De l’art engagé au Québec

Photo : Courtoisie du Centre SAGAMIE

Vie des arts

Par stvn Girard
29 avril 2024

« […] Éthique et esthétique de l’utile (Alma/Montréal : Centre SAGAMIE/Centre des arts actuels Skol, 2023), 123 p., ill.

De l’art engagé au Québec. Éthique et esthétique de l’utile est un livre bilingue coédité par le Centre SAGAMIE, recherche et création et le Centre des arts actuels Skol. Il compte 213 pages, dont environ la moitié est constituée de contenu rédigé en français. Sorti en 2023, cet ouvrage portant sur l’art engagé réactualise des considérations issues de cette approche artistique datant du début du XXe siècle à propos de l’engagement en art. Il rassemble une dizaine d’auteur·rice·s notables dans ce domaine et dans celui de la politique, notamment Alain Deneault, Alain-Martin Richard et Ève Lamoureux.

Par sa démarche de réflexion collective, le livre soulève des tensions irrésolues entre l’art et l’engagement, entre l’utilité de l’art et la militance, offrant un éventail d’observations sur le sujet plutôt qu’un plaidoyer unidirectionnel. Pour rendre compte de cette hétérogénéité des approches et des discours, les écrivain·e·s portent leur regard tantôt sur les différents contextes d’actualisation de l’œuvre, tantôt sur son intention critique – voire militante –, son contenu politique ou encore sa forme. […] »

Des voix des milieux littéraire, culturel, universitaire, religieux, social et politique s’élèvent contre cette décision.

Presse-toi à gauche !

Par le Comité de soutien aux employé-es mis à pied du Centre justice et foi 
30 avril 2024

« […] Montréal, le 24 avril 2024. Plus de 1000 personnes et représentant-es d’organismes ont signé la Déclaration d’appui aux employé-es mis à pied du Centre justice et foi (https://soutenonslesemployesducjf.org/declaration-appui-employes-du-cjf/) (CJF) en seulement une semaine.
Des voix des milieux littéraire, culturel, universitaire, religieux, social et politique s’élèvent contre cette décision.


Leur mobilisation se veut une interpellation forte des responsables de cette mise à pied et de la suspension temporaire des activités du Centre justice et foi – la revue Relations et le secteur Vivre ensemble – afin qu’ils rectifient rapidement le tir, tant leur geste est vu par l’ensemble des signataires comme injuste et injustifiable.

Beaucoup d’appuis à signaler du côté du milieu universitaire également, un grand nombre de professeur·es collaborant aux activités du Centre justice et foi, de son secteur Vivre ensemble et à Relations. Mentionnons entre autres Denise Couture, François Crépeau, Rodolphe De Koninck, Stéphanie Arsenault, Francis Dupuis-Déri, Louis Balthazar, Lilyane Rachédi, Dalie Giroux, David Seljak, Lucie Sauvé, Marie-Christine Doran, Jean-Philippe Warren, Louis Rousseau, Brigitte Alepin, Alain Deneault et Michel Andraos.

[…] Le Comité de soutien des employé·es mis à pied du Centre justice et foi appelle toutes les personnes et tous les organismes solidaires à manifester leur mécontentement, à continuer de faire grandir les appuis à cette Déclaration et la campagne de dons (https://soutenonslesemployesducjf.org/je-fais-un-don/) destinés à venir en aide aux employé·es mis à pied. […] »

Climatosceptique?  

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
29 avril 2024

Climatosceptique ?  

Le problème, c’est d’adopter les mots tels qu’ils nous arrivent, sans les critiquer. À les utiliser naïvement, ils finissent par nous dominer, nous confondre et nous faire errer. La philosophie est la discipline qui s’arrête sur les notions, étudie leurs prémisses et s’enquiert des pouvoirs qui ont souhaité qu’on les cite, plutôt que d’autres.

Ainsi en va-t-il d’un terme comme « climatosceptique ». Il est bien commode. Des journalistes s’en servent pour rapidement désigner, dans un texte de 500 mots, ceux qui ne croient pas au phénomène du réchauffement climatique, puis le voilà repris dans des discours politiques, voire dans la science où on échafaude diverses théories à son sujet en empilant des statistiques.

Or, sait-on de quoi on parle précisément ? Et de qui ? Cette variable sociologique, que recouvre-t-elle ? Et surtout, que nous empêche-t-elle de penser, dans les angles morts qu’elle comporte ?

Précipitamment, on tendra à inscrire dans la catégorie « climatoscepticisme » toute personne qui récuse le savoir des climatologues investis dans l’étude du réchauffement atmosphérique. Or, le terme ne recoupe pas tous ces gens de la même manière – loin de là – et, surtout, il ne permet pas de démasquer des formes subtiles de déni.

Arrêtons-nous sur la racine du terme, qui a trait à l’enjeu du scepticisme, sans y voir un euphémisme. Si on le prend au sérieux, on peut juger qu’il soit de bon aloi. On peut intuitivement, et par principe de précaution, convenir des thèses de climatologues technocratiques comme ceux du Giec, tout en ayant beaucoup à redire sur leur méthode, notions, échelles, prétentions…

Ces sceptiques qui trouvent les discours techniques de ces technocrates mal ficelés au point qu’ils neutralisent la pensée, l’assèchent, et l’inhibent comme moteur de pensée et d’action. Bruno Latour et Isabelle Stengers critiquent durement ces producteurs de données plus politiques que scientifiques, mais tout de même lourdement technocrates en cela, car ils nous empêchent de fonder un concept nouveau de la nature, pour la concevoir comme une matrice devenue nécessaire de nos articulations politiques. Ce scepticisme-là permet d’aller plus loin, et repousse paradoxalement les producteurs mêmes de données dans le camp des acteurs inhibant la nécessaire mobilisation politique.

Puis, viennent les sceptiques plus placides, qui s’accrochent au statu quo simplement par incrédulité. Ils n’arrivent pas à y croire, se disent que toutes ces histoires de réchauffement climatique, c’est forcément exagéré, mais sans curiosité, sans aller voir plus loin. Enfin, ils espèrent que la technique ou Dieu viendront distinctement ou tour à tour sauver la situation. C’est assez paresseux. 

Enfin, un scepticisme d’un troisième genre s’en distingue, lui rhétorique, qui consiste à douter du bien-fondé comme tactique dilatoire, pour maintenir actif le statu quo extractiviste, productiviste et capitaliste, celui qui fournit précisément la rente des doctes sceptiques. Chez eux, le fardeau de la preuve repose sur les scientifiques qui annoncent la véracité du phénomène à coups d’études publiées par milliers, mais qui ne le font jamais  suffisamment au-delà de tout doute raisonnable. Et comme le sceptique sait pousser le doute à des points absolus, il a toujours beau jeu, les bras croisés, en censeur autoproclamé, d’indiquer que la preuve est insuffisamment administrée, qu’elle n’est jamais assez faite.

Mais à  trop insister sur le climatoscepticisme, trop souvent euphémisé d’ailleurs, on omet de distinguer d’autres modalités subjectives, comme la dénégation ou le déni. En rien identique, la première consiste à nier ce que l’on tient pour vrai en son for intérieur, mais que l’on feint d’ignorer, parfois dans un effort de refoulement partiellement efficace. Le malaise point alors et on n’est guère loin du mensonge. La seconde s’impose lorsqu’on est littéralement incapable de voir ni d’admettre un phénomène qui pourtant saillit devant soi. Un blocage psychique préalable est en jeu.

Repérer les positions insidieuses

En outre, il est plus important encore de relever les formes insidieuses de réfutation opposées au phénomène de réchauffement climatique. Leurs auteurs singent des positions critiques sur la question du réchauffement atmosphérique et se présentent comme fer de lance de l’engagement « pour le climat », comme ils le disent, mais en stationnant la pensée à un stade superficiel, en s’assurant le plus possible d’en nier la cause, en présentant même le problème – la surindustrialisation du monde – comme sa solution.

On reconnaît tout de suite la rhétorique du « développement durable » qui vise d’abord et avant tout à faire durer le développement, et à le présenter non plus comme l’objet de la critique, mais comme le sujet de l’action. Le saccage écologique devient alors l’occasion d’un nouveau marché justifiant que l’on extraie encore plus de minerais pour l’électrification du monde ainsi que le développement des énergies solaires et éoliennes, et que, pour ce faire, on exploite la nature à des taux de rendement maximal tout en se prétendant écologiste. Cet attrape-nigaud a fait florès. C’est le crime parfait : on ne se montre officiellement ni sceptique ni négationniste devant le phénomène, mais ses thuriféraires embrassent plutôt les conclusions de l’écologie politique pour mieux les détourner et faire croître les produits « de transition » du capital, pourtant souvent plus polluants que les anciens.

Mais souvent, les contradictions sautent aux yeux. Par exemple ces conservateurs états-uniens attachés aux valeurs du capital. Ils nient le réchauffement climatique, tout en soutenant la promotion de la lucrative géoingénierie promettant de restaurer le climat par la voie de complexe et hasardeuses mesures techniques (voir le film de Pierre Oscar Lévy, Les apprentis sorciers du climat, Arte, France, 2015.). Pour eux, le climat n’est menacé que lorsque des Docteurs Folamour se proposent de l’administrer à leur profit. Ils sont ceux que nos catégories d’interprétation, inadaptées, ne nous permettent pas de repérer.

Alain Deneault : repenser l’écologie dans un monde en « polycrise »

Dessin de la synthèse du Forum mondial sur l’entreprise et l’environnement , Oxford 2010, – @The Value Web Photo Gallery CC BY 2.0.

Le Journal des Alternatives

Par Théa Lombard
25 avril 2024

« De passage à Montréal pour le lancement de son nouveau livre sur l’économie de la pensée, Alain Deneault était l’invité des Amis du Monde Diplomatique pour une conférence à l’UQAM sur le thème de l’écologie. Pour l’occasion, il a ainsi abordé les enjeux écologiques et les possibilités d’agir dans un monde dit en polycrise. Il invite ainsi à réfléchir sur l’écoanxiété ou l’écoangoisse et à (re)penser un futur davantage respectueux du vivant par le biais de l’esthétique et de l’imagination, notamment via les biorégions.

[…] La déprime, l’écoanxiété ou plutôt l’écoangoisse, comme le définit Alain Deneault, sont des réalités centrales en écologie contemporaine. Le vocabulaire dédié à cette thématique ne définit pas précisément les faits et les conséquences de cet enjeu. L’utilisation du terme anxiété semble davantage renvoyer à une médicalisation et pathologisation d’un phénomène commun, compte tenu du contexte actuel.

Préférant le terme écoangoisse, Alain Deneault définit cette dernière comme un signe de bonne santé mentale, par la conscience des phénomènes environnementaux et problèmes écologiques. L’écoangoisse  n’est donc pas un problème individuel. Il s’agit d’un véritable enjeu public et commun, dans lequel les affects sont collectifs. L’écoangoisse s’accroît avec l’analyse des impacts environnementaux définis comme irrémédiables et irréparables. Il nous amène à une réflexion sur le vivant, sur notre place au sein de ce dernier et sur les futurs possibles.[…] »

Conférence d’Alain Deneault à Saint-Élie-de-Caxton

Photo © Faustine Lefranc

L’Écho de Maskinongé

« Présentée en collaboration avec le comité Creuse pas dans mon Caxton, la conférence portera sur la biorégion, qui réunit à la fois l’écologie d’un territoire et le sentiment d’appartenance à celui-ci, face notamment aux changements climatiques. La notion désigne l’obligation qu’on éprouve de plus en plus, de développer un régime d’autonomie qui tienne compte rigoureusement des conditions territoriales et écologiques qui sont les nôtres. La conférence portera également sur l’industrie minière et sur la menace que fait porter cette industrie sur nos milieux habités et nos ressources vitales – comme l’eau potable-, préservées de génération en génération depuis des millénaires. » – L’Écho de Maskinongé

Biorégion et développement minier
Samedi 20 avril - 18 h
Garage de la culture, Saint-Élie-de-Caxton
Billet 10$ - Maximum 133 places
Réservation et paiement par virement Interac à : developpementstelie@gmail.com ou en argent comptant à la porte
Ouvert à tous

L’organisme Développement Saint-Élie-de-Caxton et le comité Creuse pas dans mon Caxton ont invités Alain Deneault pour présenter une conférence ayant pour titre «Biorégion et développement minier».

Table ronde et séance de dédicace au Salon international du livre de Québec

Alain Deneault sera présent au Salon international du livre de Québec le dimanche 14 avril 2024 pour participer à une table ronde ayant pour thème «Résister aux lois du marché, résister autrement» qui sera suivie d’une séance de dédicace.

Résister aux lois du marché, résister autrement
Table ronde animée par Dominic Tardif
Avec :  Yoakim Bélanger, Alain Deneault et Jean-Félix Chénier 
Centre des Congrès de Québec - Scène Radio-Canada
Dimanche 14 avril - 14 h  à 14 h 30

« Quels sont les moyens de lutter face au système capitaliste, aux failles de la démocratie, aux injustices sociales, à la perversion de la pensée par les lois du marché ? Discussion sur les nouvelles voies du militantisme, utopies, pensées et systèmes alternatifs. » – Source: SILQ

Photo © Lux Éditeur
Photo © Lux Éditeur
Séance de dédicace 
 Centre des Congrès de Québec - Kiosque # 723
Dimanche 14 avril - 14 h 30 à 15 h 30
Photo © Lux Éditeur
L’économie de la pensée d’Alain Deneault suivi de «L’économie mathématique» avec François Genest – Feuilleton théorique V

« Au Québec, la censure ne meurt jamais », par Jean-Yves Mollier

Actualitté

Par Jean-Yves Mollier
8 avril 2024

« Alors que la France s’apprête à accueillir le Québec au Festival du livre de Paris en avril prochain, et que paraît au même moment une édition revue d’Interdiction de publier. La censure d’hier à aujourd’hui (éditions Double ponctuation, 2024, Prix Charles-Aubert d’Histoire), l’historien spécialiste du livre et de l’édition Jean-Yves Mollier revient sur les différentes formes de censure du livre au Québec. 

[…] À peine délivré de cette chape de plomb religieuse qui avait bridé l’imagination des écrivains de la Belle Province pendant des décennies, le Québec devait s’illustrer par la rigueur de ses procédures bâillons destinées à protéger, non plus l’Église catholique, mais l’économie nationale. Révélée par la publication du livre d’Alain Deneault intitulé Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique (Écosociété, Montréal, 2008), la « procédure bâillon » canadienne consistait, pour l’entreprise minière Barrick Gold par exemple, à demander six millions de dollars à la maison d’édition si elle s’entêtait à mettre en vente cette enquête sulfureuse. Aux termes d’une longue procédure et au prix d’un arrangement «hors cour», l’éditeur renonça à rééditer le livre, et les deux compagnies minières qui exigeaient désormais onze millions de dollars abandonnèrent leurs poursuites. […] »

Des artistes dans tous les CA

Photo © Adrien Le Toux – Getty Images / Image de l‘article de Stéphane Baillargeon du 26 mars 2024

Le Devoir

Par Renaud Lessard Ste-Marie
29 mars 2024
Section Lettres

L’auteur de cet article mentionne Alain Deneault vers la fin de son propos :

En réponse à la série d’articles rédigés par Stéphane Baillargeon concernant le manque de représentation d’artistes dans les conseils d’administration des sociétés d’État à vocation culturelle, j’aimerais faire part d’une réflexion à vos lecteurs ainsi qu’à mes collègues travaillant en création.

[…] J’aimerais voir Dany Laferrière au CA de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Pierre Lapointe au CA de la Société de télédiffusion du Québec, Alexandra Stréliski au CA de la Société de la Place des Arts de Montréal, Caroline Monnet au CA d’Hydro-Québec et Anaïs Barbeau-Lavalette au CA de la Société immobilière Québec. Est-ce que c’est plus fou que de voir un banquier à la tête du CA de la Société de développement des entreprises culturelles (Stéphane Achard à la SODEC) ? Ou encore une hôtelière à la présidence du CA du Musée national des beaux-arts du Québec (Christiane Germain au MNBAQ) ?

Pour paraphraser Alain Deneault, la seule manière de gagner la game, c’est de jouer à notre propre jeu. […]

« L’Orgie capitaliste » : Dugain vaut mieux que leurs profits

Le Nouvel Obs

Dans cet article portant sur l’essai de Marc DugainL’orgie capitaliste, Alain Deneault est mentionné :

« Rare sont les gens qui ont lu les penseurs critiques du capitalisme – hier André Gorz, aujourd’hui Frédéric Lordon, Bernard Friot, les deux Alain, Damasio et Deneault. Cette désertion générale face au sujet économique a favorisé la mutation du capitalisme en sa forme obsène financiarisée, verrouillée par les traités. »

Par Annie Crignon
29 février 2024

Pourquoi il ne faut pas rater le spectacle de danse « Hidden Paradise » à Châteauvallon qui parle d’évasion fiscale

nice-matin

"Parler au corps par le corps"
"C’est une pièce sur l’évasion fiscale. C’est entre la danse, le théâtre et la performance", résume la comédienne. Elle précise: " On reprend des propos d’Alain Deneault, qui est un philosophe québécois, lors d’un entretien à Radio Canada. Pendant huit minutes, il aborde ce sujet et ses conséquences très graves sur la société. En 2015, au Canada, l’évasion fiscale représentait 153 milliards de dollars et cela a un impact sur toute la société."

[…] Tout est très minimaliste pour souligner aussi les coupes budgétaires dans la culture, en partie liée à cette évasion fiscale tant décriée. Le monologue d’Alain Deneault est repris à la virgule près « avec les hésitations et leurs erreurs de langage, tel qu’il a été prononcé », précisent les interprètes. Seule bande-son du spectacle, ce discours a été monté en six boucles pour accompagner les comédiens. […] »

Par Fabrice Michelier
3 février 2024

La grande évasion d’Alix Dufresne

Photo © dldanse

Le Quotidien

Un vaste «système d’escroquerie»
« [...] C’est que le sujet la préoccupe depuis 2015, quand son alter ego Marc Béland entend au volant de sa voiture une discussion sur Radio-Canada, assez succincte mais limpide, entre Marie- France Bazzo («animatrice bien connue chez nous», précise-t-elle) et Alain Deneault, philosophe, professeur d’université (notamment à la Sorbonne) et essayiste.

Voilà deux décennies que ce dernier, comme le ferait un lanceur d’alerte, dénonce le coût social de l’évasion fiscale, soit la pratique qui consiste au détournement délibéré de la loi pour «payer moins d’impôts». Un vaste «système d’escroquerie», «rodé et légalisé» qui, d’un côté, profite «aux contribuables nantis, aux multinationales, aux grandes entreprises et aux banques», et de l’autre, fait payer le «coût à la population», étranglée par des «politiques d’austérité».

Citoyens «impuissants»
Empruntant les mots de la «brillante» synthèse du philosophe, Alix Dufresne déroule : «Quand vous attendez 40 minutes à -20 °C un bus qui ne passe pas, quand une compagnie de théâtre n’arrive pas à financer le moindre spectacle, quand vous patientez des mois pour une opération urgente, quand vos écoles, pleines d’amiante, sont dans un état lamentable… Tout ça, c’est à cause de l’évasion fiscale!».

En l’occurrence, des milliards de dollars (ou d’euros) qui ne retombent pas dans les poches de l’État et qui imputent directement les services publics. Avant de découvrir toute «la dimension» de cette fraude à grande échelle qui heurte les gens «au quotidien», la metteuse en scène et chorégraphe avait au départ, comme beaucoup, une idée évasive sur le sujet.

«On imagine que ça concerne les 1% des gens les plus riches, que c’est de l’argent qui vole au-dessus de nos têtes, qui se promène d’un endroit à un autre… C’est faux!», s’insurge-t-elle, précisant qu’au Canada, on parle de 153 milliards de dollars qui disparaissent chaque année des radars, au nez et à la barde des citoyens totalement «impuissants», et sous couvert de politiques «irresponsables». «C’est dingue, non?» Et encore, on ne parle que de la partie visible d’un iceberg sans fond. Face à l’ampleur du problème et de sa méconnaissance, Alix Dufresne et Marc Béland ont alors décidé de faire une pièce, la bien nommée Hidden Paradise, qui depuis 2018, tourne un peu partout (on l’a vue il y a deux ans au Off d’Avignon et on l’y reverra cette année), et n’a pas changé d’un iota par rapport à sa forme originale. […] »

Par Grégory Cimatti
31 janvier 2024

Ne dites pas à ma mère que je suis dans la culture, elle me croit sirène sur TikTok!

Photo : Le360

Le360 – Le Média des actualités du Maroc

« Après la Maison Blanche, après le Congrès, la Commission européenne, le Parlement danois, le gouvernement britannique et un ensemble d’autres institutions à travers le monde que ce soit au Canada, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, c’est au tour du Parlement marocain de mettre sur le tapis le problème de l’application chinoise de partage des vidéos, TikTok.

[…] Le postulat du philosophe Alain Deneault fait l’effet d’un verdict sans appel: «l’assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès: les médiocres ont pris le pouvoir». »

Par Mouna Hachim
6 janvier 2024

Pas de justice sociale sans la justice fiscale

Photo © Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

«Alain Deneault, philosophe et professeur au campus de Shippagan de l’Université de Moncton, affirme à partir des études de l’expert mondial Gabriel Zucman, que la moitié des transactions financières passe par des paradis fiscaux et près de 40% de la richesse mondiale y est déclarée. Ce sont des sommes colossales revenant de droit au financement des services publics et des institutions d’État qui y sont détournées. […]

Les pays qui abritent les paradis fiscaux, selon Alain Deneault, « ont des législations de complaisance. Ces pays autorisent une élite à se soustraire aux lois de leurs pays d’origine comme le Canada. Elles permettent également de s’adonner aux pires pratiques fiscales et commerciales: éviter l’impôt, blanchir l’argent sale, vendre des armes, financer le terrorisme, polluer, etc. «  »

Par Romain Landry
 3 novembre 2023

Un professeur de l’U de M prendra part à une journée de réflexion sur les paradis fiscaux

Photo : Acadie Nouvelle

Acadie Nouvelle

« Un professeur d’Université de Moncton [Alain Deneault] prendra bientôt part à une journée de réflexion et de débats portant sur les paradis fiscaux et la finance offshore. Il figure parmi les 11 spécialistes canadiens invités par l’Université TÉLUQ et l’organisateur de l’événement Franck Jovanovic un professeur d’économie de renommée mondiale. […] » – Acadie Nouvelle

Par Sébastien Lachance
9 septembre 2023
Alain Deneault, professeur de philosophie et sociologie – Université de Moncton

À propos du «Totalitarisme pervers»

Image : Revue Illusio n° 20 – 2023

À propos du «Totalitarisme pervers». Entretien avec Alain Deneault par Fabien Lebrun dans la Revue Illusio n° 20 – 2023 – Totalitaire. Voici un extrait:

« […] La force des multinationales repose donc sur leur capacité à exister de chaque côté des frontières à travers des entités telles que des filiales qui sont indépendantes les unes des autres en droit. Elles peuvent ainsi s’adresser des factures, se prêter des fonds voire se poursuivent en justice artificiellement lorsqu’elles sont téléguidées d’assez loin. Pour le dire autrement, la multinationale n’existe pas en droit, elle ne constitue pas un sujet de droit. N’existent de ce point de vue que les centaines de composantes qui constituent le groupe de la multinationale de manière indépendante, selon le droit de chaque pays. Et les multinationales qui se targuent tellement de respecter la loi le font dans la mesure où telle filiale enregistrée dans tel pays respecte la loi dudit État tandis qu’une autre se conforme à une autre législation où elle est ailleurs enregistrée. Cela donne évidemment le loisir pour les multinationales d’inscrire leurs activités en fonction du degré de clémence des États qui les accueillent : pratiquer l’évitement fiscal en Suisse ou aux Bermudes, extraire un pétrole polluant en Alberta, exploiter de force des travailleurs via un partenaire au Myanmar, coloniser un pays entier au Gabon ou au Congo-Brazzaville, polluer massivement le Delta du Niger, profiter d’une situation de quasimonopole en situation de boycottage international en Afrique du Sud, jouir des bénéfices d’une intervention militaire franco-britannique en Lybie… » – Alain Deneault

Le « wokisme » déconstruction d’une obsession française

Image Laurent Corvaisier

Le Monde

« […] La polarisation des positions conduit certains intellectuels à vouloir sortir de ce face-à-face jugé stérile et parfois violent. Et à repérer des traits communs dans les deux « camps ». Ainsi, « sans vouloir renvoyer dos à dos les progressistes et les conservateurs », Alain Deneault, qui enseigne la philosophie à l’université de Moncton, au Canada, critique aussi bien « la gauche cannibale » que « la droite vandale », à savoir le progressisme proactif et le conservatisme agressif qui caractériseraient ces deux « identitarismes » (Mœurs, Lux, 2022). L’un qui inscrit le sujet dans une communauté discriminée, l’autre qui l’enferme dans une identité blanche et enracinée.[…] »

Un article de Nicolas Truong
L'extrait de l'essai Mœurs. De la gauche cannibale à la droite vandale d'Alain Deneault publié chez Lux Éditeur est à la page 24
23 juin 2023 

Nature, économie et pandémie: changeons de paradigme – Un article d’Alain Deneault dans la revue Possibles

Nature, économie et pandémie: changeons de paradigme. Un article d’Alain Deneault publié dans la revue Possibles, Pour une autre suite du monde, Volume 46, No 02, pages 33-38 – Automne 2022