation et biorégion – Conférence d’Alain Deneault chez Vox (COMPLET)

« VOX est heureux d’accueillir le philosophe Alain Deneault dans le cadre de l’exposition Mon Sud est ton Nord. Intitulée L’éthique, entre mondialisation et biorégion, cette conférence sera l’occasion d’approfondir certains des enjeux socioéconomiques sous-tendus par les installations vidéo de Bertille Bak. » – Vox, Centre de l’image contemporaine

Veuillez noter qu’une partie de l’exposition Bertille Bak Mon Sud est ton Nord sera inaccessible dès 16 h en préparation de cet événement.

Bertille Bak, Nature morte, image fixe, 2023, 23 min. Avec l’aimable permission de l’artiste.