De la bande de colons à la biorégion, une conférence d’Alain Deneault sous l’invitation du Collectif Société qui a eu lieu le vendredi 27 septembre 2024 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) – Durée 1 h 26 min 31 sec



Docteur en philosophie, enseignant, essayiste
De la bande de colons à la biorégion, une conférence d’Alain Deneault sous l’invitation du Collectif Société qui a eu lieu le vendredi 27 septembre 2024 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) – Durée 1 h 26 min 31 sec




















Captation de l’entretien avec Alain Deneault par son éditeur Mark Fortier autour de son essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï qui a eu lieu à la librairie Le Port de tête le samedi 30 novembre 2024.
Présenté par Lux Éditeur et le Salon du livre de Montréal dans le cadre du Salon dans la ville.
« Dans son livre Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï, le philosophe Alain Deneault se demande comment faire de la politique et mobiliser les énergies collectives face à la crise climatique et à la possibilité d’un anéantissement total du monde. Selon l’auteur, cette situation inédite que l’humanité est en train de vivre provoque une angoisse qui influence le débat public sur des enjeux de société cruciaux. Cette « écoangoisse », entraînée par la « surenchère de faits apocalyptiques », se distinguerait de l’anxiété. Elle est pire car dépourvue d’objet, comme le constate l’ancien directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris. » – Tout peut arriver, Radio-Canada
Durée : 24 h 48 min – 30 novembre 2024
« Depuis dix mille ans on a jamais vu le climat autant changer alors comment voulez-vous penser une situation qui est sans pareil dans l’histoire? […] On ne peut pas penser quelque chose sans être capable de la comparer. » – Alain Deneault
Par ailleurs, le désarroi lié à l’enjeu écologique explique l’appétence de l’Occident pour les idées d’extrême droite, comme l’indique le philosophe pendant qu’il commente la réélection de Trump.
« On est myope, car on est face à une situation qui est littéralement impensable donc on se rue dans les bras d’un idiot qui parle fort. » – Alain Deneault
Le docteur en philosophie de l’Université Paris-VIII parle notamment du concept de biorégion qui pourrait, selon lui, faire partie des solutions pour affronter les multiples crises de notre époque.

Alain Deneault sera présent au Salon du livre de Montréal aujourd’hui le 30 novembre 2024 pour présenter son tout dernier essai Faire que ! lors d’un tête à tête avec l’autrice Sandrine Giérula qui sera suivi d’une séance de dédicaces au kiosque de Lux Éditeur et d’un entretien animé par Mark Fortier à la librairie Le Port de tête.
« À l’ère des bouleversements écologiques majeurs et des divisions politiques croissantes, comment s’unir pour trouver des solutions durables? Assistez à ce tête-à-tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula qui exploreront des pistes concrètes pour relever les défis énergétiques et donner un sens à un monde en quête de repères. Une réflexion profonde sur le sentiment d’impuissance de notre époque et sur les moyens d’encourager l’engagement politique. Une conversation essentielle pour imaginer et bâtir un futur plus juste et durable. » – Salon du livre de Montréal
Tête à tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula: à quoi ressemblera demain ?
Espace littéraire - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 10 h 30 à 11 h 15


Alain Deneault – Photo © Leonardo Cendamo / Sandrine Giérula – Photo © Jacinthe Morin


« Venez rencontrer Alain Deneault et faire dédicacer « Faire que ! » au kiosque Lux Éditeur (#1107). Certaines maisons d’édition mettent en place un système de file d’attente. Nous vous recommandons de vous renseigner auprès d’un·e employé·e du kiosque au moins 1 heure avant le début de la séance. » – Salon du livre de Montréal
Alain Deneault en dédicaces
Kiosque Lux Éditeur # 1107 - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 11 h 30 à 12 h 30

« Rejoignez-nous à la Librairie Le Port de tête pour un entretien avec l’essayiste Alain Deneault animé par son éditeur Mark Fortier. Il sera question de son plus récent essai sur l’engagement politique Faire que ! » – Salon du livre de Montréal
Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que !
Animé par Mark Fortier
Présenté par Lux Éditeur et co-organisé avec et le volet Salon dans la ville
du Salon du livre de Montréal
Samedi 30 novembre 2024 - 18 h à 20 h
Librairie Le Port de tête - 269, avenue Mont-Royal Est
Ouvert à toutes et à tous


Alain Deneault – Photo © Leonardo Cendamo / Mark Fortier – Photo © Caroline Fabre
Pénélope, ICI Radio-Canada
26 novembre 2024
« À l’approche du Salon du livre de Montréal, Denis Fortier propose trois coups de cœur littéraires qui font réfléchir. Le physiothérapeute nous assure que ces livres sont liés de près ou de loin à la santé, et qu’ils permettent d’apporter d’autres pistes de réflexion sur différents sujets : notre rapport à la maladie mentale, notre engagement politique et l’importance de l’imaginaire pour surmonter des problèmes de santé. Denis Fortier mentionne les plumes de Marie-Eve Cotton, d’Alain Deneault, de Jacques Goldstyn et de Stéphane Laporte.
« […] Alain Deneault apporte des solutions sur ce que l’on pourrait faire, notamment par rapport aux enjeux écologiques et je trouve que sa proposition s’applique très bien aux enjeux liés au système de santé […]
J’ai beaucoup aimé, c’est un livre qui fait réfléchir, qui propose aussi des solutions et qui ne fait pas seulement des constats […] » – Denis Fortier, Pénélope, ICI Radio-Canada

« Trois semaines après l’élection de Donald Trump et alors qu’ici, on s’embourbe dans des débats sémantiques puérils, je suis très contente de lire et d’accueillir ce remarquable penseur du politique. Alain Deneault a enquêté et révélé les ravages des paradis fiscaux (*Paradis fiscaux: la filière canadienne) et les pouvoirs supra-étatiques des grandes corporations (De quoi Totale est-elle la somme ?), l’un des meilleurs livres lus dans ma vie. Il sera avec nous ce samedi à Tout peut arriver » – Marie-Louise Arsenault, page Facebook
*Paradis fiscaux: la filière canadienne – Prix Pierre-Vadeboncœur pour l’essai de l’année 2014





Nouveau projet
« Et si le projet biorégional pouvait nous aider à traverser l’effondrement? Dans cet extrait de l’essai Faire que !, récemment paru chez Lux Éditeur, l’auteur et philosophe Alain Deneault appelle à un certain retour à la terre. » – Nouveau projet, 13 novembre 2024
«Comment faire pour passer de notre monde à ce monde-là?» se demande Kirkpatrick Sale. Que faire? En définitive, la question s’est peu posée de manière explicite dans des écrits de référence du biorégionalisme. Aucune «réponse exacte1». Pas besoin? Tout se ferait virtuellement. Leur corpus, en grande partie d’auteurs anarchistes, les amène à présumer que des forums horizontaux de démocratie directe s’organisent d’eux-mêmes, entre citoyens devenus consentants. Qu’ils fleuriraient à la manière des plantes avec lesquelles il faudrait entrer en symbiose. Aux États-Unis la question du régionalisme serait dans l’air du temps. Il suffirait de raviver les mœurs ancestrales du peuple pour qu’il se souvienne avoir vécu à cette échelle2. Suffisamment pour qu’un jour, les biorégions coulent de source, au moins partiellement, librement, sans déranger. La biorégion est appelée à s’adapter insensiblement aux conjonctures politiques, à l’instar du vivant3. Or, l’anarchisme ne saurait désigner quoi que ce soit d’autre que le clin d’œil d’une panne institutionnelle, le moment événementiel d’où sourd une organisation nouvelle. Un événement politique est l’art de défaire les liens convenus—temps d’anarchie—pour les recomposer. Des raccourcis, des essais, des tentatives qui tentent de répondre aux nécessités de l’histoire, par des fonctionnements qui échappent aux lourdeurs de la technocratie et à la hiérarchie des paroles autorisées. L’anarchè est l’heure alégale où se déclare arbitrairement, souvent par la force ou la violence, un ordre, un règne, une règle, des lois, une forme d’organisation. Walter Benjamin a démontré combien la loi constitutionnelle d’un État et son fondement juridique ne procèdent de rien, un fondement toujours hors-sol, une absence définitive de légitimité. L’État se pare ensuite d’arguments, de symboles, de récits et d’écrans pour nier le caractère arbitraire de sa naissance, et redouble d’ardeur pour réprimer tout acte de violence à son endroit, rappel de l’autre acte de violence auquel il doit son institutionnalisation4. La biorégion comme forme d’organisation ne saurait faire exception: le plus grand nombre devra l’imposer pour faire valoir des principes éminents et impérieux en ces temps de débâcle politique et écologique. Dans un temps événementiel qui sera celui de la politique active.
Extrait de Faire que !, Alain Deneault, Lux Éditeur, page 197-198
Il nous paraît clair, à nous, qu’à la Renaissance, la politique s’organisait par strates, que les pouvoirs se distribuaient sur un millefeuille institutionnel. Un paysan voyait planer au-dessus de lui des strates de pouvoirs: le royaume de France, la seigneurie à laquelle il appartenait, le vassal et l’Église lui infligeant tour à tour impôts, honoraires, loyers et dîmes. Ne perçoit-on pas aujourd’hui aussi nettement le partage encore plus complexe de l’autorité entre instances concurrentes? L’État lui-même se réfracte selon ses vocations législative, exécutive et juridictionnelle, se stratifie sous la forme d’autorités régionales et municipales, et se voit flanqué de pouvoirs financiers que sont les banques, qui imposent leur charge sous la forme d’intérêts. Bien qu’il les autorise, celles-ci peuvent se révéler de fait plus puissantes que lui. À cela s’ajoute la grande industrie, s’enrichissant souvent grâce à de faramineux taux de profit, et capable de poursuivre l’État devant des tribunaux ad hoc ou d’en corrompre les agents, tout en le suppléant dans une multitude de secteurs (éducation, recherche, culture, aménagement du territoire, économie régionale…). Enfin viennent les petites mafias, leur pizzo (impôt officieux) et l’ordre informel qu’elles régissent. Dans cet épais millefeuille, la biorégion marque un acte de résistance de la part de peuples régionaux qui entendent reconquérir leur droit, se donner une souveraineté alimentaire, une autonomie énergétique et une liberté intellectuelle. Agonistique, la biorégion, pour s’imposer, est nécessairement l’œuvre de sujets déterminés à transformer des relations de survie érigées par une nécessité historique en une forme d’organisation pérenne.
Extrait de Faire que !, Alain Deneault, Lux Éditeur, page 199-200
Acadie Nouvelle
(PressReader)
Par Annie Chiasson
12 novembre 2024
« Pour Annie Chiasson, copropriétaire de la Librairie Pélagie de Shippagan, le livre fait toujours partie du quotidien des gens du Nouveau-Brunswick. « D’ailleurs, si on veut noter une conséquence positive de la pandémie, c’est que les gens ont reconnecté avec le livre pour s’évader et se divertir. Le livre papier et numérique a alors connu un regain d’appréciation comme source de loisir et de réconfort, chose qui demeure toujours actuellement », avance-t-elle d’emblée. Elle se dit persuadée qu’offrir la lecture en cadeau représente bien plus qu’offrir un moment de détente. «Lorsqu’on offre un livre d’un auteur ou d’une auteure d’ici et en français, c’est une manière de renforcer et de célébrer notre identité francophone ainsi que notre culture. C’est un encouragement subtil à valoriser notre langue et notre communauté. Le livre devient un outil de partage et c’est un cadeau exprimant en quelque sorte un message d’appartenance», ajoute-t-elle.
[…] Pour les personnes qui apprécient la philosophie et les enjeux de société, Alain Deneault, professeur de philosophie à l’Université de Moncton et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, présente un essai intitulé Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï dont le sujet de base traité est la crise climatique. »
Coup de coeur de Cloé de la librairie La maison des feuilles pour l’essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï d’Alain Deneault publié chez Lux Éditeur – 11 novembre 2024
« Dans une série de courts essais techniques mais digestes, l’auteur tente de répondre à l’éternelle question « Que faire? ». En cette ère de polycrise environnementale comparable à nulle autre, il est normal de se sentir dépassé.e.s et angoissé.e.s. La sphère politique, son langage et ses institutions ne sont pas non plus adaptés à répondre à l’ampleur de la situation vu leur dépendance continue au capitalisme et au globalisme.
Ainsi, dans une langue concise et au fil de sources scientifiques, sociologiques et historiques intéressantes et pertinentes, Deneault nous intime à l’action et à la résistance, en proposant de nous recentrer sur notre environnement immédiat. Pour enfin commencer à « Faire que », il faudra que ce soit en fonction des besoins de notre communauté, de nos régions et du monde qui nous entoure, et de pair avec elles.
Un appel à l’action bienveillant, complet, inspirant et empreint d’espoir devant un avenir incertain. »

Alain Deneault participera au Salon du livre de Montréal le 30 novembre 2024 pour présenter son tout dernier essai Faire que ! lors d’un tête à tête avec l’autrice Sandrine Giérula qui sera suivi d’une séance de dédicaces au kiosque de Lux Éditeur et d’un entretien animé par Mark Fortier à la librairie Le Port de tête.
« À l’ère des bouleversements écologiques majeurs et des divisions politiques croissantes, comment s’unir pour trouver des solutions durables? Assistez à ce tête-à-tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula qui exploreront des pistes concrètes pour relever les défis énergétiques et donner un sens à un monde en quête de repères. Une réflexion profonde sur le sentiment d’impuissance de notre époque et sur les moyens d’encourager l’engagement politique. Une conversation essentielle pour imaginer et bâtir un futur plus juste et durable. » – Salon du livre de Montréal
Tête à tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula: à quoi ressemblera demain ?
Espace littéraire - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 10 h 30 à 11 h 15


Alain Deneault – Photo © Leonardo Cendamo / Sandrine Giérula – Photo © Jacinthe Morin


« Venez rencontrer Alain Deneault et faire dédicacer « Faire que ! » au kiosque Lux Éditeur (#1107). Certaines maisons d’édition mettent en place un système de file d’attente. Nous vous recommandons de vous renseigner auprès d’un·e employé·e du kiosque au moins 1 heure avant le début de la séance. » – Salon du livre de Montréal
Alain Deneault en dédicaces
Kiosque Lux Éditeur # 1107 - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 11 h 30 à 12 h 30

« Rejoignez-nous à la Librairie Le Port de tête pour un entretien avec l’essayiste Alain Deneault animé par son éditeur Mark Fortier. Il sera question de son plus récent essai sur l’engagement politique Faire que ! » – Salon du livre de Montréal
Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que !
Animé par Mark Fortier
Présenté par Lux Éditeur et co-organisé avec le volet Salon dans la ville
du Salon du livre de Montréal
Samedi 30 novembre 2024 - 18 h à 20 h
Librairie Le Port de tête - 269, avenue Mont-Royal Est
Ouvert à toutes et à tous


Alain Deneault – Photo © Leonardo Cendamo / Mark Fortier – Photo © Caroline Fabre












Usbek & Rica
Par Pablo Maillé
17 novembre 2024
« Entretien croisé avec le philosophe Alain Deneault et l’entrepreneure Flore Vasseur, dont les nouveaux essais tentent respectivement de répondre à cette même question, aussi vertigineuse qu’angoissante : que faire dans un monde qui brûle ?
[…] Le second, plus théorique, est signé du philosophe québécois Alain Deneault. Il s’intitule Faire que ! (éditions Lux) et invite notamment à explorer un nouveau mode d’engagement politique, celui de la biorégion, afin de « sortir de la sidération de l’éco-anxiété ». Pour mieux comprendre les approches respectives de ces deux écrivains, Usbek & Rica les a réunis. Entretien croisé.
[…] Usbek & Rica : À la lecture de chacun de vos livres, on s’aperçoit que la question « Que faire ? » revient aujourd’hui de façon incessante, aussi bien dans le champ intellectuel que dans les conversations ordinaires. Comment l’expliquez-vous ?
J’ai travaillé antérieurement sur les paradis fiscaux, les multinationales, les grandes banques. Au fil des années, à force d’intervenir sur ces sujets, je me suis rendu compte que je déprimais. Je crois n’avoir jamais participé à une conférence durant laquelle on ne m’a pas posé la question « Mais qu’est-ce que je peux faire, moi ? », sur un mode dépité. Cette question pouvait être posée de façon plus ou moins désespérée, condescendante, enragée – mais elle était toujours là, en toile de fond. J’avais l’impression d’être devenu un prophète de malheur, au service objectif des pouvoirs que je cherchais à dénoncer.
Alors j’ai fait mon auto-critique. Il m’est apparu que les origines de cette déprime se situaient au stade historique où nous étions dans la critique de la mondialisation néolibérale, dont l’accumulation de témoignages et d’analyses – à laquelle j’ai participé – suffisait pour faire contrepoids à une décennie de néolibéralisme triomphant, durant la décennie 1990. Nous avions peut-être fait le tour de la question. L’heure était venue de passer à un autre régime de discours, plus structurant, plus roboratif, plus stimulant. Il est d’ailleurs frappant de constater que l’expression « Que faire ? » a aujourd’hui quelque chose d’accablé, alors qu’il y a 100 ans, quand elle était posée par Lénine ou Althusser, elle poussait les individus à agir collectivement ! L’heure est venue de repenser cette question pour la rendre à nouveau stimulante.
[…] Les enfants sont en effet de grands philosophes. Ils déstabilisent leurs parents sur beaucoup de points. Souvent, les réponses de ces derniers sont inhibantes, paralysantes : « Tu poses trop de questions », « Arrête de te tourmenter », « On va t’emmener chez le psy »… Plus généralement, je vois d’un bon signe la distribution sociologique des inquiétudes dont nous parlons. Ces dernières années, des sociologues ont essayé d’identifier les sujets de ce qu’on appelle « éco-anxiété ». Certes, la jeunesse représente la subjectivité la plus dramatique de ce phénomène parce qu’elle est celle qui va vivre le plus longtemps les chocs et les problèmes qui s’annoncent, mais il ne faut pas oublier les agriculteurs qui s’inquiètent pour leur école, les scientifiques qui sont les premiers à recueillir les indicateurs, les grands-parents ont peur pour leurs petits-enfants…
« Cette question de l’impact nous piège. Elle est faite pour nous arrêter net », écrivez-vous au milieu de votre réflexion, Flore Vasseur. Alain Deneault, vous semblez également dire qu’il faut « cesser de se la poser », quitte à « mal faire ». Mais que faire si « mal faire » revient à aggraver les malheurs du monde, par exemple en pratiquant le greenwashing ?
[…] Assurément, nous vivons dans une époque inouïe. Les questions auxquelles nous sommes confrontés, telles qu’elles nous sont présentées, se révèlent inédites à l’échelle de l’histoire de l’humanité : non seulement le système Terre est détraqué d’abord par notre faute mais, en plus, il s’auto-détraque. Les glaciers, le CO2, la fission du pergélisol qui libérera du méthane, les surfaces océaniques… Nous sommes face à des phénomènes très difficiles à penser, qui génèrent en nous de profondes angoisses, c’est-à-dire des spirales d’effrois et d’affects qui ne sont rattachés à aucun objet précis – contrairement à l’anxiété, qui concerne un objet spécifique. Or, un sujet qui angoisse tend à chercher du réconfort dans des objets substitutifs, comme le développement durable ou le recyclage du plastique, pour se rassurer.
L’engagement politique et écologiste doit donc consister à élaborer des objets utiles de pensée et d’action, c’est-à-dire des desseins qui nous amènent à agir à la condition d’être à la fois lucides et joyeux, ce qui est difficile. J’en ai identifié un dans le livre, celui de biorégion, mais je ne suis pas dogmatique, il en existe potentiellement d’autres.
« Faire mal », c’est cesser d’agir en « bon élève », c’est-à-dire ne pas se conformer aux directives des pouvoirs responsables de notre situations historique inouïe, et s’essayer à quelque chose de mal du point de vue du régime. C’est ainsi que l’on trouvera, à mon avis, ce qui est le plus nouveau, le plus singulier et le plus déstabilisant.
Quoi qu’il en soit, ce projet ne passera certainement pas par la suppression de l’angoisse. En tant que telles, l’angoisse et l’anxiété sont des signes de santé mentale ! Face à l’état du monde, angoisser est nécessaire. Je suis récemment tombé sur un livre pour enfants dont le titre était L’éco-anxiété ne passera pas par moi ! (d’Élise Rousseau, éditions Delachaux & Niestlé, ndlr). Au contraire, il faut apprendre à passer par l’angoisse ou l’anxiété, selon les cas de figure. Si vous marchez dans la forêt et que vous croisez un grizzly en colère, il est recommandé d’avoir peur, si vous souhaitez vous en tirer.
« La biorégion suppose un rapport au territoire plus sain en tant qu’on le soigne parce qu’on en dépend »
En quoi ce concept de biorégion vous paraît-il pertinent ? De quoi s’agit-il ? […]
J’apprécie le concept de biorégion parce qu’il est à la fois souple et rigoureux. Il est né en 1975 sous la plume d’un certain Allen Van Newkirk, qui a essayé de penser la politique à même le territoire, dans ses synergies, ses dynamiques propres, sa faune, sa flore, ses bassins versants, la qualité de ses sols, son littoral, etc. Dans son sillage, des expérimentations mêlant éco-féministes, néo-ruraux et peuples autochtones ont eu lieu sur la côte ouest du continent nord-américain, sous l’impulsion de Peter Berg et Raymond Dasmann notamment. Sans rentrer dans les détails, je crois que la grande force de ce concept est d’affirmer que la géopolitique appartient aux dynamiques territoriales, et non aux puissants qui érigent des cartes, séparent et exploitent les territoires à l’aveugle.
La biorégion suppose un rapport au territoire plus sain en tant qu’on le soigne parce qu’on découvre en dépendre, et qu’on l’habite en en faisant partie, sans hégémonie disciplinaire. Aujourd’hui, quand on essaye de penser l’écologie politique, ce sont encore les sciences dures qui prennent le dessus. Il ne s’agit pas de les liquider mais, dans la biorégion, les savoirs populaires ont une part tout aussi importante, qui passe par l’implication des acteurs de terrain les plus directement concernés par chaque problème qu’ils affrontent. »

Denis Robert s’entretient avec Alain Deneault à l’émission Zoom arrière sur Blast, le souffle de l’info publié le 15 novembre 2024 – Durée : 1 h 26 min 56 sec
« Professeur de Philosophie à l’Université de Moncton – Campus de Shippagan- dans la province du New Brunswick, grand ouest canadien, Alain Deneault revient en France pour la sortie de son dernier ouvrage « Faire que ! » (Lux éditeur). Deux cent pages de jus de crâne partant d’un constat édifiant : « Face à l’inouï, on ne peut comparer la situation à rien. Comme l’« ambiance » et l’« atmosphère », qui désignent à la fois un état d’esprit collectif et, respectivement, l’environnement et les fluides gazeux entourant la planète, le terme « climat » nomme une émotion sociale éprouvée sur le plan de l’intime, en même temps qu’un moment météorologique. C’est un climat hostile. En l’état, désormais, il est inouï, ne correspond à rien, ne se raconte pas. Il nous échappe, nous hante, nous trouble, nous effraie. On ne parle que de lui mais en ne sachant plus comment. Ça chauffe. » écrit Deneault dans les premières pages de son livre. Le Monde est inouï. Le réchauffement climatique est inouï. Et notre avenir l’est tout autant. Évoquant tour à tour l’addition énergétique sans fin que nous allons devoir payer, les holdups sémantiques qui de développement durable en écologie politique douteuse, nous empêchent de voir et de dire le réel, le philosophe juste sorti de son île canadienne atterrit à Blast pour nous livrer son angoisse sur un bon tiers de son livre et de son entretien, avant de réfléchir à la question : doit-on s’interroger sur ce que l’on doit faire pour sortir de l’impasse politique ou nous lancer très vite dans le « Faire que… » posé en couverture de son livre : Alors que faire ? « Changer de question », écrit Deneault qui s’appuie entre autres sur les travaux de Derrida et Nancy pour quitter la position stationnaire et contemplative qu’elle suppose et considérer sa contradiction fondamentale car demander « que faire ? » c’est déjà faire, c’est déjà muter. Le philosophe est donc venu pour essayer de réfléchir avec nous aux solutions. Et il parvient à nous convaincre. Ce qui était loin d’être évident. Avez-vous déjà entendu parler des bio-régions ? Non ? Cliquez sur le lien, écoutez Deneault interrogé par Denis Robert et voyez ce qu’on peut faire pour vous aider. » – Blast, le souffle de l’info





Le Devoir
Par Josée Blanchette
15 novembre 2024
« […] Les grands manitous qui n’ont rien pu prévoir avant le 5 novembre disent maintenant que c’est l’économie qui a décidé du sort de cette élection. Derrière un bon gourou, il y a toujours un signe de piastre qui sommeille.
Le peuple est en colère contre les politiciens, contre les inégalités, contre les écolos ou contre Glencore, contre les médias, contre les immigrants et à cause d’un rêve américain qui leur échappe.
Comme l’écrit le philosophe Alain Deneault dans son dernier essai, Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï : « À l’ère de l’inouï, l’angoisse s’impose tel un passage obligé. L’éprouver est un signe de santé mentale, à condition d’agir pour chercher à en sortir. Lucidité et gaieté sont nos dispositions psychiques maîtresses pour l’avenir ; l’une sans l’autre est mortifère. C’est la grâce que je nous souhaite. »
Entretien avec Alain Deneault à l’émission Entendez-vous l’écho ? animée par Aliette Hovine sur les ondes de France Culture dans le cadre de la série «Portraits d’économistes» (12e émission sur 44) le jeudi 14 novembre 2024 – Durée: 58 minutes
« Philosophe, Alain Deneault étudie l’économie en négatif de son acception moderne. Dans son nouvel ouvrage « Faire que ! » (Lux éditeur, octobre 2024), il insiste sur la nécessité, face à l’urgence écologique, d’arracher l’économie à sa réduction capitaliste.
[…] Aujourd’hui, à travers son nouvel ouvrage Faire que !, Alain Deneault insiste plus que jamais sur la nécessité de ce travail sémantique : face au caractère “inouï” de l’urgence écologique, “économie” ne pourra bientôt plus être synonyme de “capitalisme”. Et de manière générale, l’usage technocratique des oxymores (développement durable, gestion de crise …) et autres euphémismes du “capitalisme vert” ralentissent et entravent la lutte écologique. Adepte de l’essai – qu’il préfère à la “vulgarisation”- Alain Deneault déploie une philosophie mêlant histoire érudite et enjeux économiques. Il est aujourd’hui une voix publique, engagée dans la vie civique, reconnue de part et d’autre de l’Atlantique. »







Entretien avec Alain Deneault par Simon Brunfaut à l’émission Dans quel Monde on vit sur les ondes de RTBF le 8 novembre 2024 – Durée : 51 minutes 48 secondes
« Que faire ? La question est partout aujourd’hui. Que faire face à la montée des extrêmes ? Que faire face aux inégalités grandissantes ? Que faire face à la catastrophe climatique ? Que faire…Et si on inversait cette proposition ? C’est ce que propose le philosophe Alain Deneault qui nous dit plutôt : « Faire que » ! Dans son dernier livre, il nous explique comment s’engager politiquement à l’ère de l’inoui… Alain Deneault est notre invité cette semaine dans « Dans Quel Monde on vit ».
Votre nouvel ouvrage s’intitule « Faire que ». Il est sous-titré « L’engagement politique à l’ère de l’inouï« . Pourquoi sommes-nous entrés dans l’ère de l’inouï, selon vous?
Nous y entrons, ou c’est elle qui s’impose. Une situation inouïe, c’est une situation qui n’a pas de pendant dans l’histoire : il n’ y a pas de point de comparaison. Cela veut dire que c’est du jamais-vu. Et comme il n’y a pas de précédent, c’est très difficilement pensable. C’est ce que Timothy Morton appelle un hyper-objet, quelque chose d’indicible. C’est ce qui se produit aujourd’hui avec la crise climatique. Le système Terre se détraque de lui-même désormais à cause du vandalisme que l’homme a provoqué.
Donald Trump a été élu cette semaine à la présidence des Etats-Unis. On est dans l’ordre de l’inouï, là aussi ?
Non, malheureusement. Cette situation-là nous rappelle de vifs souvenirs d’époques antérieures… Trump a montré qu’aujourd’hui on peut être élu simplement en hissant tout au rang du superlatif. Cela suffit pour frapper les esprits qui, eux, par contre, sont dans le désarroi d’une ère inouïe, qui ne savent pas penser ce qui les trouble.
L’inouïe entraîne l’angoisse, comme vous le montrez. Vous distinguez l’angoisse et l’anxiété. Quelle est la différence ?
L’anxiété, c’est un malaise qui a trait à un objet qu’on surinvestit ou qu’on investit à juste titre, qui nous perturbe profondément dans notre fonctionnement. L’angoisse, c’est le contraire. C’est une bouffée d’affect, des émotions qui n’ont pas trait à un objet qu’on pourrait investir pour dépenser ses affects. Les affects de l’angoisse n’ont pas d’objet correspondant, contrairement à l’anxiété. C’est pourquoi lorsqu’on est angoissé et dans le désarroi, nous cherchons des objets de substitution.
C’est tout le problème de l’écologie politique, précisez-vous : elle manque d’un objet. Que voulez-vous dire par là ?
Un objet, c’est ce sur quoi la pensée porte en tant que cela motive l’action. Pour les médiévaux, l’objet était la chrétienté. Pour le siècle des Lumières, c’était la raison, la science. Au 19e siècle, c’était le socialisme. Au Québec, à la fin du 20e siècle, le projet indépendantiste était structurant. C’était un objet de la pensée. Du point de vue de la pensée de l’écologie politique, nous sommes actuellement des sans-desseins. Et donc nous cherchons de nouveaux objets de substitution, que ce soit le développement durable, la géo-ingénierie, ou le trumpisme… En sachant qu’il y a plein de gens qui votent pour Trump qui ne sont pas des imbéciles ou des menteurs compulsifs. Mais ils en ont tellement assez de ces systèmes-là qu’ils se disent : « vous n’êtes que des clowns, on va élire quelqu’un qui vous ressemble«
« Nous nous enfonçons inexorablement dans le récit tragique de notre régime. Cela perdurera jusqu’au jour où le réel prendra d’assaut nos sociétés pour leur inculquer ce qu’elles tardent à comprendre, le sens des limites« , écrivez-vous encore. Ces terribles inondations à Valence il y a quelques jours, c’est le retour du réel, d’une certaine façon ?
Oui, c’est l’amorce du réel, d’un nouveau réel. Ce qui s’est produit à Valence ou ailleurs, les incendies de forêt en Amérique du Nord et les pluies de verglas dans les régions nordiques, ce sont autant de situations qui font comprendre qu’il arrive un temps où nous sommes livrés à nous-mêmes. Nous entrons dans une ère où les citoyens seront de plus en plus livrés à eux-mêmes. Nous allons découvrir que nous sommes interdépendants sur une petite échelle. Cet impératif historique que sera la contraction de la géopolitique de la mondialisation à la biorégion, et que j’appelle de mes vœux, peut se faire sur un mode presque instantané, dramatique. Comme elle peut se faire sur le temps long, selon les façons de le concevoir ici ou là. Tout d’un coup, on se découvre en situation de déréliction politique. C’est-à-dire qu’on se sent abandonné des pouvoirs. Et là, on crée une conscience politique de nature bio-originale qui n’est pas hegelienne, au sens où on ne va pas, dans une sorte de grand élan révolutionnaire, avaler toutes les structures antérieures pour en créer une nouvelle et radicalement tourner dans l’absolu de l’avenir. Mais il s’agit simplement d’ajouter une strate à une époque où les strates supérieures ne répondent plus. Donc c’est une sorte de sécessionnisme à l’envers.
Vous avez choisi comme titre « Faire que » et non « Que faire ». Vous préférez le « Faire que » au « Que faire ? ». Pourquoi ? Faites-nous une petite leçon grammaticale…
Il ne s’agit pas simplement d’en raturer une au profit de l’autre, mais effectivement de considérer qu’on est dans une époque qui nous invite à passer de l’une à l’autre. Il y a un problème dans la forme grammaticale du « que faire? » Le que est un pronom interrogatif qui appelle un complément d’objet direct. C’est-à-dire des directives, des réponses, une identification. Poser la question, c’est déjà faire, c’est déjà être dans un mouvement du faire, mais en même temps le question freine l’élan. Et donc il faut passer au faire que, faire en sorte que… Et ce que j’aime dans l’inversion, c’est que le « que » change de statut : il devient une conjonction de subordination qui appelle un subjonctif. Or, le subjonctif c’est l’espoir, la projection, le souhait, etc.
Ce n’est pas une position d’autorité non plus ?
Non, au contraire. C’est comment faire en sorte que l’économie de la nature perdure dans ce coin de pays que j’habite, nonobstant le pillage et la spoliation industrielle de tel groupe, en fonction non seulement des gens, mais du vivant. Le territoire n’existe pas sans les lombrics, les grenouilles, les libellules, les chauves-souris, les oiseaux, les mammifères, etc. C’est pourquoi il faut penser à un « faire que » qui ne réduit pas le vivant ou la nature à une sorte de politique anthropomorphique où on les intégrerait de force dans un modèle. C’est trouver une façon d’entrer en rapport avec le vivant pour faire en sorte que le territoire qu’on habite reste viable. C’est le sens de la biorégion, la réponse à donner à un impératif historique : la mondialisation deviendra caduque au profit d’une organisation régionale des choses. Il faudra être capables de surmonter la panique, le désarroi, l’angoisse que peuvent provoquer des situations comme celles auxquelles on a assisté à Valence. Le projet biorégional consiste en une pensée de la politique en tant qu’elle s’intègre au territoire. Il faut penser la politique dans la géographie, à même les bassins versants, la faune, la flore, le littoral, les plateaux, les forêts, etc. Nous devons penser la politique en fonction d’un lieu qu’on habite, à l’échelle d’une communauté que l’on côtoie. »
Le Devoir
Par Catherine Lalonde
12 novembre 2024
« […] « Un geste très simple, anodin, peut devenir riche en textures poétiques, politiques, de signification », explique-t-il. « Ça en appelle à notre notion d’attention. Que les gens qui viennent voir puissent plonger dans l’attention, jusqu’à ouvrir la sensation. »
Et oui, c’est pour lui une réponse au déficit d’attention général actuel, précise le chorégraphe interprète, même un genre de résistance. « J’ai été touché par des propos d’Alain Deneault, qui parlait de l’importance ces temps-ci de conserver la joie. »
« Je me suis demandé ce que ça serait, une joie lucide ; en résistance au monde dans lequel on vit ; en restant conscient face à la réalité. » Physiquement, ça se traduit pour lui par « une posture jamais fixe ; des angles parfois dark ; peu de moments statiques. » […] »

Rencontre avec Alain Deneault à la librairie Petite Égypte à Paris, le 14 novembre 2024, autour de son feuilleton théorique «Les Économies» ainsi que son plus récent essai Faire que ! publié chez Lux Éditeur.
Rencontre avec Alain Deneault
Librairie Petite Égypte - 35 rue des Petits Carreaux, 75002
14 novembre 2024 - 19 h (Heure d'Europe centrale)
Courriel : contact@petite-egypte.fr
Ouvert à tous et à toutes
Alain Deneault est sociologue et redoutable ; on a failli se laisser tenter par la reprise d’une librairie à Shippagan, Nouveau-Brunswick, face à l’Atlantique, où il enseigne. Sinon il écrit depuis quelques années le feuilleton le plus passionnant qui soit, où l’économie est examinée comme matrice commune pour penser la connaissance et l’organisation des rapports, des relations, des liens. C’est chez Lux Éditeur et ce soir à la librairie autour de notre table ronde byzantine.














Littérature du Québec – Chroniques d’Yvon Paré
Par Yvon Paré
8 novembre 2024
Alain Deneault, philosophe reconnu pour ses prises de paroles senties et ses idées arrêtées, récidive. Il sonne l’alarme devant les changements climatiques tout en gardant espoir dans ce récent ouvrage.
[..] Faire que ! l’engagement politique à l’ère de l’inouï donne espoir pourtant en proposant des solutions simples et accessibles. Il suffirait de se prendre en main pour travailler dans de petits ensembles, être responsable de notre milieu et choisir toujours le mieux pour tous. Ce qui n’est pas le cas maintenant. Les décrets concernant la gestion de mon lac viennent d’Australie et les décideurs n’ont jamais visité le Lac-Saint-Jean, ne connaissent pas les métamorphoses que les gens subissent depuis des années avec l’érosion des berges et les rechargements des plages, une véritable catastrophe écologique. C’est là tout le problème.
Redonner au milieu, aux régions, la capacité d’agir et de choisir pour et par elles-mêmes. Mais cela, aucun élu ne le veut pour le moment au Québec et la décentralisation demeure une fiction. Ce ne sont que des fables que les dirigeants secouent pour attirer les citoyens. Et il faut savoir, je crois, que le véritable pouvoir de décider n’appartient plus aux politiciens ni aux gouvernements dans le monde de maintenant. Ou si peu. »
S’engager politiquement avec le philosophe Alain Deneault est le titre de la onzième émission (et onzième saison) « Dans quel Monde on vit » sur les ondes de RTBF. L’entretien, qui a eu lieu le 8 novembre 2024, est disponible pour l’écoute sur RTBF Auvio (l’inscription est gratuite) et sera diffusé sur La Première – RTBF demain, samedi 9 novembre à 10 h (Heure d’Europe centrale) – Durée : 51 minutes
«Que faire ? La question est partout aujourd’hui. Que faire face à la montée des extrêmes ? Que faire face aux inégalités grandissantes ? Que faire face à la catastrophe climatique ? Que faire…Et si on inversait cette proposition ? C’est ce que propose le philosophe Alain Deneault qui nous dit plutôt : « Faire que » ! Dans son dernier livre (éditions Lux), il nous explique comment s’engager politiquement à l’ère de l’inouï. Alain Deneault est notre invité cette semaine dans « Dans Quel Monde on vit ». […] » – Dans quel Monde on vit, RTBF

« Le philosophe Alain Deneault est mon (Simon Brunfaut) invité ce samedi dans «Dans quel Monde on vit». Il publie «Faire que. L’engagement politique à l’ère de l’inouï». Rendez-vous demain à 10h sur La Première – RTBF ! »
Le Collectif
Par Pascal Rodio
Responsable Librairie, Campus UDS de Longueuil
3 novembre 2024
Quand les feuilles tombent, le feu pogne à point
Automne s’avance dans l’octobre. Les couleurs s’embrasent et, à vélo, le froid coule dans mes os. Débarqué au chaud, entre deux arrêts de métro, que faire ?
L’autre jour, à la Coop, j’ai attrapé le dernier Alain Deneault. Faire que !, paru en octobre. Parce qu’il était là, rouge et gris. Il va prolonger, je le sais, une fièvre survenue en début d’année.
Garder le feu en vie.
[…] Faire que ! au sous-titre éloquent : L’engagement politique à l’ère de l’inouï.
Que faire ? Dans son style tranchant, Deneault explore en chorale les contours de la question, y répond un peu, dresse une synthèse brulante qui emmène plus loin ce que je ne pense qu’en friche. Il nomme les braises de nos révoltes, déchaîne les flammes sur les coupables. Tous les coupables. Surtout, il trouve à nos feux secrets une cheminée commune.
Alain Deneault a-t-il épuisé ma fièvre ? Je ne crois pas non. Au contraire. Elle ne demande pas à être guérie.
Le feu brûle encore. Je m’en vais le nourrir. Et vous, que faites-vous ?
L’ensemble des titres mentionnés dans la chronique sont disponibles à la Coopérative : en magasin, sur les deux campus, ou en ligne : usherbrooke.coop
Alain Deneault en guerre contre la médiocratie ! L’entretien avec Alain Deneault réalisé par le média indépendant Au Poste le 5 novembre 2024 est diffusé sur sa page YouTube – Durée : 2 h 20 min 46 sec

« A la sempiternelle question, Que faire?, le philosophe répond: «Faire que! Faire mal. Mal faire les choses, ne pas suivre les conseils officiels.» Dans une autre vie, sur un autre continent, on avait eu le bonheur de cotoyer le philosophe. Depuis Montréal, il bataillait contre l’industrie extractiviste. Alain nous revient avec Faire que ! (Lux éditeur), ouvrage lucide où il nous invite à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Et nous somme de sortir de la sidération (et) de l’écoanxiété, pour mieux partir au combat (intellectuel). Attention, le bougre parle vite. Soyez en forme ! » – Au Poste




BRUXELLES, 6 novembre 18h — Rencontre co-organisée par Lux Éditeur avec TuliTu et animée par Ariane Herman autour de «Faire que!» à la salle Gansbeek au Grand Hospice, 7 rue du Grand Hospice
Page événement ici
LIÈGE, 7 novembre 18h30 — Rencontre autour de «Faire que!» au Salon des lumières de La Cité Miroir, place Xavier-Neujean 22
Infos ici
PARIS, 12 novembre 19h — Alain Deneault et Hervé Kempf discuteront de leurs ouvrages, «Faire que!» et «Comment les riches ravagent la planète», au Le Lieu-Dit, 6 rue Sorbier.
PARIS, 14 novembre 19h — Présentation du feuilleton théorique «Les Économies» et Faire que ! à la Librairie Petite Égypte, 35 rue des Petits Carreaux
Page événement ici »
– Source: Lux Éditeur

Judith Trudeau, professeur en science politique au Collège Lionel-Groulx et militante syndicale, présente le livre Faire que ! d’Alain Deneault à l’émission Dimanche on lit, animée par Jacques Létourneau et Josée Bournival, sur les ondes du 103,3 FM – La radio allumée – 3 novembre 2024.
« […] Il (Alain Deneault) nous amène à penser librement […] la question Que faire ? nous amène déjà à l’action, Faire que ! nous propose des orientations, des pourtours, des élans postcapitalistes […]
Dans ses sous chapitres tout est en trois : 1,2,3,1,2,3. Il y a quelque chose de la valse… il faut le dire, c’est un essai qui est poétique ! […] Avec Deneault il faut voir clair, il faut dire les vraies choses et s’organiser autrement […] J’en ressors contente de cette lecture ! » – Judith Trudeau
« Cette semaine a Dimanche on lit FM 103,3 – La radio allumée on reçoit Nicholas Giguère qui nous parle de son recueil de poésie et Sebastien Duguay BD qui nous présente l’excellente BD Noir Obscur. On a aussi demandé à Judith Trudeau de présenter le dernier Alain Denault aux éditions Lux Editeur. Cette émission est possible grâce à la Librairie Alire » – Jacques Létourneau, page Facebook

« Dans une autre vie, sur un autre continent, on avait eu le bonheur de cotoyer le philosophe. Depuis Montréal, il bataillait contre l’industrie extractiviste. Alain nous revient avec Faire que ! (Lux éditeur), ouvrage lucide où il nous invite à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Et nous somme de sortir de la sidération (et) de l’écoanxiété, pour mieux partir au combat (intellectuel). Attention, le bougre parle vite. Soyez en forme ! » – Au Poste
Alain Deneault en guerre contre la médiocratie !
Entretien - Au Poste - Média indépendant
5 novembre 2024 - 9 h (Heure d'Europe centrale)
Live en stream sur Twitch : auposte.fr/live
Rediffusion sur auposte.fr

« Le site de ce média indépendant a été lancé par l’écrivain-réalisateur David Dufresne (Un pays qui se tient sage) comme un espace d’analyse et de défense des libertés fondamentales. auposte.fr porte un regard critique et en mouvement sur le monde. » – Page YouTube Au Poste



Alain Deneault et Hervé Kempf discuteront ensemble de leurs livres : Faire que ! publié chez Lux Éditeur et Comment les riches ravagent la planète publié au Éditions du Seuil à la librairie le Lieu-dit à Paris, le 12 novembre 2024, en présence de libraires de la librairie l’Atelier.
Discussion avec Alain Deneault et Hervé Kempf
Le Lieu-Dit - 6, rue Sorbier, 75020 Paris
12 novembre 2024 - 19 h
Ouvert à tous et à toutes


Alain Deneault – Photo © Lëa-Kim Châteauneuf – Wikipédia


Hervé Kempf – Photo © Jean-Paul Cronimus, Wikimedia

« Lux Éditeur profite du passage du philosophe et essayiste Alain Deneault à Montréal pour mettre sur pied cet entretien autour du récent essai Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï. Il sera animé par l’éditeur Mark Fortier. » – Source: Lux Éditeur
Entretien avec Alain Deneault autour du livre Faire que !
Animé par Mark Fortier
Co-organisé avec le volet Salon dans la ville
du Salon du livre de Montréal
Samedi 30 novembre 2024 - 18 h à 20 h
Librairie Le Port de tête - 269, avenue Mont-Royal Est
Ouvert à toutes et à tous


Mark Fortier – Photo © Caroline Fabre et Alain Deneault – Photo © Gilles Gagné – Le Soleil

« VOX est heureux d’accueillir le philosophe Alain Deneault dans le cadre de l’exposition Mon Sud est ton Nord. Intitulée L’éthique, entre mondialisation et biorégion, cette conférence sera l’occasion d’approfondir certains des enjeux socioéconomiques sous-tendus par les installations vidéo de Bertille Bak. » – Vox, Centre de l’image contemporaine
L’éthique, entre mondialisation et biorégion
Conférence d'Alain Deneault
Vox, Centre de l'image contemporaine
401 – 2 rue Sainte-Catherine Est (4e étage), Montréal
29 novembre 2024 - 18 h
Gratuit - Réservation requise ici
* La conférence affiche complet *
Veuillez noter qu’une partie de l’exposition Bertille Bak Mon Sud est ton Nord sera inaccessible dès 16 h en préparation de cet événement.

Alain Deneault participera au Salon du livre de Montréal le 30 novembre 2024 pour présenter son tout dernier essai Faire que ! lors d’une conversation avec l’autrice Sandrine Giérula ainsi que pour une séance de dédicaces au kiosque de Lux Éditeur.
Tête à tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula: à quoi ressemblera demain ?
Espace littéraire - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 10 h 30 à 11 h 15
À l’ère des bouleversements écologiques majeurs et des divisions politiques croissantes, comment s’unir pour trouver des solutions durables? Assistez à ce tête-à-tête entre Alain Deneault et Sandrine Giérula qui exploreront des pistes concrètes pour relever les défis énergétiques et donner un sens à un monde en quête de repères. Une réflexion profonde sur le sentiment d’impuissance de notre époque et sur les moyens d’encourager l’engagement politique.
Une conversation essentielle pour imaginer et bâtir un futur plus juste et durable.


Alain Deneault / Photo © Leonardo Cendamo et Sandrine Giérula / Photo © Jacinthe Morin


Alain Deneault en dédicaces
Kiosque Lux Éditeur # 1107 - Palais des Congrès
1001 Place Jean-Paul Riopelle
30 novembre 2024 - 11 h 30 à 12 h 30
Venez rencontrer Alain Deneault et faire dédicacer « Faire que! » au kiosque LUX ÉDITEUR. Certaines maisons d’édition mettent en place un système de file d’attente. Nous vous recommandons de vous renseigner auprès d’un·e employé·e du kiosque indiqué plus haut au moins 1 heure avant le début de la séance.











