Le Devoir
« […] De plus, un traité bilatéral signé en 1999 avec le Luxembourg pourrait bien faciliter les opérations d’évitement fiscal pour le géant suédois. D’après une publication de l’IRIS (2023), la société Northvolt est détenue à hauteur d’environ 5 % par une entreprise établie au Luxembourg. Or, le Luxembourg est une « plaque tournante de l’évitement fiscal », c’est-à-dire qu’en déclarant leurs profits au Luxembourg, les multinationales sont en mesure de bénéficier d’un taux d’imposition quasi nul. Dans ces conditions, pourquoi financer publiquement une entreprise qui pourrait tenter d’échapper à l’impôt ? […]
La probabilité élevée que l’entreprise suédoise puisse recourir à l’évitement fiscal rend d’autant plus saillante la question de la justice fiscale. Selon Alain Deneault, les « politiques de complaisance » et les paradis fiscaux doivent être considérés comme des problèmes typiques de la mondialisation, au même titre que les réseaux de crime organisé et de blanchiment d’argent. Un travail de recherche de grande ampleur, réalisé en 2018, est venu confirmer l’étendue des pertes fiscales induites par les paradis fiscaux : celles-ci pourraient atteindre plus de 500 milliards de dollars américains. […]
En effet, l’empressement des gouvernements à investir dans la « filière batterie » et leur obstination à voir la transition énergétique comme une occasion d’affaires écartent la possibilité d’un dialogue social constructif qui nous ferait cheminer vers un avenir énergétique juste et viable, comme le soutient un récent manifeste publié par un regroupement de la société civile. »
Par François Le Roy
26 janvier 2024

