Violences

Photo © Sajjad Safari/AP Photo

Acadie Nouvelle

Par Alain Deneault
3 avril 2026

Violences

Trois types de violence.

Ces jours-ci, la première nous saute aux yeux. Elle a pour noms génocide, crimes de guerre, bombardements des civils, décapitations politiques, kidnappings, coups d’État… Ce spectacle télévisé nous divertit tous les soirs. Il nous montre aussi impuissants. Va-t-on réellement téléphoner à son député libéral pour qu’il fasse remonter notre indignation jusqu’à Benjamin Netanyahu, Vladimir Poutine et Donald Trump, via l’appareil d’État ?

Sinon quoi ? Arrivons-y par quelques détours. La philosophie nous y habitue.

La violence crue qui sévit maintenant vise à renverser des régimes, ceux de la Bande de Gaza, du Venezuela et de l’Iran. Elle se décharge aussi contre toutes formes de résistance, comme au sud du Liban et en Jordanie. Elle explosera ensuite sur d’autres entités dans sa mire : Cuba, le Groenland, le Panama, le Canada…

Est-on avisé de se représenter comme isolée cette violence de la part de chefs d’État psychotiques ?

Non, peut-on répondre, fort de lectures du XXe siècle, La Crique de la violence de Walter Benjamin et Il faut défendre la société de Michel Foucault. Cette violence qui fait irruption comme la lave d’un volcan est contenue en temps normal par l’État protecteur des entreprises privées. Elle lui est même consubstantielle. C’est là un deuxième type de violence, à l’état latent.

Cette violence contenue est à l’origine même des États. Sa constitution n’est jamais l’affaire de beaux esprits qui philosophent de manière magnanime, dans le calme d’une bibliothèque, pour imaginer l’État qui conviendra le mieux au bien commun. Ces fadaises animent sa propagande a posteriori. La loi fondamentale « naît des batailles réelles, des victoires, des massacres, des conquêtes qui ont leur date et leurs héros d’horreur ; la loi naît des villes incendiées, des terres ravagées ; elle naît avec les fameux innocents qui agonisent dans le jour qui se lève », comme l’écrit Foucault sans fard. Les États se forment historiquement du fait de conquêtes, d’actes coloniaux, de manifestations impérialistes, ce qu’on appelle aujourd’hui très pudiquement « des territoires non cédés ». Donc, une proclamation autoréférentielle, inconstitutionnelle, illégale même, et violente, préside à la fondation de nos institutions souvent dites « démocratiques ».

Le pouvoir déclare : « j’impose moi-même de force la loi qui me dit en être la source légitime… »  L’État exprime d’abord le droit du plus fort, celui d’une classe sociale, rattachée à un groupe, qui fera valoir sa loi sur les autres et tout le reste. Les communautés autochtones pourraient nous suggérer à ce propos d’aller voir le court-métrage de Willie Dunn, The Ballad of Crowfoot (NFB, 1968).

Pour Walter Benjamin, l’État cherche à réprimer toute forme de violence semblable à celle qui lui a permis de s’imposer, et qui pourrait plus tard le renverser.

Il y va donc pour l’État – pour la classe sociale qu’il représente ainsi que pour les intérêts privés qu’il protège – d’un rapport double à la violence : celle qui est de son fait, la sienne qu’il défend proprement en tant qu’elle serait « légitime », et toutes les autres forces qui le défient. L’État a le pouvoir de présenter ces dernières comme illégitimes, illicites, voire criminelles.

Des décennies de militantisme politique, de luttes parlementaires, de grèves et de pétitions ont été nécessaires pour qu’il adoucisse ses pratiques et leur donne un peu de légitimité.

Donc, la violence dont il fait preuve vise aussi à neutraliser toute forme de résistance concurrente. Survient alors un troisième type de violence, cette fois sur un mode ordinaire, intégré, systémique.  C’est elle que subissent imperceptiblement les gens qui défendent des principes liés au bien commun et à la justice sociale, mais qui se voient muselés dans chacune de leurs tentatives formelles pour les faire valoir.

C’est dans ce foyer de tensions entre la parole étouffée et la violence d’État que se trouvent aujourd’hui les citoyens de la grande région de Sackville. On sait que la société d’État Énergie NB et l’entreprise états-unienne ProEnergy envisagent d’y construire une centrale électrique fonctionnant à partir du gaz de schiste et du diesel. Et ce, pendant que l’État permet à VoltaGrid et Beacon AI Centers d’ouvrir un centre de mégadonnées aussi énergivore que vain dans la région de Saint-Jean (Acadie Nouvelle, 15 novembre 2025). Celle-ci consommerait la moitié de l’électricité que produirait celle-là (Radio-Canada, 13 novembre 2025). Ce processus favoriserait le réchauffement climatique, c’est-à-dire le phénomène responsable de la mort des coraux indispensables à la vie marine, des fortes tempêtes érodant nos côtes, des canicules nuisant à l’agriculture et des incendies de forêt ruinant nos derniers puits de carbone.

Mais la violence institutionnelle sévit sous une forme symbolique et subtile lorsque des citoyens s’affairent à plaider la cause de l’écologie et du bien commun à l’encontre des forces du capital. Bénévoles ou presque, sans moyens ou presque, sans représentation juridique ou presque, les voici soudainement confrontés à des spécialistes de la technocratie minière, des avocats d’Énergie NB sous l’œil scrutateur de juristes d’entreprises, manœuvrant comme des poissons dans l’eau dans les audiences publiques codifiées de la Commission de l’énergie et des services publics. Les puissants, l’air de rien, parlent l’inaccessible langue du droit et mitraillent les citoyens de volumineux documents abscons pour occuper leurs soirées, leurs fins de semaine et leurs vacances. C’est cette langue technique qu’il leur faut apprendre sur-le-champ pour se mesurer à des sujets qui la parlent depuis des décennies et qui sont grassement payés pour le faire à temps plein. Alors, la condescendance bat son plein.

Cette violence se produit sous les dehors de ce que le cinématographe Luis Buñuel appelait « le charme discret de la bourgeoisie ». On appelle « démocratie » ce processus inique, et l’État dira, lorsqu’il annoncera une décision depuis longtemps déjà prise, qu’elle est le fruit d’une consultation du public, tandis que les citoyens concernés fredonneront les mots de Félix Leclerc, « …je sens en moi s’installer la colère ».

Cinq rendez-vous à ne pas manquer au FIL

Photo © Alain Roberge – Archives La Presse

La Presse

Par Laila Maalouf
20 septembre 2025

Dès mercredi, le Festival international de la littérature (FIL) mettra la lecture sur scène avec des spectacles et des rencontres – payants ou gratuits – dans divers lieux de la métropole. Voici cinq suggestions pour en profiter jusqu’au 4 octobre.

[…] De Jean Désy à J.D. Kurtness, en passant par Christiane Vadnais, Philippe Yong et Alain Deneault, des écrivains d’ici et d’ailleurs discuteront à l’heure du dîner de sujets autour du thème Ode à la terre et au vivant, dans le cadre des Midis littéraires qui reviennent pour la quatrième année consécutive. Cette série d’échanges réalisés en collaboration avec l’Espace de la diversité permettra entre autres de réfléchir aux manières d’imaginer l’avenir alors que des crises environnementales et climatiques sans précédent frappent la planète, de repenser notre appartenance à la terre et d’en prendre soin.

Les Midis littéraires, du lundi 29 septembre au vendredi 3 octobre, de 12 h à 13 h, au Grand Salon du pavillon de l’esplanade Tranquille

Alain Deneault participera, aux côtés de J. D. Kurtness et Philippe Yong, à la rencontre littéraire Comment imaginer l’avenir dans une planète qui meurt de guerre et de pollution ? animée par Marie Brodeur Gélinas dans le cadre de la série Les midis littéraires du Festival international de la littérature le mardi 30 septembre 2025 à l’Espace de la diversité dans le Grand salon de l’esplanade Tranquille.


Comment imaginer l'avenir dans une planète qui meurt
de guerre et de pollution ?
Les midis littéraires - Festival international de la littérature
Avec Alain Deneault, J. D. Kurtness, Philippe Yong
Animation : Marie Brodeur Gélinas
Grand salon de l’esplanade Tranquille
Mardi 30 septembre 2025 - 12 h à 13 h
1442 Rue Clark, Montréal, Québec H2X 2R3
Ouvert à tous·tes - Admission générale
Gratuit

Coproduction de l’Espace de la diversité (EDLD) et du FIL 2025
En partenariat avec le Partenariat du Quartier des spectacles

Comment imaginer l’avenir dans une planète qui meurt de guerre et de pollution ?

Alain Deneault participera, aux côtés de J. D. Kurtness et Philippe Yong, à la rencontre littéraire Comment imaginer l’avenir dans une planète qui meurt de guerre et de pollution ? animée par Marie Brodeur Gélinas dans le cadre de la série Les midis littéraires du Festival international de la littérature le mardi 30 septembre 2025 à l’Espace de la diversité dans le Grand salon de l’esplanade Tranquille.

« Comment imaginer l’avenir alors que les crises environnementales et climatiques sans précédent, les guerres et les génocides, rendent de plus en plus incertain l’avenir de l’humanité et du vivant sur Terre ? » – FIL


Comment imaginer l'avenir dans une planète qui meurt
de guerre et de pollution ?
Les midis littéraires - Festival international de la littérature
Avec Alain Deneault, J. D. Kurtness, Philippe Yong
Animation : Marie Brodeur Gélinas
Grand salon de l’esplanade Tranquille
Mardi 30 septembre 2025 - 12 h à 13 h
1442 Rue Clark, Montréal, Québec H2X 2R3
Ouvert à tous·tes - Admission générale
Gratuit

Coproduction de l’Espace de la diversité (EDLD) et du FIL 2025
En partenariat avec le Partenariat du Quartier des spectacles

Photo © Alexandre Cotton

« Le FIL est heureux de s’associer, pour la quatrième année consécutive, à l’Espace de la diversité (EDLD) pour une série de rencontres littéraires dans le Grand salon de l’esplanade Tranquille. Lors de ces rencontres, on abordera des questions liées à une thématique générale, qui est, cette année, « Ode à la terre et au vivant ». Il va de soi que, comme lors des éditions précédentes, nous avons, cette année encore, l’ambition de proposer une diagonale aux débats, aux frontières de la création littéraire et de la pensée.

Depuis sa création, l’Espace de la diversité (EDLD) cherche à faire résonner les voix, mettant en lumière les expériences d’auteur.es, de lecteurs et lectrices, de passeurs et passeuses de différentes origines qui partagent la passion des mots et l’urgence de repenser le rapport à l’autre. Son mandat en tant que lieu de réflexion et de diffusion: refonder le sens du mot ensemble en combattant le racisme et l’exclusion par le livre. » – FIL

MAKE FUZZ NOT WAR – Compilation musicale et zine bilingue disponible le 27 février 2025

Alain Deneault a signé le texte « À la recherche d’une éthique perdue. L’œuvre de la psychiatre Samah Jabr » pour le zine bilingue qui accompagne l’album MAKE FUZZ NOT WAR de The Tall House Recording Co. Cette compilation musicale dont les profits sont destinés à Médecins Sans Frontières et à l’Alliance des enfants du Moyen Orient est disponible dès le 27 février 2025 ! Un spectacle-bénéfice aura également lieu en soirée à l’espace Silence à Guelph en Ontario.

« On February 27, 2025, Tall House will be releasing a 31 track compilation that will support Doctors without Borders and Middle East Children’s Alliance. It is up for preview and pre-order now! The compilation includes a bilingual 61 page digital zine with artwork, poetry and prose.

It was amazing to see all of this come together over the last couple of months and hear everyone’s incredible expressions of solidarity with people half a world away. A sincere thank you to everyone that contributed !

If you are in Guelph, please join us at Silence on the evening of February 27, for a release show featuring: Bilal Nasser (bilalnasser.bandcamp.com), Bodyhair (Emjay Wright/Connor Kurtz), M. Mucci and the screening of the short documentary Rumaan (www.tpff.ca/residents/leila-almawy).»

Textes de : 
Sébastien B Gagnon, Alain Deneault, Frère Foutre, Fady
Joudah, Michel Seymour.
Images de : 
Judd Brucke, Élodie Dermange, Marjolaine Lord, L. Marion, S. Marion, Guillaume Vallée.
Sons de :
Anne-F Jacques
anthéne
Ben Grossman
Bilal Nasser, Nate Blackton & Nick Hildenbrand
Bodyhair
Colin Fisher
D. Marion
David and the Mountain
DVTR
En Fer
Éric Normand & Michel Doneda
Fossil Hunting Collective
Frère Foutre
Hazy Montagne Mystique & Melina Spiga
Jakob Rehlinger
Joël Lavoie & Érick d’Orion
La Poisse (Joni Void)
L’Ordre de l'Infiniment Nada
M. Mucci
Mad/Mod
Nour Symon
Nüshu
Philippe Battikha
Pierre-Yves Martel
Quelques parts
Raphaël Foisy
Sébastien B Gagnon & D. Marion
Slow Man Tofu
Stefan Christoff
thisquietarmy
Even Jimi Hendrix & Peter Brötzmann, in a posthumous collaboration

« Pensez à des êtres humains qui marchent vers leurs maisons en ruine, pour qui tout est à refaire. Des êtres humains qui reviennent chez eux, dans un territoire convoité par un État qui préfère détruire plutôt que partager, devant une puissance intimidatrice et génocidaire qui s’arroge à répétition le droit de transgresser les lois internationales. Nos médias nous montrent ces marées humaines qui rentrent « enfin » chez elles, comme si c’était la fin de l’histoire, alors que l’évidence même est que tout est à reconstruire.

Nul besoin d’être spécialiste de la situation au Moyen-Orient pour voir que la guerre sainte est d’actualité : l’Occident cherche encore à reprendre Jérusalem, et nous y participons, en Canada, par la voix de notre gouvernement, qui autorise des compagnies privées à fabriquer et à vendre internationalement des armes létales et « non-létales », dans des modalités consignées dans un traité de libre-échange.

Des voix se sont élevées l’an dernier, et les médias ont bien rapporté les pirouettes de ministre destinées à prouver qu’il n’y a pas d’armes canadiennes à Gaza. Mais nous n’en croyons rien, car il y a bien moyen d’avoir stocké des années de guerre à venir avec tout ce qui a été vendu ces dernières décennies, dans ce flux continu de mort que nous exportons pour avoir un PIB en santé.

Nous refusons cette situation inhumaine que le silence de l’Occident minimise en diabolisant le Hamas et légitimant Tsahal, deux entités dont nous condamnons les actions. Avec du fuzz ou avec pas d’fuzz, de Windsor à Rimouski en passant par Guelph et Montréal, nous avons voulu joindre nos voix à toutes celles qui s’élèvent et qui refusent de collaborer à cette guerre. En solidarité avec tous ceux et celles qui vivent sous la menace de la violence militaire et étatique, de Gaza et de la Cisjordanie au Liban, en passant par la Syrie, le Soudan, le Yémen, le Congo et l’Ukraine, nous rejetons la méchanceté des intimidateurs, des États voyous qui visent à la domination violente. Des camarades disaient récemment : NO SILENCE. Nous avons entendu l’appel, et répondons MAKE FUZZ NOT WAR. » – Bandcamp, The Tall House Recording Co , MAKE FUZZ NOT WAR


Extrait du texte À la recherche d’une éthique perdue. L’œuvre de la psychiatre Samah Jabr d'Alain Deneault :

« [...] Ainsi le conçoit-on dans le foyer de violence que sont devenus depuis plusieurs décennies les territoires occupés de la Palestine. Lisons en ce sens l’écrit exemplaire de la psychiatre Samah Jabr, Derrière les fronts (1). L’autrice établit comme premier constat que le Palestinien, la figure palestinienne, tel que représenté par la propagande états-unienne et plus largement occidentale, est synonyme de « terroriste ». « Les médias états-uniens nomment notre quête de liberté “terrorisme”, aussi le Palestinien endosse-t-il le rôle de stéréotype international du terroriste. Cette politique façonne l’opinion publique occidentale (2). [...] »
1. Samah Jabr, « La résistance palestinienne : un droit légitime et un devoir moral », Derrière les fronts. Chronique d’une psychiatre psychothérapeute palestinienne sous occupation, coéditions Premiers Matins de novembre et Hybrid Pulse, 2018. Voir aussi le documentaire d’ Alexandra Dols, Derrière les fronts, France, 2016, 113 minutes.  
2. Ibid, p. 21.

Le virtuel et le réel, des sociétés-écran au monde-écran

Image -Site ArtoVox

ArtoVox

Par lephénix
19 octobre 2024

« La technologisation du monde constitue l’enjeu majeur de notre temps. La voracité énergétique de la mégamachine numérique engage l’avenir du vivant dans le monde terrestre et compromet pour le moins les perspectives de survie de l’espèce présumée en « bénéficier » – voire en capacité de la maîtriser. Le chercheur Fabien Lebrun invite à voir ce qui se passe devant et derrière nos écrans, en partant du Congo détruit par les cruelles guerres de prédation pour le pillage de ses richesses minières, générées par nos addictions aux gadgets de l’illimitation technologique… Le stade numérique du capitalisme, arrivé à la « dernière frontière extractiviste », réalise-t-il son accumulation finale par la dévoration de la planète ?

[…] Ce sentiment fallacieux de toute-puissance infantile tient au fonctionnement des alliages de ces « microappareils computationnels, abrutissants plutôt qu’intelligents » comme le souligne le philosophe québecois Alain Deneault dans sa préface à l’essai d’une vertigineuse densité informative de Fabien Lebrun. […]

Barbarie numérique. Une autre histoire du monde connecté de Fabien Lebrun publié aux éditions L’Échappée. La préface est d’Alain Deneault et l’avant propos de Denis Mukwege.

Barbarie numérique. Une autre histoire du monde connecté de Fabien Lebrun avec la préface d’Alain Deneault

Barbarie numérique. Une autre histoire du monde connecté de Fabien Lebrun publié aux éditions L’Échappée paraîtra le 4 octobre 2024. La préface est d’Alain Deneault et l’avant propos de Denis Mukwege.

Une enquête implacable sur la tragédie que vit le Congo, cœur des industries numériques et objet de toutes les convoitises.

« À partir des années 1990, l’explosion de la production de biens électroniques, caractéristique du passage du capitalisme à son stade numérique, déclenche une guerre des métaux technologiques au Congo (RDC) qui n’a fait que gagner en intensité. Cette enquête fouillée montre que la dématérialisation est bel et bien un mythe.

Elle se nourrit d’un extractivisme sans limites dans des régions, comme celle des Grands Lacs en Afrique, qui subissent depuis des siècles les ravages de la mondialisation : de la traite négrière à la terreur coloniale du roi belge Léopold II (pour le « caoutchouc rouge » nécessaire à l’industrie automobile) jusqu’aux minerais de sang actuels (dont le coltan, essentiel aux smartphones, et le cobalt, pour la transition énergétique).

La civilisation de l’écran est synonyme d’une barbarie numérique qui se manifeste au Congo par : une économie militarisée et une criminalité institutionnalisée, un pillage généralisé, du travail forcé, le viol comme arme de guerre, la destruction des forêts et l’anéantissement de la biodiversité… Autant de catastrophes qui font du Congo l’une des plus grandes tragédies de l’histoire contemporaine, le prix fort à payer pour un monde connecté. » – Éditions L’échappée