Mediapart
Par Mustapha Ait Larbi
(abonné de Mediapart)
23 avril 2025
Dans son ouvrage La Médiocratie, le philosophe canadien Alain Deneault écrit :
" Les médiocres ont remporté la bataille. "
" L’époque des valeurs et de la vérité semble révolue. "
" Aujourd’hui, les esprits vides tiennent les rênes, armés de leur insignifiance et de leur corruption. "
" Lorsque les grandes valeurs s’effacent, c’est un chaos moral qui s’installe — un effondrement du goût, de l’éthique, de l’esprit. "
" Nous sommes entrés dans le règne des insignifiants, dans un monde où les vils triomphent. "
" Et plus un individu s’enfonce dans la vulgarité, l’indécence et le vide, plus il gagne en popularité et en notoriété. "
" Plus il descend, plus il brille aux yeux de la masse. "
Deneault ajoute :
" Les réseaux sociaux ont réussi à ériger les insignifiants en idoles.
Il suffit aujourd’hui qu’une jolie idiote ou qu’un bel imbécile se filme pour devenir célèbre. "
" À travers des plateformes creuses, dépourvues de toute profondeur intellectuelle ou morale, on impose à la société des visages vides, dénués de sens, des figures sans substance, des produits sans âme. Ces plateformes, pour la plupart, ne produisent rien de réellement porteur — aucune idée, aucun contenu apte à traverser le temps ou à nourrir l’esprit. "
Le monde se meurt de trop d’avidité. Ce monde n’est pas jeune, il est vieux. Ce monde n’est pas moderne, il est dépassé par son mal-développement. La prophétie de Marx, de Freud se déroule devant nos yeux. Notre monde agonise tout simplement. La croissance est une folie qui crée non pas la richesse, mais la pénurie. L’écologie est impossible tant le pétrole que l’on trouve partout et de plus en plus, abonde. Les milliardaires qui veulent imposer un ordre fasciste sont de plus en plus nombreux, les pauvres sans défense également. Nous pensons être de plus en plus autonome, alors que nous sommes de moins en moins autonome. La drogue finira par tout gangrener. Dans un monde pollué, c’est la révolte qui sera notre dernière liberté quitte à ce que cette révolte se passe dans les ruines du monde.
Comme disait si bien Camus: » Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. »




